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images/icones/fleche3.gif  ( 887156 )Que vous inspire le Jugement de Salomon ?... par Sacerdos simplex (2020-02-06 18:08:04) 


Quelles réflexions spirituelles vous inspire ce passage ?
(autres que : "Comment, Salomon, vous êtes juif ?...")

16 Un jour, deux prostituées vinrent se présenter devant le roi.
17 L’une des femmes dit : « De grâce, mon seigneur ! Moi et cette femme, nous habitons la même maison. Et j’ai accouché, alors qu’elle était à la maison.
18 Or, trois jours après ma délivrance, cette femme accoucha à son tour. Nous étions ensemble : personne d’autre dans la maison ; il n’y avait que nous deux dans la maison !
19 Une nuit, le fils de cette femme mourut : elle s’était couchée sur lui.
20 Elle se leva au milieu de la nuit, prit mon fils qui reposait à mon côté – ta servante dormait – et le coucha contre elle. Et son fils mort, elle le coucha contre moi.
21 Au matin, je me levai pour allaiter mon fils : il était mort ! Je l’examinai attentivement au petit jour : ce n’était pas mon fils, celui que j’avais mis au monde. »
22 L’autre femme protesta : « Non ! Mon fils est celui qui est vivant, ton fils celui qui est mort. » Mais la première insistait : « Pas du tout ! Ton fils est celui qui est mort, et mon fils celui qui est vivant ! » Elles se disputaient ainsi en présence du roi.
23 Le roi dit alors : « Celle-ci affirme : Mon fils, c’est le vivant, et ton fils est le mort. Celle-là affirme : Non ! Ton fils, c’est le mort, et mon fils est le vivant ! »
24 Et le roi ajouta : « Donnez-moi une épée ! » On apporta une épée devant le roi.
25 Et le roi poursuivit : « Coupez en deux l’enfant vivant, donnez-en la moitié à l’une et la moitié à l’autre. »
26 Mais la femme dont le fils était vivant s’adressa au roi – car ses entrailles s’étaient émues à cause de son fils ! – : « De grâce, mon seigneur ! Donnez-lui l’enfant vivant, ne le tuez pas ! » L’autre protestait : « Il ne sera ni à toi ni à moi : coupez-le ! »
27 Prenant la parole, le roi déclara : « Donnez à celle-ci l’enfant vivant, ne le tuez pas : c’est elle, sa mère ! »
28 Tout Israël apprit le jugement qu’avait rendu le roi. Et l’on regarda le roi avec crainte et respect, car on avait vu que, pour rendre la justice, la sagesse de Dieu était en lui.

images/icones/neutre.gif  ( 887158 )Ben... par Meneau (2020-02-06 18:44:00) 
[en réponse à 887156]

... que Salomon, inspiré par Dieu, était un sage et un fin psychologue ?

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 887163 )que tout bon juge ... par Cristo (2020-02-06 19:07:00) 
[en réponse à 887156]

... doit avoir une épée bien aiguisée à portée de main.
images/icones/colombe2.png  ( 887164 )Que la sagesse par Rémi (2020-02-06 19:17:47) 
[en réponse à 887156]

dans la justice, don de Dieu, est une vertu si haute chez un chef qu'elle inspire non seulement le respect mais même la crainte.
images/icones/neutre.gif  ( 887165 )à mon humble avis par Eudoxie (2020-02-06 19:22:28) 
[en réponse à 887156]

Ce passage est une fiction, un apologue qui résumerait des faits multiples réellement avérés. Il y a ainsi des passages de Evangiles qui ne sont pas des fictions, mais il me semble des sélections: il y a certainement eu des centaines, des milliers de miracles de la vie du Christ, mais on a sélectionné les plus emblématiques, les plus persuasifs, le plus efficaces. Comme l'Ancien Testament est moins factuel et plus symboliste (cela dépend des livres naturellement: les livres des Rois sont factuels, la Genèse l'est moins) que le Nouveau Testament, je pense que ce jugement est un "type" de jugement, grandiose, évident, éclatant à première vue.
Pourtant si on fait attention à la finesse psychologique de ce passage, on ne peut que trouver invraisemblable le souhait de la "fausse" mère de voir un enfant déchiqueté. L'attitude de la Mère authentique est admirable et réaliste, parce que viscérale et instinctive. Celle de la voleuse d'enfant trop caricaturale à mon humble avis pour être recevable: comment est-il possible qu'une femme voie un nourrisson avec plaisir sous prétexte d'équité se faire couper en deux? J'ai peut-être tort, mais je ne prends pas ça au pied de la lettre.




Après spirituellement, ce qui est admirable, c'est l'attitude de la Mère, qui donne vraiment la vie une seconde fois en la laissant à son fils. Elle accepte d'en être séparée pourvu qu'il vive. Ainsi les grandes âmes pieuses doivent-elles accepter de grands sacrifices parfois pour le bien d'autres. Je veux dire que par exemple, nous sommes tous spirituellement les mères spirituelles de quelqu'un, même les hommes, car nous donnons par la perfection de nos actions la vie aux âmes (par l'intermédiaire de Dieu évidement): c'est le mystère de la communion des saints. Parfois il faut beaucoup souffrir pour que telle ou telle personne que nous connaissons ou non aie la vie de la grâce ou ne la perde pas. Et la figure de la paternité spirituelle, c'est celle de Salomon qui met à l'épreuve pour mieux discerner la vérité, qui punit la coupable, et confirme la droiture de l'attitude de telle âme. Salomon discerne la justice et encourage sur la voie du bien l'âme qui a soif de vérité et d'équité. Par ailleurs, l'enfant en question n'a pas de père déclaré, mais Salomon lui donne la vie en le rendant à sa mère, il exerce à son égard une forme authentique de paternité.

Enfin c'est une figure du Jugement dernier, qui rendra à chacun ce qui lui est dû.


images/icones/1d.gif  ( 887173 )Et même que mon grand-père par Jean-Paul PARFU (2020-02-06 20:25:55) 
[en réponse à 887156]

Était rabbin. Ah bon ?! Et il était juif lui aussi ?
images/icones/5b.gif  ( 887190 )En trichant… par Marquandier (2020-02-06 22:45:58) 
[en réponse à 887156]

L’Église face à la Synagogue, Les vrais ou bon pasteurs face aux faux ou mauvais, les orthodoxes face aux hérétiques…

Explications de la Bible de Sacy, III. Rois ch. III, v. 16 & ss.

L’Histoire du Vieux et du Nouveau Testament de Nicolas Fontaine, de Port-Royal également, retient comme sens spirituel l’opposition des vrais pasteurs aux faux : préférence du salut des âmes à sa propre gloire, et préférence de la domination à des injustes à l’horreur du schisme. Choix guidé peut-être par le contexte des schismes des hérétiques protestants face à la soumission de Port-Royal à ses persécuteurs ? Avertissement : je ne suis pas historien :-P
images/icones/coeur.gif  ( 887196 )Le passage peut illustrer deux attitudes face à la justice par Gereo (2020-02-06 23:39:04) 
[en réponse à 887156]

L'une cherche à faire valoir un droit devant le juge, mais elle n'a cure de l'objet de la justice, la vie de l'enfant, et se satisfait du premier verdict qui lui donne malgré tout raison.

L'autre préfère l'objet de la justice, l'enfant, au mépris de la justice qui l'en sépare mais qui préserve sa vie.

J'aurais tendance à rapprocher ce passage de la méditation de S. Jean de la Croix : "Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour." car dans ce passage c'est effectivement sur ce critère de l'amour qui sacrifie à l'autre ce qu'elle a de plus cher qu'est jugée la vraie mère.


images/icones/sacrecoeur.gif  ( 887260 )Oui, et j'ajoute ... par Glycéra (2020-02-07 15:33:19) 
[en réponse à 887196]


L'une veut faire valoir son point de vue, et quitte à tricher, emploie pour se couvrir, s'exonérer, la procédure inattaquable d'un juge reconnu, pour exécuter sa jalousie.

L'autre innocente, comme son enfant, se soumet à la décision du même juge, reconnu comme représentant de la justice du Seigneur.


Le juge, lui, au lieu de rester au niveau de la dispute, de faire faire des expertises d'ADN ou autres technique dit objectives, remonte, s'élève, va au fond de la question : celle du coeur, là où on voit Dieu.

Il change de niveau, et permet à la solution de germer.


En plus ?

Nul ne peut être juge juste, sans être validé, oint par décision de Dieu.

Nulle ne peut-être mère que celle qui permet à son enfant de vivre, de devenir saint dans ce que Dieu désire lui donner à vivre, et non celle qui veut le posséder, l'utiliser, se l'approprier pous son service ou son plaisir.


Qui sait ?

Peut-être la Providence a-t-elle provoquée la situation :
- Pour enseigner au Juge de ne pas rester terre à terre, et de devenir co-créatif dans ses solutions de jugements
- Pour révéler à la mauvaise femme jusqu'où pouvait-aller sa jalousie. Pour la faire enfin rentrer en elle-même, écouter la Vie qui est Vérité.
- Pour révéler aux villageois que parmi eux était une infanticide en puissance. Peut-être était-elle vue comme une honorable personne à féliciter.
- Pour apprendre à la mère généreuse qu'elle élève son enfant pour qu'Il puisse aller à Dieu, selon la vie des saints qui aiment les voies du Seigneur. Peut-être était-elle mère poule avant cela.

Il y a tant de choses à percevoir : percer le texte, et voir l'Esprit entre les mots

Merci Seigneur
de nous prêter votre torche de temps en temps
Merci au Forum qui permet les échanges éclairants.

Glycéra
images/icones/1e.gif  ( 887345 )Ce que ça m'inspire ? par Cath...o (2020-02-08 17:56:02) 
[en réponse à 887156]


Une nuit, le fils de cette femme mourut : elle s’était couchée sur lui.



Que le "cododo" était déjà une calamité à l'époque …

(pardon, déformation professionnelle !)