Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 886533 )Éric de Clermont-Tonnerre,triste et en colère ! par Jean Kinzler (2020-01-30 14:22:21) 

« Croient-ils vraiment que c’est l’ordination d’hommes mariés qui va mettre en danger l’Église catholique ? »

Frère Éric T. de Clermont-Tonnerre (1), à propos du livre de Benoît XVI et du Cardinal Robert Sarah
Frère Éric T. de Clermont-Tonnerre, le 30/01/2020 à 10:48



C’est avec tristesse – et un brin de colère - que j’ai lu Des profondeurs de nos cœurs, cosigné par Benoît XVI et le Cardinal Sarah, comme l’indique la couverture du livre en vente actuellement (2). Ce livre ne me semble pas bien situé : il ne fait pas face au scandale des abus dont des membres du clergé se sont rendus coupables un peu partout ; il ne pose pas la question d’éventuelles ordinations d’hommes mariés sur une base théologique et pastorale appropriée.

« Croient-ils vraiment que c’est l’ordination d’hommes mariés qui va mettre en danger l’Église catholique ? »
L’introduction s’intitule « De quoi avez-vous peur ? » On ne peut que retourner la question aux auteurs. Croient-ils vraiment que c’est l’ordination d’hommes mariés, pratiquée depuis toujours dans les Églises orientales, qui va mettre en danger l’Église catholique, rendue exsangue par un manque de courage pastoral et de pertinence théologique ?

La conclusion fustige « les mauvais plaidoyers, les mises en scène théâtrales, les mensonges diaboliques, les erreurs à la mode qui veulent dévaloriser le célibat sacerdotal » ? Le choix de ces termes est malheureux : ne font-ils pas de tout baptisé qui ose s’interroger sur le célibat des prêtres un potentiel suppôt de Satan, un adversaire de l’Église ? Religieux dominicain, attaché au célibat des prêtres, je suis blessé par ces manières de s’exprimer sur des questions qui touchent à l’attachement au Christ et au don de soi-même au service de l’Évangile et du salut des hommes.
Le « Regard ecclésiologique et pastoral sur le célibat sacerdotal » du cardinal Robert Sarah se veut une réflexion positive et paisible ; il est cependant marqué par une étonnante négativité : « une catastrophe pastorale » ; « une confusion ecclésiologique » ; « un obscurcissement dans la compréhension du sacerdoce ».

Et, pour ce qui concerne la partie signée par Benoît XVI, « Le sacerdoce catholique », il est vraiment dommage qu’il ne mentionne pas le sacerdoce des baptisés ; que le célibat des religieuses - des femmes - et des religieux ne soit absolument pas abordé et que le passage du sacerdoce de l’Ancien Testament au sacerdoce néotestamentaire ne s’appuie pas sur les développements de l’épître aux Hébreux qui insistent sur le changement radical de culte.
Il est urgent que les théologiens travaillent ces questions de manière plus approfondie et moins polémique, pour que nous progressions dans la compréhension du sacerdoce des baptisés et du ministère presbytéral, de la sainteté du mariage et du célibat pour le Royaume. Ce travail en profondeur permettra d’établir l’Église sur son socle - le Christ, sa Parole, le baptême, la communion des saints – et, par là même, d’assainir sa structure hiérarchique qui n’est pas au service d’un sacré idéal, mais du sacré qu’est la Sainte humanité du Christ et qu’est toute humanité, c’est-à-dire tout être humain potentiellement ouvert à la visite de Dieu.

(1) Dominicain, auteur de « Fierté de l’espérance » Éditions Salvator, 2020, 210 p., 18,80 €

(2) Fayard, 2020, 180 p., 18 €

LC
Frère Éric T. de Clermont-Tonnerre
images/icones/ancre2.gif  ( 886540 )Cela ne va pas remplir les noviciats dominicains... par Paterculus (2020-01-30 15:53:50) 
[en réponse à 886533]

... et c'est regrettable.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 886543 )Il appartient à la "province de France" par Candidus (2020-01-30 16:04:14) 
[en réponse à 886540]

C'est tout dire.

Il serait intéressant de comparer le nombre de novices dans les deux provinces dominicaines qui se partagent l'hexagone, celle de "France" et celle de Toulouse.
images/icones/1f.gif  ( 886544 )Il est tout de même par Luc de Montalte (2020-01-30 16:10:47) 
[en réponse à 886540]

... "attaché au célibat ecclésiastique" dit-il. Dommage qu'il ne défende pas sa position au lieu de faire du relativisme à trois francs six sous.
images/icones/nul.gif  ( 886554 )comme il est triste, affligeant même, de vous lire mon Père par Luc Perrin (2020-01-30 16:54:55) 
[en réponse à 886533]

que de poncifes ... mais hélas quand on voit les deux lettres o.p., on sait le plus souvent qu'on ne sera pas édifié par la lecture.

Je ne savais pas que le mariage des prêtres était l'alpha et l'omega des vocations : les Églises orientales seraient-elles toutes en croissance fulgurante ? En dehors de l'expansion en Afrique, je ne crois pas mon Père que vous puissiez appuyer vos propos sur du réel.
Mais en Afrique, le catholicisme est aussi en expansion sans prêtres mariés : les diacres permanents mariés y sont d'ailleurs très peu nombreux, en diminution même.

Sur un point le Père dominicain a raison : il y a bien pire danger pour la foi catholique. Ce sont les néo-modernistes, néo-catholiques et amazonistes qu'il défend, ceux et celles qui militent notamment pour abroger le célibat sacerdotal.

ps. publié par La Croix évidemment.
images/icones/1b.gif  ( 886558 )Et même ce sont... par Paterculus (2020-01-30 17:09:16) 
[en réponse à 886554]

... des Souverains Poncifes !

Oh, pardon...


VdP
images/icones/neutre.gif  ( 886585 )J'ai relevé le jeu de mots dû à la faute d'orthographe par Hepzibah (2020-01-30 19:25:23) 
[en réponse à 886558]

Il est excellent !

Du reste, il ne s'agit peut-être pas d'une faute d'orthographe ( poncif avec un "e" ajouté ) mais un clin d’œil ?

Bonne soirée,

H.
images/icones/nul.gif  ( 886571 )deux anciens maîtres généraux ne doivent pas par JVJ (2020-01-30 18:00:06) 
[en réponse à 886533]

penser autrement, pour les avoir lus…

Il serait amusant de voir les éminents thomistes de la province de Toulouse et quelques solides enseignants assignés au couvent de Fribourg, venir en place publique claquer le bec de l'ancien provincial. Il ne faut pas croire que le frère parle au nom de tous les Dominicains de France. Les professeurs de l'Angelicum ne sont pas des charlots, mais des frères brillantissimes.

Son ancien socius, le fr. Lavigne, n'était pas bien édifiant non plus. Je l'ai entendu dire des choses odieuses, dans les murs du couvent de Dijon qu'il voulait à tout prix fermer (avant de le louer à sciences po puis de le vendre pour une plus-value des plus intéressantes, aujourd'hui le couvent refondé par mon compatriote Lacordaire est un hôtel de luxe).

Congar est un dangereux conservateur à côté de ce frère.

La province de Lyon a fusionné avec celle de Paris pour sauver les meubles. Je tiens à disposition tous les actes des chapitres provinciaux depuis Lacordaire. Les années 60-80 sont édifiantes pour la province de France, avec toutes les expériences et les abandons.

Une jeune génération de frères, hélas formés à Strasbourg ou à Lille dans leur noviciat, est plus "classique" que le fr. Eric. Le couvent de Nancy, premier restauré par Lacordaire en France, est en sursis depuis des années.

Quand le provincial de France sévissait, il savait, comme moi et tout lecteur du Saulchoir et des archives provinciales, qu'un éminent frère du lieu vivait extra claustrum avec un homme. Il y a des tolérances qu'il serait douloureux de rappeler au frère prêt à s'insurger de tout, avec La Croix qui sert toujours aussi bien la soupe.

Si vous voulez savoir ce que pense le courant mainstream de la province, lire le fr. Thimothy Radcliffe… ou Mgr Raffin ! L'ancien maître général, ancien provincial de France, médecin de formation, a brillé par sa transparence et ses cols roulés.

Je suis particulièrement attaché aux Dominicains, d'hier et d'aujourd'hui. Même en France, les Dominicains sauvent les meubles pour leur recrutement, par rapport aux familles franciscains ou carmélitaines par exemple.

J'ai envoyé à l'un d'entre vous le témoignage d'un frère relatant les années 68-69 à Angers où le doyen de la faculté de théologie, dominicain, manifestait drapeau noir en tête.
J'ai connu aussi des frères admirables et même formidables. Pour ne parler que du 21 janvier, ils se battaient à Dijon pour prêcher la messe qui s'y disaient, avec drapeau fleurdelysé au chœur ! Ils étaient travailleurs, par les livres, et prêchaient de manière droite.
images/icones/1n.gif  ( 886581 )Comme diraient mes jeunes! par Miserere (2020-01-30 19:06:30) 
[en réponse à 886533]


Il est grave!
images/icones/carnet.gif  ( 886593 )Livre de Yann Raison du Cleuziou sur les dominicains 1940-1970, Belin, 2016 par Gaspard (2020-01-30 20:41:50) 
[en réponse à 886533]

Yann Raison du Cleuziou, De la contemplation à la contestation. La politisation des Dominicains de la province de France (années 1940-1970), Paris, Belin, 2016, 381 p.

J'avoue, je ne l'ai pas lu, mais cette intervention d'Éric de Clermont-Tonnerre néo o.p. m'en donne l'envie. Un liseur a-t-il un avis sur ce livre ?
images/icones/fleche2.gif  ( 886600 )j'ai déjà parlé de ce livre par JVJ (2020-01-30 21:21:04) 
[en réponse à 886593]

évidemment plutôt sérieux, mais qui donne une vision très orientée et convenue de l'histoire de la province de France.

Il y a les "progressistes", qui avaient raison, et les vieux cons.

J'ai aussi dit que l'auteur a utilisé, notamment, des sources inédites et privées, sans les citer et sans demander aux auteurs.

Le chapitre 3 est titré "une subversion du rôle sacerdotal".

Certains frères sont résumés comme Golias le fait, en trois mots.

L'auteur, que j'ai encore du mal à cerner mais qui a les bonnes grâces des Etudes et de La Croix, relaie pour argent comptant la doxa relative au clergé qui était "compromis" avec l'ordre bourgeois et les partis de droite. Que des Dominicains rouges l'aient pensé, c'est entendu, mais le relayer sans le critiquer en historien (ou plutôt sociologue des religions), c'est moyen.
L'auteur réfléchit en politologue, et c'est sa formation, sur les Dominicains, comme il aurait pu parler des militants d'un parti. C'est de l'anthropologie religieuse, et sous ma plume et les historiens que j'aime, ce n'est pas un compliment.

L'auteur reprend à son compte le vocabulaire de l'époque, pour le faire sien dans son analyse ("Une réinvention utopique de l'Eglise", "déclergification évangélique", …).

Ce n'est pas le but d'un bon livre d'histoire, mais je ne crois pas que l'auteur comprenne l'Ordre de l'intérieur, qui était bien plus divisé qu'il ne le montre. Les vieux cons et les conservateurs étaient bien plus nombreux et réfléchis qu'il ne le dit. Le conflit n'est pas que générationnel.

Le sous-titre : "la politisation des Dominicains de la province de France (années 1940-1970)".

Il aurait fallu dire "la gauchisation des Dominicains" ! (avec tous les compromis marxistes, psys and co que cela impliquait).

Au lieu de dire, en historien, que bien des Dominicains détruisaient toute vie dominicaine telle que les statuts le demandaient, l'auteur soutient qu'au contraire, ces fossoyeurs de l'ordre étaient ceux qui comprenaient tout !

Ce livre n'a pas d'équivalent à ma connaissance pour les autres grands ordres ou congrégations en France, pour la même période.
Il vaut mieux qu'il existe, que le contraire, mais on sent beaucoup trop de sympathie avec ceux qui ont fichu le camp ou ceux qui voulaient envoyer tout balader. Il y a des non-dits à la pelle et de pieuses omissions.
Rien, mais absolument rien, n'est dit des frères observants, des discrets et fidèles. Ils n'ont pas laissé de traces dans les archives et les débats. Ils ont tendu le dos et ont essayé de vivre coûte que coûte.
Les retours à l'état laïc sont éloquents (pic en 1973).

"Un nouvel espace de possible" (p. 189). En principe, on ne tolère cela que dans les revues socialistes ou dans La Croix.
images/icones/bravo.gif  ( 886794 )excellente analyse et très actuelle : c'est sa thèse de doctorat par Luc Perrin (2020-02-01 18:07:09) 
[en réponse à 886593]

L'A. est ravi de la défaite des Dominicains de Tradition, ce que souligne JVJ à bon droit. Il ne faut pas s'y arrêter : on peut lire sans faire sienne la subjectivité de l'A.

L'important est dans le processus de subversion à l'oeuvre dans l'Ordre qui pourrit par la tête. "Pourrit" c'est un mot de moi pas de l'A. évidemment.

Il décrit très bien comment le néo-modernisme et les courants hétérodoxes ont été favorisés par les "autorités légitimes" au sein de l'Ordre au lieu d'en entraver les progrès. C'est ce mécanisme au sein d'un ordre qui est un apport très actuel.

En ce sens, c'est ce qui arrive depuis 2013 pour l'Église entière. L'étude de Y. Raison du Cleuziou, lue avec les yeux de 2020, paraît être comme une sorte de répétition de la corruption qui s'étale désormais.

images/icones/1n.gif  ( 886768 )Même si c'est triste à dire par Justin Petipeu (2020-02-01 13:23:27) 
[en réponse à 886533]

la suppression de l'Ordre prêcheur sera le signe d'un vrai renouveau de l'Eglise.
Il y a trop longtemps que les frères OP répandent leurs hérésies partout en toute impunité. Ces gens sont la honte de l'Eglise. Pareil pour la Compagnie de Jésus.

Je pense que ni Saint Dominique, ni Saint Ignace n'en voudront à celui qui prendra cette décision.
images/icones/neutre.gif  ( 886770 )Ah non! par Eudoxie (2020-02-01 14:00:32) 
[en réponse à 886768]

Et les dominicaines du Saint-Esprit, qu'est-ce qu'on en fait? Vous ignorez peut-être qu'il y a des couvents américains qui sont en plein renouveau, et qui célèbrent le rit dominicain, et sont tout-à-fait orthodoxe. Il y a des congrégations de religieuses dominicaines en Amérique qui sont superbes et en excellente santé. Sans parler de quelques valeureux couvents anglais (dont celui d'Oxford) qu'il serait dommage de couler purement et simplement. Et puis il y a les dominicains polonais, et ceux des pays de l'Est, les tertiaires dominicains...et l'excellente province de Toulouse et les merveilleux enseignants et novices de Fribourg! alors non, par pitié, laissons cet Ordre se régénérer comme l'Eglise un jour le sera. Je suis d'accord que ça fait peu de monde, mais bon, à ce compte-là, supprimons aussi l'Ordre des franciscains, et puis tous ceux de l'Eglise...
images/icones/neutre.gif  ( 886791 )Ne pas jeter par françois d'Avila (2020-02-01 17:50:49) 
[en réponse à 886768]

.. le bébé avec l'eau du bain. Sainte Catherine de Sienne priez pour Justin.
Merci
images/icones/nul.gif  ( 886795 )avec les Savonarole du net, il n'y a plus de pape par JVJ (2020-02-01 18:07:40) 
[en réponse à 886768]

ni bientôt d'ordres religieux…

Ils sont luthériens sans le savoir. Ils ont un sécateur et ils taillent, non des branches, mais le tronc !

Il se trouve de vieux Dominicains fort respectables et de tous les âges d'ailleurs, fort solides, y compris en France. Je ne pense pas uniquement à ceux qui auraient fait de brillantes études. Un diacre dominicain est aussi respectable qu'un maître en théologie ! (pour ceux qui savent un peu ce qu'est l'Ordo praedicatorum… Et Justin, je veux bien vous prendre en duel intellectuel sur le sujet… Quelles revues dominicaines recevez-vous pour si bien les connaître ? Avez-vous un peu travaillé sur eux ? Êtes-vous déjà allé aux AGOP ? Lisez-vous régulièrement AFP ?).

Je dénie à tout autre religieux le droit de se dire dominicain s'il n'est pas sous l'obédience du maître général qui habite à Sainte-Sabine, soit dit en passant, et quand bien même je recevrais leur lettre et quand bien même j'aurais reçu leur revue…

Il faut n'avoir jamais été à Sainte-Sabine, assisté à des cours de l'Angelicum du P. Tavuzzi (qui jonglait en cinq langues en une heure) ou prié avec des Dominicains lors de l'office des Ténèbres pour écrire de pareilles sottises.

Ce n'est pas parce qu'il y a des hommes qui trompent leurs femmes, qu'il faut supprimer le mariage ou promouvoir l'homosexualité…

Alors, plus de Jésuites, plus de Dominicains, j'imagine plus aucune des familles franciscaines, et ?
Je ne suis pas certain que les chartreux trouvent grâce à vos yeux.


images/icones/neutre.gif  ( 886801 )Bien d'accord avec vous par Eudoxie (2020-02-01 18:48:12) 
[en réponse à 886795]

Merci pour votre défense ce bel Ordre qui a fait si longtemps la fierté de l'Eglise.

Et je suis spécialement d'accord avec vous pour ce qui concerne votre quatrième paragraphe, à propos de ceux qui se croient et se clament dominicains sans l'être.

C'est un Ordre trop magnifique en ses fondements pour disparaître aussi misérablement.
images/icones/fleur.gif  ( 886805 )Je suis le compatriote de Lacordaire par JVJ (2020-02-01 19:05:38) 
[en réponse à 886801]

Un vilain libéral…

Je reprocherais aisément à tout dominicain qui circule dans la rue sans leur habit…
Un chapitre provincial dans les années 90 a recommandé de ne plus sortir en habit des couvents. Je peux vous retrouver cela…
Mais on m'en a dit autant à l'armée en 2000 dans les rues de Paris, sans oser dire qui risquait de nous égorger, déjà.

J'ai connu un éminent dominicain qui portait aussi le clergyman en France. Je comprenais les motifs, comme des Bénédictins sont en péquin dans le train (ou des évêques avec force écharpe pour ne pas donner prise au col romain). Il est certain que si je vois une soutane dans le train ou sur un quai, je fais en sorte de saluer la personne voire de siéger à côté, au risque de lui gâcher un moment de calme !

Lacordaire, lui, avait porté l'habit à une époque où la chose était interdite en France…

L'une des gloires de la province de France ! Mort bien trop tôt.
Personne ici ne lui arrive à la cheville pour la qualité et l'immensité de ses travaux, de ses cours, de son dévouement à l'Eglise, pas seulement à son Ordre.

le frère Guy-Thomas Bedouelle sur l'Inquisition
images/icones/2a.gif  ( 886823 )Savonarole était un mec très bien par Pétrarque (2020-02-02 09:24:58) 
[en réponse à 886795]

Il nous en manque, aujourd'hui, des comme lui, pour faire dégager les malfaisants, tarter les tiédasses et la faire boucler aux schtroumpfs à lunettes.

Et les bûchers, c'est hyper cool.
images/icones/5a.gif  ( 886829 )il y a sans doute une marge entre le bazooka par JVJ (2020-02-02 11:41:02) 
[en réponse à 886823]

et la veulerie…

Je ne suis pas réputé pour être un partisan de la seconde catégorie… Mais un très bon curé du diocèse de Besançon, qui a hélas perdu la tête, m'avait conseillé de ne pas toujours donner ma poitrine au tir de barrage de la mitraillette épiscopale, qu'il convenait parfois de se replier dans la tranchée en attendant que les balles se calment.

Mon évêque m'a qualifié publiquement, au lendemain de ma confirmation par lui, d'"incendiaire du diocèse".
Il aurait pu dire "empêcheur de tourner en rond".

Je crois qu'on ne peut pas faire mieux dans le genre, sans parler des articles dans la presse locale que je proposais pour contredire ce que j'y lisais venant de la Pravda diocésaine des années 90. J'ai compris, après coup, que la presse utilisait mes courriers (et ceux de quelques autres) pour taper sur l'Eglise, pas pour "informer" et rétablir quelques vérités.
J'ai gardé les cartes et lettres de chrétiens, souvent très modestes, qui me remerciaient. Ces personnes souvent âgées n'avaient pas été élevées dans la contestation de l'évêque et n'auraient jamais eu l'idée d'écrire. Certains avaient une syntaxe qui les freinaient aussi (et je suis de tout coeur de leur côté !).
Quand son successeur a fermé en quinze jours la maison de retraite des prêtres (pire qu'en 1905 !), je fus le seul à intervenir dans la presse pour défendre ce lieu et ses occupants où j'allais chaque semaine. Mes parents étaient larges d'esprit, car je mêlais leur nom et leur réputation à mes interventions. Je fus vexé, car l'évêché envoya dans la presse un second couteau pour me répondre et ils laissèrent entendre que mon texte avait forcément été rédigé par un prêtre, en raison de sa syntaxe et des arguments. Je rapprochais cette odieuse fermeture et le traitement des vieux prêtres (et de quelques vieilles dames, sans parler des salariés), de la débandade doctrinale et pastorale du diocèse depuis trente ans.

Il est très inconfortable d'être les deux pieds dans un diocèse et de le critiquer de l'intérieur (du moins son chef, ses affidés et ses salariés !). Il est très confortable de vivre dans sa chapelle et son réseau, hors diocèses, hors confirmation par l'évêque du lieu, surtout quand on habite en ville.
Il y avait aussi de braves et bons curés, qui ne nous parlaient jamais de l'évêque ou de ce qui se passaient hors de la paroisse. On pouvait vivre heureux dans un diocèse au temps où un curé avait encore six ou sept clochers jusque dans les années 1990/1995. Ce fut mon cas. Mon curé était en civil avec une petite croix sur la veste, mais célébrait très pieusement, rédigeait la PU, faisait le catéchisme, donnait les chants, portait en semaine des chasubles gothiques, visitait les malades, vivait sur un pied très modeste, était aimé de tous, ne parlait jamais de l'évêque (ni du pape).

Un de mes bons amis prêtres très proche de la Tradition m'avait conseillé, le cas échéant, d'aller à Dijon me faire confirmer au prieuré desservi par la FSSPX. J'aurais eu l'impression de dévier sérieusement et de sortir de l'Eglise, tout en respectant les choix de clercs et de catholiques qui avaient franchi le rubicon. Les seuls Lefebvristes que je connaissais alors n'étaient ni des intellos ni des bourgeois. On leur avait "changé la religion", et je comprenais cet argument. Ils faisaient 300 km pour se marier à Paris ! Les funérailles étaient un casse-tête.
Il faut aussi penser aux petits diocèses éloignés de toute grande ville, de toute abbaye sérieuse, de toute communauté solide. Les seules bouffées d'air venaient de quelques revues par la boîte aux lettres, ou les pèlerinages, les initiatives des Vierges pélerines ou notre Foyer Marial local (œuvre fondée sous Paul VI par le P. Balastrier pour prier pour les vocations sacerdotales).

Les rigolos de mon diocèse (et il se trouvait aussi des prêtres admirables, pour ne parler que du clergé) n'ont jamais su les efforts qu'il me fallut pour supporter un certain nombre de choses. Le jeune curé qui nous a encadré pour la confirmation était la jeune gloire du diocèse, responsable des vocations. On parlait préservatifs, du vieux Jean-Paul II qui cassait les pieds et radotait, de la pizza qu'on allait manger, de Jésus notre ami… Aujourd'hui, ce curé est un heureux père et papa… J'étais l'un des rares à ne pas le tutoyer. Il conseillait aux jeunes qui songeaient à une vocation de connaître au préalable "la vie" (i.e. coucher avec une fille, comme il avouait avoir fait).

Aujourd'hui, un évêque Savonarole verrait son diocèse soulevé, avec le soutien de la presse nationale, La Croix en tête. Un prêtre Savonarole serait pris pour un déséquilibré. Je vois mal un Savonarole reprocher aux gens la vie qu'ils ont et les fliquer. Cela ne peut pas s'imaginer dans une société si diverse, même en Italie. Et puis les autodafés, cela rappellerait Hitler, Mao et les islamistes, non sans raison.
Je n'aimerais pas du tout qu'un prêtre me dise ce que j'ai à faire, les habits que j'ai à porter, le parti pour lequel j'ai à voter, la chapelle dans laquelle je dois aller faire mes Pâques, les revues que je ne dois plus lire…
L'Inquisition, l'Index et Savonarole appartiennent aux méthodes d'un autre temps. Je n'ai pas envie d'appartenir à une secte, car son destin est d'éliminer ses déviants dans les moindres détails, les uns après les autres. Mon compatriote Bossuet avait dit à peu près la même chose en parlant des protestants qui se divisaient, par nature, toujours de plus en plus.
Un Savonarole exigerait que les prêtres séculiers portent la soutane et ferait sortir des presbytères et des églises les autres… Lors même que Savonarole, le vrai, n'a jamais connu ladite soutane. Faut-il un Savonarole pour détruire à coup de masse les autels conciliaires ? Aucun évêque français ne lui conviendrait, alors qu'il s'en trouve de très bons et de très solides, plus ceux que je ne connais pas.
Un Savonarole hurlerait à l'idée de laïcité, de scolariser ses enfants dans le public ou dans les écoles sous contrat… Accepterait-il que des lectures se fassent en français dans la messe de St-Pie V et que les sexes se mélangent dans la nef, si j'ose dire ?

Il ne suffit pas de sauter sur sa chaise comme un cabri et de dire "Savonarole ! Savonarole !".

Bien cordialement à Pétrarque et aux autres bien disposés.
Ceux que je n'intéresse pas ne sont pas obligés de me lire, je ne peux pas lire tout le monde et je ne lis plus certaines personnes desquelles je n'ai rien à tirer.
images/icones/neutre.gif  ( 886890 )Comme après toutes les grandes crises par Justin Petipeu (2020-02-02 23:04:11) 
[en réponse à 886795]

qu'a vécues l'Eglise elle sortira profondément transformée de la crise actuelle. On peut certes trouver des exceptions ici ou là. La vérité est que l'ordre de St Dominique est un ramassis d'hérétiques et de gens malsains. Ils ne survivront pas au renouveau de l'Eglise.
images/icones/ancre2.gif  ( 886891 )Pas d'accord ! par Paterculus (2020-02-02 23:12:24) 
[en réponse à 886890]

Les dominicains ont connu une crise très grave, avec notamment des personnalités comme le Père Cardonnel.
Certaines provinces ne s'en sont pas remises, comme celle de Lyon qui a été dissoute, ou tardent à s'en remettre, comme celle de France, qui a dû absorber les restes de la précédente.

Mais dès les années septante, la province de Toulouse a connu un certain renouveau, qui est allé en s'amplifiant.

Personnellement je reste confiant dans la possibilité de l'Ordre de Saint Dominique de retrouver son charisme initial.

VdP