Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 882889 )Extraits du discours du Pape à la Curie.Démission du cal Sodano par Jean Kinzler (2019-12-21 17:09:01) 

Ne faites pas comme le Guépard
Ce temps que nous vivons n’est pas seulement une époque de changements, mais un véritable changement d’époque. […] Il arrive souvent de vivre le changement en se limitant à revêtir un vêtement nouveau et à rester, en fait, comme on était avant. Je me rappelle de l’expression énigmatique qu’on lit dans un célèbre roman italien : « Si nous voulons que tout reste tel quel, il faut que tout change » (Le Guépard de Giuseppe Tomasi di Lampedusa).

De nouveaux processus, de nouveaux paradigmes
Nous devons engager des processus et non occuper des espaces : […] Il n’y a pas besoin de privilégier les espaces de pouvoir par rapport au temps, même long, des processus. […] Nous avons besoin d’autres “cartes”, d’autres paradigmes, qui nous aident à repositionner nos manières de penser et nos attitudes : nous ne sommes plus en chrétienté, nous ne le sommes plus !

Fusionner la communication
Au Dicastère pour la Communication a été confié la charge de regrouper dans une nouvelle institution les neuf entités qui s’occupaient précédemment, de différentes façons et selon différentes tâches, de la communication : le Conseil Pontifical des Communications Sociales, la Salle de Presse du Saint-Siège, la Typographie vaticane, la Librairie Éditrice Vaticane, L’Osservatore Romano, Radio Vatican, le Centre de Télévision du Vatican, le Service internet du Vatican, le Service Photographique. Toutefois, ce regroupement, conformément à ce qui a été dit, ne voulait pas être un simple regroupement “de coordination”, mais harmoniser les différentes composantes visant à produire une meilleure offre des services.

La rigidité est synonyme de haine et de déséquilibres
Il y a toujours la tentation de se replier sur le passé (même en usant de formulations nouvelles), car plus rassurant, connu et, sûrement, moins conflictuel. […] Il faut mettre ici en garde contre la tentation de prendre une attitude de rigidité. La rigidité qui naît de la peur du changement et qui finit par disséminer des piquets et des obstacles sur le terrain du bien commun, en le transformant en champ miné d’incommunicabilité et de haine. Rappelons-nous toujours que derrière toute rigidité se trouve un certain déséquilibre. La rigidité et le déséquilibre s’alimentent mutuellement dans un cercle vicieux.

Une Église qui a deux siècles de retard
Le Cardinal Martini, dans sa dernière interview, à quelques jours de sa mort, a dit des paroles qui doivent nous interroger : « L’Eglise est restée en arrière de deux cents ans. Comment se fait-il qu’elle ne se secoue pas ? Avons-nous peur ? Peur au lieu du courage ? »
Voici le lien vers le texte complet du discours, qui a été suivi le même jour d’un « motu proprio » papal qui a donné l’information de la démission de Sodano de ses fonctions de Doyen du collège des cardinaux. --> « Cari fratelli e sorelle… » vatican
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Le dernier discours du Pape aux cardinaux a un antécédent. Qui devait rester secret

Cette fois encore, dans le discours qu’il adresse comme chaque année à la Curie romaine avant Noël, le pape François a tiré à boulets rouges sur ses pauvres auditeurs.

L’an dernier, il s’en était prix aux Judas « qui se cachent derrière les bonnes intentions pour poignarder leurs frères et semer la zizanie ».

Il y a deux ans, il avait coulé au pilori ceux qui « trahissent la confiance » et qui « se laissent corrompre par l’ambition ou par la vaine gloire et qui, quand on les écarte avec délicatesse, s’autoproclament martyrs du système, du ‘pape mal informé’, de la ‘vieille garde’, … au lieu de faire leur mea culpa ».

Cette année, qui sont ceux que le pape a dans le collimateur ? Nous retranscrivons ci-dessous les passages les plus marquants du discours que le Pape a adressé à la Curie romaine ce samedi 21 décembre au matin.

Mais avant tout, il nous faut évoquer une autre rencontre qui s’est déroulée il y a quelques jours entre François et les cardinaux. Une rencontre qui a mal commencé et qui s’est terminée encore plus mal.

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Aucun organe d’information du Vatican n’a encore donné la moindre information sur cette rencontre. Et pourtant elle a bien eu lieu. Elle s’est déroulée au Vatican dans la chapelle de Sainte-Marthe le vendredi 13 décembre au matin, jour du cinquantième anniversaire de la première messe de Jorge Mario Bergoglio.

C’est le cardinal Angelo Sodano, en sa qualité du doyen du collège cardinalice, qui avait suggéré quelques semaines plus tôt au Pape de fêter cet événement en concélébrant une messe avec les cardinaux résidant à Rome.

François avait répondu non. Mais le cardinal Sodano n’avait pas baissé les bras et, grâce au cardinal Giovanni Battista Re, vice-doyen du Sacré Collège, qui avait à nouveau insisté auprès du Pape, il était finalement parvenu à infléchir sa résistance.

En envoyant la lettre d’invitation à la rencontre aux cardinaux, le cardinal Sodano a fait allusion au refus initial opposé par François.

Ce dernier n’a en revanche pas fait grand-chose pour masquer sa réticence. Le 13 décembre, la messe a bien eu lieu, mais dans le silence le plus absolu des uns et des autres. Le Pape n’a pas dit l’homélie et n’a pas prononcé un mot ni avant ni après la liturgie. Et le cardinal Sodano n’a même pas pu lire les bons vœux qu’il avait préparé, non seulement au nom des personnes présentes mais en celui de tout le collège des cardinaux. Une fois la messe terminée, François a rapidement salué les cardinaux un à un avant de disparaître.

Dans l’après-midi, « L’Osservatore Romano » et « Vatican News » ont publié les vœux du cardinal Sodano. Mais sans parler de la messe qui avait été célébrée avec le Pape et sans en publier la moindre photo.

Car tel était le mot d’ordre impératif donné par le Pape : aucune info et aucune photo.

Inutile de dire que les cardinaux rassemblés à Sainte Marthe ont été particulièrement blessés par la froideur ostensible du Pape à leur égard. Une froideur dont ils ne comprenaient pas la raison.

Et nous voici arrivés au discours d‘avant Noël à la Curie du 21 décembre. Avec l’antécédent que nous avons évoqué.

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diakonos
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Le cardinal Sodano quitte ses fonctions de doyen
Le Pape François a accepté la renonciation de l’ex-secrétaire d’État de la charge de doyen du Collège cardinalice, poste qu’il occupait depuis 2005. Cette charge est transformée en mandat de cinq ans, éventuellement renouvelable.
Vatican News

Le Pape a accepté la renonciation du cardinal Angelo Sodano de la charge de doyen du Collège cardinalice, présenté en raison de son âge avancé, et a établi par un Motu proprio que dorénavant cette charge aurait une durée de cinq ans et serait éventuellement renouvelée, et qu’à l’issue de son mandat, le cardinal sortant recevrait le titre de «doyen émérite».

La décision du Saint-Père a été rendue publique après les traditionnels vœux à la Curie romaine qui se sont ouverts avec le salut du doyen. Angelo Sodano, 92 ans, évêque et nonce apostolique depuis 1978, secrétaire d’État de 1990 à 2005, a été le successeurs de Joseph Ratzinger en tant que doyen du Collège cardinalice, désigné comme prévu par les normes parmi ses frères cardinaux de l’ordre des évêques.

Le 26 juin 2018, le Pape François avait décidé d’élargir le nombre de membres de l’ordre des évêques, jusqu’alors composé par les cardinaux titulaires des diocèses suburbicaires et par les patriarches orientaux créés cardinaux, incluant aussi le secrétaire d’État Pietro Parolin, le préfet de la congrégation pour les Églises orientales Leonardo Sandri, le préfet de la congrégation pour les Évêques Marc Ouellet et l’alors préfet de la congrégation pour l’Évangélisation des peuples Fernando Filoni, aujourd’hui Grand Maître de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre.

«Maintenant, cependant, - écrit François dans le nouveau Motu proprio – en ayant accepté la renonciation» du cardinal Sodano, «que je remercie vivement pour le grand service rendu au collège des cardinaux pendant les presque quinze ans de son mandat, et eu égard au fait qu’avec l’accroissement du nombre des cardinaux, des engagements toujours plus grands viennent peser sur la personne du cardinal doyen, il m’est apparu opportun que dorénavant le cardinal doyen, qui sera toujours élu parmi les membres de l’Ordre des évêques selon les modalités établies par le canon 352 § 2 du code de droit canon, reste en charge pour un quinquennat éventuellement renouvelable et qu’au terme de son service, il puisse assumer le titre de doyen émérite du Collège cardinalice».

Le cardinal doyen préside le Collège mais n’a pas de pouvoir de gouvernement sur les autres cardinaux, étant «primus inter pares». Jusqu’à aujourd’hui, la charge n’avait pas de limite de durée. Le doyen convoque le conclave en cas de siège vacant ou le préside s’il a moins de 80 ans et est donc inscrit sur la liste des électeurs. Lors du dernier conclave, en mars 2013, le cardinal Sodano, qui avait déjà dépassé les 80 ans, avait présidé les congrégations générales des cardinaux mais n’avait pas pu entrer dans la chapelle Sixtine et c’est le vice-doyen, Giovanni Battista Re qui avait présidé le vote.vaticannews

la Presse
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Au début de son discours de vœux à la Curie romaine, le pape François a annoncé avoir accepté la démission du doyen du Sacré Collège, le cardinal Angelo Sodano, 92 ans.

François a exprimé sa « gratitude » à l’ancien secrétaire d’État de Jean-Paul II « pour le précieux et précis service de doyen qu’il a accompli durant de longues années avec disponibilité, dévouement, efficacité et une grande capacité organisationnelle et de coordination ». Le nouveau doyen des cardinaux aura un mandat de 5 ans .
la croix
images/icones/hein.gif  ( 882904 )Intéressant par Rémi (2019-12-21 19:03:34) 
[en réponse à 882889]

Il ne les aime pas ? Ou plus ? Ce sont pourtant ses créatures, pour la plupart et de plus en plus chaque année. Alors ? Simple manifestation de cyclothymie ? Mais on aimerait que le Pape soit plus équilibré !

Ou bien les caves se rebiffent, peut-être ? En sous-main ?

Dans ce cas la succession n'est peut-être pas si assurée qu'il y paraît, d'ailleurs puisqu'on parle beaucoup de lui, le cardinal Tagle a à mon sens, en plus d'être jeune, le handicap d'être un quasi-Jésuite. Deux d'affilé ça ferait beaucoup. De plus être trop ouvertement le dauphin de, ça n'aide pas nécessairement.
images/icones/1b.gif  ( 882911 )Deux siècles de retard ! par Paterculus (2019-12-21 22:00:26) 
[en réponse à 882889]

Ils voudraient donc nous ramener en pleine Restauration !!!
Comme quoi les slogans ne veulent rien dire.
Dommage qu'on raisonne par slogans en si haut lieu.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/vatican.gif  ( 882936 )Selon le Pape,Dieu est dans les processus par Jean Kinzler (2019-12-22 09:40:26) 
[en réponse à 882911]

Nous devons initier des processus et non seulement occuper des espaces: «Dieu se manifeste dans la révélation historique, dans l'histoire. Le temps initie les processus et l'espace les cristallise. Dieu est dans l'histoire, dans les processus.
Nous ne devons pas nous concentrer sur l'occupation des espaces où le pouvoir est exercé, mais plutôt sur le démarrage de processus historiques à long terme. Nous devons initier des processus plutôt que d'occuper des espaces. Dieu se manifeste dans le temps et est présent dans les processus de l'histoire.
Cela donne la priorité aux actions qui donnent naissance à de nouvelles dynamiques historiques. Et cela demande de la patience, de l'attente ». En ce sens, nous sommes invités à lire les signes des temps avec les yeux de la foi, afin que la direction de ce changement «soulève des questions nouvelles et anciennes auxquelles il est juste que nous devions faire face».
François
Discours de Noël à la Curie romaine, 2019
images/icones/1g.gif  ( 882937 )Le principal signe des temps... par Pétrarque (2019-12-22 09:54:37) 
[en réponse à 882936]

...est la grande apostasie.

L'évêque de Rome en est actuellement l'artisan privilégié. Non seulement il la tolère, mais il en est l'auxiliaire zélé.

En encourageant les hérésies, en troublant de ses sorties insensées l'enseignement de l'Eglise, en protégeant les ennemis de celle-ci incrustés dans son sein, Mgr "François" Bergoglio est bien le principal signe des temps.
images/icones/nul.gif  ( 882956 )manière sédévanctiste de nommer le pape par JVJ (2019-12-22 12:10:13) 
[en réponse à 882937]

Hum.

La grande apostasie consiste aussi à renier le pape. Mgr Lefebvre n'est pas allé jusque-là.

Ne m'en croyez pas moins agacé, mais le pape est le pape. Je me méfie aussi du filtre médiatique et des déformations que La Croix pourrait faire.

Congar put être très sévère sur Pie XII privatim, on peut donc en faire autant avec celui-ci comme d'autres ne, mais il ne l'appelait pas autrement que par son nom de pape.

"Il semblait qu'après le régime étouffant de Pie XII, on ouvrait enfin les fenêtres ; on respirait (…) cette pauvre Cour (…) l'effroyable satrapisme de Pie XII".

Il était même sévère avec Jean XXIII, au début.
Il dit aussi quelque part, déjà, que Rome n'est plus dans Rome !

Mon journal du concile, Cerf, 2002, t. 1, p. 5.

Parler des hérésies du pape me semble outrancier et n'augure rien de bon. On devrait débrancher notre cerveau pour un temps avec ce qui vient de Rome.
Bien des catholiques disaient des horreurs de Jean-Paul II et de Benoît XVI, ce qui ne m'allaient pas du tout. Le discours de Ratisbonne, parfait à mon sens et qui ne fut pas improvisé, put être détourné en cinq minutes. Le pape adore parler de manière très simple, après, ce qu'il dit n'est pas frappé de l'infaillibilité.
Je suis surpris plutôt par le mutisme des cardinaux et de leur collège, des évêques. On dirait qu'ils craignent pour leur carrière ou pour leur derrière. De bons évêques doivent tendre le dos et attendre des jours meilleurs. J'en fais autant avec mon évêque…

Cela ne m'étonnerait même pas que le pape convoque un concile en guise de cadeau de sortie.
Hier par hasard, ne captant pas France culture à 9 h, je tombe sur RCF. Et là, une émission nationale nous sortait la nécessité de mieux articuler le sacerdoce des baptisés avec celui des prêtres. Et c'est reparti ! Dégoûtant. On en crève du sacerdoce des baptisés et je n'entends que cela depuis vingt ans. Bienheureux étions-nous avant internet.
images/icones/1b.gif  ( 882989 )Non, pas sédévacantiste. par Pétrarque (2019-12-22 17:22:28) 
[en réponse à 882956]

Tant que Benoît XVI est vivant, je le tiens pour seul Pape.

Mgr Bergoglio, lorsqu'il a été élu, s'est lui-même présenté et désigné comme "évêque de Rome".

On sent bien à quel point tout ce qui est pontifical et traditionnel lui est urticant. Son agacement manifeste et son manque de charité et de patience à l'égard des personnes inspirées de baiser son anneau suffisent à le montrer.

Je me contente modestement d'en prendre acte.

En attendant le rappel à Dieu de Benoît XVI, à l'heure qui Lui plaira, je revendique donc avec éclat le bergoglioscepticisme le plus absolu.

Je ne pense pas être le seul ici à tenir cette ligne prudentielle.

Quand à débrancher mon cerveau sur ce problème, j'y verrais plutôt un dérisoire réflexe de résilience papolâtrique, et pour le coup absolument vain.

Vraiment.

Quand Benoît XVI mourra, je tirerai pour ma part toutes les conclusions des réflexions que je rumine depuis 20 ans et, qui, ces dernières semaines, ne me paraissent pas avoir jamais été plus près d'aboutir. Ce que vous dites dans un autre fil du filioque me convient d'ailleurs assez bien.

Mais, je vous rassure, cher JVJ, je n'aurai jamais de goût ni de besoin du sédévacantisme. C'est pour moi une impasse à tous points de vue.
images/icones/neutre.gif  ( 883013 )hum... par Dam (2019-12-22 19:32:48) 
[en réponse à 882989]


Son agacement manifeste et son manque de charité et de patience à l'égard des personnes inspirées de baiser son anneau suffisent à le montrer.



En fait voici les raisons :

C'est "Benoît XVI qui a "aboli "le baisemain", consigne qui n’était d’ailleurs respectée par personne."

Et le Pape François porte l'anneau "qu’il a reçu au moment de son ordination épiscopale, en 1992 à Buenos Aires et non l'anneau du pêcheur."

Source La Croix.
images/icones/1d.gif  ( 883086 )Hum.. hum... Heeeem !!! par Pétrarque (2019-12-23 13:15:02) 
[en réponse à 883013]


Et le Pape François porte l'anneau "qu’il a reçu au moment de son ordination épiscopale, en 1992 à Buenos Aires et non l'anneau du pêcheur."



C'est exactement ce que je pense.

De sa titulature, il ne retient que l'épiscopat et fait fi du souverain pontificat.

Ne pas avoir souhaité être "François Ier" mais seulement "François" le montre assez. Pas de baisemain, pas d'anneau du pêcheur, pas d'armoiries pontificales sur la ceinture, pas de chaussures rouges, aucun décorum... Ce ne sont certes que des signes, mais encore faut-il les lire.

Certains, ici et ailleurs, se retrouvent dans une situation proprement schyzophrénique.

Ce type, oui ou non, est-il pape ? Ou plutôt, étant donné qu'il y en a deux, est-il LE Pape ?

Nous voilà rendus, comme y fait allusion JVJ, aux temps du Grand Schisme. Savait-on exactement qui, alors, était LE Pape ?

Celui qui, actuellement, est sensé l'être pose une succession d'actes (ou de non-actes ?) qui vont à rebrousse-poil de ses prédécesseurs. Il ferait même, sous certains aspects, passer Paul VI pour un foudre de Tradition. Le même Paul VI dont les tradis pensaient avoir connu, sous son règne, le pire du pire (sauf Assise et le bisou sur le Coran, peut-être...)

Bref, un beau foutoir...

Oui, l'Eglise aujourd'hui, c'est un beau foutoir. Et rien ne pourra plus, je le crains, je le crois, être comme avant.

Depuis Mgr "François" Bergoglio, le schisme est patent, le schisme est ouvert, et, pourquoi le nier, le schisme est partout.

On voit des évêques se dresser les uns face aux autres, on voit la Pornocratie triompher, on voit un Mgr Vigano écrire ce que même un Mgr Lefebvre aurait eu le trac de balancer, on voit des fidèles jusque là sereins quoique bousculés se poser maintenant ouvertement la question du Pape, et certains, malgré cela, je le répète, font comme si de rien n'était.

Comme si l'on était encore avec un Paul VI, un Jean-Paul II, un Benoît XVI...

On voit pourtant bien que la renonciation de ce dernier a ouvert une période de confusion, d'instabilité, de remises en questions, qui rendent impossible, à vue humaine et sous bien des aspects, un quelconque retour en arrière.

On sent confusément que l'on arrive au terminus d'un paquet de contradictions. Historiques, théologiques, dogmatiques...

On se demande si nous ne sommes pas arrivés au bout d'un processus historique et théologique que l'Eglise romaine a initié voici mille ans, processus dont les contradictions deviennent aujourd'hui éclatantes.

En tout cas, je le crois pour ma part.

Et, bizarrement, avec une grande paix intérieure.
images/icones/vatican.gif  ( 883087 )L'évêque de Rome par Turlure (2019-12-23 13:45:58) 
[en réponse à 883086]

est le souverain pontife, par définition et sans dissociation possible.

Si François n'est pas pape, il n'est pas évêque de Rome. S'il est évêque de Rome, il est pape.
images/icones/1n.gif  ( 883088 )Sauf s'il ne veut pas l'être. par Pétrarque (2019-12-23 13:50:06) 
[en réponse à 883087]

Il peut être le premier à souhaiter dissocier les deux fonctions.

Benoît XVI a bien renoncé pour sa part, et bien malheureusement, à son titre de Patriarche d'Occident.
images/icones/neutre.gif  ( 883089 )Non. par Turlure (2019-12-23 14:06:29) 
[en réponse à 883088]

On peut renoncer au souverain pontificat mais on ne peut pas accepter d'être l'évêque de Rome tout en renonçant à toute autorité sur l'Eglise universelle.

Du reste, François a émis des textes (encycliques, révisions du CIC, dispenses) destinés à l'Eglise entière. C'est frontalement contradictoire avec une supposée volonté de "ne pas être pape".
images/icones/iphone.jpg  ( 883060 )Oui, ça choque certaines personnes par Adso (2019-12-23 08:41:58) 
[en réponse à 882989]

Quand je nomme Benoît à voix haute au moment de prier pour le pape, mais, il y en a un paquet qui suivent, et je connais des prêtres tradis ( et des diocésains qui célèbrent le VOM) qui ont aussi fait ce choix ... ( A voix basse, le fidèle n’en sait rien, et quand le servant est d’accord...)
images/icones/fleche2.gif  ( 883077 )Pétrarque patraque, je me souviens par JVJ (2019-12-23 11:49:38) 
[en réponse à 882989]

Je suis sidéré de lire ce que vous écrivez, même si je vous remercie pour votre honnêteté.

C'est un peu n'importe quoi, même si je comprends. Si en plus des prêtres comme le dit Adso disent le nom de Benoît durant leur messe, c'est encore plus n'importe quoi.

Je blague privatim pour imaginer un détournement de pape.

Le grand lecteur sur le Grand Schisme se sent très à l'aise, mais pour cette période seulement… Et j'écris là-dessus aussi, désolé pour ceux qui vont encore penser que je me vante. Désolé, je travaille aussi un peu et puis parler de cette période sans trop rougir.

J'ai même appelé mon fils Benoît, né après la renonciation.

Si François s'appelle évêque de Rome, c'est parce qu'il l'est ! Il s'adressait d'abord Urbi, ce qui n'a rien que de plus classique et banal bon sang !

N'allez pas lui inventer des bêtises ecclésiologiques !

Si ici se multiplient les allusions de moins en moins allusives pour dire que le pape n'est plus le pape, le FC change de ton et d'ambiance : XA ?!!
Vous allez avoir bientôt un article dans La Croix pour dire que le site traditionnaliste le plus suivi etc fait sécession.

Pour ma part, je suis surpris que Benoît XVI, à qui je ne fais pas la leçon, porte toujours la ceinture, la calotte, la soutane blanche. Pape émérite n'est pas très heureux. Pourtant, il sait mieux que quiconque tout ce que cela implique. Il aurait pu demander un titre cardinalice.
Je le vois bien se faire enterrer dans la discrétion.
Il y aurait une grave confusion à recevoir tous les chefs d'Etat à ses funérailles publiques place St-Pierre. On ne peut pas avoir été et être.

Bien cordialement,
images/icones/neutre.gif  ( 883098 )Cette position ecclésiologique n'a absolument aucun sens par Meneau (2019-12-23 14:40:37) 
[en réponse à 882989]

La position sédévacantiste est presque plus logique.

Si on tient que Benoît XVI était pape, on ne peut pas tenir en même temps que François n'est pas pape, lui qui a été élu par le même collège cardinalice (les différences de composition dudit collège étant dûes... à Benoît XVI lui-même) et reconnu universellement par la même Eglise (ou ce qu'il en reste, on est d'accord).

Benoît XVI a renoncé officiellement à sa charge. François a accepté la sienne à l'issue du conclave. Qu'il se présente comme ci ou comme ça, ou qu'il s'habille de telle ou telle façon, ou qu'on lui baise l'anneau ou pas, n'y change rien. D'ailleurs vous auriez beau jeu de prouver qu'il ne veut être QUE évêque de Rome : pourquoi tous ces voyages apostoliques, pourquoi toutes ces interventions politiques, pourquoi tous ces textes et enseignements, et pourquoi la soutane blanche s'il ne voulait pas être pape ? Force est de constater sa volonté de remplir la charge d'un pape. Donc même votre unique argument ne tient pas.

Ah pardon j'oubliais. "Il s'appelle François et non François Ier" semble être votre second argument. Vous croyez vraiment que St Pierre se faisait appeler Pierre Ier, et que les papes suivants se faisaient appeler Lin Ier, Clet Ier, Clément Ier, Sixte Ier, etc ?

En ces temps troublés je peux concevoir qu'on dise "je ne sais pas". Mais dire que Benoît XVI est pape et, pour des prêtres, aller jusqu'à le citer au canon de la Messe, ça ne tient pas une minute. (S'ils le font à l'insu des fidèles, c'est d'ailleurs une tromperie grave)

En tout cas pas avec ces seuls arguments là. Si vous en avez d'autres, dites-le donc.

Cordialement
Meneau

images/icones/neutre.gif  ( 883102 )Vous aurez du mal à par Meneau (2019-12-23 14:49:19) 
[en réponse à 883098]

et non pas "vous aurez beau jeu de". J'ai renversé ma phrase et oublié d'en changer le prédicat.

Cordialement
Meneau
images/icones/vatican.gif  ( 883113 )Il y aurait aussi l'idée par Jean-Paul PARFU (2019-12-23 15:27:47) 
[en réponse à 883098]

sous-jacente et fausse que le suprême pontificat est une sorte de 4ème degré du sacrement de l'ordre ou un huitième sacrement ou même un sacramental, ce qui ferait qu'on ne pourrait cesser d'être pape de son vivant et donc être remplacé de son vivant.

Bien entendu, une telle position, compréhensible sans doute sur le plan du sentiment et de l'affection, ne tient pas la route !
images/icones/neutre.gif  ( 883124 )En outre par Regnum Galliae (2019-12-23 16:50:15) 
[en réponse à 883098]

une fois François et Benoît morts, quelle sera la légitimité d'un Pape élu par les cardinaux de François ? On est dans une impasse !
N'oublions pas que Benoît s'est senti obligé de confirmer une ou deux fois qu'il s'était librement démis de ses fonctions. Pour le coup, je n'y crois qu'à moitié, je pense même qu'on a dû lui forcer la main, mais cela ne remet pas en cause la légitimité de François car il est chaque jour tacitement approuvé par Benoît.
images/icones/1v.gif  ( 883139 )Vous soulevez quelque chose d'intéressant par Pétrarque (2019-12-23 18:33:00) 
[en réponse à 883124]


je pense même qu'on a dû lui forcer la main, mais cela ne remet pas en cause la légitimité de François car il est chaque jour tacitement approuvé par Benoît.



Je ne vois guère comment une renonciation qui ne serait pas libre pourrait déboucher sur une succession qui serait légitime.

Mais je suis plein de limites.

Quant au silence de Benoît XVI, je crois qu'il s'enracine moins dans une approbation que dans une crainte de déclencher quelque chose d'apocalyptique s'il venait à parler.
images/icones/neutre.gif  ( 883144 )Ca rejoint ce que disait JPP par Meneau (2019-12-23 18:54:48) 
[en réponse à 883139]

La papauté n'est pas un sacrement mais une fonction.

Jean XXIII a été déposé en 1415, Grégoire VII forcé à renoncer. Est-ce que Martin V n'était pas un pape légitime pour vous ? On n'a donc plus de pape légitime depuis le XVe siècle ?

Par ailleurs, si vous pensez que Benoît XVI n'a pas renoncé librement, mais est en fait toujours pape, vous faites donc de "votre" pape un couard, qui depuis vit dans le mensonge et ne remplit plus sa charge, mais promeut ouvertement un épouvantail devant toute l'Eglise... Drôle de pape que celui-là.

Cordialement
Meneau
images/icones/5a.gif  ( 883137 )Pas de position ecclésiologique, cher Meneau par Pétrarque (2019-12-23 18:27:11) 
[en réponse à 883098]

Je n'ai pas la prétention d'avoir une "position ecclésiologique". Ce que vous lisez comme des "arguments" ne s'en veulent être pas davantage, d'ailleurs.

Ce que je dis correspond à ce que je sens profondément, à ce qui m'est lisible. Mais je n'ai pas l'ambition d'en faire une position ni d'en convaincre quiconque.

Vous parlez par ailleurs de saint Pierre. Je me permets de vous faire remarquer au passage qu'il est un Apôtre, et qu'il n'a jamais été ni évêque, ni pape au sens strict de ces termes.

La seule chose que je tiens réellement, c'est que l'Eglise romaine est aujourd'hui au bout d'un processus historique. La papauté telle qu'elle s'est constituée depuis le Moyen-Âge, disons depuis le XIIème siècle, c'est à dire en monarchie au plan temporel prétendant gouverner l'ensemble de la Chrétienté au plan spirituel, me paraît aujourd'hui être arrivée à une impasse complète.

Cette évolution s'est accélérée, tant dans les prétentions de Rome que dans les contradictions qu'elles ont générées, depuis le Concile Vatican I.

Le dogme de l'infaillibilité pontificale et l'exercice (ou le non-exercice) de cette infaillibilité depuis maintenant 60 ans matérialisent à mes yeux ces contradictions.

La révolution née avec Vatican II, la nouvelle messe, la nouvelle ecclésiologie, en bref tous les changements qui ont littéralement fait entrer l'Eglise romaine en mutation, tout cela nous place, me place -en tout cas- dans une posture qui est désormais intenable.

Je vous livre modestement ces réflexions.

Quant au sédévacantisme, il me paraît résulter d'une fuite en avant empreinte d'une logique dévoyée, et qui enfermerait l'Eglise dans une existence et un fonctionnement proprement déments.

On dit des fous qu'ils ont tout perdu, sauf la raison. Je crois que cela résume assez bien ce qu'est le sédévacantisme.
images/icones/1n.gif  ( 883115 )Quelles sont ces conclusions ? par Luc de Montalte (2019-12-23 15:36:55) 
[en réponse à 882989]

Rejoindre les églises schismatiques "orthodoxes" ? Vous ne seriez pas le premier, d'autres ont suivi la même route après Vatican I, pour leur malheur.
images/icones/1d.gif  ( 883153 )Je m'étonnais aussi... par Pétrarque (2019-12-23 19:58:49) 
[en réponse à 883115]

...que cela ne soit pas arrivé plus tôt sur le tapis.

Mais...

...on est toujours, premièrement, le schismatique de quelqu'un. Savoir de qui peut même être réconfortant.

Je ne vois pas trop pourquoi, deuxièmement, vous mettez des guillemets à orthodoxes.

Enfin, ceux qui ont quitté l'Eglise après le concile Vatican I, troisièmement, ont plus généralement fini dans le protestantisme et l'hérésie que dans l'orthodoxie.
images/icones/ancre2.gif  ( 882944 )Dieu est le Maître de l'histoire par Paterculus (2019-12-22 11:41:07) 
[en réponse à 882936]

L'idée "d'initier des processus" est valable, à condition que ce soit en vue de l'union à Dieu.
Par exemple Saint Benoît voulant se donner à Dieu comme ermite finit par écrire une règle qui va façonner la chrétienté pour des siècles et lui donner un élan missionnaire très puissant.
C'est encore son influence qui fait que les cisterciens reviennent au faire-valoir direct et, dans le Sud de l'Angleterre, développent l'élevage des moutons qui va fournir la laine nécessaire au commerce des tissus de la Flandre à l'Italie...
VdP
images/icones/nounours.gif  ( 883023 )bien vu avec deux remarques par Luc Perrin (2019-12-22 21:06:00) 
[en réponse à 882911]

Quoique le début du XIXe corresponde à un état d'extrême faiblesse de l'Eglise dévastée par la période révolutionnaire et loin d'avoir récupéré pendant l'Empire spécialement dans l'espace allemand et en Espagne.

Est-ce à cette faiblesse extrême que le cardinal Martini sj voulait renvoyer ? Le néo-catholicisme c'est sûr nous y mène. Le rejet aussi net de la "chrétienté" est à rapporter avec le quiétisme qui détruit la mission et le pluralisme vague "fraternité universelle".

Seconde observation : le cardinal Sodano est sans doute le "héros" du livre Sodoma de F. Martel.
Il sait tout sur McCarrick qu'il a soutenu et promu et sur quantité d'autres, sur Maciel etc.

Est-ce une nouvelle opération de comm' du Saint-Siège pour tenter de faire oublier que le personnage qui vient de "démissionner" après 15 ans de décanat si admirable n'est plus si fréquentable ?