Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 887996 )La troisième herméneutique ! par AVV-VVK (2020-02-19 09:11:26) 

selon PRO LITURGIA:
Mardi, 18 février 2020. Les catholiques ont toujours été, jusqu’ici, des partisans d’une Église qui se comprend sur les bases d’une « herméneutique de continuité ».
Cependant, en leur sein se sont trouvés - et se trouvent encore - des fidèles qui ont rêvé de pouvoir « aussi » comprendre l’Église à partir d’une « herméneutique de discontinuité » permettant d’adapter la doctrine à leurs faiblesses et à leurs incertitudes : ce furent les luthériens au XVIe siècle, les gallicans au XIXe siècle ; ce sont les « progressistes » aujourd’hui…
Leur point commun est le « relativisme ».
Certains d’entre eux sont allés au bout de leurs raisonnements et ont quitté l’Église fondée par le Christ pour construire des communautés mieux en accord avec leurs façons de croire et de vivre.
D’autres ont préféré rester dans l’Église afin de pouvoir la miner de l’intérieur jusqu’à ce qu’ils puissent l’adapter à leurs vues.
Aujourd’hui, à ces deux herméneutiques - celle de la continuité et celle de la discontinuité - s’en ajoute une troisième. C’est l’ « herméneutique de la confusion » permanente. Elle se manifeste à travers l’utilisation d’une sorte de « novlangue » dans les documents magistériels et par le fait que la recherche de la vérité et le désir de clarté cèdent le pas à l’instabilité et aux caprices de ceux pour qui la ruse et la dissimulation sont les meilleurs outils pastoraux
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images/icones/fleche3.gif  ( 887999 )sur PRO LITURGIA / par Montes Gelboe (2020-02-19 09:30:19) 
[en réponse à 887996]

Psaume 113 : "Oculos habent et non videbunt " etc...
Pas besoin de traduire...
images/icones/hum2.gif  ( 888005 )Les "oculi" par AVV-VVK (2020-02-19 11:20:08) 
[en réponse à 887999]

Sur quoi réel s'est basée l' herméneutique de la continuité, non seulement dans la liturgie ? A-t-elle un sens ? Parfois on entend dire qu' existe une vraie interprétation et que les autres ont mal interprêté le concile. Je veux le croire mais cela devient difficile. Après Trente et Vatican I la nature de la mission de l' Eglise a-t-elle changé? La semaine prochaine commencera la période de fraternité, du partage et de la solidarité. Le nom "carême" est dépassé, obsolète. Un exemple du nouveau courant de la continuité ou de la discontinuité. A la longue on ne le sait plus et cela est valable pour d' autres cas ou pratiques.
images/icones/1d.gif  ( 888001 )Tout est dans tout par Peregrinus (2020-02-19 10:03:19) 
[en réponse à 887996]


Ce furent les luthériens au XVIe siècle, les gallicans au XIXe siècle ; ce sont les « progressistes » aujourd’hui…
Leur point commun est le « relativisme ».



Peut-on m'expliquer ce que les gallicans du XIXe siècle (lesquels, d'ailleurs ? l'épiscopat de la Restauration ? Mgr d'Astros ? Mgr Dupanloup ? etc.), quels qu'aient pu être leurs torts ou leurs limites, viennent faire dans cette histoire, et en quoi ils étaient relativistes ?

Peregrinus
images/icones/fleche3.gif  ( 888007 )Il n'y a aucun rapport par Montes Gelboe (2020-02-19 11:24:54) 
[en réponse à 888001]

le Gallicanisme est un phénomène apparu au XVe siècle (la Pragmatique-sanction) et qui s'est développé surtout aux XVIIe et XVIIIe siècles. On distingue le gallicanisme ecclésiastique (Bossuet et les Articles), le gallicanisme parlementaire des magistrats (les Arrêts "comme d'abus"), le gallicanisme politique qui a culminé avec Bonaparte.
Une survivance des gallicanismes a traversé le XIXe siècle. Elle est représentée par les évêques bien connus comme Mgr d'Astros, Mgr Dupanloup, M. Darboy etc... Le gallicanisme survivant au XIXe était surtout méfiant à l'égard de l'ultamontanisme excessif de plus en plus développé, qui rapportait tout à Rome en négligeant le prestige voire même l'existence des Eglises ou diocèses français.
Il a rencontré un courant nommé "libéral" né au début du XIXe siècle (Lammenais, Mgr Maret...) duquel il s'est rapproché.
La définition du dogme de l'Infaillibilité pontificale en 1870, suivie de la démission des évêques les plus engagés dans l'opposition à cette définition, ont sonné la fin du gallicanisme.
Il ne faut voir dans cette doctrine, pas plus que dans celle des "libéraux" du XIXe siècle la moindre trace de relativisme à l'égard de la foi ou des moeurs.
Si quelques prélats de la fin du XVIIIe s. sont célèbres par leur dévergondage ou même leur apostasie (parfois passagère et opportuniste comme celles de Talleyrand...) l'immense majorité des prélats et des clercs gallicans ont subi le martyre ou les souffrances de l'exil en témoignage de leur foi et de leur fidélité.
Aucune comparaison ne peut être faite entre le gallicanisme et l'état actuel de l'Eglise en France ou ailleurs.
On a aussi beaucoup accusé les prélats gallicans d'avoir réformé les livres liturgiques, essentiellement le bréviaire à partir de la fin du XVIIe siècle. Les nouveaux bréviaires avaient pour but de redonner vie aux liturgies diocésaines médiévales, et affirmer un particularisme français face à la "tridentinisation" forcée après Pie V. L'esprit "humanistique" s'y était introduit. Les créations textuelles, surtout un corpus d'hymnes manquaient de racines mais pas de grandeur.
Dans ces réformes on chercherait en vain une comparaison avec les néo-liturgies rattachées -à tort ou à raison- au Concile Vatican II.
S'il fallait rechercher un précédent à l'esprit actuel on le trouverait plutôt en Italie. Il s'est exprimé dans le fameux Synode de Pistoie, (1797) fomenté et dirigé par l'évêque Scipione de Ricci.
Laissons donc les gallicans à leur passé glorieux et fidèle.
images/icones/bravo.gif  ( 888009 )Exactement par Peregrinus (2020-02-19 11:37:05) 
[en réponse à 888007]

Mon interrogation était surtout rhétorique.

Je crois avoir déjà eu l'occasion de l'écrire sur ce forum, le qualificatif de gallican, employé sans précision, veut tout et rien dire.

Peregrinus
images/icones/1i.gif  ( 888003 )"Discontinuité" de la critique de PL par vistemboir2 (2020-02-19 10:59:22) 
[en réponse à 887996]

Extrait d'un article du site de lundi 17 février :

Le pape François qui, dès l’aube de son pontificat, s’est cru autorisé à changer l’Église pour l’adapter à ses vues (...)

Il n’est plus guère écouté par les fidèles qui préfèrent méditer le « Credo » plutôt que se pencher sur les documents venant du Vatican (...)

(...) une fin de pontificat qui aura été marqué par beaucoup de paroles, de promesses, de propos contradictoires et d’agitation mais bien peu de solidité doctrinale et de sollicitude pastorale.


Pourquoi donc François et pas Paul VI ? Il est vrai que, pour PL, il ne faut surtout pas toucher aux « documents venant du Vatican » quand il s’agit des textes du Concile ou du nouvel Ordo Missae, dont la non-application expliquerait la crise de l’Église...

Et PL d'ajouter : « les modes passent »... effectivement, quoi de plus démodé que ces textes...
images/icones/neutre.gif  ( 888123 )Euh... par Béotien (2020-02-21 12:12:49) 
[en réponse à 888003]

La crise de l'Eglise n'était-elle pas déjà commencée avant le concile ?
images/icones/1b.gif  ( 888134 )Effectivement... par vistemboir2 (2020-02-21 15:14:11) 
[en réponse à 888123]

mais Vatican II et le nouvel Ordo ont donné en quelque sorte un coup d'accélérateur à la crise, me semble-t-il, en permettant à leurs adeptes de marginaliser (euphémisme !) les clercs et les fidèles attachés à la messe tridentine...
images/icones/neutre.gif  ( 888175 )En vous relisant par Béotien (2020-02-22 09:46:57) 
[en réponse à 888134]


la non-application du nouvel Ordo Missae expliquerait la crise de l’Eglise…
à laquelle Vatican II et le nouvel Ordo ont donné en quelque sorte un coup d’accélérateur (…) en permettant de marginaliser les clercs et les fidèles attachés à la messe tridentine…



Si je comprends bien, la non application du nouvel Ordo Missae a permis de marginaliser les clercs et les fidèles attachés à l’Ordo tridentin (ou plutôt fixé par le pape Saint Pie V lors du concile de Trente).

Par conséquent, un usage « orthodoxe » du nouvel Ordo Missae, aurait-il empêché cette marginalisation ?
images/icones/heho.gif  ( 888213 )Plus précisément, je voulais dire... par vistemboir2 (2020-02-22 16:59:37) 
[en réponse à 888175]

que même non appliqué, le Nouvel Ordo a servi d'alibi en quelque sorte juridique aux "réformateurs" de tous poils pour à la fois justifier l'ostracisme, voire l'anathème et la persécution des prêtres et des fidèles attachés à la messe tridentine et, en même temps, permettre toutes les variantes et dérives du nouveau rite, sans que dans les deux cas, la hiérarchie ait daigné même lever le petit doigt pour s'y opposer : d'où effectivement la crise dans l’Église : crise de l'autorité et crise de confiance chez les fidèles lambdas (entre autes) ...