Le Forum Catholique
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( 882382 )
Le pape François qualifie la corédemption de la Vierge de « sottise » par Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (2019-12-16 10:58:38)
Lors de l’homélie pour la célébration de la fête de Notre-Dame de Guadalupe dans la basilique Saint-Pierre, le 12 décembre 2019, le pape François a eu des paroles méprisantes envers un titre donné à Marie par la Tradition de l’Eglise.
Même s’il ne s’agit pas d’un enseignement solennel, ni même ordinaire, la chose est proprement scandaleuse : avec une légèreté sidérante, le vicaire du Christ a balayé d’un revers de main le titre de Marie Corédemptrice. Ce rejet est impie puisqu’il s’agit d’une tradition bien ancrée et qui a été reprise et développée par plusieurs papes ses prédécesseurs, du moins jusqu'à Vatican II.
Lire la suite

( 882385 )
Deux manières de nier la corédemption de Notre Dame par Regnum Galliae (2019-12-16 11:19:58)
[en réponse à 882382]
1. elle n'est pas corédemptrice
2. nous le sommes tous

( 882402 )
Marie corédemprice ? Pas si traditionnel par Denis SUREAU (2019-12-16 14:36:31)
[en réponse à 882382]
Le grand théologien cher à la FSSPX que fut le cardinal Billot trouvait équivoque le terme de "co-rédemprise"."La limite qu’on ne peut franchir se détermine (sans parler ici des autres) par une raison fort simple que la foi catholique nous impose, savons : que la Vierge elle-même avait besoin de rédemption ; qu’elle était, elle aussi, au nombre de ceux que le péché d’Adam avait perdus, et que tout ce qu’il y a en elle de grâces, de perfections, de mérites, de sublimes prérogatives et d’incomparables grandeurs, tout cela lui est venu de la rédemption qui est dans le Christ Jésus, per redemptionem quae est in Christo Jesu (Rm 3,24). Sa condition donc ne diffère en rien de la nôtre sous ce rapport, et comme il est évident que nous ne pouvions coopérer, en quoi que ce soit, à l’acquittement de la rançon exigée par la justice divine pour notre libération, il est évident de la même évidence, qu’à la satisfaction et au mérite propre de la rédemption commune, Marie, rachetée elle aussi (disons plutôt, elle la première), n’a pu avoir, et par là même, n’a eu effectivement aucune part. Si donc, par ce titre de co-rédemptrice que quelques auteurs modernes n’ont pas craint de lui donner, on entendait une contribution quelconque apportée par elle au prix même de la rédemption de Jésus-Christ, ce serait à mettre au compte de ces pieux excès que l’intention excuse sans doute, mais qui n’en sont pas moins, objectivement parlant, en opposition formelle avec les données les plus certaines du dogme catholique."

( 882403 )
Sauf que... par Regnum Galliae (2019-12-16 14:39:35)
[en réponse à 882402]
sauf que c'est bien Notre Dame qui écrase le serpent de son talon, n'est-ce pas ?

( 882415 )
en effet ce qualificatif est sujet à débat par Luc Perrin (2019-12-16 17:12:38)
[en réponse à 882402]
il n'a pas été retenu par Vatican II Lumen Gentium après âpres discussions. Une grande majorité de théologiens y est très opposée.
Mon collègue Philippe Vallin a donné une conférence où il récusait ce titre avec de solides raisons.
Jean Paul II a livré un enseignement complet dans Redemptoris Mater (1987) sur la "médiation maternelle" seconde de Marie.
Je renvoie à l'article 41 en particulier :
- "Par sa médiation subordonnée à celle du Rédempteur, Marie contribue d'une manière spéciale à l'union de l'Eglise en pèlerinage sur la terre avec la réalité eschatologique et céleste de la communion des saints, puisqu'elle a déjà été «élevée au ciel» 107. La vérité de l'Assomption, définie par Pie XII, est réaffirmée par le Concile Vatican II, qui exprime ainsi la foi de l'Eglise: «Enfin, la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs (cf. Ap 19, 16), victorieux du péché et de la mort» 108. Par cet enseignement, Pie XII se reliait à la Tradition, qui a trouvé de multiples expressions dans l'histoire de l'Eglise, tant en Orient qu'en Occident."
(...)
- "Même à ce stade, la médiation maternelle de Marie ne cesse d'être subordonnée à celui qui est l'unique Médiateur, jusqu'à la réalisation définitive «de la plénitude du temps», c'est-à-dire jusqu'à «la récapitulation de toutes choses dans le Christ» (cf. Ep 1, 10)."

( 882436 )
Vous faites une erreur par Eti Lène (2019-12-16 19:55:40)
[en réponse à 882402]
La sainte Vierge n'a pas été rachetée puisque par un privilège, elle a été exemptée du péché originel, et cela avant la Rédemption du Christ. Etre racheté signifie qu'on a été esclave du péché. Or Sainte Marie mère de Dieu, n'a jamais péché.
Le salut proposé à l'homme se devait d'être total, et comme c'est par la femme que le péché était entré dans le monde, c'est bien par la femme que le salut a commencé. Il fallait aussi que la femme soit pleinement restaurée dans sa dignité et par un modèle absolument sans tâche comme le Christ pour les hommes. Mais on ne se sanctifie pas par des grands principes mais par des exemples. Ainsi la sainte Vierge était au pied de la Croix sans rien dire et en acceptant l'horrible mort de son Fils, alors que lors du péché originel, c'est elle qui a pris du fruit de l'arbre, et a parlé en premier.
Co-rédemptrice n'est pas du tout impossible, compte tenu que l'Immaculée Conception a eu lieu de manière certaine. Si l'Immaculée conception n'avait pas eu lieu, alors oui peut-être que co-rédemptrice n'aurait aucun sens.

( 882440 )
Rachetée par Rémi (2019-12-16 20:16:52)
[en réponse à 882436]
d'une manière plus sublime.
Ineffabilis Deus, définissant le dogme de l'Immaculée Conception.

( 882619 )
immaculée conception et corédemption par Arthur (2019-12-18 14:59:42)
[en réponse à 882402]
Logiquement l'immaculée conception et la corédemption sont liés.
Si nous restons logique et raisonnable nous devons reconnaitre qu'il y a eu trois personne ayant bénéficié d'une manière ou d'une autre d'une conception immaculée: la Sainte Vierge bien sur mais aussi Adam et Eve avant elle.
La venue du Sauveur étant une création nouvelle, à nouvel Adam (NSJC) nouvelle Eve (la Sainte Vierge).
La Sainte Vierge n'étant pas de nature angélique, et vivant dans le temporel, elle n'a donc jamais péché de par sa volonté de toujours resté avec le Bon Dieu. Rien n’empêchait la Sainte Vierge de poser un acte de désobéissance (comme Adam et Eve), d'autant qu'elle a été tenté plusieurs fois (comme NSJC).
Les épreuves de la Sainte Vierge ont été nombreuses: mariage avec une personne plus âgé, conception avant le mariage, perte de vue de son Enfant, dureté apparente de son Fils, mort de son Fils et difficultés de l’Église naissante. Cependant elle n'a jamais péché car elle a puissé sa volonté dans celle de Dieu.
Par là même elle mérite le titre de corédemptrice car tout comme Adam et Eve ont plongés l'humanité dans le péché, NSJC et le Sainte Vierge l'ont racheté.

( 882404 )
Pour information par XA (2019-12-16 14:45:36)
[en réponse à 882382]
Il y a au moins un fil assez long sur le Forum à ce sujet :
clic.

( 882417 )
Le problème est le suivant par Jean-Paul PARFU (2019-12-16 17:34:45)
[en réponse à 882382]
La Co-rédemption signifie-t-elle : cause efficiente principale de la grâce ou cause instrumentale ?
Dans le premier sens, seul le Christ est Rédempteur. Dans le second sens, la Très Sainte vierge pourrait être appelée Co-rédemptrice.
Aucune créature, même la plus haute, ne peut être cause efficiente principale de la grâce, la grâce étant surnaturelle !
Il existe deux hiérarchies : la hiérarchie naturelle dans l'ordre de la nature et la hiérarchie surnaturelle dans l'ordre de la grâce.
Dans l'ordre naturel, la créature la plus élevée est l'ange le plus élevé.
Dans l'ordre surnaturel, donc dans l'ordre de la grâce, la créature la plus élevée est la Très Sainte Vierge, reine des anges et du Ciel.
C'est à ce titre que la Très Sainte Vierge, Mère de Dieu et Immaculée-Conception, "pleine de grâce", est la cause instrumentale la plus haute de la grâce.
A ce titre, elle peut au moins être dite : "médiatrice de toutes grâces" et associée de manière unique au Seul Rédempteur, son fils, Le Christ Jésus !
C'est la raison pour laquelle nous devons prier les Coeurs de Jésus et Marie !

( 882426 )
La sainte Vierge est-elle cause efficiente du salut ? Pourquoi pas ? par Regnum Galliae (2019-12-16 18:24:11)
[en réponse à 882417]
Jean-Paul II disait que les parents sont co-créateurs. Cela n'enlève rien au fait que le seul et unique créateur est Dieu, mais qui a voulu se soumettre à la collaboration de l'homme sans laquelle aucun nouvel être humain ne peut être créé.
De même, la rédemption divine était suspendue au fiat de Notre Dame. La Vierge eût-elle dit non, la rédemption eût-elle été possible ? Comment le Christ se serait-il incarné ? Le rôle de la Sainte Vierge dans le mystère de la Rédemption est nécessaire (au sens philosophique du terne). Il est indispensable, irremplaçable. C'est ce qui fait que la Vierge est la seule personne avec Dieu à avoir donné son Fils pour la rédemption des hommes.
Alors oui, Notre Dame est sauvée en vue des mérites du Christ, mais on ne peut absolument pas la mettre sur le même plan que les autres hommes hormis le Christ en sa nature humaine.

( 882428 )
Argument contestable ! par Marquandier (2019-12-16 18:34:22)
[en réponse à 882426]
Le même raisonnement vaut pour les parents de la Vierge Marie, et également tous ses ancêtres.
Imaginez si Adam et Ève s’étaient suicidés (sans enfant) après la chute au lieu de se multiplier. La Rédemption aurait-elle été possible ? La pénitence de nos premiers parents n’est pas non plus à négliger.
Les parallèles premier/nouvel Adam et première/nouvelle Ève sont à mon avis plus démonstratifs pour souligner la place particulière de la Bienheureuse Vierge Marie dans le salut.

( 882438 )
[réponse] par Regnum Galliae (2019-12-16 19:59:39)
[en réponse à 882428]
Sauf que seule la Sainte Vierge, et aucunement ses ancêtres, a eu le libre choix d'un "oui" engageant l'humanité tout entière !

( 882457 )
Reine du Ciel par Luc de Montalte (2019-12-16 23:54:34)
[en réponse à 882428]
En somme mieux vaut en rester à la Tradition et aux Pères de l’Église que de se lancer dans des inventions qui n’apportent que confusion me semble-t-il. Le Christ est seul Rédempteur : c’est le Christ qui couronne la Sainte Vierge :


( 882490 )
exact et j'ajoute Pie XII Ad Caeli Reginam 11-10-1954 par Luc Perrin (2019-12-17 12:05:05)
[en réponse à 882457]
une brève et magnifique encyclique un peu oubliée. A tort.
Elle a des accents très contemporains même si à l'époque, les pays communistes persécuteurs étaient dans les esprits romains. Le communisme est largement évanoui mais les persécuteurs demeurent.
Citation :
" Que tous s'efforcent selon leur condition de reproduire dans leur coeur et dans leur vie, avec un zèle vigilant et attentif, les grandes vertus de la Reine du Ciel, Notre Mère très aimante. Il s'ensuivra en effet que les chrétiens, en honorant et imitant une si grande Reine, se sentiront enfin vraiment frères et, bannissant l'envie et les désirs immodérés des richesses, développeront la charité sociale, respecteront les droits des pauvres et aimeront la paix. Que personne donc ne se croie fils de Marie, digne d'être accueilli sous sa puissante protection, si, à son exemple, il ne se montre doux, juste et chaste, et ne contribue avec amour à la vraie fraternité, soucieuse non de blesser et de nuire, mais d'aider et de consoler.
En bien des régions du globe, des hommes sont injustement poursuivis pour leur profession de foi chrétienne et privés des droits humains et divins de la liberté ; pour écarter ces maux, les requêtes justifiées et les protestations répétées sont jusqu'à présent restées impuissantes. Veuille la puissante Souveraine des choses et des temps qui, de son pied virginal, sait réduire les violences, tourner ses yeux de miséricorde dont l'éclat apporte le calme, éloigne les nuées et les tempêtes, vers ses fils innocents et éprouvés ; qu'elle leur accorde à eux aussi de jouir enfin sans retard de la liberté qui leur est due, pour qu'ils puissent pratiquer ouvertement leur religion, et que, tout en servant la cause de l'Évangile, ils contribuent aussi par leur collaboration et l'exemple éclatant de leurs vertus au milieu des épreuves, à la force et au progrès de la cité terrestre."

( 882521 )
Excellente référence par Luc de Montalte (2019-12-17 15:57:25)
[en réponse à 882490]
Merci. En entier
sur le site de la FSSPX.
La première partie de l'encyclique explicite les nombreux fondements dans la Tradition du titre de Reine attribué à la Sainte Vierge. C'est autrement plus sérieux et plus profond que ce nébuleux (et inutile) "co-rédemptrice" qui tombe du ciel si j'ose dire.

( 882419 )
Nous sommes tous d'accord sur la doctrine (mais François ?...) par Sacerdos simplex (2019-12-16 17:39:34)
[en réponse à 882382]
Les liseurs ont des avis divers sur le mot, le sens du mot, ou l'opportunité du mot ou d'une définition, mais sur la doctrine nous sommes apparemment tous à peu près d'accord.
Mais comment voyez-vous l'opinion de François ?...

( 882510 )
[réponse] par Mingdi (2019-12-17 14:44:29)
[en réponse à 882419]
Le mot, le sens du mot, la doctrine, le dogme? On croit comprendre que le pape est aujourd'hui l'objet de sollicitations afin de proclamer le dogme de Marie Corédemptrice. D'où ces sollicitations viennent-elles? Son sermon était en dialecte portègne,adressé probablement aux latino-américains pour fêter ND de Guadalupe. Il les a pris pour des figues de Barbarie.

( 882420 )
En réalité non. par Rémi (2019-12-16 17:41:06)
[en réponse à 882382]
Ce que François qualifie de sottise, c'est la question de l'opportunité d'un nouveau dogme.
Lorsque l’on vient avec des histoires selon lesquelles il faudrait la déclarer ceci, ou faire cet autre dogme ou cela, ne nous perdons pas dans des sottises.
Ecrire un article à charge ne dispense pas de l'élémentaire honnêteté.

( 882458 )
En effet par Luc de Montalte (2019-12-17 00:12:45)
[en réponse à 882420]
Merci de la remarque.

( 882478 )
tout de même par Regnum Galliae (2019-12-17 10:43:11)
[en réponse à 882420]
cela donne un peu l'impression que la notion de dogme est prise par-dessus la jambe...

( 882491 )
Vous trouvez ? par Rémi (2019-12-17 12:11:27)
[en réponse à 882478]
Moi je trouve plutôt sain que le Pape ne se préoccupe pas des desiderata de Pierre, Paul ou Jacques en la matière.
Si l'épiscopat ou le peuple faisait savoir par des suppliques son profond désir que soit proclamée telle ou telle chose, bien sûr ce devrait être examinée avec sérieux. On en est loin.

( 882493 )
[réponse] par Regnum Galliae (2019-12-17 12:18:50)
[en réponse à 882491]
En effet, et d'ailleurs il faudrait déjà répondre aux
Dubia et autres légitimes sollicitations du peuple chrétien à son pasteur, toutes restées sans réponse à ce jour.
En revanche, c'est bien la notion de dogme (et non pas la corédemption) qui est qualifiée de sottise. Sans doute une maladresse...

( 882496 )
En réalité non. par Rémi (2019-12-17 12:25:57)
[en réponse à 882493]
Ce sont "les histoires selon lesquelles il faudrait la déclarer ceci, ou faire cet autre dogme ou cela ... "
Je vous laisse donc à vos impressions ...

( 882515 )
[réponse] par Regnum Galliae (2019-12-17 15:07:10)
[en réponse à 882496]
Pour avoir autre chose que des impressions, il faudrait avoir un message clair. Ceux qui tirent des certitudes de ces propos ambigus sont bien péremptoires. Mais si vous voulez, admettons. Les histoires de dogme sont des sottises. Je ne vois pas ce que cela change à la question.
Imaginez-vous Benoît XVI balayer ainsi la question de dogmatiser ou non une réalité mariale ? D'ailleurs, puisque la question est sur la table, pourquoi ne pas trancher et condamner la corédemption si l'on n'y croit pas ? Car si l'on y croit, ce serait quelque chose de suffisamment important pour en faire un dogme. En réalité, on ne veut ni dogme, ni condamnation, ce qui revient à rendre l’Église inutile.

( 882518 )
Toujours pas. par Rémi (2019-12-17 15:39:23)
[en réponse à 882515]
Pas les histoires de dogme, comme vous l'écrivez, mais "les histoires selon lesquelles il faudrait la déclarer ceci, ou faire cet autre dogme ou cela ..." , c'est à dire la question ( "les histoires" ... ) de l'opportunité d'une proclamation, qui pour François est une sottise.
Le Pape dit donc clairement et même assez vivement, on le lui reproche, qu'elle n'est pas du tout à l'ordre du jour. Vous paraissez pourtant habituellement assez à l'aise avec notre langue il me semble ? C'est sûrement le style un peu trop simple et improvisé de François ici qui vous déroute.
Par ailleurs reprochez-vous aussi à l'Eglise de n'avoir pas, pendant mille-deux-cents ans ou plus, tranché pour ou contre l'Assomption par exemple, idem de l'Immaculée Conception, ne condamnant ni ne proclamant, favorisant dans le premier cas le culte et même la fête tout en ne définissant pas le dogme ? Était-Elle inutile tout ce temps, notre Sainte Eglise ?! Absurde. Trouvez autre chose.

( 882522 )
En théologie par Rémi (2019-12-17 15:57:27)
[en réponse à 882518]
c'est d'ailleurs tout simplement un exemple parmi d'autres de questions "ouvertes" ou disputées, quand bien même l'Eglise montre parfois qu'elle penche plutôt dans un sens positif.
Comme on le voit ces questions débattues peuvent le rester des siècles sans que le Magistère ne s'en émeuve.

( 882524 )
Certes, j'entends bien par Regnum Galliae (2019-12-17 16:06:14)
[en réponse à 882522]
mais pourquoi ouvrir le sujet pour le refermer aussitôt sans rien avoir apporté à la discussion en disant "circulez, il n'y a rien à voir"? Que cette question doive rester ouvert, soit, et cela peut nourrir de longues méditations, mais pourquoi qualifier de sottise sinon le fait sous-jacent, du moins le fait de se poser la question ? Cela atteint soit la notion de corédemption, soit celle de dogme.

( 882528 )
L'explication par Rémi (2019-12-17 16:18:33)
[en réponse à 882524]
se trouve dans l'homélie en question, peut-être auriez-vous dû d'abord en prendre connaissance.
Cette conclusion qui vous défrise n'est qu'un effet rhétorique (assez lourdingue) pour mettre en valeur le développement (assez biscornu) qui précède : "Marie est surtout disciple de son Fils etc. , alors quand on nous dit qu'il faut encore un autre dogme, hein, bon, c'est des sottises, l'essentiel n'est pas du tout là" (je paraphrase bien sûr) .
Sérieusement si on commence à passer des heures sur toutes les fades homélies de François on n'est pas sortis d'affaire !

( 882523 )
En effet par Regnum Galliae (2019-12-17 15:59:07)
[en réponse à 882518]
j'avoue ne pas saisir la subtilité de la parole papale dans le cas présent. Je ne suis pas loin de comprendre comme la Porte latine que "vouloir déclarer la Très Sainte Vierge corédemptrice, relèverait de la « sottise »".
C'est le décalage entre la gravité du sujet et le je-m’en-foutisme de l'argument qui est gênant. Le Saint-Père aurait dit "tout ça, ce sont des c..." que je n'aurais pas été moins gêné.
D'ailleurs, on se demande bien pourquoi la question a été mise sur la table. Qui fait pression pour un tel dogme ?

( 882525 )
Subtilité ? par Rémi (2019-12-17 16:06:48)
[en réponse à 882523]
Aucune subtilité ici, au contraire ! Improvisation, familiarité, agressivité même, gros sabots en tout cas, mais de subtilité ... point !
Mais j'avais bien compris de mon côté que vous ne saisissiez pas, en effet, et que vous suiviez la malhonnête lecture de "Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X" , ceci expliquant peut-être cela, tandis que vous parlez déjà de "réalité mariale" pour cette fameuse co-rédemption.
Grand bien vous fasse.

( 882501 )
Puant de mépris par Vincent F (2019-12-17 12:56:18)
[en réponse à 882420]
On dirait un autre François parlant des « sans-dents ».

( 882429 )
Maximalisme par Peregrinus (2019-12-16 18:42:49)
[en réponse à 882382]
Il est vrai que les mots utilisés par le pape François ont quelque chose de méprisant et de vulgaire qui ne correspond pas à la matière traitée.
Cependant, je ne vois pas pourquoi, sous prétexte que certains ont malheureusement donné depuis cinquante ans dans le minimalisme marial, il faudrait donner nécessairement dans le maximalisme. Pour ma part, tout en comprenant la doctrine que recouvre le terme de Corédemptrice, je me définirais comme un inopportuniste : je ne pense pas que cela soit faux si le terme est bien entendu, mais je ne vois pas l'utilité et encore moins la nécessité de la définition d'un tel dogme.
Il me semble aussi que la tendance au maximalisme que montrent parfois certains traditionalistes par réaction à la révolution anti-dévotionnelle qui a accompagné et suivi le Concile n'est pas nécessairement très constructive : on a parfois le sentiment, en entendant certains sermons, que tenir pour la Corédemption est de rigueur pour ne pas dévier de la foi ; c'est un peu comme si l'on voulait en rajouter à toute force. Or ni la surenchère en doctrine, ni le stakhanovisme en dévotion ne me paraissent les solutions les plus propres à faire avancer le règne du Christ.
Peregrinus

( 882450 )
Bien d'accord avec vous... par Signo (2019-12-16 22:23:51)
[en réponse à 882429]
Je ne vois vraiment pas l'intérêt de proclamer un nouveau dogme dans le contexte actuel, et surtout pas celui-là qui tel qu'il est formulé prêterait davantage à confusion qu'autre chose.
La dévotion mariale n'en a pas besoin, elle a en grande partie déjà été restaurée depuis le pontificat de S. Jean-Paul II après la période très rationaliste et très anti-mariale des années 1960-1970.
Par ailleurs le niveau général des fidèles (et du clergé!) s'est trop appauvri sur les plans spirituel, théologique et intellectuel ces dernières décennies pour comprendre ce genre de subtilités doctrinales et en tirer du fruit.
J'ajoute au passage pour ceux qui accusent le concile Vatican II d'avoir été anti-marial que ce Concile est celui qui a consacré le plus long paragraphe à la Vierge de tous les Conciles de l'histoire de l'Eglise. Vatican II évoque bien plus la Vierge Marie que par exemple Trente qui, pour le coup, n'a pas dit grand chose sur le sujet (à peine quelques passages dans le chapitre consacré au culte des saints...), ce qui est d'autant plus étonnant pour un Concile se voulant essentiellement une réaffirmation de la foi catholique face au protestantisme... Une fois de plus, ceux qui parlent de Vatican II ne l'ont jamais lu, ou alors lu de travers. Si c'est vrai que l'époque des années 1960-1970, dominée par le rationalisme et une certaine mentalité néo-protestante et moderniste, a été assez peu mariale voire carrément hostile au culte de la Vierge, ce n'est absolument pas le cas du Concile en lui-même, bien au contraire. Il suffit de relire le chapitre VIII de
Lumen Gentium pour se rendre compte qu'en réalité, Vatican II est sans doute le Concile le plus marial de toute l'histoire de l'Eglise!
Une fois de plus, ce genre de revendication me paraît davantage motivée par une surenchère traditionaliste aveugle que par un réel esprit de foi.

( 882558 )
Non pas quelques passages par Rémi (2019-12-17 19:39:58)
[en réponse à 882450]
mais une seule ligne, où il est dit qu'on doit avoir et garder, surtout dans les églises, les images du Christ, de la Vierge Marie Mère de Dieu et des autres saints, et leur rendre l'honneur et la vénération qui leur sont dus.
Et c'est tout.

( 882456 )
Tout à fait d'accord par Luc de Montalte (2019-12-16 23:40:18)
[en réponse à 882429]
Si l’on suit les explications du Cal Journet sur la Vierge
co-rédemptrice, il n’y a certes pas grand chose à reprocher à ce concept, mais on ne voit pas bien ce que ça apporte. Et cela ne risque-t-il pas de brouiller cette vérité essentielle que le Christ est le seul Rédempteur ?
Je ne peux que rejoindre Marquandier : quels fondements scripturaires ou dans la Tradition pour ce concept ? Ou du moins, quelles apparitions ?
Ça rappelle un peu un certain cordicolisme excessif comme cela pouvait exister fin XIXe.

( 882488 )
Non par Regnum Galliae (2019-12-17 11:40:43)
[en réponse à 882456]
La sainte Vierge n'est pas une femme comme les autres. Ce n'est pas notre sœur en humanité mais notre mère. Même les apôtres sont nos frères!
Alors oui, le Christ est le seul rédempteur, mais il a voulu y associer sa Mère et c'est à Elle qu'il nous a confiés. Serait-ce inutile ou sans importance ? Qui sommes-nous pour juger ?
Le problème n'est pas le rôle de Notre Dame dans l'économie du Salut ou dans notre vie spirituelle, mais il est le fait que plus personne ne sait ce qu'est la Rédemption. Alors parler de corédemptrice...

( 882520 )
HS par Luc de Montalte (2019-12-17 15:49:48)
[en réponse à 882488]
Sainte Marie est notre Mère et la Reine du Ciel ; mais c'est par le Christ qu'elle est couronnée.
Le terme co-rédemptrice, qui n'a pas de fondement scripturaire ou dans la Tradition, n'apporte que de la confusion. Le Christ est seul rédempteur.

( 882430 )
Rien avant Pie IX ? Papisme à deux vitesses. par Marquandier (2019-12-16 18:54:20)
[en réponse à 882382]
Quand pour certains la France serait née en 1789, il semble que pour d’autres la "Tradition" daterait de 1846 (ou 1870). Et s’arrêterait en 1958.
Je trouve toujours bizarre cette manie d’opposer papes du XIXème/début XXème aux derniers papes… Si ces derniers peuvent errer dans des encycliques ou des discours, qui nous prouve que Pie IX est plus fiable ? Même si cela a au moins le mérite d’exhiber certaines incohérences dans les diverses formes de discours papaux.
Quels sont les arguments vraiment issus de la tradition ? Des Saints Pères ? Des Conciles ? De l’Écriture ? Des Papes, les plus anciens et plus modernes compris ?

( 882517 )
Bonne remarque... par Pétrarque (2019-12-17 15:29:46)
[en réponse à 882430]
... que je fais mienne.

( 882432 )
Point de vue du cardinal Ratzinger par AVV-VVK (2019-12-16 19:33:35)
[en réponse à 882382]
en 2000
Ici (en anglais) Un article général

( 882441 )
En français : par Yves Daoudal (2019-12-16 20:30:30)
[en réponse à 882432]
La réponse de la Congrégation pour la doctrine de la foi consiste à dire que ce qui est visé ici est déjà mieux exprimé par d'autres titres de Marie, et que le concept de "corédemptrice" s'écarte aussi bien de l'Écriture que des écrits patristiques, ce qui suscite des malentendus. Ce qui est juste dans cette appellation, c'est que le Christ ne reste pas extérieur et forme une nouvelle et profonde communauté avec nous. Tout ce qui est à lui sera nôtre et tout ce qui est nôtre, il l'a fait sien. Ce grand échange est le contenu spécifique de la rédemption, notre libération et notre accès à la communion avec Dieu. Parce que Marie anticipe l'Église comme telle, qu'elle est l'Église en personne, cet "être-avec" est réalisé en elle de façon exemplaire. Mais cet "avec" ne doit pas faire oublier le "d'abord" du Christ. Tout vient de lui, comme le soulignent les épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens. Marie aussi est tout ce qu'elle est par lui. Le terme de "corédemptrice" obscurcirait cette donnée originelle. Une bonne intention s'exprime dans un mauvais vocable. Dans le domaine de la foi, la continuité avec la langue de l'Écriture et des Pères est essentielle. La langue n'est pas manipulable à volonté.
"Voici quel est notre Dieu", 2001, pp. 215-216.

( 882475 )
No nos perdamos en tonterias par Mingdi (2019-12-17 10:02:24)
[en réponse à 882382]
me semble plus correct. Les Petites Soeurs de Marie Mère du Rédempteur, en Mayenne, se sont appelées Petites Soeurs de Marie Corédemptrice de 1958 à 1966. Il a fallu l'intervention du cardinal Garrone pour les faire changer de nom. Vatican II était passé par là. En effet, quand on relit la correspondance du père Berto, on comprend qu'un texte entier du concile devait être consacré à la TSV Marie. Cela s'est transformé en un chapitre de Lumen Gentium (si mes souvenirs sont bons) et considérablement expurgé. François vient encore de gravir un échelon dans l'échelle du mépris.

( 882492 )
vision réductrice de Vatican II concernant Marie par Luc Perrin (2019-12-17 12:14:59)
[en réponse à 882475]
Il est piquant de savoir que les Observateurs protestants, j'avais entendu Lukas Fischer à ce sujet, ont estimé après coup que Vatican II en plaçant Marie dans Lumen Gentium comme couronnant la constitution sur l'Église avait été honorée par ce Concile bien davantage que par un petit schéma isolé et annexe comme il était en effet initialement prévu.
Ils avaient raison.
On oublie aussi toujours d'ajouter la proclamation par Paul VI in aula de Marie Mater Ecclesiae en clôture de la période de 1964.
Sous un tonnerre d'applaudissement des Pères debout, une longue standing ovation.
Ce fut si épique que le Père Congar op qui haïssait Marie, comme son journal en témoigne dès la page 1, furibard sortit rouge de colère.
Mgr Garrone, le futur cardinal, en Commission avait tout fait pour minimiser les titres et s'opposer à cette définition.
Plusieurs pétitions dont celle des évêques polonais réclamaient la définition à Paul VI qui y était favorable dès le début.
Vatican II a bien été un concile marial, beaucoup plus qu'on ne l'écrit dans les manuels de théologie qui omettent cela.

( 882506 )
Pouvez-vous développer ? par Fenestri (2019-12-17 14:05:38)
[en réponse à 882492]
Merci beaucoup, vous remettez les pendules à l'heure.
Ce fut si épique que le Père Congar op qui haïssait Marie, comme son journal en témoigne dès la page 1, furibard sortit rouge de colère.
Auriez-vous sous la main l'extrait dont vous parlez ? Merci !

( 882546 )
il faut se reporter à son Journal du Concile par Luc Perrin (2019-12-17 18:18:34)
[en réponse à 882506]
Les outrances de Congar envers tout ce qui est marial sont partout.
Quand il arrive à Rome en 1954 (ou en 1950 je ne sais plus), il éructe à la vue d'affiches mariales qu'il voit en sortant de la gare de Termini.
Je n'ai pas le texte sous la main mais on peut le trouver dans les bibliothèques.
C'est étonnant pour un dominicain, un tel rejet de la théologie mariale et chez lui, cela est bien antérieur au Concile.
L'important, Fenestri, n'était pas dans la sortie d'un théologien furieux et aigri mais dans l'applaudissement joyeux, enthousiaste, spontané, reconnaissant de l'épiscopat et des autres Pères représentant l'Église catholique toute entière qui, unis avec le Pape, honoraient Marie en vérité.
Secouons la poussière congarienne anti-mariale de nos sandales et avançons sans crainte dans la confiance de la médiation maternelle de Marie.

( 882603 )
Oui certes, mais... par Fenestri (2019-12-18 09:50:05)
[en réponse à 882546]
Oui oui je suis bien d'accord, mais ne trouvant ni l'extrait en ligne et ne pouvant pour le moment pas consulter ledit journal, je me demandais simplement si vous l'aviez sous la main... car ce genre d'anecdote est toujours surprenante !

( 882652 )
pas assez de place pour stocker trop de livres par Luc Perrin (2019-12-18 19:29:15)
[en réponse à 882603]
chez moi.
J'en ai beaucoup mais je ne peux pas concurrencer le Saulchoir ou la BNF ou la BNUS locale.
Je paie sur mes deniers en outre tout cela.
Il y a plusieurs journaux Congar : son enfance pendant la première guerre mondiale, le Journal d'un théologien avant le Concile et où j'ai lu l'anecdote sur la gare de Termini ; le journal du Concile où sa sortie de 1964 est relatée.
Ma mémoire, comme pour tous les vieillards, est parfois flageolante mais je suis affirmatif sur ces deux points pour les avoir cités dans un article et un cours autrefois.
Comment l'expliquer ? L'aspect maladif de sa hargne anti-mariale, je ne sais, un psychiatre peut-être le saurait. Il était et je peux en attester personnellement soupe-au-lait et désagréable : les témoins concordent là dessus. Maintenant sa maladie est présente dès Vatican II et a pu peser.
L'aspect théologique se comprend à travers son orientation dès son livre Chrétiens désunis avant guerre vers un oecuménisme catholique.
Ceci transparaît dans ses "dadas" au Concile :
- il n'a cessé de pousser la pneumatologie pour se rapprocher des Églises orientales séparées
- il n'a cessé de pousser le laïcat en avant pour se rapprocher des Églises protestantes et de leur sacerdoce universel
- il a promu une forme de synodalité pour contenter les deux et complaire au catholicisme néo-libéral.
Il est sûr que la vision catholique de Marie est vue comme un obstacle, moins pour l'Orient toutefois.

( 882925 )
Merci pour ces précisions ! par Fenestri (2019-12-22 01:32:55)
[en réponse à 882652]
Tout est dans le titre.

( 882673 )
eh bien demandez le journal ?! par JVJ (2019-12-18 22:20:57)
[en réponse à 882603]
Je tiens du bras droit d'Henri de Lubac, à l'aéroport justement, en se rendant à une des sessions du concile, l'anecdote suivante touchant le RP Congar.
Ce témoin et Congar font viser leur unique valise par la douane. Un douanier italien fait une grande croix sur la valise du Dominicain, qui s'est mis à pester (mauvais voyage ?) contre cet homme qui osait salir la Croix en banalisant ce signe.
Véridique.
Rien de plus déchirant que de voir des photos de la réception de la barrette par Congar à Paris. Jean-Paul II a eu raison.
Le P. Congar a toujours joué l'ordre contre ceux qui l'attaquaient et est resté fidèle. C'était par ailleurs un grand savant. Il a fait partie de ceux qui n'ont pas penché pour les révolutionnaires dans les années de crise, or on le sollicitait.
Les grades qu'il a dû passer au sein de son ordre étaient autre chose que les doctorats en théologie et en philosophie qu'on délivrait très facilement à Rome entre les deux guerres. Le journal du cardinal Martin, inédit, nous montre qu'on n'était pas très regardant. Le doctorat était une formalité.
Je vous ai lu Fenestri, parce que je lis votre interlocuteur.
Le Journal d'un théologien (1946-1956) est aussi très intéressant, et on le remercie de l'avoir tenu.
Il faut prendre cette source pour ce qu'elle est :
p 324 "dimanche 19 XII 1954. Mon Dieu ! On croirait que le P. Bonhomme (responsable de l'institut liturgique op, chantre à Ste-Sabine : NDLR), ses chantres et son chœur, se sont appliqués à vider le chant de son mouvement et de sa vie, il reste les neumes, qui se suivent lentement et onctueusement, morts".
p. 282 vu Braudel pour la question des cours de la VIe section de l'ephe, il m'offre de m'y faire titulariser, il m'offre aussi son aide en logement, argent, etc, au cas où j'en aurais besoin, je crains de comprendre ce qui lui a traversé l'esprit (n de l'éditeur : Braudel pense à sa défection, ils se sont connus en prison à Lübeck)
merci aussi à l'éditeur de n'avoir pas caviardé.

( 883018 )
rien se rapportant à Marie par Luc Perrin (2019-12-22 20:35:48)
[en réponse à 882673]
dans votre post, intéressant par ailleurs mais hors sujet.

( 882507 )
Abbé Berto par Mingdi (2019-12-17 14:19:53)
[en réponse à 882492]
Je me basais simplement sur des lettres de l’abbé Berto, écrites au concile, publiées dans « le Sel de la Terre » des Dominicains d’Avrillé. Lettres absentes de la brochure disponible à Pontcallec. Selon ce prêtre, le document sur la TSV Marie aurait été d’une tout autre envergure qu’une simple annexe a minima. J’ai vu passer des documents préparatoires à Vatican II rédigés sous l’autorité du cardinal Ottaviani et rejetés au début du concile (cf « le Rhin se jette dans le Tibre »). Un document marial en fait-il partie ? Alors, pourquoi ne le publierait-on pas ? Certes, Paul VI, marial mais complexé, ne se serait jamais permis de traiter le concept de Marie Corédemptrice de « tonteria » ou son équivalent italien.

( 882535 )
Simple annexe a minima : par Rémi (2019-12-17 17:10:58)
[en réponse à 882507]
CHAPITRE VIII :
La bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l’Église
I. Introduction
52. La Sainte Vierge dans le mystère du Christ
Ayant résolu, dans sa très grande bonté et sagesse, d’opérer la rédemption du monde, Dieu « quand vint la plénitude du temps, envoya son Fils né d’une femme... pour faire de nous des fils adoptifs » (Ga 4, 4-5). C’est ainsi que son Fils, « à cause de nous les hommes et pour notre salut, descendit du ciel et prit chair de la Vierge Marie par l’action du Saint-Esprit [171] ». Ce divin mystère de salut se révèle pour nous et se continue dans l’Église, que le Seigneur a établie comme son Corps et dans laquelle les croyants, attachés au Christ chef et unis dans une même communion avec tous ses saints, se doivent de vénérer, « en tout premier lieu la mémoire de la glorieuse Marie, toujours vierge, Mère de notre Dieu et Seigneur Jésus Christ [172].
53. La Sainte Vierge et l’Église
La Vierge Marie en effet, qui, lors de l’Annonciation angélique, reçut le Verbe de Dieu à la fois dans son cœur et dans son corps, et présenta au monde la Vie, est reconnue et honorée comme la véritable Mère de Dieu et du Rédempteur. Rachetée de façon éminente en considération des mérites de son Fils, unie à lui par un lien étroit et indissoluble, elle reçoit cette immense charge et dignité d’être la Mère du Fils de Dieu, et, par conséquent, la fille de prédilection du Père et le sanctuaire du Saint-Esprit, don exceptionnel de grâce qui la met bien loin au-dessus de toutes les créatures dans le ciel et sur la terre. Mais elle se trouve aussi réunie, comme descendante d’Adam, à l’ensemble de l’humanité qui a besoin de salut ; bien mieux, elle est vraiment « Mère des membres [du Christ]... ayant coopéré par sa charité à la naissance dans l’Église des fidèles qui sont les membres de ce Chef [173] ». C’est pourquoi encore elle est saluée comme un membre suréminent et absolument unique de l’Église, modèle et exemplaire admirables pour celle-ci dans la foi et dans la charité, objet de la part de l’Église catholique, instruite par l’Esprit Saint, d’un sentiment filial de piété, comme il convient pour une mère très aimante.
54. L’intention du Concile
Aussi, présentant la doctrine de l’Église en laquelle le divin Rédempteur opère notre salut, le saint Concile se propose de mettre avec soin en lumière, d’une part le rôle de la bienheureuse Vierge dans le mystère du Verbe incarné et du Corps mystique, et d’autre part les devoirs des hommes rachetés envers la Mère de Dieu, Mère du Christ et Mère des hommes, des croyants en premier lieu ; le Concile toutefois n’a pas l’intention de faire au sujet de Marie un exposé doctrinal complet, ni de trancher les questions que le travail des théologiens n’a pu encore amener à une lumière totale. Par conséquent, les opinions demeurent légitimes qui sont librement proposées dans les écoles catholiques au sujet de celle qui occupe dans la Sainte Église la place la plus élevée au-dessous du Christ, et nous est toute proche [174].
II. Rôle de la Sainte Vierge dans l’économie du salut
55. La Mère du Messie dans l’Ancien Testament
Les Saintes Écritures de l’Ancien et du Nouveau Testament et la Tradition vénérable mettent dans une lumière de plus en plus grande le rôle de la Mère du sauveur dans l’économie du salut et le proposent pour ainsi dire à notre contemplation. Les livres de l’Ancien Testament, en effet, décrivent l’histoire du salut et la lente préparation de la venue du Christ au monde. Ces documents primitifs, tels qu’ils sont lus dans l’Église et compris à la lumière de la révélation postérieure et complète, font apparaître progressivement dans une plus parfaite clarté la figure de la femme, Mère du Rédempteur. Dans cette clarté, celle-ci se trouve prophétiquement esquissée dans la promesse (faite à nos premiers parents après la chute) d’une victoire sur le serpent (cf. Gn 3, 15). De même, c’est elle, la Vierge, qui concevra et enfantera un fils auquel sera donné le nom d’Emmanuel (cf. Is 7, 14 ; cf. Mi 5, 2-3 ; Mt 1, 22-23). Elle occupe la première place parmi ces humbles et ces pauvres du Seigneur qui espèrent et reçoivent le salut de lui avec confiance. Enfin, avec elle, la fille de Sion par excellence, après la longue attente de la promesse, s’accomplissent les temps et s’instaure l’économie nouvelle, lorsque le Fils de Dieu, par elle, prit la nature humaine pour libérer l’homme du péché par les mystères de sa chair.
56. Marie à l’Annonciation
Mais il plut au Père des miséricordes que l’Incarnation fût précédée par une acceptation de la part de cette Mère prédestinée, en sorte que, une femme ayant contribué à l’œuvre de mort, de même une femme contribuât aussi à la vie. Ce qui est vrai à un titre exceptionnel de la Mère de Jésus qui donna au monde la vie destinée à tout renouveler, et fut pourvue par Dieu de dons à la mesure d’une si grande tâche. Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que l’usage se soit établi chez les saints Pères, d’appeler la Mère de Dieu la Toute Sainte, indemne de toute tache de péché, ayant été comme pétrie par l’Esprit Saint, et formée comme une nouvelle créature [175]. Enrichie dès le premier instant de sa conception d’une sainteté éclatante absolument unique, la Vierge de Nazareth est saluée par l’ange de l’Annonciation, qui parle au nom de Dieu, comme « pleine de grâce» (cf. Lc 1, 28). Messager céleste auquel elle fait cette réponse : « Voici la servante du Seigneur, qu’il en soit de moi selon ta parole » (Lc 1, 38). Ainsi Marie, fille d’Adam, donnant à la Parole de Dieu son consentement, devint Mère de Jésus et, épousant à plein cœur, sans que nul péché ne la retienne, la volonté divine de salut, se livra elle-même intégralement, comme la servante du Seigneur, à la personne et à l’œuvre de son Fils, pour servir, dans sa dépendance et avec lui, par la grâce du Dieu tout-puissant, au mystère de la Rédemption. C’est donc à juste titre que les saints Pères considèrent Marie non pas simplement comme un instrument passif aux mains de Dieu, mais comme apportant au salut des hommes la coopération de sa libre foi et de son obéissance. En effet, comme dit saint Irénée, « par son obéissance elle est devenue, pour elle-même et pour tout le genre humain, cause du salut [176] ». Aussi avec lui, un bon nombre d’anciens Pères disent volontiers dans leurs prédications : « Le nœud dû à la désobéissance d’Ève s’est dénoué par l’obéissance de Marie ; ce qu’Ève la vierge avait noué par son incrédulité, la Vierge Marie l’a dénoué par sa foi [177] » ; comparant Marie avec Ève, ils appellent Marie « la Mère des vivants [178] » et déclarent souvent : « Par Ève la mort, par Marie la vie [179].»
57. La Sainte Vierge et l’enfance de Jésus
Cette union de la Mère avec son Fils dans l’œuvre du salut est manifeste dès l’heure de la conception virginale du Christ jusqu’à sa mort ; et d’abord quand Marie, partant en hâte pour visiter Élisabeth, est saluée par elle du nom de bienheureuse pour avoir cru au salut promis, tandis que le Précurseur tressaillait au sein de sa mère (cf. Lc 1, 41-45) ; lors de la Nativité ensuite, quand la Mère de Dieu présenta dans la joie aux pasteurs et aux mages son Fils premier-né, dont la naissance était non la perte mais la consécration de son intégrité virginale [180]. Puis lorsque, dans le Temple, après avoir fait l’offrande des pauvres, elle présenta son Fils au Seigneur, elle entendit Siméon prophétiser en même temps que le Fils serait un signe de contradiction, et que l’âme de la mère serait transpercée d’un glaive : ainsi se révéleraient les pensées intimes d’un grand nombre (cf. Lc 2, 34-35). Ayant perdu l’Enfant Jésus et l’ayant cherché avec angoisse, ses parents le trouvèrent au Temple occupé dans la maison de son Père, et la parole du Fils ne fut pas comprise par eux. Sa mère cependant gardait tout cela dans son cœur et le méditait (cf. Lc 2, 41-51).
58. La Sainte Vierge et le ministère public de Jésus
Pendant la vie publique de Jésus, sa mère apparaît expressément, et dès le début, quand aux noces de Cana en Galilée, touchée de pitié, elle provoque par son intercession le premier signe de Jésus le Messie (cf. Jn 2, 1-11) . Au cours de la prédication de Jésus, elle accueillit les paroles par lesquelles le Fils, mettant le Royaume au-delà des considérations et des liens de la chair et du sang, proclamait bienheureux ceux qui écoutent et observent la Parole de Dieu (cf. Mc 3, 35 par. et Lc 11, 27-28), comme elle le faisait fidèlement elle-même (cf. Lc 2, 19.51). Ainsi la bienheureuse Vierge avança dans son pèlerinage de foi, gardant fidèlement l’union avec son Fils jusqu’à la croix où, non sans un dessein divin, elle était debout (cf. Jn 19, 25), souffrant cruellement avec son Fils unique, associée d’un cœur maternel à son sacrifice, donnant à l’immolation de la victime, née de sa chair, le consentement de son amour, pour être enfin, par le même Christ Jésus mourant sur la croix, donnée comme sa Mère au disciple par ces mots : « Femme, voici ton Fils [181] » (cf. Jn 19, 26-27).
59. La Sainte Vierge après l’Ascension
Mais Dieu ayant voulu que le mystère du salut des hommes ne se manifestât ouvertement qu’à l’heure où il répandrait l’Esprit promis par le Christ, on voit les Apôtres, avant le jour de Pentecôte, « persévérant d’un même cœur dans la prière avec quelques femmes dont Marie, Mère de Jésus, et avec ses frères » (Ac 1, 14) ; et l’on voit Marie appelant elle aussi de ses prières le don de l’Esprit qui, à l’Annonciation, l’avait déjà elle-même prise sous son ombre. Enfin la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute souillure de la faute originelle [182], ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel [183], et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs (cf. Ap 19, 16), victorieux du péché et de la mort [184].
III. La Vierge et l’Église
60. Marie, servante du Seigneur
Unique est notre Médiateur selon les paroles de l’Apôtre : « Car, il n’y a qu’un Dieu, il n’y a aussi qu’un Médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même, qui s’est donné en rançon pour tous » (1 Tm 2, 5-6). Mais le rôle maternel de Marie à l’égard des hommes n’offusque et ne diminue en rien cette unique médiation du Christ : il en manifeste au contraire la vertu.
Car toute influence salutaire de la part de la bienheureuse Vierge sur les hommes a sa source dans une disposition purement gratuite de Dieu : elle ne naît pas d’une nécessité objective, mais découle de la surabondance des mérites du Christ ; elle s’appuie sur sa médiation, dont elle dépend en tout et d’où elle tire toute sa vertu ; l’union immédiate des croyants avec le Christ ne s’en trouve en aucune manière empêchée, mais au contraire favorisée.
61. Marie, l’associée du Seigneur
La bienheureuse Vierge, prédestinée de toute éternité, à l’intérieur du dessein d’incarnation du Verbe, pour être la Mère de Dieu, fut sur la terre, en vertu d’une disposition de la Providence divine, l’aimable Mère du divin Rédempteur, généreusement associée à son œuvre à un titre absolument unique, humble servante du Seigneur. En concevant le Christ, en le mettant au monde, en le nourrissant, en le présentant dans le Temple à son Père, en souffrant avec son Fils qui mourait sur la croix, elle apporta à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. C’est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l’ordre de la grâce, notre Mère.
62. Marie, Mère de la grâce
À partir du consentement qu’elle apporta par sa foi au jour de l’Annonciation et qu’elle maintint sous la croix dans sa fermeté, cette maternité de Marie dans l’économie de la grâce se continue sans interruption jusqu’à la consommation définitive de tous les élus. En effet, après l’Assomption au ciel, son rôle dans le salut ne s’interrompt pas : par son intercession multiple, elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel [185]. Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n’est pas achevé, et qui se trouvent engagés dans les périls et les épreuves, jusqu’à ce qu’ils parviennent à la patrie bienheureuse. C’est pourquoi la bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, auxiliatrice, secourable, médiatrice [186], tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n’en résulte quant à la dignité et à l’efficacité de l’unique Médiateur, le Christ [187] .
Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même pied que le Verbe incarné et rédempteur. Mais tout comme le sacerdoce du Christ est participé sous des formes diverses, tant par les ministres que par le peuple fidèle, et tout comme l’unique bonté de Dieu se répand réellement sous des formes diverses dans les créatures, ainsi l’unique médiation du Rédempteur n’exclut pas, mais suscite au contraire une coopération variée de la part des créatures, en dépendance de l’unique source.
Ce rôle subordonné de Marie, l’Église le professe sans hésitation ; elle ne cesse d’en faire l’expérience ; elle le recommande au cœur des fidèles pour que cet appui et ce secours maternels les aident à s’attacher plus intimement au Médiateur et Sauveur.
63. Marie, modèle de l’Église
La bienheureuse Vierge, de par le don et la charge de sa maternité divine qui l’unissent à son fils, le Rédempteur, et de par les grâces et les fonctions singulières qui sont siennes, se trouve également en intime union avec l’Église : de l’Église, comme l’ enseignait déjà saint Ambroise, la Mère de Dieu est le modèle dans l’ordre de la foi, de la charité et de la parfaite union au Christ [188]. En effet, dans le mystère de l’Église, qui reçoit elle aussi à juste titre le nom de Mère et de Vierge, la bienheureuse Vierge Marie occupe la première place, offrant, à un titre éminent et singulier, le modèle de la vierge et de la mère [189] : par sa foi et son obéissance, elle a engendré sur la terre le Fils lui-même du Père, sans connaître d’homme, enveloppée par l’Esprit Saint, comme une nouvelle Ève qui donne, non à l’antique serpent, mais au messager de Dieu, une foi que nul doute n’altère. Elle engendra son Fils, dont Dieu a fait le premier-né parmi beaucoup de frères (Rm 8, 29), c’est-à-dire parmi les croyants, à la naissance et à l’éducation desquels elle apporte la coopération de son amour maternel.
64. L’Église, Mère et Vierge
Mais en contemplant la sainteté mystérieuse de la Vierge et en imitant sa charité, en accomplissant fidèlement la volonté du Père, l’Église (grâce à la Parole de Dieu qu’elle reçoit dans la foi) devient à son tour Mère : par la prédication en effet, et par le baptême, elle engendre à une vie nouvelle et immortelle des fils conçus du Saint-Esprit et nés de Dieu. Elle aussi est vierge, ayant donné à son Epoux sa foi, qu’elle garde intègre et pure ; imitant la Mère de son Seigneur, elle conserve, par la vertu du Saint- Esprit, dans leur pureté virginale une foi intègre, une ferme espérance, une charité sincère [190].
65. L’Église et l’imitation des vertus de Marie
Cependant, si l’Église en la personne de la bienheureuse Vierge atteint déjà à la perfection sans tache ni ride (cf. Ep 5, 27), les fidèles du Christ, eux, sont encore tendus dans leur effort pour croître en sainteté par la victoire sur le péché : c’est pourquoi ils lèvent leurs yeux vers Marie exemplaire de vertu qui rayonne sur toute la communauté des élus. En se recueillant avec piété dans la pensée de Marie, qu’elle contemple dans la lumière du Verbe fait homme, l’Église pénètre avec respect plus avant dans le mystère suprême de l’Incarnation et devient sans cesse plus conforme à son Époux. En effet intimement entrée dans l’histoire du salut, Marie rassemble et reflète en elle-même d’une certaine façon les requêtes suprêmes de la foi et lorsqu’on la prêche et l’honore, elle renvoie les croyants à son Fils et à son sacrifice, ainsi qu’à l’amour du Père. L’Église, à son tour, poursuivant la gloire du Christ, se fait de plus en plus semblable à son grand modèle en progressant continuellement dans la foi, l’espérance et la charité, en recherchant et accomplissant en tout la divine volonté. C’est pourquoi, dans l’exercice de son apostolat, l’Église regarde à juste titre vers celle qui engendra le Christ, conçu du Saint-Esprit et né de la Vierge précisément afin de naître et de grandir aussi par l’Église dans le cœur des fidèles. La Vierge a été par sa vie le modèle de cet amour maternel dont doivent être animés tous ceux qui, associés à la mission apostolique de l’Église, coopèrent pour la régénération des hommes.
IV. Le culte de la Vierge dans l’Église
66. Nature et fondement du culte de la Sainte Vierge
Ayant pris part, comme la Mère très sainte de Dieu, aux mystères du Christ, élevée par la grâce de Dieu, après son Fils, au-dessus de tous les anges et les hommes, Marie est légitimement honorée par l’Église d’un culte spécial. Et de fait, depuis les temps les plus reculés, la bienheureuse Vierge est honorée sous le titre de « Mère de Dieu » ; et les fidèles se réfugient sous sa protection, l’implorant dans tous les dangers et leurs besoins [191]. Surtout depuis le Concile d’Ephèse, le culte du Peuple de Dieu envers Marie a connu un merveilleux accroissement, sous les formes de la vénération et de l’amour, de l’invocation et de l’imitation, réalisant ses propres paroles prophétiques : « Toutes les générations m’appelleront bienheureuse, car le Tout-Puissant a fait en moi de grandes choses » (Lc 1, 48). Ce culte, tel qu’il a toujours existé dans l’Église, présente un caractère absolument unique ; il n’en est pas moins essentiellement différent du culte d’adoration qui est rendu au Verbe incarné ainsi qu’au Père et à l’Esprit Saint ; il est éminemment apte à le servir. En effet, les formes diverses de piété envers la Mère de Dieu, que l’Église approuve (maintenues dans les limites d’une saine doctrine orthodoxe) en respectant les conditions de temps et de lieu, le tempérament et le génie des peuples fidèles, font que, à travers l’honneur rendu à sa Mère, le Fils, pour qui tout existe (cf. Col 1, 15-16) et en qui il a plu au Père éternel « de faire habiter toute la plénitude » (Col 1, 19), peut être comme il le doit, connu, aimé, glorifié et obéi dans ses commandements.
67. L’esprit de la prédication et du culte de la Sainte Vierge
Cette doctrine catholique, le saint Concile l’enseigne formellement. Il invite en même temps les fils de l’Église à apporter un concours généreux au culte, surtout liturgique, envers la bienheureuse Vierge, à faire grand cas des pratiques et exercices de piété envers elle, que le magistère a recommandés au cours des siècles et à conserver religieusement toutes les règles portées dans le passé au sujet du culte des images du Christ, de la bienheureuse Vierge et des saints [192]. Il exhorte vivement les théologiens et ceux qui portent la Parole de Dieu à s’abstenir avec le plus grand soin, quand la dignité unique de la Mère de Dieu est en cause, à la fois de tout excès contraire à la vérité et non moins d’une étroitesse injustifiée [193]. L’application à la Sainte Écriture, aux écrits des Pères et des docteurs, à l’étude des liturgies de l’Église, sous la conduite du magistère, doit leur faire mettre dans une juste lumière le rôle et les privilèges de la bienheureuse Vierge, lesquels sont toujours orientés vers le Christ, source de toute vérité, sainteté et piété. Qu’ils se gardent avec le plus grand soin de toute parole ou de tout geste susceptibles d’induire en erreur (sur la véritable doctrine de l’Église) soit nos frères séparés, soit toute autre personne. Que les fidèles se souviennent en outre qu’une véritable dévotion ne consiste nullement dans un mouvement stérile et éphémère de la sensibilité, pas plus que dans une vaine crédulité ; la vraie dévotion procède de la vraie foi, qui nous conduit à reconnaître la dignité éminente de la Mère de Dieu, et nous pousse à aimer cette Mère d’un amour filial, et à poursuivre l’imitation de ses vertus.
V. Marie, signe d’espérance et de consolation pour le Peuple de Dieu en marche
68. Marie, signe d’espérance
Cependant, tout comme dans le ciel où elle est déjà glorifiée corps et âme, la Mère de Jésus représente et inaugure l’Église en son achèvement dans le siècle futur, de même sur cette terre, en attendant la venue du jour du Seigneur (cf. 2 P 3, 10), elle brille déjà devant le Peuple de Dieu en pèlerinage comme un signe d’espérance assurée et de consolation.
69. Marie et l’union des chrétiens
Le saint Concile trouve une grande joie et consolation au fait que, parmi nos frères séparés, il n’en manque pas qui rendent à la Mère de notre Seigneur et Sauveur l’honneur qui lui est dû, chez les Orientaux en particulier, lesquels vont, d’un élan fervent et d’une âme toute dévouée, vers la Mère de Dieu toujours Vierge pour lui rendre leur culte [194]. Il faut que tous les fidèles croyants adressent à la Mère de Dieu et la Mère des hommes d’instantes supplications, afin qu’après avoir assisté de ses prières l’Église naissante, maintenant encore, exaltée dans le ciel au-dessus de tous les bienheureux et des anges, elle continue d’intercéder près de son Fils dans la communion de tous les saints, jusqu’à ce que toutes les familles des peuples, qu’ils soient déjà marqués du beau nom de chrétiens ou qu’ils ignorent encore leur Sauveur, soient enfin heureusement rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu à la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité.
[171] Credo de la messe romaine : Symbolum Constantinopolitanum : Mansi 3, 566. – Cf. Conc. d’Éphèse, ibid., 4, 1130 (necnon ibid. 2, 665 et 4, 1071). – Conc. de Chalcédoine, ibid., 7, 111-116. – Conc. Const. II, ibid., 9, 375-396.
[172] Canon de la messe romaine.
[173] Saint Augustin, De S. Virginitate, 6 : PL 40, 399.
[174] Cf. Paul VI, Alloc. au Concile, le 4 décembre 1963 : AAS 56 (1964), p. 37.
[175] Cf. Saint Germain de Constantinople, Hom. in Annunt. Deiparae : PG 98, 328 A ; In Dorm. 2 : col.357. – Anastase d’Antioche, Sermon 2 de Annunt., 2 : PG 89, 1377 AB ; Sermon 3, 2 : col.1388 C. – Saint André de Crète, Can. in B. V. Nat. 4 : PG 97, 1321 B ; In B. V. Nat., 1 : col. 812 A ; Hom. in dorm. 1 : col. 1068 C. Saint Sophrone, Or. 2 in Annunt., 18 : PG 87 (3) 3237 BD.
[176] Saint Irénée, Adv. Haer. III 22, 4 : PG 7, 959 A ; Harvey 2, 123.
[177] Ibid. ; Harvey 2, 124.
[178] Saint Épiphane, Haer. 78, 18 : PG 42, 728 CD – 729.
[179] Saint Jérôme, Épître 22, 21 : PL 22, 408. – Cf. Saint Augustin, Sermon 51, 2, 3 : PL 38, 335 ; Sermon 232, 2 col. 1108. – Saint Cyrille de Jérusalem, Catech. 12, 15 : PG 33, 741 AB. – Saint Jean Chrysostome, In Ps 44, 7 : PG 55, 193. – Saint Jean Damascène, Hom. 2 in dorm. B.M.V., 3 : PG 96, 728.
[180] Cf. Conc. de Latran, année 649, can. 3 : Mansi 10, 1151. – Saint Léon le Grand, Epist. ad Flav. : PL 54, 759. – Conc. de Chalcédoine : Mansi 7, 462. – Saint Ambroise, De instit. virg. : PL 16, 320.
[181] Cf. Pie XII, Encycl. Mystici Corporis, 29 juin 1943 : AAS 35 (1943), p. 247-248.
[182] Cf. Pie IX, bulle Ineffabilis, 8 décembre 1854 : Acta Pii IX, 1, I, p. 616 ; Denz. 1641 (2803).
[183] Cf. Pie XII, Const. apost. Munificenissimus, 1er novembre 1950 : AAS 42 (1950) ; Denz. 2333 (3903). Cf. Saint Jean Damascène, Enc. in dorm. Dei genitricis, hom. 2 et 3 : PG 96, 721-761, speciatim col. 728 B. – Saint Germain de Constantinople, in S. Dei gen. dorm., Sermon 1 : PG 98 (6)340-348 ; Sermon 3, col. 361. – Saint Modeste de Jérusalem, In dorm. SS. Deiparae : PG 86 (2), 3277-3312.
[184] Cf. Pie XII, encycl. Ad coeli Reginam, 11 octobre 1954 : AAS 46 (1954), p. 633-636 ; Denz. 3913 s. – Cf. André de Crète, Hom. 3 in dorm. SS. Deiparae : PG 97, 1089-1109. – Saint Jean Damascène, De fide orth., IV, 14 : PG 94, 1153-1161.
[185] Cf. Kleutgen, textus reformatus De mysterio Verbi incarnati, chap. IV : Mansi 53, 290. – Cf. Saint André de Crète, in nat. Mariae, Sermon 4 : PG 97, 865 A. – Saint Germain de Constantinople, In annunt. Deiparae, PG 98, 321 BC ; In dorm. Deiparae, III : col. 361 D – Saint Jean Damascène, in dorm. B. V. Mariae, hom. 1, 8 : PG 96, 712 BC – 713 A.
[186] Cf. Léon XIII, Encycl. Adiutricem populi, 3 septembre 1895 : ASS 15 (1895-1896) p. 303. – Saint Pie X, Encycl. Ad diem illum, 2 février 1904 : Acta, I, p. 154 ; Denz. 1978 a (3370). – Pie XI, Encycl. Miserentissimus, 8 mai 1928 : AAS 20 (1928), p. 178. Pie XII, Message radioph., 13 mai 1946 ; AAS 38 (1946), p. 266.
[187] Saint Ambroise, Épître 63 : PL 16, 1218.
[188] Saint Ambroise, Expos. Lc. II, 7 : PL 15, 1555.
[189] Cf. Ps. Pierre Dam., Sermon 63 : PL 144, 861 AB. – Godefroid à Saint Victor, In nat. B. M., Ms. Paris, Mazarine, 1002, fol. 109 r. – Gerhoh de Reichersberg, De gloria et honore Filii hominis, 10 : PL 194, 1105 AB.
[190] Saint Ambroise, l., c. et Expos. Lc X, 24-25 : PL 15, 1810. – Saint Augustin, In Io Tr. 13, 12 : PL 35, 1499. Cf. Sermon 191, 2, 3 : PL 38, 1010 ; etc. – Cf. aussi Bède le Vénérable, In Lc Expos. I, chap. 2 : PL 92, 330. – Isaac de l’Étoile, Sermon 51 : PL 1 94, 1863 A.
[191] « Sub tuum praesidium. »
[192] Conc. Nicée II, année 787 : Mansi 13, 378-379 ; Denz. 302 (600-601). – Conc. de Trente, sess. 25 : Mansi 33, 171-172.
[193] Cf. Pie XII, Message radioph., 24 octobre 1954 : AAS 46 (1954), p. 679. – Encycl. Ad coeli Reginam, 11 octobre 1954 : AAS 46 (1954), p. 637.
[194] Cf. Pie XI, Encycl. Ecclesiam Dei, 12 novembre 1923 : AAS 15 (1923), p. 581. – Pie XII, Encycl. Fulgens corona, 8 septembre 1953 : AAS 45 (1953), p. 590-591.

( 882552 )
[réponse] par Mingdi (2019-12-17 18:48:28)
[en réponse à 882535]
Je cite le professeur Perrin : "Il est piquant de savoir que les Observateurs protestants, j'avais entendu Lukas Fischer à ce sujet, ont estimé après coup que Vatican II en plaçant Marie dans Lumen Gentium comme couronnant la constitution sur l'Église avait été honorée par ce Concile bien davantage que par un petit schéma isolé et annexe comme il était en effet initialement prévu."
L'"annexe a minima" dont je parlais est donc bien ce qui était initialement prévu et qui n'a jamais eu lieu et non pas ce que vous nous servez et qui doit être du Lumen Gentium, je suppose.
Dans un autre post, le professeur Perrin nous dit où trouver ce texte initial qui aurait pu être étoffé si nécessaire par des gens sérieux comme le chanoine Berto.
Ce concile V II a donné un tel élan marial, que, dans les années qui ont suivi, on n'a plus entendu dans les églises aucun hymne ou cantique marial. Il a fallu attendre JP II pour que cela revienne.

( 882555 )
Au temps pour moi par Rémi (2019-12-17 18:56:18)
[en réponse à 882552]
je vous avais mal compris.
Toutefois si vous ne reconnaissez pas le chapitre sur Notre Dame dans le dernier Concile que je vous sers en effet, et ne faites que supposer qu'il s'agit bien de lui, ce que je vous confirme, document sur la Vierge Marie le plus complet et étendu jamais enseigné par un Concile, c'est tout de même que vous ne le connaissez pas. Embêtant pour qui souhaite en parler ...

( 882557 )
[réponse] par Mingdi (2019-12-17 19:38:38)
[en réponse à 882555]
C'est vrai, je ne suis pas un dévôt de ce Lumen Gentium. Je préfère nettement Saint Alphonse de Liguori, Saint Bernard, Lucie de Fatima,etc... Mais puisque vous me donnez une occasion de le parcourir, je relève une perle : "le Concile toutefois n’a pas l’intention de faire au sujet de Marie un exposé doctrinal complet, ni de trancher les questions que le travail des théologiens n’a pu encore amener à une lumière totale. Par conséquent, les opinions demeurent légitimes qui sont librement proposées dans les écoles catholiques au sujet de celle qui occupe dans la Sainte Église la place la plus élevée au-dessous du Christ, et nous est toute proche". Cela fait un peu "a minima". Du genre : "on était obligé de faire quelque chose après l'abandon du schéma prévu, mais continuez à bosser les gars, en attendant le bromista Bergoglio". LG cite aussi d'autres thèmes que l'on associe souvent à Corédemptrice : Médiatrice et Avocate. Mais Corédemptrice,jamais, et leur pote Garrone va demander aux soeurs mayennaises de changer de nom.

( 882563 )
C'est toujours beaucoup mieux par Rémi (2019-12-17 19:56:20)
[en réponse à 882557]
que la plupart des autres Conciles, y compris Trente, celui de la Contre-Réforme vous savez, qui évoque vaguement la piété pour les images de la sainte Vierge et voilà tout ...
Et évidemment que Vatican II laisse de côté la "co-rédemption" , voyons !
De toutes façons je ne vois pas qu'on reproche à Vatican II de n'avoir pas fait un chapitre entier sur le Saint-Esprit par exemple, comme s'Il était peut-être moins important que la sainte Vierge. Donc tout ça c'est prétextes, indignations feintes et hypocrisie.
Bon d'accord, Il est omniprésent dans Dei Verbum ... Mais quand même, il n'a pas son document à Lui, huhu !
Enfin, bel effort de votre part, cinquante ans après vous parcourez un peu le chapitre sur Notre Dame. Bravo, j'espère que votre exemple portera.

( 882540 )
le schéma initial se trouve dans les Acta synodalia par Luc Perrin (2019-12-17 17:49:21)
[en réponse à 882507]
il suffit d'aller le trouver parmi les très nombreux volumes. Son abandon fut décidé en 1963 pendant la seconde période à la suite d'un vote très serré où le Concile s'est coupé en deux. Il y a eu de mémoire une quarantaine de voix en faveur de l'intégration.
Il y a plusieurs textes académiques là-dessus et l'abbé Laurentin a écrit sur ce thème.
Marie étant placée en clôture de la constitution sur l'Église Lumen Gentium, la place que lui donne Vatican II est donc considérable.
Les observateurs protestants regrettaient, après coup, d'avoir soutenu l'intégration du schéma séparé.
ps. le titre de co-rédemptrice avait été demandé lors des vota par une pincée d'évêques, ce n'était pas du tout une requête majoritaire. Celui de Mater Ecclesiae par contre, rejeté par la Commission doctrinale, était fortement soutenu ce que le pape Paul VI qui le souhaitait a enregistré dans sa proclamation.
Il faut lire ce texte de Paul VI qui ressemble beaucoup par sa forme à une proclamation dogmatique dans les termes employés. La proclamation a eu lieu au sein du concile Vatican II et pas après, devant les Pères, ce qui lui confère une solennité accrue.

( 882633 )
Un article de "Corrispondenza romana" : les saints qui ont soutenu cette demande par Sacerdos simplex (2019-12-18 16:43:36)
[en réponse à 882382]
L'article indique des saints et bienheureux favorables à cette demande de Marie et du peuple de Dieu (ce n'est pas "une demande de Pierre, Paul ou Jacques" !) ; il existe peut-être en français ;
je vais souligner les phrases les plus importantes et mettre la traduction :
L’irriverenza alla Madre di Dio è stata così palese che nessuno la può negare.
L'irrévérence envers la Mère de Dieu est tellement manifeste que personne ne peut la nier.
La Tradizione della Chiesa custodisce un sacro patrimonio mariano che non può essere gettato in tal modo e in tal misura senza suscitare
profondo dolore e scandalo e profonda pena per papa Bergoglio,
che ha pronunciato tali parole per far piacere a chi?
...à qui le Pape a-t-il voulu faire plaisir ?...
A se stesso, ai protestanti, ai musulmani, a quale altra religione del mondo? Quale considerazione soggiace sotto le espressioni di donna, madre, discepola, meticcia? Di carattere meramente neoantropocentrico e globalista, dove
la dimensione soprannaturale, propria della cattolicità, è cancellata a priori.
...La dimension surnaturelle [de Marie] ... est annulée a priori.
Ha affermato Roberto de Mattei dall’emittente Radioromalibera.org: «La Chiesa ha infallibilmente definito quattro dogmi relativi alla beatissima Vergine Maria, ossia la sua perpetua verginità prima, durante e dopo il parto. La sua eccelsa dignità di Madre di Dio. La sua Immacolata Concezione e la sua gloriosa assunzione in Cielo in anima e corpo.
Il sensus fidei del popolo di Dio chiede da tempo con insistenza la definizione di un quinto dogma quello di Maria Corredentrice e mediatrice di tutte le grazie»
Infatti, il 22 agosto 2019 il messicano cardinale Juan Sandoval e l’indiano cardinale Telesphore Toppo, insieme a quattro vescovi di alcuni Paesi (Nigeria, Scozia, Stati Uniti, Argentina) hanno scritto una lettera aperta a papa Francesco per chiedergli di proclamare il grande ruolo che la Vergine Maria possiede nel piano divino della Redenzione. «
Questi sei vescovi ritengono che nella grande battaglia in corso tra il bene e il male l’annuncio dogmatico del ruolo corredentivo della Vergine Maria e la sua maternità spirituale universale porterà un nuovo storico effluvio dello Spirito Santo e consentirà alla Beata Madre di esercitare pienamente la sua mediazione materna» (ibidem). Invece di un simile e meraviglioso dono all’umanità, il Papa scandalizza non solo i teologi, ma anche i semplici, i piccoli.
Il Papa, dichiarando, come spiega Maria Guarini, che Maria «mai ha voluto per sé prendere qualcosa di suo figlio, mai si è presentata come corredentrice, ma come una discepola», ha così «espunto la confessione del Concilio di Efeso (431 d.C.) che Maria è Theotòkos: non solo Christotòkos, cioè Madre di Dio e non solo Madre di Cristo, liquidata dall’affermazione citata come “roba da teologi”, ammesso che si possa scindere la teologia dalla fede.
Ha proseguito liquidando le litanie lauretane come “il canto di figli innamorati”, perché tutte quelle attribuzioni alla Vergine non sarebbero pertinenti»
Il a liquidé les Litanies de Lorette comme un chant d'enfants [exagérément] amoureux, parce que ces titres attribués à la Vierge ne seraient pas tous pertinents.
[Si ce n'est pas une négation des titres séculaitrement décernés par l'Eglise !...]
Sul ruolo della Vergine come Corredentrice, si pronunciarono i pontefici Leone XIII, Pio X e Giovanni Paolo II, mentre Benedetto XV affermò: «si può dire, a ragione, che Ella abbia redento con Cristo il genere umano. Evidentemente per questa ragione tutte le diverse grazie del tesoro della Redenzione vengono anche distribuite attraverso le mani dell’Addolorata» (Lettera Apostolica Inter sodalicia, 22 marzo 1918, in AAS, X, p. 181).
I santi portano una forte testimonianza a favore del titolo di Maria Corredentrice. San Pio da Pietrelcina, san Josemaría Escrivá, santa Teresa Benedetta della Croce (Edith Stein), san Leopoldo Mandic, il beato Bartolo Longo, san Massimiliano Kolbe e molti altri, anche beati, recentemente innalzati all’onore degli altari, hanno sostenuto titolo e valenza. Anche
Madre Teresa di Calcutta si schierò per la definizione dogmatica di Maria Corredentrice e Mediatrice di tutte le grazie, come pure suor Lúcia de Jesus Rosa dos Santos, la veggente di Fatima,
Soeur Lucie de Fatima !
che sottolineò il ruolo di Maria Corredentrice nel suo ultimo libro,
qui a souligné de rôle de Marie Codédemptrice dans son dernier livre
Gli appelli del messaggio di Fatima (Libreria Editrice Vaticana, 2001), nel quale parla di Lei in sei diverse sezioni. Per di più, san
John Henry Newman, rispondendo all’obiezione di Pusey che affermava non essere presente il titolo di Corredentrice in alcuni Padri della Chiesa, egli rispose: «perché contestate il fatto che Nostra Signora venga chiamata Corredentrice quando siete pronti ad accettare titoli incommensurabilmente più gloriosi attribuiti a Maria dai Padri: Madre di Dio, Seconda Eva, Madre di Vita, Stella del Mattino, Nuovo Paradiso Mistico, Centro dell’Ortodossia, e altri simili?».
D’altra parte, il termine transustanziazione non compare nel Vangelo (il primo ad utilizzarlo fu papa Alessandro III nel XII secolo), tuttavia questo mistero della fede è divenuto dottrina fondativa della Chiesa.
Il grande teologo monsignor
Brunero Gherardini (1925-2017), al convegno organizzato a Frigento (AV) dai Francescani dell’Immacolata dal titolo «Nel 60° anniversario del dogma dell’Assunzione della Beata Vergine al Cielo» (13-15 settembre 2011), auspicò che quest’ultimo dogma, in ordine di tempo, non fosse l’ultimo. In quella straordinaria conferenza parlò del valore trascendente del dogma e della cosiddetta anologia fidei, dimostrando teologicamente che un dato non formalmente dogmatico, la Corredenzione mariana, va comunque a supporto di un altro dato, formalmente dogmatico, l’Assunzione della Vergine Santa in corpo ed anima alla Gloria del Cielo.
«Ci sono dottrine ineludibilmente cattoliche ed ecclesiali che ricorrono sia nei documenti ufficiali, sia nella preghiera liturgica, ovvero nella scaturigine stessa, nella misura della fede pur non vantando una validità formalmente dogmatica per non essere state mai in tal senso definite. Un solo esempio, il Purgatorio. E tuttavia sono anch’esse autentiche dottrine della Chiesa […]. Di tali dottrine, senza alcun dubbio fa parte la Corredenzione mariana. Presenza nella dottrina della Chiesa della Corredenzione anche se fino al momento non si tratta di un dogma, non soltanto perché i Papi relativamente recenti […] lumeggiarono con documenti di valore universale le ragioni della Corredenzione, ma perché quei valori affiorano da quello che io chiamo dogma pregato, vale a dire la liturgia, così come affiorano dal patrimonio patristico orientale ed occidentale, dalla più seria tradizione teologica, dalla pietà popolare, questo è importantissimo, perché senza una radicazione nella pietà popolare non c’è dogma che sia stato definito, questo è importantissimo. Questo ci fa capire che se oggi non siamo di fronte ad un dogma di fede quando si parla di Corredenzione si ha la fondata speranza e oserei dire la certezza che domani indubbiamente anche questa dottrina che è già di pertinenza ecclesiale sarà dogma di fede. La Corredenzione pertanto, prima o poi, secondo quello che io posso prevedere, verrà definita, farà parte formalmente e dogmaticamente della fede cattolica. Però, anche nel caso che ciò non avvenga mai, quod Deus avertat («Dio ce ne scampi» ndr), non potrà mai cessare di appartenere al patrimonio dottrinale della Chiesa»
A chi credere, dunque, a papa Francesco oppure a Monsignor Brunero Gherardini? Chi fosse ancora nel dubbio può rileggere le parole di san Paolo: «Mi meraviglio che così in fretta da colui che vi ha chiamati con la grazia di Cristo passiate ad un altro vangelo. In realtà, però, non ce n’è un altro; solo che vi sono alcuni che vi turbano e vogliono sovvertire il vangelo di Cristo. Orbene, se anche noi stessi o un angelo dal cielo vi predicasse un vangelo diverso da quello che vi abbiamo predicato, sia anàtema!» (Gal 1, 6-8).
La Tradizione della Chiesa non sbaglia, come avvertì l’Apostolo delle genti.
Da sempre la Chiesa dichiara dottrina cattolica il ruolo corredentivo e mediatore della Vergine Santissima. Proprio a partire dal 12 dicembre 2019 non dovremmo più prestarvi fede?
https://www.corrispondenzaromana.it/la-corredentrice-nel-pensiero-dei-papi-dei-teologi-e-dei-santi/

( 882654 )
certo certo mà ... Vatican II et Jean Paul II ont écarté par Luc Perrin (2019-12-18 19:47:31)
[en réponse à 882633]
cette idée.
Je ne vois pas comment théologiquement on peut déconstruire ce que Redemptoris Mater a magistralement exposé en 1987, le saint pape ayant dévolu toute une encyclique à cette question.
Jean Paul II a traité cela avec méthode. J'attends les contre-arguments et je ne les vois pas très solides. La formulation à laquelle parvient Jean Paul II est, à mon sens, une synthèse convaincante et un prononcé du magistère ordinaire satisfaisant.
Il est amusant qu'en dehors de moi, personne ne s'y réfère.
J'ai aussi indiqué Ad Caeli Reginam de 1954 par Pie XII qui ne retient pas ce titre mais est une réflexion importante sur la royauté sociale de Marie.
Je diverge pour ma part, sur ce point, avec mon très estimé collègue Roberto de Mattei sur l'idée que le sensus fidei pousserait à cette nouvelle définition.
En dehors d'un théologien disparu en 2017 qu'il cite, de saints et saintes du XIXe et premier XXe en nombre peu important, je ne vois pas à l'échelle du monde catholique un mouvement porteur comparable à celui qui a conduit à l'Immaculée Conception ou à l'Assomption.
C'est un courant au sein de la mariologie, c'est indéniable mais pas un tsunami. Les autorités opposées, en dehors du Pape régnant, me semblent en bien plus grand nombre. Avec son langage malencontreux et peu respectueux des personnes, le Pape a exprimé l'opinion majoritaire dans l'Église à ce sujet.