Le Forum Catholique
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( 884907 )
Peut-on être catholique et militaire aujourd'hui en France ? par Ezio Fortin (2020-01-14 19:10:32)
Certains bien purs et durs diront peut-être que non, au motif qu'à l'armée l'on serait des "valets de la République athée", contribuant, idiots utiles, à l'avancée du Mal, ce qu'on peut dire alors de bien des métiers, si l'on pousse le raisonnement jusqu'au bout : ne vaut-il pas mieux rester au cœur du Combat, plutôt que se mettre en retrait ?
De sûr en tout cas, en ce même lieu, en décalage complet avec la Société actuelle qu'elle défend, demeure encore ferme le sens du service, du devoir, de l'effort, de l'ordre et du sacrifice, jusqu'à celui, suprême, de sa vie, la garde nocturne en opération, en pleine nature, loin des villes, permettant enfin et surtout de beaux moments de contemplation, même si la chute n'en est que plus rude quand reviennent d'un coup les travers de notre époque.
Cette scène en est peut-être une bonne parabole…?
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NUIT D'HIVER ETOILEE
De nuit, las mais heureux, chasseur-parachutiste,
Au cœur des Monts d’Espagne, après un saut d’avion,
Je gardais en binôme aux bois ma secti/on
Sous des bâches dormant, dans ces déserts de schiste.
En stage commando, effaçant pas et piste,
Nous marchions, loups furtifs, ayant pour missi/on
De cibler un lieu-dit, petite légi/on,
Dans un cadre imposant, chef-d’œuvre d’un Artiste.
Rendant grâce au Seigneur, j’admirais la Grande Ourse
Les yeux levés au ciel, contemplant dans leur course
Lune et astres brillants, suivant leur lente danse,
Humant senteurs, parfums, méditant sur les lois
De l’Univers jusqu’à ce que ces purs émois
Cessent soudain, mon double allumant shit, en transe .

( 884928 )
C'est quoi un pur et dur? par Miserere (2020-01-14 20:42:42)
[en réponse à 884907]
Pouvez-vous expliquer?

( 885061 )
Cher Miserere, par "un pur et dur", j'entends... par Ezio Fortin (2020-01-15 22:18:28)
[en réponse à 884928]
...quelqu'un qui considère que saluer le drapeau tricolore est en quelque sorte, quoi que l'on s'en défende, honorer la République anticatholique, celle qui a expurgé des rangs de l'armée les catholiques fin XIXème et début du XXème siècle et a expulsé les congrégations, avant de s'en servir comme chair à canon en 14-18.
Je comprends ce raisonnement, mais pour ma part considère qu'en suivant cette logique, on ne fait plus grand chose dans la vie, à partir d'un certain niveau de responsabilités, et qu'il faut donc oeuvrer où l'on est, en étant conscient des limites de son action, pour mieux la diriger dans la bonne direction, à son échelle.
Les petits ruisseaux font les grandes rivières...

( 884929 )
C'est chelou par MG (2020-01-14 20:44:18)
[en réponse à 884907]
votre poésie (enfin vos vers), limite malsain !

( 884970 )
Une chose est sûre par Luc de Montalte (2020-01-15 10:46:49)
[en réponse à 884929]
Ce sabir n'est pas du français ("mon double allumant shit, en transe"... euh ok...). Après niveau malséance,
on a vu pire.

( 885068 )
Je vous en prie : montrez donc moi vos talents... par Ezio Fortin (2020-01-15 22:40:35)
[en réponse à 884970]
Cher Luc,
Un peu le binôme de MG dans la critique acerbe, vous me rappelez un professeur de sport que j'ai eu au lycée, qui critiquait tout ce que l'on faisait (qui certes n'était pas parfait, mais au moins tentions-nous, nous en sortant pas trop mal pour la plupart).
Un jour, alors que nous faisions du saut en hauteur, un camarade énervé de sa critique, en l'occurence injuste et totalement absurde, lui a demandé de nous montrer comment il faisait lui-même, puisqu'il était si fort.
Pour ne pas perdre la face, ce professeur a essayé de sauter, et a complètement raté son saut, sous les railleries de tous.
Je vous propose donc une "battle" de poésie sur le poème, ainsi qu'à MG, et d'autres, que chacun, sur tel thème proposé, nous ponde son texte.
A vous donc l'honneur, et j'attends avec impatience de voir ce que vous valez.
On m'avait prévenu que le public du FC pouvait être rude, mais je ne m'attendais pas à cette rugosité chez certains polissons de la bande, mais qui me plait bien, car on est loin des propos compassés que l'on peut avoir dans certains milieux plus policés.
Bien cordialement
Ezio

( 885071 )
Réponse par Luc de Montalte (2020-01-15 22:46:49)
[en réponse à 885068]

( 885073 )
Cela vole haut : bravo, et la concurrence va donc être rude... par Ezio Fortin (2020-01-15 22:50:42)
[en réponse à 885071]
...Un grand merci pour cette proposition de texte de votre part, et bonne nuit à vous, et à tous les liseurs, car dans l'idéal, elle porte conseil.
Bien à vous

( 885084 )
Non, faux raisonnement par Sacerdos simplex (2020-01-16 00:35:22)
[en réponse à 885068]
Je ne suis pas du tout bricoleur, mais je peux vous dire par exemple que tel plombier a vraiment fait un travail de cochon, même si je suis absolument incapable de faire mieux.
Même chose pour un cuisinier qui aurait raté un plat, et ainsi de suite.
Quant à vos vers... Eh bien, disons que je préfère nettement quand vous vous exprimez en prose...
Ah, juste une petite question : êtes-vous francophone de naissance ?

( 885065 )
Merci, cher MG, mais je m'inquiète pour vous... par Ezio Fortin (2020-01-15 22:29:03)
[en réponse à 884929]
Souvent vous m'accusez de sourdes turpitudes, qui me font me demander si en fait vous n'en seriez pas accablé, reportant sur moi ces dernières, dans le classique processus de l'inversion accusatoire (le célèbre "c'est celui qui le dit qui y est" des cours d'école)...
En tout cas, la scène évoquée m'a marqué, et est révélatrice pour moi de notre époque :
Quel bonheur que de contempler un magnifique ciel étoilée dans les Pyrénées une froide nuit d'hiver.
Mais quelle tristesse par ailleurs de se retrouver ramener brusquement sur terre, par l'âcre odeur du shit que votre binôme de garde (= votre "double" dans le dernier vers) à quelques mètres de vous allume dans le noir, comblant ainsi un certain vide logiquement de son existence, que seul Dieu peut vraiment combler.
Y a-t-il des choses pour finir qui trouvent grâce à vous yeux dans la vie ? Je vous souhaite sincèrement que oui, car le peu que je lis de vous est souvent bien négatif.
Bien fraternellement vôtre
Ezio

( 885067 )
Ce qui ravit dans la vie par MG (2020-01-15 22:36:03)
[en réponse à 885065]
Jésus
La Bretagne
Les galettes saucisses
Et le Pommard (atavisme bourguignon) !
La bonne bise (en réponse au fraternellement que je trouve bien charismatique) !

( 885070 )
Enfin des points communs, cher MG ! par Ezio Fortin (2020-01-15 22:45:59)
[en réponse à 885067]
Et moi qui commençait à désespérer de notre commune humanité...
Il n'y a que la galette saucisse qui ne soit pas trop mon truc, mais ravi de voir que dans cette tétralogie, nous avons 75% de goûts communs.
Je vais donc me coucher heureux de cet échange, et vous embrasse donc chaleureusement, à la charismatique, dont j'ai été un temps, avant de m'éloigner de ce milieu, à qui je reconnais plein de qualités, tout en en voyant les défauts.
Ezio, qui vous dit donc "Breiz atao", ce qui ressemble un peu pour ce qui est de certaines sonorités (enfin je crois...)

( 885072 )
Et "chelou", c'est du bon français depuis quand...? par Ezio Fortin (2020-01-15 22:47:46)
[en réponse à 884929]
Ezio, très déçu de cette pauvreté langagière de votre part.
Hauts les coeurs, et les langues !

( 885009 )
En deux livres par Anne Charlotte Lundi (2020-01-15 16:09:24)
[en réponse à 884907]

( 885076 )
Servir Dieu dans l'armée, excellent ouvrage par baudelairec2000 (2020-01-15 23:03:43)
[en réponse à 885009]
Y a-t-il un obstacle à ce qu'un chrétien, lors des premiers siècles serve sous les armes?
L'ouvrage concerne la situation du soldat chrétien uniquement aux premiers temps du Christianisme.
Focus sur saint Augustin:
" Dans son Commentaire sur le Psaume 124, il reconnaît que des chrétiens servaient sous Julien, l'empereur apostat, qui voulait rétablir le culte païen, mais il précise:
ils (les soldats chrétiens) distinguaient le maître éternel du maître temporel et pourtant, à cause du maître éternel, ils étaient également soumis au maître temporel.
Pour le soldat, l'obéissance est le critère du jugement moral:
lorsqu'en obéissant à un autorité ou à une autre sous laquelle il a été légitimement incorporé, un soldat tue un homme, aucune loi de sa cité n'en fait un coupable d'homicide; bien au contraire, s'il ne l'avait fait, il serait coupable d'avoir déserté et bafoué le pouvoir (Cité de Dieu, I, 26).
La vie militaire n'est pas condamnée par Dieu. C'est pourquoi saint Augustin rassure Boniface qui combat pour l'Empire. Après avoir rappelé le commandement de l'amour du prochain, il ajoute:
ne va pas croire que nul ne peut plaire à Dieu, s'il sert dans le métier des armes guerrières (Lettre 189, & 4).
La vie ascétique est certes supérieure au métier des armes, mais, précise saint Augustin au même Boniface, les deux états sont complémentaires:
les uns (les moines), donc en priant pour vous, se battent contre des ennemis invisibles; vous, en vous battant pour eux, vous êtes à la peine contre des barbres visibles (& 5)
Des propos qui ne cessent d'être repris, tels quels, au cours du IXe siècle carolingien, soit par Jonas d'Orléans (début des années 830), soit par Hincmar de Reims qui se contente de décalquer son prédécesseur dans l'épiscopat; nous sommes dans les années 872 -873, dernières années du règne de Charles le Chauve qui doit combattre deux félons: son propre fils, Carloman, et l'évêque Hincmar de Laon qui, bien que neveu du grand archevêque de Reims, protège le prince rebelle.
En outre, Augustin exige la maîtrise de soi dans les combats:
que ce soit la nécessité qui fasse périr l'ennemi combattant, non la volonté (& 6).
C'est la raison pour laquelle les prisonniers seront bien traités:
à celui qui a été vaincu ou capturé, on doit désormais la miséricorde (ibid.)
Il faut donc voir en saint Augustin celui qui a posé les fondements de la guerre juste, des fondements repris par saint Thomas d'Aquin dans la Somme théologique. En effet Augustin rappelle que
l'homme juste doit avant tout se préoccuper de faire la guerre uniquement pour la justice, et contre celui à qui il lui est permis de la faire
Pour Augustin, le métier des armes n'est pas incompatible avec la vie chrétienne, mais ce sont les abus qui sont condamnés ( extrait du livre de Philippe Henne, Servir Dieu dans l'armée. Mourir pour le Christ ou l'Empereur, Le Cerf, 2017, pp. 197-199).
On l'aura compris, ces propos regardent une période. La longue séquence qui débuta lors de la Révolution française ne semble pas concernée par les propos de saint Augustin, car, pour y trouver des guerres justes, il faudrait se livrer à des contorsions qui relèvent du prodige.