Ne faites pas comme le Guépard
Ce temps que nous vivons n’est pas seulement une époque de changements, mais un véritable changement d’époque. […] Il arrive souvent de vivre le changement en se limitant à revêtir un vêtement nouveau et à rester, en fait, comme on était avant. Je me rappelle de l’expression énigmatique qu’on lit dans un célèbre roman italien : « Si nous voulons que tout reste tel quel, il faut que tout change » (Le Guépard de Giuseppe Tomasi di Lampedusa).
De nouveaux processus, de nouveaux paradigmes
Nous devons engager des processus et non occuper des espaces : […] Il n’y a pas besoin de privilégier les espaces de pouvoir par rapport au temps, même long, des processus. […] Nous avons besoin d’autres “cartes”, d’autres paradigmes, qui nous aident à repositionner nos manières de penser et nos attitudes : nous ne sommes plus en chrétienté, nous ne le sommes plus !
Fusionner la communication
Au Dicastère pour la Communication a été confié la charge de regrouper dans une nouvelle institution les neuf entités qui s’occupaient précédemment, de différentes façons et selon différentes tâches, de la communication : le Conseil Pontifical des Communications Sociales, la Salle de Presse du Saint-Siège, la Typographie vaticane, la Librairie Éditrice Vaticane, L’Osservatore Romano, Radio Vatican, le Centre de Télévision du Vatican, le Service internet du Vatican, le Service Photographique. Toutefois, ce regroupement, conformément à ce qui a été dit, ne voulait pas être un simple regroupement “de coordination”, mais harmoniser les différentes composantes visant à produire une meilleure offre des services.
La rigidité est synonyme de haine et de déséquilibres
Il y a toujours la tentation de se replier sur le passé (même en usant de formulations nouvelles), car plus rassurant, connu et, sûrement, moins conflictuel. […] Il faut mettre ici en garde contre la tentation de prendre une attitude de rigidité. La rigidité qui naît de la peur du changement et qui finit par disséminer des piquets et des obstacles sur le terrain du bien commun, en le transformant en champ miné d’incommunicabilité et de haine. Rappelons-nous toujours que derrière toute rigidité se trouve un certain déséquilibre. La rigidité et le déséquilibre s’alimentent mutuellement dans un cercle vicieux.
Une Église qui a deux siècles de retard
Le Cardinal Martini, dans sa dernière interview, à quelques jours de sa mort, a dit des paroles qui doivent nous interroger : « L’Eglise est restée en arrière de deux cents ans. Comment se fait-il qu’elle ne se secoue pas ? Avons-nous peur ? Peur au lieu du courage ? »
Voici le lien vers le texte complet du discours, qui a été suivi le même jour d’un « motu proprio » papal qui a donné l’information de la démission de Sodano de ses fonctions de Doyen du collège des cardinaux. --> « Cari fratelli e sorelle… » vatican
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Le dernier discours du Pape aux cardinaux a un antécédent. Qui devait rester secret
Cette fois encore, dans le discours qu’il adresse comme chaque année à la Curie romaine avant Noël, le pape François a tiré à boulets rouges sur ses pauvres auditeurs.
L’an dernier, il s’en était prix aux Judas « qui se cachent derrière les bonnes intentions pour poignarder leurs frères et semer la zizanie ».
Il y a deux ans, il avait coulé au pilori ceux qui « trahissent la confiance » et qui « se laissent corrompre par l’ambition ou par la vaine gloire et qui, quand on les écarte avec délicatesse, s’autoproclament martyrs du système, du ‘pape mal informé’, de la ‘vieille garde’, … au lieu de faire leur mea culpa ».
Cette année, qui sont ceux que le pape a dans le collimateur ? Nous retranscrivons ci-dessous les passages les plus marquants du discours que le Pape a adressé à la Curie romaine ce samedi 21 décembre au matin.
Mais avant tout, il nous faut évoquer une autre rencontre qui s’est déroulée il y a quelques jours entre François et les cardinaux. Une rencontre qui a mal commencé et qui s’est terminée encore plus mal.
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Aucun organe d’information du Vatican n’a encore donné la moindre information sur cette rencontre. Et pourtant elle a bien eu lieu. Elle s’est déroulée au Vatican dans la chapelle de Sainte-Marthe le vendredi 13 décembre au matin, jour du cinquantième anniversaire de la première messe de Jorge Mario Bergoglio.
C’est le cardinal Angelo Sodano, en sa qualité du doyen du collège cardinalice, qui avait suggéré quelques semaines plus tôt au Pape de fêter cet événement en concélébrant une messe avec les cardinaux résidant à Rome.
François avait répondu non. Mais le cardinal Sodano n’avait pas baissé les bras et, grâce au cardinal Giovanni Battista Re, vice-doyen du Sacré Collège, qui avait à nouveau insisté auprès du Pape, il était finalement parvenu à infléchir sa résistance.
En envoyant la lettre d’invitation à la rencontre aux cardinaux, le cardinal Sodano a fait allusion au refus initial opposé par François.
Ce dernier n’a en revanche pas fait grand-chose pour masquer sa réticence. Le 13 décembre, la messe a bien eu lieu, mais dans le silence le plus absolu des uns et des autres. Le Pape n’a pas dit l’homélie et n’a pas prononcé un mot ni avant ni après la liturgie. Et le cardinal Sodano n’a même pas pu lire les bons vœux qu’il avait préparé, non seulement au nom des personnes présentes mais en celui de tout le collège des cardinaux. Une fois la messe terminée, François a rapidement salué les cardinaux un à un avant de disparaître.
Dans l’après-midi, « L’Osservatore Romano » et « Vatican News » ont publié les vœux du cardinal Sodano. Mais sans parler de la messe qui avait été célébrée avec le Pape et sans en publier la moindre photo.
Car tel était le mot d’ordre impératif donné par le Pape : aucune info et aucune photo.
Inutile de dire que les cardinaux rassemblés à Sainte Marthe ont été particulièrement blessés par la froideur ostensible du Pape à leur égard. Une froideur dont ils ne comprenaient pas la raison.
Et nous voici arrivés au discours d‘avant Noël à la Curie du 21 décembre. Avec l’antécédent que nous avons évoqué.
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diakonos
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Le cardinal Sodano quitte ses fonctions de doyen
Le Pape François a accepté la renonciation de l’ex-secrétaire d’État de la charge de doyen du Collège cardinalice, poste qu’il occupait depuis 2005. Cette charge est transformée en mandat de cinq ans, éventuellement renouvelable.
Vatican News
Le Pape a accepté la renonciation du cardinal Angelo Sodano de la charge de doyen du Collège cardinalice, présenté en raison de son âge avancé, et a établi par un Motu proprio que dorénavant cette charge aurait une durée de cinq ans et serait éventuellement renouvelée, et qu’à l’issue de son mandat, le cardinal sortant recevrait le titre de «doyen émérite».
La décision du Saint-Père a été rendue publique après les traditionnels vœux à la Curie romaine qui se sont ouverts avec le salut du doyen. Angelo Sodano, 92 ans, évêque et nonce apostolique depuis 1978, secrétaire d’État de 1990 à 2005, a été le successeurs de Joseph Ratzinger en tant que doyen du Collège cardinalice, désigné comme prévu par les normes parmi ses frères cardinaux de l’ordre des évêques.
Le 26 juin 2018, le Pape François avait décidé d’élargir le nombre de membres de l’ordre des évêques, jusqu’alors composé par les cardinaux titulaires des diocèses suburbicaires et par les patriarches orientaux créés cardinaux, incluant aussi le secrétaire d’État Pietro Parolin, le préfet de la congrégation pour les Églises orientales Leonardo Sandri, le préfet de la congrégation pour les Évêques Marc Ouellet et l’alors préfet de la congrégation pour l’Évangélisation des peuples Fernando Filoni, aujourd’hui Grand Maître de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre.
«Maintenant, cependant, - écrit François dans le nouveau Motu proprio – en ayant accepté la renonciation» du cardinal Sodano, «que je remercie vivement pour le grand service rendu au collège des cardinaux pendant les presque quinze ans de son mandat, et eu égard au fait qu’avec l’accroissement du nombre des cardinaux, des engagements toujours plus grands viennent peser sur la personne du cardinal doyen, il m’est apparu opportun que dorénavant le cardinal doyen, qui sera toujours élu parmi les membres de l’Ordre des évêques selon les modalités établies par le canon 352 § 2 du code de droit canon, reste en charge pour un quinquennat éventuellement renouvelable et qu’au terme de son service, il puisse assumer le titre de doyen émérite du Collège cardinalice».
Le cardinal doyen préside le Collège mais n’a pas de pouvoir de gouvernement sur les autres cardinaux, étant «primus inter pares». Jusqu’à aujourd’hui, la charge n’avait pas de limite de durée. Le doyen convoque le conclave en cas de siège vacant ou le préside s’il a moins de 80 ans et est donc inscrit sur la liste des électeurs. Lors du dernier conclave, en mars 2013, le cardinal Sodano, qui avait déjà dépassé les 80 ans, avait présidé les congrégations générales des cardinaux mais n’avait pas pu entrer dans la chapelle Sixtine et c’est le vice-doyen, Giovanni Battista Re qui avait présidé le vote.
vaticannews
la Presse
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Au début de son discours de vœux à la Curie romaine, le pape François a annoncé avoir accepté la démission du doyen du Sacré Collège, le cardinal Angelo Sodano, 92 ans.
François a exprimé sa « gratitude » à l’ancien secrétaire d’État de Jean-Paul II « pour le précieux et précis service de doyen qu’il a accompli durant de longues années avec disponibilité, dévouement, efficacité et une grande capacité organisationnelle et de coordination ». Le nouveau doyen des cardinaux aura un mandat de 5 ans .
la croix