Le Forum Catholique
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( 887371 )
Dimanche de la Septuagésime par ami de la Miséricorde (2020-02-09 08:38:56)
Dimanche de la Septuagésime
On ne fait rien cette année de St Cyrille d’Alexandrie, évêque, confesseur et docteur ni de la Mémoire de Ste Apolline, vierge et martyre

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La Providence et la confiance en Dieu par Fr.Garrigou-Lagrange par ami de la Miséricorde (2020-02-09 08:39:53)
[en réponse à 887371]
ROISIÈME PARTIE
CHAPITRE III
LES VOIES CACHÉES DE LA PROVIDENCE ET LE LIVRE DE JOB
Le bien supérieur auquel sont ordonnées ces épreuves des justes
Bien d'autres textes de l'Ancien Testament donnent l'intelligence des épreuves envoyées par Dieu et font prévoir le bien supérieur qu'il a en vue. Judith exhorte les anciens d'Israël à attendre avec patience le secours du Seigneur : « Ils doivent se souvenir qu'Abraham notre père a été tenté et qu'ayant été éprouvé par beaucoup de peines et d'afflictions, il est devenu l'ami de Dieu.
C'est ainsi qu'Isaac, que Jacob, que Moïse, et que tous ceux qui ont plu au Seigneur, ont passé par plusieurs afflictions et sont toujours demeurés fidèles... Croyons que les fléaux, dont Dieu nous châtie comme ses serviteurs, nous sont envoyés pour nous corriger, et non pour nous perdre » (Judith, VIII, 22-27).
L'Ecclésiastique, II, 1-10, montre l'avantage de la souffrance : « Mon fils, en entrant au service de Dieu, préparez votre âme à la tentation ; humiliez votre cœur, attendez avec patience dans l'affliction ; prêtez l'oreille, soyez docile aux inspirations de la sagesse ; ne vous hâtez point d'agir ou de parler au temps de l'obscurité ; mais soufrez en paix les retardements de Dieu, restez-lui uni et ne vous lassez pas d'attendre son secours, afin que votre vie soit à la fin plus abondante.
Acceptez de bon cœur tout ce qui arrivera, et au temps de votre humiliation, conservez la patience; car l'or s'épure par le feu, et les hommes que Dieu veut recevoir au nombre des siens sont éprouvés dans la fournaise de l'humiliation.
Ayez donc confiance en Dieu dans vos afflictions et soyez assuré qu'il vous tirera de tous ces maux... Vous qui craignez le Seigneur, espérez en Lui, car sa Miséricorde viendra vous combler de joie ».
Le livre de la Sagesse XV, XVI, XVII, compare les épreuves des bons et celles des méchants en montrant leur gradation. Tandis que les Égyptiens sont frappés de plaies extraordinaires, les Israélites sont guéris des morsures des serpents par le serpent d'airain, ils sont nourris de la manne du ciel, conduits par une colonne de feu, et trouvent un passage dans la Mer Rouge où les Égyptiens sont engloutis. - Isaïe dit aussi (XLV, 22) : « J'efface tes transgressions comme un nuage et tes péchés comme une nuée. Reviens à moi, car je t'ai racheté ». Item, XLVI, 2-6.
Michée VII, 14-20, annonce que Dieu fera Miséricorde à son peuple : « Il ne répandra plus sa fureur contre les siens, parce qu'il se plaît à faire Miséricorde. Il aura encore compassion de nous, il détruira nos iniquités et il jettera tous nos péchés au fond de la mer. Selon sa promesse il fera Miséricorde à la postérité d'Abraham ».
Tous ces textes de l'Ancien Testament sur la raison des épreuves des justes éclairent beaucoup la conclusion du livre de Job. L'Évangile apportera la pleine lumière sur les fins dernières.
Le Christianisme sera seul capable de donner la solution définitive. Mais cette solution est déjà pressentie dans le livre de la Sagesse (entre 245 et 50 avant Jésus-Christ)...
Le livre de Job montre comment la suprême justice de Dieu, qui doit s'exercer un jour, comme Job en a conscience XIX 25 ss., dépasse infiniment nos vues étroites, et comment la vertu, loin d'être toujours accompagnée ici-bas de ce que les hommes appellent généralement le bonheur, peut se trouver exposée à de très dures épreuves.
Chez les saints du Christianisme on verra même que l'amour de la croix grandit en eux avec l'amour de Dieu et avec la configuration au Christ crucifié, dont le juste Job fut une figure.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

( 887385 )
Commentaire ! par Minger (2020-02-09 11:43:11)
[en réponse à 887371]
Missel :
"La Septuagésime signifie le septantième jour avant Pâques , bien qu'en réalité , ce ne soit que le soixante-troisième jour , cela soit en raison des septante années d'exil des Juifs , soit en raison de l'église grecque , ou le samedi et même souvent le jeudi ne font pas partie de carême , de sorte qu'il faut commencer le carême plus tôt pour obtenir le nombre de quarante jours "
Comme quoi , ces raisons expliquent d'une façon très respectueuse , mais claire , la bienveillance pour coordonner le respect absolu des origines diverses mais profondes, à nous de pas les ignorer!

( 887388 )
Il y a 50 ans (14) : la Septuagésime par Yves Daoudal (2020-02-09 12:34:51)
[en réponse à 887371]
"Delenda est Carthago", disait Caton. "Abolendum est tempus Septuagesimae", décidèrent les experts. Dès le 15 mars 1965 ils édictèrent :
« Abolendum est tempus Septuagesimae. Non ad vanam archeologiam, sed ut fideles bene videant progressionem anni liturgici et non disturbantur per diversas “anticipationes. » « Le temps de la Septuagésime doit être aboli. Non par vain archéologisme (sic), mais pour que les fidèles voient bien la progression de l’année liturgique et ne soient pas troublés par diverses “anticipations”. »
Le chef Bugnini écrira ensuite : « L’opinion prévalut qu’il devait y avoir une simplification. Il n’était pas possible de restaurer (sic) le Carême dans toute son importance sans sacrifier la Septuagésime, qui est une extension du Carême. »
Il y avait eu une hésitation, cependant : parce que nos « frères séparés » (en l’occurrence les luthériens, anglicans, épiscopaliens…) n’avaient pas l’intention d’abolir la Septuagésime… Mais au diable l’œcuménisme quand il s’agit de détruire ce temps qui, disait dom Guéranger, « forme une des divisions principales de l'Année liturgique ».
La suite
ici.

( 887405 )
Merci! par Minger (2020-02-09 18:18:23)
[en réponse à 887388]
NB : autre remarque , c’est pourquoi aussi , dans le moment le plus important du Saint Sacrifice de la Messe , la partie indissociable : Canon I dit Romain:
« Daignez abaisser un regard de bonté et de bienveillance sur ces dons , et les agréer comme il vous a plus d’agréer les présents de votre serviteur , le juste Abel , ainsi que les sacrifice D’Abraham , notre patriarche , et celui que vous offrit votre grand-prêtre Melchisédech , un sacrifice saint ect. »
C’est quand même très choquant de retirer ces grands personnages de l'Ancien Testament , sans doute : « L’opinion prévalut qu’il devait y avoir une simplification ».
Ben voyons à l’insu de ces derniers et de ce qui suit:
"Les 70 ans de la captivité symbolisent toute l’histoire humaine, les 7 âges de l’humanité selon l’Ecriture : d'Adam à Noé ; de Noé à Abraham ; d’Abraham à Moïse ; de Moïse à David ; de David à la captivité de Babylone ; du retour de la captivité à Jésus-Christ ; de la Résurrection à la fin du temps.
C’est pourquoi à la Septuagésime la liturgie traditionnelle commence à lire la Genèse "

( 887406 )
La septuagésime par Montes Gelboe (2020-02-09 18:26:06)
[en réponse à 887388]
commence un cycle liturgique de grande importance. Le sens pénitentiel y est bien présent, certes, et on déplorera sa suppression.
Mais le symbolisme de ce dimanche est très profond. Et sa perte infiniment déplorable.
On y célèbre la Création, création de la Lumière dans le répons des premières vêpres aux offices canoniaux anciens : "O Oriens splendor Lucis aeternae" (O Orient splendeur de la Lumière éternelle).
La création du Premier jour est lue au premier nocturne des matines, qui suit l'hymne "Primo dierum omnium quo mundus extat conditus...) (Le premier de tous les jours, dans lequel le monde a été crééé..) une création qui sera chantée jour par jour chaque semaine a l'hymne des vêpres "Hymnus de diei primae opere.. de opere diei secundae" etc...) La semaine liturgique de l'office des heures est magnifiée.
De même que la journée liturgique, considérée comme une course dans le stade par l'épître, et détaillée heure par heure dans la lecture de l'évangile.
A chaque heure ouvrable du jour, "Primo mane" (prime)" tertia hora" (tierce) "sexta et nona hora" (sexte et none) et enfin "undecima hora" la dernière heure : vêpres, précédant la juste rétribution des ouvriers.
Les Pères de l'Eglise, notemment s.Ambroise et s. Grégoire ont développé les thèmes de l" Hexéaméron" (l'oeuvre des six jours), et des sept âges du monde rapportés aux heures : d'Adam à Abraham, d'Abraham à Moise etc..
L'élimination d'une telle richesse symbolique réunie en un seul dimanche est véritablement dommageable.