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images/icones/neutre.gif  ( 884413 )La traduction officielle du Magnificat dénature cette belle prière... par Mboo (2020-01-10 17:32:02) 

Le magnificat avait toujours été pour moi une cantique vague et insipide jusqu'à ce que je découvre sa traduction première issue directement du grec.
Dans la traduction officielle actuelle, toutes les conjonctions de coordinations qui donnaient un sens à ce cantique ont disparues faisant de ce cantique une suite de verset décousue qui incite plus à la récitation qu'à la méditation. Tenez par ensemble

Traduction du grec
Mon âme magnifie le Seigneur,
Et mon esprit se réjouit en Dieu mon Sauveur.
Car il a jeté les yeux sur l'humilité de sa servante
Traduction officielle
Mon âme exalte le Seigneur,
Exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s'est penché sur son humble servante ;

Dans la traduction grec on comprend pourquoi Marie se réjouit, et on comprend l'importance de l'humilité car on lit clairement que c'est cette humilité qui a attirée les regards de Dieu sur Marie, contrairement à la traduction officielle où tout me semble décousu..
Tenez autre chose:
Traduction du grec
Voici que désormais toutes les générations me célébreront. Car il fit pour moi de grandes choses, celui qui est puissant,
Et saint est Son nom et Sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui Le craignent.
Traduction officielle
Désormais, tous les âges me diront bienheureuse
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.


Et en plus la traduction grec utilisait des expressions plus simple à comprendre comparez par exemple ces deux traductions:
Traduction du grec
Il a déployé la puissance de son bras.Il a dispersé les orgueilleux à cause des pensées de leur cœur.
Traduction officielle
Déployant la force de son bras,
Il disperse les superbes.

Pour dire vrais je m'étais toujours dit qu'un superbe c'est quelqu'un qui est magnifique, beau etc je n'avais jamais imaginé que cela signifiait orgueilleux car dans le langage courant je n'ai jamais entendu désigné un orgueilleux par le nom superbe.
Alors pourquoi remplacé une expression simple et assez claire par un mot qui peut prêter à confusion?

Bref voici le magnificat traduit du grec, ma prière par excellence , celle que je médite après la communion à l'exemple de Marie qui l'avait chanté après avoir reçu le Christ dans son sein.


Mon âme magnifie le Seigneur,
Et mon esprit se réjouit en Dieu mon Sauveur.
Car il a jeté les yeux sur l'humilité de sa servante,
Voici que désormais toutes les générations me célébreront.
Car il fit pour moi de grandes choses, celui qui est puissant,
Et saint est Son nom et Sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui Le craignent.
Il a déployé la puissance de son bras.Il a dispersé les orgueilleux pour les pensées de leur cœur.
Il a renversé les puissants de leurs trônes et élevé les humbles.Il a comblé de bien les affamés et renvoyé les riches les mains vides.
Il a pris soin d'Israël, son enfant en se souvenant de sa miséricorde,Comme il l'avait dit à nos Pères, à Abraham et à sa descendance jusque dans les siècles.

images/icones/1b.gif  ( 884424 )Il vous suffisait de prendre un missel traditionnel par Meneau (2020-01-10 18:39:57) 
[en réponse à 884413]


Mon âme exalte le Seigneur,
Et mon esprit tressaille en Dieu, mon Sauveur,
Parce qu'il a jeté les yeux sur son humble servante.
Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse;
Car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est son nom,
Et sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.
Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au coeur superbe.
Il a renversé les puissants de leurs trônes et élevé les humbles,
Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides.
Il a porté secours à son serviteur Israël, se souvenant de sa miséricorde,
Ainsi qu'il l'avait promis à nos pères en faveur d'Abraham et de sa descendance à jamais !
Gloire....

Dom Lefebvre, p. 838-839

Cordialement
Meneau
images/icones/hein.gif  ( 884439 ) "mente cordis sui" est au singulier par megnace (2020-01-10 19:35:24) 
[en réponse à 884413]

ne peut pas être traduit par "les pensées de leur coeur", il s'agit d'une pensée de Son coeur. Le texte grec ("dianoïa kardias autôn") me semble bien être au singulier).
images/icones/hum2.gif  ( 884450 )Doutes par Marquandier (2020-01-10 19:55:54) 
[en réponse à 884439]

Dom Lefebvre et les traducteurs de Port-Royal ne semblent pas de votre opinion, entre autres.

Chaque orgueilleux ne possède qu’un seul cœur, peut-être faut-il comprendre ainsi le singulier.

Une étude *universitaire* sur l’interprétation problématique de la fin de ce verset.

Conclusion de l’auteur :

images/icones/neutre.gif  ( 884451 )Erratum… par Marquandier (2020-01-10 20:00:59) 
[en réponse à 884450]

Je suis vraiment dissipé hélas…

Sacy traduit bien par un singulier ! Mais il semble bien que c’est plutôt dans son esprit le cœur collectif du groupe des superbes que "Son cœur".
images/icones/barbu2.gif  ( 884542 )Absurde. par Yves Daoudal (2020-01-11 14:27:29) 
[en réponse à 884450]

C'est une invention pure et simple de Delebecque, qui ne repose sur rien. TOUS les manuscrits grecs ont "dianoia" : la pensée. Et TOUS les manuscrit latins ont son équivalent: "mente". AUCUN manuscrit grec n'a "anoia", AUCUN manuscrit latin (ni syriaque, ni copte, ni arménien, etc.) n'a une traduction de anoia: démence.
images/icones/barbu2.gif  ( 884532 )Non. par Yves Daoudal (2020-01-11 14:14:57) 
[en réponse à 884439]

Le texte grec, dans tous les manuscrits et dans toutes les éditions, est αὐτῶν, avton, avec un oméga: un pluriel.

Il s'agit bien de "la pensée de leur coeur". Ce qui d'ailleurs va de soi. Comme la version latine l'indique.

La traduction hyper-littérale est: il a dispersé ceux qui sont orgueilleux dans la pensée du coeur à eux.

Ceux qui sont orgueilleux de façon intime, profonde, enracinée.
images/icones/neutre.gif  ( 884443 )D’où vient votre traduction ? par Marquandier (2020-01-10 19:45:01) 
[en réponse à 884413]

Ou seriez-vous helléniste ?

Je pense que la traduction peu littérale de l’AELF a un but poétique ("exulte", "exalte"), de légèreté (suppression des conjonctions, simplification). Le résultat est bien sûr critiquable, mais je pense que l’infidélité au texte est assumée.

Autre traduction, tirée de la traduction de Sacy (XVIIème siècle) :


46 Alors Marie dit ces paroles : Mon âme glorifie le Seigneur,

47 et mon esprit est ravi de joie en Dieu, mon Sauveur ;

48 parce qu’il a regardé la bassesse de sa servante : car désormais je serai appelée bienheureuse dans la suite de tous les siècles ;

49 parce qu’il a fait en moi de grandes choses, lui qui est tout-puissant, et de qui le nom est saint.

50 Sa miséricorde se répand d’âge en âge sur ceux qui le craignent.

51 Il a déployé la force de son bras : il a dissipé ceux qui s’élevaient d’orgueil dans les pensées de leur cœur.

52 Il a renversé les grands de leurs trônes, et il a élevé les petits.

53 Il a rempli de biens ceux qui étaient affamés, et il a renvoyé vides ceux qui étaient riches.

54 Il s’est souvenu de sa miséricorde, et il a pris en sa protection Israël, son serviteur,

55 selon la promesse qu’il a faite à nos pères, à Abraham et à sa race pour toujours.

(Bible de Sacy, Wikisource)



Pages d’une édition 1787, avec notes, références, et commentaires à la fin du chapitre.

Il y a quelques variantes dans les dites Heures de Port-Royal :
Édition 1653
Édition 1777
images/icones/neutre.gif  ( 884495 )Merci pour cette belle traduction par Mboo (2020-01-11 07:40:20) 
[en réponse à 884443]

C'est elle que je vais désormais utiliser dans mes méditations.
Pour répondre à votre question, la traduction que j'ai donnée vient de Wikipédia, et Wikipédia n'est pas une source d'information très fiable
images/icones/ancre2.gif  ( 884473 )Tributaire du Père Gélineau ? par Paterculus (2020-01-10 21:21:25) 
[en réponse à 884413]

Je pense que la traduction officielle actuelle est tributaire de celle du Père Joseph Gélineau sj.
Elle était destinée à être chantée, d'où les modifications que vous constatez. On n'ose guère y toucher à cause de sa grande popularité. Déjà Saint Jérôme avait conservé pour les psaumes une traduction antérieure utilisée pour la liturgie, si mes souvenirs sont bons.

Mais vous avez raison sur le fond : il ne s'agit pas pour un compositeur d'accommoder les textes liturgiques ou scripturaires à la mélodie qu'il porte en lui-même, mais de faire chanter son cœur selon le texte original...

Traduction liturgique actuelle :

Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais.



Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 884497 )Je comprend mieux par Mboo (2020-01-11 09:02:41) 
[en réponse à 884473]

je m'étais toujours demandé ce qui a pu causer cette traduction officielle "dénaturée". Merci pour cet éclairage...
images/icones/neutre.gif  ( 884512 )Divergences liturgiques par Montes Gelboe (2020-01-11 11:41:29) 
[en réponse à 884413]

dans le Magnificat.
Le texte de s. Luc (I, 46-55) chanté quotidiennement aux vêpres dans les rits "romains" est celui de la Vulgate clémentine.
Dans le rit gothique (hispanique ou mozarabe) le Magnificat n'est chanté qu'une seule fois dans l'année, aux laudes du jour de Noël. C'est le même texte.

Le Bréviaire ambrosien (éditon 1513 et éditions modernes) placent le magnificat au centre et non à la fin de l'office de vêpres, et chaque jour, sauf les vendredis de carème et le vendredi-saint.
Le texte ambrosien présente quelques variantes :
(texte de l'édition 1513) :

" Et misericordia ejus a seculo, et in seculis super timentes eum".
" Fecit potentiam in brachio suo, dissipavit superbos mentis cordis eorum".
" Esurientes satiavit bonis, et divites dimisit inanes".
" Suscepit Israel puerum suum, memor misericordie sue".
" Sicut locutus est ad patres nostros, Abraam et semini ejus usque in eternum".

Ces différences n'affectent pas le sens général du cantique.