Le Forum Catholique
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( 883745 )
Une question pour tous par Candidus (2020-01-02 13:28:36)
Le pape a le droit de nommer qui il veut, dans n'importe quel diocèse, évêque coadjuteur avec droit de succession.
Dans ce cas, dès que l'évêque titulaire décède, l'évêque coadjuteur devient automatiquement l'évêque titulaire du diocèse.
D'un point de vue strictement théologique, qu'est-ce qui empêcherait un pape de nommer un évêque coadjuteur avec droit de succession pour le diocèse de Rome ?
En quoi est-ce que cela attenterait à la constitution divine de l'Église ?

( 883746 )
dans la même veine par Regnum Galliae (2020-01-02 14:09:58)
[en réponse à 883745]
Pourquoi la limite d'âge de 75 ans ne s'applique pas au diocèse de Rome non plus ?
Pour votre question, il doit bien y avoir un principe de droit qui interdit à quelqu'un de nommer son propre successeur...

( 883748 )
Principe de l'élection par Turlure (2020-01-02 15:19:21)
[en réponse à 883746]
En effet, s'agissant de votre deuxième propos, les canonistes ont toujours estimé que les dignités ecclésiastiques n'appartiennent pas à leur titulaire mais à la communauté sur laquelle elle s'exerce.
Un abbé ou un évêque ne peut pas formellement se désigner un successeur, car il ne dispose pas de sa charge.

( 883751 )
et pourtant... par Regnum Galliae (2020-01-02 15:46:07)
[en réponse à 883748]
qu'est-ce qui empêcherait François de se nommer un coadjuteur ? Nous avons vu qu'il pouvait ne pas s'embarrasser des règles ancestrales de l'Eglise.

( 883767 )
Ne mélangeons pas par Turlure (2020-01-02 20:53:04)
[en réponse à 883751]
À la fin du pontificat de Jean-Paul II, le pouvoir suprême dans l'Église était concrètement exercé par des cardinaux.
Il me semble que le pape pourrait déléguer à quelqu'un le gouvernement de l'Église mais il ne pourrait pas empêcher le siège apostolique d'être vacant à sa mort.
Un coadjuteur est nommé par le pape à la tête d'un diocèse comme - aujourd'hui - l'évêque l'est lui-même. C'est à la fois un auxiliaire et un successeur désigné.
Or le pape ne se nomme pas lui-même, pas plus qu'il ne peut désigner son successeur. Le pape est élu par le Sacré Collège.

( 883768 )
On va attendre par MG (2020-01-02 20:56:57)
[en réponse à 883767]
l'avis d'un canoniste car avec une réponse comme la votre ... ce n'est pas convaincant.

( 883770 )
Canon 332 § 1 par Turlure (2020-01-02 21:06:34)
[en réponse à 883768]
Le Pontife Romain obtient le pouvoir plénier et suprême dans l'Église par l'élection légitime acceptée par lui, conjointement à la consécration épiscopale
Can. 349 - Les Cardinaux de la Sainte Église Romaine constituent un Collège particulier auquel il revient de pourvoir à l'élection du Pontife Romain selon le droit particulier;
Mais je suis surtout étonné que vous puissiez avoir le moindre doute sur la question. Le fait que le pape est élu par le peuple ou le clergé de Rome devenu le collège cardinalice correspond à la tradition constante de l'Eglise, qui précède les modernes codes de droit canonique.

( 883773 )
[réponse] par MG (2020-01-02 21:42:57)
[en réponse à 883770]
J'avais des doutes sur votre réponse ! Et vous ne répondez pas à la question de Candidus.

( 883778 )
St Irénée, Contre les Hérésies, III, 3 par Candidus (2020-01-02 22:22:06)
[en réponse à 883770]
3. Alors, les Bienheureux Apôtres [Pierre et Paul] ayant fondé et établi l'Église, remirent dans les mains de Lin, la fonction épiscopale.
Aucune mention d'une consultation des prêtres, des diacres ou des fidèles romains.
D'après ce passage, Lin aurait donc été désigné par Sts Pierre et Paul, de leur vivant. Et on peut imaginer que c'est surtout l'avis de Pierre qui a compté.
Dès ce moment, excusez l'anachronisme, Lin serait devenu "évêque coadjuteur de Rome avec droit de succession".

( 883775 )
Le cas de St Lin par Candidus (2020-01-02 22:05:49)
[en réponse à 883767]
Notre-Seigneur n'a certainement laissé aucune consigne sur le mode de désignation des futurs évêques de Rome et je n'ai jamais entendu parler d'un quelconque enseignement transmis par les apôtres concernant ce sujet.
Rien dans les Écritures, rien dans la Tradition, nous serions donc dans le domaine d'une loi ecclésiastique sur lequel le pape exerce un total contrôle.
L'oukase montinienne qui a exclu des futures conclaves tous les cardinaux âgés de plus de 80 ans (99 cardinaux sur 223 actuellement) en est une illustration.
Jean-Paul II qui avait prévu que dans certaines conditions, une majorité simple permettrait l'élection d'un pape (et non une majorité des 2/3) en est une autre, que Benoît XVI s'était d'ailleurs empressé d'abroger.
Par ailleurs, d'après une très ancienne tradition rapportée par St Irénée et Hégésippe, un écrivain chrétien du IIème siècle, le second pape, St Lin, a semble-t-il était désigné par St Pierre et St Paul de leur vivant (Dictionnaire des Papes d'Oxford).
Je ne vois donc pas, EN THÉORIE, ce qui empêcherait un pape de modifier radicalement le mode de désignation de son successeur.

( 883777 )
Je peux me tromper par Turlure (2020-01-02 22:18:24)
[en réponse à 883775]
Mais si saint Lin a effectivement été ordonné par saint Pierre et mis en avant par celui-ci de son vivant, il me paraît prudent de penser qu'il n'a pas accédé à l'épiscopat de Rome sans avoir été élu par l'église de Rome, ne serait-ce que par "acclamation".

( 883782 )
St Paul à Tite par Candidus (2020-01-02 22:46:36)
[en réponse à 883777]
Contrairement à la procédure de sélection d'un diacre, qui est résumée dans Actes 6: 1-6, il n'existe aucune méthode de désignation d'un évêque décrite par les Écritures, si ce n'est la désignation par un autre évêque (Tite 1, 5).
"Je t'ai laissé en Crète, afin que tu organises ce qui reste à régler, et que tu établisses des prêtres (presbyteros) dans chaque ville, comme je te l'ai ordonné".
Au verset 7, St Paul utilise le mot "episcopos" à la place de "presbyteros", tout en désignant les mêmes personnes que dans le verset 3, ce qui selon Fillon, indique que ces personnages étaient "à la fois prêtres et évêques".

( 883790 )
Turlure a bien répondu par Regnum Galliae (2020-01-03 09:41:47)
[en réponse à 883775]
Une fois le siège vacant, il n'y a plus de pape et le paragraphe 349 du code de droit canonique s'applique. A moins que François n'abroge ce dernier ou ne le complète par un "à moins qu'un évêque coadjuteur n'ait été nommé pour le diocèse de Rome, auquel cas ce dernier devient pape de plein droit à la mort du pontife précédent"

( 883794 )
Il n'y a plus qu'à espérer que François ne lise pas le FC... par Bruno d Epenoux (2020-01-03 09:54:46)
[en réponse à 883790]
... et plus particulièrement votre réponse qui se tient sur un plan théorique.

( 883797 )
[réponse] par Regnum Galliae (2020-01-03 10:23:01)
[en réponse à 883794]
après, je ne suis canoniste (ni même juriste) et mon hypothèse n'engage que moi. Dans la pratique, cela créerait des remous et un déficit certain de légitimité. Renouveler le Sacré collège est une méthode plus efficace mais moins certaine.

( 883805 )
En fait par Turlure (2020-01-03 11:59:33)
[en réponse à 883790]
Si ma première réaction était d'écarter immédiatement cette possibilité qui me semble ubuesque, il semble que la question ne soit pas aussi simple qu'il y paraît a priori.
Avant l'époque moderne, des théologiens tiennent pour le concile, d'autres pour le pape. Pour les uns, la fonction papale est confiée par l'Eglise, pour d'autres, il y a purement et simplement continuation d'un unique ministère confié à l'apôtre Pierre par le Christ. Et c'est cette dernière ecclésiologie qui s'est imposée.
D'un autre côté, il est évident que la tradition s'oppose à l'éventualité d'une telle pratique. Si le pape pouvait se désigner un successeur, peu de souverains pontifes se seraient privés de cette faculté. Ce serait tellement tellement... pratique.
J'avais aussi en tête l'idée de "loi fondamentale", à l'image de celle des monarchies séculières. Le pape est une autorité de nature monarchique mais une certaine collégialité doit se manifester au moment de sa désignation, selon des modalités qui ont évolué.
On pourrait poser la question sous un autre angle. Non pas "le pape peut-il ?" mais "l'Eglise est-elle tenue de reconnaître pour souverain pontife un homme parce que le précédent pape l'aura décidé par avance ?", en d'autres termes "est-on tenu d'obéir à un pape mort ou émérite" ?
Rappelons aussi que l'éventualité d'une déposition du pape par un concile est toujours admise.
Bref, si un pape voulait imposer un successeur, ce serait un sacré bazar. Et peut-être l'origine d'un schisme.

( 883795 )
et le droit de veto de l'empereur d'Autriche ? par Regnum Galliae (2020-01-03 10:03:23)
[en réponse à 883775]
effectif en 1903 semble-t-il, abrogé aussitôt

( 883796 )
Comparaison avec les lois fondamentales du royaume par Bruno d Epenoux (2020-01-03 10:07:00)
[en réponse à 883775]
Même si la comparaison ne vaut que... ce qu'elle vaut, ne peut-on faire un parallèle avec les lois fondamentales du royaume, fruits d'une longue maturation, qui s'imposaient au roi ?
La différence ne serait-elle pas alors simplement que ces dernières sont restées du droit coutumier alors que le mode de désignation du pape relève maintenant du droit canonique et donc écrit ?

( 883785 )
Il créerait un précédent par Vincent F (2020-01-03 01:55:40)
[en réponse à 883745]
Et on pourrait légitimement douter que son « successeur » soit effectivement Pape.
Quant au choix de Lin, il ne semble pas qu’il ait été contesté par l’Eglise de Rome de l’époque. L’approbation tacite ne vaut-elle pas élection dans ce cas ?