Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=887765

( 887765 )
Pratiquez-vous la prière de Jésus ? dite aussi la prière du coeur. par Glycéra (2020-02-14 15:45:49)
Fan(-ne) de la prière tant citée dans les récits du "pélerin russe", je trouve ce matin ce texte, et ai l'idée de demander qui la pratique.
La traduction * vue d'un site en anglais :
Saint Paul nous dit dans 1 Thessaloniciens 5, 16-18 : "Réjouissez-vous toujours. Priez sans cesse. En toutes choses rendez grâce, car telle est la volonté de Dieu dans le Christ Jésus à l'égard de vous tous".
Ce conseil semble pourtant impossible : comment pourrait-on prier sans jamais s'arrêter ? L'image d'être à genoux dans une prière contemplative pendant 13, 14 ou 15 heures par jour n'est évidemment pas ce dont Paul parle ici. Alors, pratiquement parlant, comment pouvons-nous prier sans cesse ? Entrez dans la prière de Jésus.
La prière incessante est une sorte d'état d'esprit, une reconnaissance constante de la présence de Dieu, de son amour et de sa puissance. Tout comme le cliché "que ferait Jésus" est censé vous aider à prendre de meilleures décisions dans votre vie en vous rappelant comment le Christ sur Terre gérerait quelque chose, la Prière de Jésus est un moyen de reconnaître fréquemment et humblement Jésus comme Dieu et nous-mêmes comme des pécheurs ayant besoin de Sa miséricorde. Pratiquée avec beaucoup de fréquence et de respect, c'est un moyen magnifique et plein d'amour d'être toujours uni à Dieu dans la prière.
La prière est généralement associée au catholicisme oriental ou aux confessions orthodoxes, et elle remonte à la tradition monastique du début du IVe siècle.
La prière se déroule ainsi : "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur."
L'idée est d'associer cette courte prière à quelque chose que nous faisons fréquemment chaque jour : emprunter les escaliers, se lever ou s'asseoir sur une chaise, utiliser son clignotant, remplir un verre d'eau ou - plus traditionnellement - prendre une respiration. Habituellement, votre respiration ne nécessite aucune concentration, vous la faites sans cesse, pour vous maintenir physiquement en vie.
Afin de suivre le commandement de 1 Thessaloniciens et de vous maintenir spirituellement en vie, attachez cette simple prière à la respiration que vous faites sans cesse jour et nuit. Essayez cet exercice : *inspirez* "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu", *expirez* "ayez pitié de moi, pécheur". En utilisant cette prière, vous invoquez le puissant nom du Christ et vous contrecarrez ainsi les abus horriblement courants contre Son nom, en respirant la grâce du Christ et en expulsant le péché, et vous prenez l'habitude de prier et de vous relier à Dieu.
Nous lisons dans Jean 15, 5 : "Je suis la vigne, vous les sarments ; celui qui demeure en moi et moi en lui porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire". Nous devons être connectés à Dieu comme un sarment à une vigne, en envoyant des signaux ou des signes de vie constants, et la prière de Jésus est l'un des moyens les plus anciens et les plus efficaces pour y parvenir.
J'ai personnellement essayé à de nombreuses reprises d'intégrer la prière de Jésus à ma respiration et j'ai trouvé cela difficile. Puis j'ai eu envie de l'associer à une habitude fréquente, mais pas aussi fréquente que la respiration, et de m'y mettre.
Y a-t-il une meilleure habitude à laquelle attacher une prière que de boire du café ? Avec le nombre astronomique de personnes qui consomment du café plusieurs fois par jour, c'est l'activité quotidienne parfaite pour vous former à la prière incessante. C'est pourquoi je veux vous lancer un défi : chaque fois que vous goûtez du café, sentez le café, faites la queue pour en prendre, parlez de café, ou même désirez du café, vous devriez vous chuchoter la prière de Jésus. Si vous parvenez à prendre une habitude de prière aussi cohérente et dévouée que votre habitude de consommation de café, vous serez sur la bonne voie pour prier sans cesse, pour être en communion constante avec Dieu et pour trouver un chemin clair vers la sainteté.
La prière fréquente et la reconnaissance de la vie de Dieu dans votre âme ont un impact profond sur vous en vous permettant de vous concentrer constamment sur des choses plus élevées. Tout d'un coup, ce collègue devient moins ennuyeux, et ce mot de malédiction est plus facile à avaler parce que vous avez Dieu dans votre cerveau, sur vos lèvres et, plus important encore, dans votre cœur (l'autre nom de la prière de Jésus est la "prière du cœur").
Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)
Le lien, (non demandé au "patron", s'cuses Sieur XA, mais je suis tellement certaine que ce site est bien dans la note du Forum que j'ose le placer) est :
One Peter Five
*(par DeepL, merci au liseur qui l'a indiqué ce matin)

( 887771 )
La pratique de l'oraison jaculatoire par Meneau (2020-02-14 17:34:31)
[en réponse à 887765]
est aussi bien présente dans la spiritualité catholique romaine. Ce n'est pas propre aux orientaux et orthodoxes.
Jusqu'à nos "deux papes" qui ont tous les deux fait référence à cette pratique.
Elle permet effectivement d'associer une courte prière ou élan du coeur à des gestes de la vie quotidienne, nous remettant régulièrement en présence de Dieu.
Cordialement
Meneau

( 887840 )
Un jet de flèche vers le Ciel par Glycéra (2020-02-15 14:34:02)
[en réponse à 887771]
Voilà la définition de jaculatoire qui m'a été donnée en image.
C'est entre autre très clair dans le livre de Jean Daujat : apprendre à prier.
Donc, j'avais compris que c'était juste un jet.
Les flèches sont des armes traditionnelles, non techniques comme nos productions. On ne tire donc pas les flèches en quantités industrielles.
Or, la prière de Jésus se répète, sur un chapelet, en marmonnant au long des petits pas du jour, ou des moments d'ennuis qui coupent le rythme d'une journée, ou pour demander le sommeil quand il fuit de notre fait : un mental ruminant vainement, sur des choses -donc vaines- qui n'ont pas lieu de se placer en pleine nuit.
J'avais donc séparé les oraisons jaculatoires "one shot" de ci delà, et non la prière continue, respirée, la prière du coeur à laquelle on s'exerce peu à peu, en augmentant les rappels.
Est-ce une erreur ?
Merci de votre réflexion
Glycéra

( 887852 )
[réponse] par Meneau (2020-02-15 17:18:18)
[en réponse à 887840]
En dehors des prières du matin et du soir, de quelle autre manière peut-on recourir à Dieu au cours de la journée ?
Au cours de la journée, on peut prier Dieu fréquemment par d’autres courtes prières qu’on appelle oraisons jaculatoires.
Dites quelques oraisons jaculatoires ?
Seigneur, secourez-moi !
Seigneur, que votre volonté soit faite !
Mon Jésus, je veux être tout à vous !
Mon Jésus, miséricorde !
Doux Coeur de mon Jésus, faites que je vous aime toujours de plus en plus !
Est-il utile de dire pendant la journée beaucoup d’oraisons jaculatoires ?
Il est très utile de dire pendant la journée beaucoup d’oraisons jaculatoires, et on peut en dire même simplement de coeur, sans proférer de paroles, en marchant, en travaillant, etc... .
Catéchisme de St Pie X
On se retire en Dieu parce qu’on aspire à lui, et on y aspire pour s’y retirer; si que l’aspiration en Dieu et la retraite spirituelle s’entretiennent l’une l’autre, est toutes deux proviennent et naissent des bonnes pensées.Aspirez donc bien souvent en Dieu, Philothée, par des courts mais ardents élancements de votre coeur: admirez sa beauté, invoquez son aide, jetez-vous en esprit au pied de la croix, adorez sa bonté, interrogez-le souvent de votre salut, donnez-lui mille fois le jour votre âme, fichez vos yeux intérieurs sur sa douceur, tendez-lui la main, comme un petit enfant à son père, afin qu’il vous conduise, mettez-lui sur votre poitrine comme un bouquet délicieux, plantez-le en votre âme
comme un étendard, et faites mille sortes de divers mouvements de votre cœur pour vous donner de l’amour de Dieu, et vous exciter à une passionnée et tendre dilection de ce divin Epoux.On fait ainsi les oraisons jaculatoires, que le grand saint Augustin conseille si soigneusement à la dévote dame Proba. Philothée, notre esprit s’adonnant à la hantise, privauté et familiarité de son Dieu, se parfumera tout de ses perfections ; et si, cet exercice n’est point malaisé, car il se peut entrelacer en toutes nos affaires et occupations, sans aucunement les incommoder, d’autant que, soit en la retraite spirituelle, soit en ces élancements intérieurs, on ne fait que des petits et courts divertissements qui n’empêchent nullement, sinon servent de beaucoup à la poursuite de ce que nous faisons. Le pèlerin qui prend un peu de vin pour réjouir son coeur et rafraîchir sa bouche, bien qu’il s’arrête un peu pour cela, ne rompt pourtant pas son voyage, sinon prend de la force pour le plus rapidement et aisément parachever, ne s’arrêtant que pour mieux aller. Plusieurs ont ramassé beaucoup d’aspirations vocales, qui vraiment sont fort utiles; mais par mon avis, vous ne vous astreindrez point à aucune sorte de paroles, sinon prononcerez ou de coeur ou de bouche celles que l’amour vous suggérera sur le champ, car il vous en fournira tant que vous voudrez. Il est vrai qu’il y a certains mots qui ont une force particulière pour contenter le coeur en cet endroit, comme sont les élancements semés si dru dedans les psaumes de David, les invocations diverses du nom de Jésus, et les traits d’amour qui sont imprimés au Cantique des Cantiques. Les chansons spirituelles servent encore à même intention, pourvu qu’elles soient chantées avec attention.Enfin, comme ceux qui sont amoureux d’un amour humain et naturel ont presque toujours leurs pensées tournées du côté de la chose aimée, leur coeur plein d’affection envers elle, leur bouche remplie de ses louanges, et qu’en., son absence ils ne perdent point d’occasion de témoigner leurs passions par lettres, et ne trouvent point d’arbre sur l’écorce duquel ils n’écrivent le nom de ce qu’ils aiment; ainsi ceux qui aiment Dieu ne peuvent cesser de penser en lui, respirer pour lui, aspirer à lui et parler de lui, et voudraient, s’il était possible, graver sur la poitrine de toutes les personnes du monde le saint et sacré nom de Jésus. A quoi même toutes choses les invitent, et n’y a créature qui ne leur annonce la louange de leur bien-aimé; et, comme dit saint Augustin après saint Antoine, tout ce qui est au monde leur parle d’un langage muet mais fort intelligible en faveur de leur amour; toutes choses les provoquent à des bonnes pensées, desquelles par après naissent force saillies et aspirations en Dieu.
St François de Salles, Introduction à la vie dévote T2 ch.XIII
Cordialement
Meneau

( 887914 )
Merci de ces textes par Glycéra (2020-02-16 19:39:13)
[en réponse à 887852]
Evidemment, j'avais vu, lu, aimé, en un autre temps, et ... n'y avais plus pensé dans ce contexte.
Merci Sieur Meneau
Glycéra

( 887777 )
Merci Glycera... par Pol (2020-02-14 18:51:48)
[en réponse à 887765]
… quel tresor, et merci pour tout ce que vous ecrivez ici.
C'est un oncle a moi qui avait atteint un assez haut grade dans la Sainte Eglise, qui m'a le premier parler du "Pelerin Russe' et de cette priere. Depuis, je la prie tous les soirs, mais je vais faire l'effort de faire comme vous suggerez. Ce n'est vraiment pas difficile.
Merci encore.

( 887799 )
Merci par Eudoxie (2020-02-14 21:37:56)
[en réponse à 887765]
chère Madame pour ce beau rappel!
Personnellement je dis cette prière à n'importe quel moment, pas aussi souvent que je respire, non, mais dès que je commence un prière, ou par élan vers Dieu un peu n'importe quand dans la journée, et évidemment...quand j'ai fait ou dit des bêtises (ce qui arrive souvent! ;) ), ou encore lorsque j'attends quelque chose avec anxiété, pour demander à Dieu sa protection lorsqu'on est sur le point de me raconter une nouvelle pas forcément agréable. Et vraiment, je crois que comme disait le maréchal Foch, "l'Homme n'est grand qu'à genoux", et dans cette attitude, celle du publicain. C'est censé aider à redescendre de son piédestal. Je n'y réussis pas toujours...mais je recommande cette prière aux gens moins endurcis que moi ^^

( 887841 )
Dieu ne demande pas de réussir, par Glycéra (2020-02-15 14:48:56)
[en réponse à 887799]
Dame Eudoxie,
Comme on nous le répète, autant qu'on l'oublie aussi, Dieu ne demande pas de réussir, mais d'essayer, de rater et de refaire...
Il nous fait présent(cadeau) du présent(moment).
Et chaque fois qu'il rappelle notre coeur à y revenir, qu'il insuffle la prière lancée, il nous dit qu'Il est là : "tu comptes pour Moi."
Sa douceur n'est pas venue pour les mous, mais pour les solides qui savent qu'ils ont une trop grande cuirasse construite de mental et de raideur de leur volonté propre. Qualité de jeunesse, car la force permet de combattre les injustices : qui a déjà vu une limace monter à l'assaut ?
Merci de votre retour.
J'ai beaucoup aimé les textes orientaux sur ces questions : Evagre le Pontique et les 8 Logimoï, pour se connaître ; ou plus proche, le dialogue d'un moine du mont Athos Hiérothée Vlachos : Entretien avec un ermite de la sainte montagne sur la prière du coeur.
Bon dimanche à vous, ô studieuse Dame,
GLycéra

( 887842 )
une page pour vous par Glycéra (2020-02-15 14:59:22)
[en réponse à 887799]
Quand la croix devient trop lourde
ou le moine et l'ours, une très belle image de cette page.
Si vous le désirez, je peux vous envoyer le lien d'une vidéo récente d'un moine-ermite et de son loup, visiteur habituel.
Tout est possible à Dieu quand le coeur lui est confié.
Avec mes bonnes salutations
Glycéra

( 887802 )
PREPAREZ VOS ENCENSOIRS ET VOS PARFUMS SPIRITUELS par Francis Dallais (2020-02-14 22:36:36)
[en réponse à 887765]
Merci, chère Glycéra, de cette présentation de la prière de Jésus. C'est un trésor spirituel pour les chrétiens orientaux catholiques et orthodoxes, que les chrétiens occidentaux ont découvert, comme vous le dites si justement, au travers des "Récits d'un pèlerin russe".
Je crois utile de faire connaître aux liseurs du forum, le commentaire de cette prière par l'Archimandrite Aimilianos,higoumène de Simonos Petras, disparu il y a quelques mois.
J'aime particulièrement ce texte, et le médite souvent.
C'est pourquoi il m'est agréable de vous le communiquer en cet Avent- Carême, étant sûr qu'il en réconfortera beaucoup parmi nous.
Bien à vous tous.
Francis Dallais
PREPAREZ VOS ENCENSOIRS ET VOS PARFUMS SPIRITUELS
Le nom de Jésus, la prière intérieure, est, disent les Saints Pères, comme un flacon de parfum. Aussitôt qu’on l’incline, le parfum se répand et il remplit tout l’endroit de bonne odeur. Crie « le Seigneur Jésus-Christ » et le parfum du Saint Esprit se répandra, tu recevras « les arrhes de l’Esprit divin », car au moment même où nous disons la prière, le « Saint Esprit compatit à notre faiblesse » , et « nous pousse au désir de l’oraison spirituelle ». Mais surtout il prie à notre place, car nous, nous oublions de prier, il assume nos manquements, nos impuretés, la pauvreté de notre existence. Chacun de nous étant le temple de Dieu, lorsque nous prions nous devenons célébrant d’un grand mystère. Un Père de l’Eglise écrit : « Prends ton encensoir et encense spirituellement le Christ qui est dans ton cœur, lorsque s’élève le Seigneur Jésus-Christ ». Et ailleurs il dit : « C’est ainsi que nous acquittons notre culte à ce tabernacle du Saint-Esprit » .
Quelle joie ! quelle béatitude de penser que le Royaume de Dieu est en nous ! Sa demeure « où nous enfermons dans ce corps l’Incorporel ». C’est la raison pour laquelle, en nous, est célébrée « une adoration céleste » (Grégoire de Nysse).
Nous faisons de Dieu notre bien propre, Dieu avec qui sont inséparablement unis tous les saints […]
Un cœur dépourvu de cette prière me semble comparable à un sac en plastique qu’on utilise un instant […]
Prions, préparons donc nos encensoirs mystiques de manière à ce que, où que nous allions, qui que nous fussions, en ayant la prière de Jésus sur les lèvres et dans le cœur, nous devenions aussitôt des tabernacles de Dieu, nous devenions des hommes porteurs de Dieu.
Salomon dit quelque part que Dieu la lumière incréée, avait choisi la lumière créée du soleil pour y demeurer. Mais il n’était pas possible que cet astre lumineux fût la demeure du Dieu sublime. Dieu a donc délaissé le soleil, et il a pris les ténèbre comme demeure (1 R 8,12), c’est à dire l’invisibilité.
Si nous ne pouvons regarder le soleil en face, comment pourrions-nous fixer les yeux sur le Christ, le Soleil de la vie la plus lumineuse que tous les astres ? C’est pourquoi il se dissimule dans l’invisibilité, afin de nous laisser libre de croire en lui et de le choisir.
Salomon, cet homme prestigieux, construisit le Temple de Dieu, en rassemblant l’or, l’argent, les émeraudes, et tous les matériaux les plus précieux que l’on pouvait trouver. Après avoir dépensé plus d’argent qu’on en consacrât jamais pour construire la maison de Dieu, il dit : « J’ai pourtant préparé pour mon Dieu une autre demeure, pour qu’il habite dans la nouveauté »
Nous aussi nous avons notre temple, c’est notre cœur. Souvenez-vous de ce qu’a dit le Seigneur au moment où il fut élevé au ciel : »je serai avec vous toujours » (Mt 28,20). De même, lorsque la Divine Liturgie prend fin, le prêtre élève en un dernier geste le calice en disant : »Maintenant et toujours et dans les siècles des siècles ». Qu’est-ce que cela signifie ? , Moi, le Christ, je me retire dans ma ténèbre, dans mon invisibilité. Tu vas me perdre de vue, mais souviens-toi que je suis toujours devant toi, je suis toujours en toi. Je vais rester imperceptible dans le secret du sanctuaire. Je vais être consommé par le prêtre, afin que tu puisses me goûter toi aussi quand tu le voudras.
Voilà pourquoi, chers frères, il vous faut préparer vos encensoirs et vos parfums spirituels, préparer les aromates dans vos âmes, car Dieu ne s’est complu dans aucune demeure, ni dans le soleil ni dans le Temple de Salomon, cet édifice pourtant grandiose, qu’il a même détruit ! Pourquoi ?
Parce que Dieu voulait que le cœur de chacun d’entre vous devînt sa demeure par la prière.
Archimandrite Aimilianos,
higoumène de Simonos Petra

( 887843 )
J'ai cherché où trouver vos textes par Glycéra (2020-02-15 15:01:45)
[en réponse à 887802]
A part les deux occurences (2007 et 2020) sur le Forum, je n'ai pas trouvé de page en ligne.
L'avez-vous tiré d'un des livres ?
Merci pour le nom de ce moine.
Je vais sans doute y plonger un jour.
Avec mes remerciements et mes bonnes salutations à Sieur Philarète
Glycéra

( 887824 )
Oui c'est une prière magnifique par Pétrarque (2020-02-15 09:10:42)
[en réponse à 887765]
...qui peut nous accompagner avec fruit dans nos moindres actions quotidiennes.
Il faut lire le livre Le lieu du coeur d'Elisabeth Behr-Siegel, qui en parle très bien.

( 887844 )
Merci pour la référence du livre par Glycéra (2020-02-15 15:03:31)
[en réponse à 887824]
C'est Sigel, disent les liens quand on cherche. Pas de "e" dans ce nom alsacien pourtant.
Qu'avez-vous trouvé de plus percutant, de plus ciblant dans cette lecture ?
Bon dimanche à vous
Glycéra

( 887845 )
Merci pour la référence du livre par Glycéra (2020-02-15 15:05:49)
[en réponse à 887824]
C'est Sigel, disent les liens quand on cherche. Pas de "e" dans ce nom alsacien pourtant.
Qu'avez-vous trouvé de plus percutant, de plus ciblant dans cette lecture ?
Bon dimanche à vous
Glycéra

( 887853 )
Chaque fois par Romain (2020-02-15 17:24:29)
[en réponse à 887765]
que l'on passe une porte entre autres : ascenseurs, barrière de métro, portes automatiques, caisse de supermarché etc.
Chaque fois que l'on change de position : debout, assis, allongé.
Merci de ce rappel.

( 887923 )
Au Bénin, une française envoûtée... par Paterculus (2020-02-16 20:53:30)
[en réponse à 887765]
... ou qui croyait l'être, l'a utilisée avec fruit.
Elle avait monté un atelier de confection pour donner du travail à des femmes de la ville ou elle s'était installée.
Cela a suscité de l'opposition, et à un certain nombre de phénomènes bizarre, elle a pensé que son entreprise, et elle-même, avaient été ensorcelées.
Je l'ai envoyée vers l'exorciste diocésain, mieux à même que moi de discerner le cas. On n'était pas dans la zone originelle du vaudou, mais ce n'était pas une raison pour minimiser l'influence satanique due à quelques pratiques locales. L'exorciste a fait son travail.
De mon côté je lui ai conseillé la prière du Nom de Jésus.
A la première ou la deuxième tentative, à ce qu'elle m'a dit, elle a fondu en larmes, a retrouvé le goût de la prière : elle était complètement guérie spirituellement.
Elle est décédée deux ans après, d'un cancer, mais en paix totale à ce que j'ai su.
Votre dévoué Paterculus

( 887941 )
Donc, la formule serait vraiment "bénie du Ciel" ? par Glycéra (2020-02-17 10:30:13)
[en réponse à 887923]
Merci, monsieur l'abbé,
Votre récit est fort de café !
Ma question est aussi : qu'y a-t-il de particulier dans cette prière, dans sa formulation ?
J'ai entendu commenter sa traduction en hébreu : cela finit par HANNANI = remplis moi de grâce ; et ne parle pas de pitié, ni de miséricorde.
En latin, elle ne me sonne pas juste. En grec, je l'aime bien. Mais pourquoi ces différences ?
Autre question entre le "je"-pécheur de la prière de Jésus et le "nous" de la formule de l'Ange à Fatima. Avez-vous regardé cela ?
Voilà les réflexions qui me viennent.
Avec mes bonnes salutations
Glycéra

( 888043 )
A ce propos... par Paterculus (2020-02-19 22:29:18)
[en réponse à 887941]
... voici un texte que j'ai écrit il y a deux mois, et qui aborde notre sujet : je vous le livre parce que je n'ai pas le temps de répondre précisément à votre question, chère Glycéra.
VdP
Initiation au chapelet
Depuis Saint Pie V, il n’est guère de Pape qui n’aie recommandé la récitation du chapelet. En tout cas depuis sans doute deux siècles tous l’ont fait. Or on entend parfois deux remarques à propos du rosaire : puisque Jésus a dit de ne pas multiplier les paroles, pourquoi cette répétition quasi sans fin des Ave Maria ? Et comment faire coïncider l’attention aux paroles de l’Ave avec celle due aux mystères eux-mêmes ?
Connaissez-vous la prière du Nom de Jésus ? On l’appelle souvent « prière du cœur », mais y a-t-il une prière qui ne soit du cœur ? Cette prière consiste à répéter sans fin le saint Nom : Jésus. Il faudrait que chacun essaye cette prière au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce que quelques minutes. Mais attention, il ne s’agit pas d’une simple répétition : à chaque fois il faut penser à Jésus, L’appeler, L’invoquer dans un climat d’amour. Si bien qu’on voit tout de suite qu’il ne s’agit pas d’une répétition de paroles, mais d’une succession d’actes spirituels. Chaque invocation est un acte par lequel on s’unit à Jésus.
C’est, dit-on, la prière des ermites russes. J’ai rencontré un ermite, bien français, lui ; il me tutoyait car nous sommes anciens de la même école. « Tu vois, me disait-il, quand je dis à Dieu ‘je T’aime’, cela me prend une demi-journée. » La prière d’un ermite est en fait une union constante à Dieu. C’est cela qu’on obtient par la prière du Nom de Jésus. Chaque invocation qui m’unit à Jésus est un acte, et la répétition de cet acte produit en nous une disposition stable qui perfectionne notre nature en l’unissant à Jésus. Une telle disposition stable est appelée par les philosophes un ‘habitus’ : plus qu’une habitude qui ne concerne guère que le comportement extérieur, c’est quelque chose qui touche le plus profond de notre âme spirituelle.
Le plus profond de notre âme, c’est notre cœur. Sans doute faut-il en dire un mot, puisqu’il est question ici de prière et que c’est avec le cœur qu’on prie. L’âme construit notre corps et le dirige. Pour cela, elle a besoin de connaître, et elle a donc une intelligence ; il lui faut aussi aimer ce qui est utile à tout notre être, et elle a donc une volonté. Il est trop peu connu que l’amour se situe dans la volonté ; mais comme aimer c’est vouloir le bien de celui qu’on aime, l’amour est nécessairement volontaire. Or pour pouvoir progresser en connaissance et en amour, l’âme a aussi une mémoire. Et ces facultés travaillent ensemble. Ainsi la conscience est l’endroit de notre âme où l’intelligence et la volonté travaillent ensemble : elle nous fait connaître ce qui est bien ou mal, et elle nous fait désirer le bien et haïr le mal. Le cœur est situé dans la conscience, il est cet endroit de notre âme où la mémoire travaille avec la conscience.
Notre âme est spirituelle. Quand Saint Paul parle de notre être qui est « corps, âme et esprit », le meilleur exégète qui soit au monde, à savoir l’Eglise, nous dit qu’il ne s’agit pas de trois parts de nous-mêmes, comme si l’esprit était aussi distinct de l’âme que celle-ci est distincte du corps. En fait l’esprit est une dimension de l’âme qui donne à celle-ci une capacité à l’égard de Dieu : l’esprit, créé en nous à notre origine, vient se loger dans l’intelligence pour la rendre capable de connaître Dieu, et dans la volonté pour la rendre capable d’aimer Dieu. On voit ainsi le lien entre l’esprit et le cœur : puisque Dieu est amour, c’est par amour qu’Il crée le monde et qu’Il crée notre esprit, et on ne peut accéder à Dieu qu’en Le connaissant comme Créateur et en L’aimant en retour. Seule la collaboration de l’intelligence et de la volonté, collaboration qui suppose un effort dans le temps et engage la mémoire, permet de s’unir à Dieu : c’est bien le cœur qui est à l’œuvre ; comme le dit le Père André Louf, « on prie avec le cœur ». On comprend alors le mot de la philosophe Simone Weil : « l’attention est la seule faculté de l’âme qui donne accès à Dieu. » L’attention suppose la durée, la mémoire, elle est en lien avec le fait d’être attentif, intellectuellement, et avec le fait d’être attentionné, dans l’amour.
C’est ce qui est en jeu dans la prière du Nom de Jésus. Mais si l’on fait l’expérience de la répétition aimante du Nom de Jésus, on voit bien souvent que c’est difficile. On peut s’aider, et il faut le conseiller aux enfants quand on leur apprend à prier, en ajoutant de petites phrases, et dire « Jésus, je T’aime » ou bien « Jésus, Tu m’aimes ». J’aime aussi dire aux enfants d’alterner les deux formules et leur demander ensuite laquelle ils préfèrent. Ainsi ils réfléchissent bien à ce qu’ils disent, et c’est valable aussi pour nous, adultes ! Il n’y a pas une bonne réponse et une mauvaise, mais il faut se souvenir que c’est Jésus qui nous a aimés le premier. On peut dire aussi « Jésus, merci », ou « Jésus, s’il Te plaît donne-moi… » Certains ont eu tendance à déprécier la prière de demande, pourtant elle répond à un commandement de Jésus : « demandez, et vous recevrez » ; et elle est tellement naturelle qu’il faut en fait commencer l’éducation à la prière par cette forme de prière. Il faut terminer ces exercices par la formule « Jésus, je T’adore », qui vient réunir les formules précédentes.
Cependant même ces formules restent difficiles à utiliser durant un long moment. Or Jésus nous dit de diverses façons « Priez sans cesse ». C’est pourquoi les ermites russes recommandent à leurs disciples qui restent actifs dans le monde de dire une formule plus longue ; on en trouve plusieurs versions, mais il s’agit toujours à peu près de ceci : « Seigneur Jésus, Fils de Dieu, Sauveur, aies pitié de moi pécheur. » Le Pape Saint Jean-Paul II a recommandé cette dévotion, qui se répand en Occident au bon moment. Cette prière-là, il faut l’avoir non seulement essayée, il faut l’avoir pratiquée au moins de temps en temps.
On le voit, cette formule permet de penser à Jésus de façon correcte, elle nous met en rapport avec Lui en vérité. On lui dit ses titres, ceux qu’Il a à notre amour et à notre reconnaissance. On pense à la joie qu’II a de nous voir les reconnaître. Comme Il a aimé que Saint Pierre lui dise « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! », ainsi il aime que nous aussi, à notre tour, nous adhérions à Lui par la foi. Il aime que nous le reconnaissions comme Seigneur et Sauveur. Ainsi notre âme s’élève vers Lui dans une attitude juste. Et cette élévation est un acte qui, répété, produit en nous la contemplation, qui consiste à être toujours à sa juste place sous le regard de Dieu. Or cette juste place, c’est celle de pécheurs, qui demandent la miséricorde du Sauveur : après la montée vers Jésus et son Père, cette formule de la prière du Nom de Jésus appelle la descente des grâces de Dieu vers nous.
Certains regrettent l’absence de Marie, la Mère de Jésus, dans cette prière. Peut-on être à sa juste place sous le regard de Dieu sans être proche de la Vierge Marie ? Aussi on peut allonger la formule comme suit : « Seigneur Jésus, Fils de Dieu, Sauveur né de la Vierge Marie, aies pitié de moi pécheur. »
Et là on comprend sans doute le pourquoi de cette longue digression sur la prière du Nom de Jésus. En fait l’Ave Maria ressemble beaucoup à notre formule. Dans l’Ave, on a le Nom de Jésus au centre de la prière. C’est davantage sensible en latin ou en allemand, où l’on dit : « et Il est béni, le fruit de vos entrailles, Jésus. » Autrement dit, si l’on y regarde bien, dans l’Ave aussi on monte vers Jésus dans un premier temps, et le deuxième temps de l’Ave est à son tour une demande que la grâce de Dieu descende vers nous. Simplement, cette montée et cette descente se font par la Vierge Marie, ce qui est conforme au plan de Dieu. Comme le dit Saint Louis-Marie, si Dieu est venu par la Vierge Marie dans le monde, Il y reviendra aussi par la Vierge Marie. Et on peut ajouter que sa venue dans nos vies personnelles suit la même voie. Il est donc légitime de se mettre dans une attitude juste par rapport à Dieu en se mettant en rapport avec la Vierge Marie. Comme Jésus aime qu’on lui dise les titres qu’Il a à notre reconnaissance, Marie aime qu’on lui dise les siens propres, qui sont justement d’être en étroit rapport avec Dieu. Elle est pleine de grâce, le Seigneur est avec elle, et surtout elle est la Mère du Fils béni de Dieu. Et une fois mis dans cette attitude spirituelle juste en pensant à Marie, on peut demander son intercession, qu’elle prie pour nous – et là encore nous nous souvenons de notre situation de pécheurs.
Là, on voit que si la prière du Nom de Jésus nous met dans la contemplation, l’Ave Maria le fait aussi. Chaque Ave est un appel à la Vierge Marie, et celui qui veut dire chaque Ave en pensant à Marie est en contact habituel – au sens de l’habitus qui est bien plus qu’une habitude – avec Marie et avec la divinité. On peut penser avoir répondu à la première objection contre le chapelet, celle de la répétition de paroles : ces paroles sont le support d’autant d’actes d’union à Jésus par la Vierge Marie.
Il nous reste à parler de la seconde difficulté : comment concilier l’attention aux paroles de l’Ave et l’attention au sens des mystères médités ? La réponse est toute simple. Il faut profiter de ce que la répétition des Ave nous met en rapport constant avec Marie pour lui demander ce qu’elle a pensé quand l’événement évoqué par chaque mystère s’est produit. De cette manière, on voit bien que l’attention au mystère se situe à l’intérieur de l’attention à Marie, attention qui est provoquée par les paroles mêmes de l’Ave.
Mais comprenons-nous bien ! Un jour que j’apprenais à des enfants à faire ainsi, à la fin de la dizaine où ils avaient médité sur l’annonciation, une fille a dit : « Elle n’a pas répondu ! » « A moi non plus ! » a dit un garçon. Cela m’a amusé, mais aussitôt j’ai regretté d’avoir souri, car je m’étais mal exprimé, et eux ils avaient mis tout leur cœur dans leur prière. Demander à la Sainte Vierge ce qu’elle a pensé de chaque événement rappelé dans le rosaire ne nous dispense pas de faire l’effort de la réflexion personnelle : en fait on demande à Marie de guider cette réflexion.
D’ailleurs on ne demande pas à Marie seulement ce qu’elle a pensé quand elle a vécu l’événement : il y a des mystères aux événements desquels elle n’a pas assisté, comme l’agonie, la flagellation, ou encore certains mystères lumineux. Dans ces cas-là, on demande à Marie ce qu’elle a pensé quand on les lui a racontés, et c’est très fructueux car en plus cela nous fait penser au moment où elle l’a entendu raconter. Enfin, puisque Marie a médité toutes ces choses dans son cœur, il faut lui demander de nous faire entrer dans sa propre méditation.
De cette façon nous aurons en nous les sentiments de la Vierge Marie. Et c’est une excellente façon d’appliquer la maxime de Saint Paul : « Ayez en vous les sentiments du Christ Jésus. » Car Jésus, puisqu’Il est vraiment homme, a dû apprendre et donc être éduqué. Ses sentiments ont donc été formés par la Vierge Marie et Saint Joseph. On voit là l’un des principaux bénéfices de la prière du rosaire : non seulement il nous met en contact permanent avec Jésus par le contact permanent avec sa Mère, mais en plus il nous donne de penser comme le Christ en étant éduqués par celle qui L’a éduqué. Et si nous avons l’habitude de penser comme le Christ au sujet des mystères de sa vie, nous sommes bien près de penser comme Lui au sujet de nous-mêmes, de nos proches, des événements de notre vie.
Ainsi, en répondant aux questions qu’on se pose normalement au sujet du chapelet, on peut voir qu’il n’est pas seulement une excellente école de prière, il est aussi une école de vie chrétienne – rien d’étonnant, puisque l’essentiel de la vie chrétienne c’est la prière.

( 888062 )
Merci pour votre texte, mais ... par Glycéra (2020-02-20 11:12:48)
[en réponse à 888043]
cela ne répond pas à ma demande : la composition de cette "Prière de Jésus" semble spéciale, et je voulais savoir en quoi.
Le prière hésicaste occidentale, cf les livrets illustrés du XVIII°, n'a pas la même tonalité.
Néanmoins, je vois ce que vous exposez de la contemplation des mystères conjointe à une récitation, plus longue aussi avec l'Ave Maria.
Avec mes remerciements et mes bonnes salutations
Glycéra