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La Providence et la confiance en Dieu par Fr.Garrigou-Lagrange par ami de la Miséricorde (2019-12-29 20:50:11)
[en réponse à 883484]
DEUXIÈME PARTIE
LES PERFECTIONS DE DIEU QUE SA PROVIDENCE SUPPOSE
CHAPITRE II
L'INFINITÉ DE DIEU
Nous sommes faits pour l'Infini
Et non seulement notre intelligence saisit tel bien honnête spécial, objet de la justice ou de la tempérance, mais le bien universel, le bien quel qu'il soit, tout ce qui est capable de nous perfectionner; enfin notre intelligence, très supérieure aux sens, s'élève à la connaissance du Bien suprême et infini, principe de tous les autres, et par suite notre volonté, éclairée par l'intelligence, désire ce bien suprême et infini. Elle a une amplitude et une profondeur illimitée, qui ne peut être comblée que par Dieu, comme nous l'avons longuement exposé plus haut, Ie P., ch. IV, en parlant du Souverain Bien et du désir naturel du bonheur.
Cependant notre intelligence et notre volonté ne sont pas ordonnées par leur nature même à connaître et à aimer la vie intime de Dieu; elles ne peuvent naturellement atteindre Dieu que par le reflet de ses perfections dans l'ordre créé, en tant qu'il est l'auteur de la nature.
Mais nous avons reçu au baptême une vie et une tendance surnaturelles, très supérieures à notre intelligence naturelle et à notre volonté naturelle. Nous avons reçu la grâce sanctifiante, participation de la nature divine, de la vie intime de Dieu, et, avec la grâce, la foi, l'espérance et la charité, qui augmentent encore, en la surélevant, l'amplitude de nos facultés supérieures.
Et alors nous saisissons de mieux en mieux le sens et la portée de la première ligne du catéchisme : « Pourquoi avez-vous été créé et mis au monde ? - J'ai été créé pour connaître Dieu, l'aimer, le servir, et par ce moyen, obtenir la vie éternelle. »
Il ne s'agit plus seulement ici d'une connaissance naturelle de Dieu infini, d'un amour naturel de Dieu, auteur de la nature, il s'agit d'une connaissance et d'un amour surnaturels, qui sont comme le commencement de la vie éternelle, où nous verrons Dieu immédiatement comme Il se voit, et où nous l'aimerons comme Il s'aime.
Nous verrons alors immédiatement l'Infini spirituel qu'est Dieu : lumière à la fois infiniment forte et infiniment douce, dont nous pourrons supporter l'éclat parce que notre intelligence sera surélevée et fortifiée par la lumière de gloire. Nous verrons et aimerons immédiatement Dieu, infinie Bonté, qui réunit en elle toute la force de la justice et toute la tendresse de la Miséricorde.
Nous serons ainsi surnaturellement élevés pour toujours à la vision immédiate et à l'amour de l'Infinie vérité et bonté, vision et amour continuels, que rien n'interrompra jamais, et que rien ne pourra diminuer.
L'infini pourtant en un sens nous dépassera encore, car notre vision de l'essence divine ne sera jamais absolument compréhensive, comme celle que Dieu a de lui-même. Tous les bienheureux au ciel voient Dieu immédiatement, mais d'une vision plus ou moins pénétrante, selon leurs mérites ou leur degré de charité. De même ici-bas nous voyons tous immédiatement un paysage qui est devant nous, mais nous le voyons plus ou moins bien, suivant que nous avons une vue plus ou moins forte. Au ciel nous verrons Dieu infini immédiatement, mais selon notre degré de charité et de lumière de gloire. Les grands saints, comme les Apôtres, le verront mieux que nous, d'une façon plus pénétrante; au-dessus d'eux saint Joseph; au-dessus de Joseph, Marie; au-dessus de Marie, la sainte âme du Christ unie personnellement au Verbe. Il est doux de penser que Marie, dont l'intelligence naturelle est inférieure à celle des anges, voit pourtant l'essence divine mieux que les anges les plus élevés, car ayant une charité supérieure à la leur, elle a reçu un degré de lumière de gloire supérieur aussi, immédiatement au-dessous de l'intelligence humaine de Jésus.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde