Le Forum Catholique
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( 882079 )
Quel regard catholique sur le système des retraites ? par Aétilius (2019-12-12 23:26:50)
Question que je me pose, au vu des conditions actuelles, qui voit les retraites actuelles un luxe de riches hédonistes, qui souvent n'ont pas fait ou si peu d'enfants, par choix pour beaucoup de ceux vivant en couple.
Résultat : on se retrouve avec une pyramide des âges inversée, la logique étant de faire travailler de plus en plus longtemps les "vieux", et le jour où leur santé défaille, de les euthanasier, mais avec leur accord, ce droit ayant été sacralisé auparavant par la loi des hommes.
Bref, pas très catholique, pour la fin, et réaliste, pour le report du départ de l'âge en retraite, car au-delà de 60 ans, le corps ne suit plus pour tous les métiers un minimum physique, et les employeurs souvent cherchent à se débarrasser de leurs séniors, moins malléables et adaptables, et qui coûtent cher.
Bref, quel regard porter sur cet épineux problème, au-delà de revaloriser les familles nombreuses, avenir d'une nation ?
Est-ce d'ailleurs une bonne chose qu'à 25 ans, on pense déjà à sa retraite, ou que d'un coup, à 60 ans avant, 62 aujourd'hui, 64..., on passe de la pleine activité à la pleine retraite, ce qui peut s'avérer violent.
Ne pourrait-on envisager un système où l'activité décroit avec l'âge, jusqu'à cesser entièrement ?
Ce problème ne se posait pas avant 1946, où l'espérance de vie était bien plus réduite, le chômage moins massif, et la pyramide des âges plus saine.
Je suis preneur de tous les avis, cherchant de mon côté un juste milieu entre l'exaltation du travail et l'exaltation du farniente, me rappelant qu'au moyen-âge, du temps de la Chrétienté, la moitié de l'année était chômée grâce à l'influence de l'Eglise, mais pour consacrer ces journées sans travail à Dieu et à la vie sociale naturelle, pas pour aller à l'autre bout du monde tous les deux mois avec des voyagistes pas chers, dans un culte de l'individualisme irresponsable et déconnecté du prochain.

( 882081 )
Tentative de réponses par Vincent F (2019-12-13 00:52:12)
[en réponse à 882079]
On pourrait s’interroger sur plusieurs point.
Tout d’abord le « dogme » du tout répartition n’est-il pas un manque de prudence ? C’était probablement une nécessité en 1946 au lendemain de la guerre car ceux qui sont partis à ce moment-là n’avaient pas d’autre revenu possible. Mais fallait-il rester sur u modèle qui dépend principalement de la pyramide des âges. On ne pouvait peut-être pas prévoir que celle-ci deviendrait défavorable mais fallait-il faire comme si on était certain qu’elle resterait favorable ? Idéalement un changement progressif de modèle aurait dû être effectué durant les 30 glorieuses (quand tout allait bien).
Ensuite se pose la question d’un régime universel. Pour quelle raison devrait-on forcer ceux qui ont des caisses autonomes bénéficiaires parce qu’ils les ont bien gérées à voir leurs régimes fusionner avec celui de la SNCF (dont la différence avec un bidon de lessive est que dans le bidon de lessive il y a au moins 3 agents actifs) qui a été mal géré car fournissant des avantages qu’il ne pouvait financer. Ceci semble un manque de justice.
Je ne sais pas si c’est une bonne chose de penser à la retraite à 25 ans mais c’est certainement une mauvaise chose d’être incapable à cet âge de dépenser la totalité de ce qu’on gagne même quand on gagne bien sa vie. Il y a un réel problème d’éducation économique dans notre pays.
Enfin, au-delà de 60 ans le corps ne suis peut-être plus mais faut-il vous rappeler que de 1946 à 1983 on ne partait à la retraite qu’à 65 ans. Or aujourd’hui on arrive à l’âge de 60 ans en meilleure santé qu’il y à 40 ans et avec des aides mécaniques bien meilleures pour les travaux pénibles. Il faut donc peut-être relativiser un peu.

( 882083 )
Hum par Luc de Montalte (2019-12-13 01:29:06)
[en réponse à 882081]
Je ne vois pas en quoi ne pas dépenser tout ce que l’on gagne à 25 ans est un signe de mauvaise éducation économique. À moins que vous vouliez dire le contraire.

( 882088 )
Une mesaventure arrivée au fils d'une collègue par Hepzibah (2019-12-13 07:21:51)
[en réponse à 882083]
Ayant touché son premier salaire mensuel a 20 ans, il s'était empressé d'acheter une voiture a credit et un autoradio coûteux.
Je répondais à ma collègue désappointée et souvent en surendettement d'ailleurs:
" ton fils a suivi le conseil de Francis Blanche ( ou quelqu'un d'autre ):
" Il faut dépenser jeune l'argent qu'on gagnera quand on sera vieux "
Garder en mémoire l'excellente réflexion d'Oscar Wilde ( sauf erreur )
" je vis tellement au-dessus de mes moyens que nous menons, eux et moi, une existence complètement séparée! "

( 882109 )
Vous m’avez corrigé par Vincent F (2019-12-13 10:28:38)
[en réponse à 882083]
Je voulais effectivement dire incapable de mettre de côté une partie de ce qu’on gagne.

( 882110 )
Caisses de la SNCF par Turlure (2019-12-13 10:39:25)
[en réponse à 882081]
Il y avait en 1970 300 000 cheminots ; aujourd'hui 140 000.
Source
Par ce simple fait, il est évident que le système de retraite
ne peut pas être équilibré aujourd'hui, sauf à imposer aux employés actuels des cotisations gargantuesques ou à accorder aux retraités des pensions misérables.
Quand bien même il y aurait un régime de répartition unique pour tout le monde, il y aurait nécessairement un transfert d'argent des travailleurs non-cheminots vers les cheminots retraités.
Ce qui ne veut pas dire par ailleurs que la gestion des caisses de retraites est toujours bonne. Simplement, tout ramener à cela n'est pas honnête.

( 882116 )
Prévisible depuis combien de temps ? par Vincent F (2019-12-13 11:23:20)
[en réponse à 882110]
Le problème n’est pas qu’il y ait transferts d’argent des travailleurs non-cheminots vers les retraités cheminots. Si les uns et les autres cotisent de la même façon pour les mêmes droits cela ne poserait pas de problème.
Le problème c’est qu’on demande aux travailleurs non-cheminots de payer pour les avantages des cheminots qu’eux même n’auront jamais. Pour être plus direct, ça m’est égal qu’un cheminot prenne sa retraite à 55 ans tant que la caisse de retraite de la SNCF le permet. Mais à partir du moment où le reste des travailleurs participe à la retraite des cheminots, il n’y a pas de raison que ceux-ci partent 7 ans plus tôt que ceux-là.
De plus la diminution d’effectifs dont vous parlez n’a pas été instantanée, elle s’est faite sur 50 ans. De quoi tout de même anticiper et faire une transition vers un système proche du régime général. Mais les syndicats ont refusé toute évolution.

( 882082 )
Le système des retraites... par Luc de Montalte (2019-12-13 01:26:11)
[en réponse à 882079]
... par répartition est une négation de la propriété privée. Je m’explique en deux mots.
Vous cotisez toute votre vie, pensant que cet argent que vous mettez de côté va vous être utile pour vos vieux jours. Il n’en est rien, tout est en fait directement dépensé en échange d’un droit virtuel à toucher une retraite le moment venu (selon l’avis d’un de ces bureaucrates que le monde nous envie).
En somme, une caisse commune redistribuée par des politiciens et des bureaucrates qui savent beaucoup mieux que vous comment gérer cet argent. Comment voulez-vous que ça fonctionne mal ?
Quant à la réforme actuelle, le gouvernement souhaite simplifier ce système sans le quitter. Pour certaines professions ce peut être heureux (agriculteurs, artisans). Toutefois certaines autres professions sont injustement lésées (enseignants, infirmiers parce qu’ils ne touchent pas de primes, etc.).
Pour ma part, étant jeune, je serais bien étonné de jamais toucher quoi que ce soit de ce machin quand ce sera mon tour. Mais bon ce n’est pas comme si le vol fiscal n’était pas l’habitude en France.

( 882087 )
un systeme de retraite plus juste par jejomau (2019-12-13 07:08:32)
[en réponse à 882082]
Vous cotisez tout au long de votre vie, non pas pour être utile pour vos vieux jours, mais pour payer la retraite de vos parents qui ont cessé de travailler aujourd'hui. Ce sont donc vos enfants qui cotiseront pour vous financer votre retraite quand le moment sera venu
Par conséquent, il est nécessaire que l'Etat encourage une politique familiale digne de ce nom et cesse d'importer de la main-d'œuvre immigrée en contrepartie
En outre, la justice voudrait qu'une fois qu'on a 40 annuités, on puisse enfin se reposer. Peu importe l'âge pivot. Celui qui a commencé plus jeune part plus tôt par exemple.
Pour renflouer les caisses de l'Etat, augmenter le pouvoir d'achat en même temps, et s'atteler au probleme de la dette, une solution interessante réside dans l'augmentation du temps de travail. On passerait par exemple de 35h à 37h. Mécaniquement, on a des cotisations qui augmentent et la France voit son PIB augmenter.
Quanf on pense que nous travaillions autrefois à 42h/semaine…
le passage au trente cinq heures est une idéee de gauche qui vise l'oisiveté, ennemie de l'homme, alors que le travail est bon pour lui. Tout simplement une autre philosophie de la vie que la Droite doit redécouvrir, se ré-appropprier, en envoyant un grand coup de pied aux idées qui ont mis la Franc epar terre

( 882089 )
Non. par Luc de Montalte (2019-12-13 08:02:23)
[en réponse à 882087]
1/ Vous ne répondez pas à mon objection.
2/ Une solidarité qui est contrainte ce n'est pas de la solidarité mais de la novlangue.
Maintenant en effet, sans politique de natalité, le système ne marche pas. Sauf qu'aujourd'hui la situation est telle qu'encourager la natalité ne profiterait pas aux Français.
Donc de toute façon votre solution n'a aucune chance de marcher.

( 882090 )
Charles Gave en ce moment sur Radio-Courtoisie par Sacerdos simplex (2019-12-13 08:09:28)
[en réponse à 882079]
Dernière rediffusion.
Mais vous pouvez chercher ses enseignements sur internet.
Charles Gave est très chrétien, libéral, très compétent en économie, très intelligent, clair, expérimenté...

( 882119 )
Il est surtout... par Luc de Montalte (2019-12-13 11:47:06)
[en réponse à 882090]
... très compétent pour ses économies. Je l'ai écouté récemment dans un récent débat face un "royaliste" d'extrême-gauche qui était sur youtube, les contre-vérités étaient enchainés des deux côtés à une vitesse effrénée.

( 882121 )
L'avez-vous lu ? par Fenestri (2019-12-13 12:26:57)
[en réponse à 882090]
J'avoue être tombé de ma chaise en consultant son "Un libéral nommé Jésus" (!).
Outre la réduction de Notre-Seigneur à un encarté du Medef, on trouve des propos délirants qui donnent l'impression que Gave cherche perpétuellement à se rassurer sur la compatibilité de sa fortune et de son train de vie par-rapport à l'Evangile.
Il faut le lire au sujet du jeune homme riche (Mt 19, 16-24) : "Ce que Jésus a – peut-être – voulu dire, c'est simplement que le riche, en raison de ses responsabilités ne doit pas chercher à être un bon chrétien, un "parfait", et qu’en plus la possibilité qu'il puisse être un bon Juif est extrêmement aléatoire. [...] Sur les autres, sur tous ceux – vous et moi – qui n’ont pas répondu à "l'appel", qui ne l’ont pas entendu ou l’ont repoussé car trop difficile à suivre, le Christ ne porte aucune condamnation de principe, ni à propos de leur engagement dans le monde ni à propos de leur richesse. " (
SIC !!!)
Rappelons ce que dit saint Thomas d'Aquin (Docteur de l'Église) dans son commentaire sur l'Évangile de saint Matthieu : " De sorte que la voie de la perfection n’est pas dans : «VA ET VENDS TOUT CE QUE TU POSSÈDES», mais seulement dans ce qui suit : «DONNE-LE AUX PAUVRES.» Une autre réponse pour : «SI TU VEUX ÊTRE PARFAIT», est que tu ne seras pas immédiatement parfait, mais tu auras une certaine amorce de la perfection, parce que, déchargé de [ces biens], tu pourras plus facilement contempler les réalités célestes. Augustin dit que «les veilles et les choses de ce genre sont des instruments de la perfection, mais que la perfection se trouve dans ce qui suit : “Suis-moi”». Ainsi, [on lit] plus haut, 4, 20 : Pierre et André, ayant tout abandonné, le suivirent. De même en a-t-il été de Matthieu, plus haut, 9, 9. Mais lorsque tu écartes toutes ces choses, tu en fais meilleur usage en le donnant aux pauvres, et en cela il faut prendre en considération le prochain."

( 882124 )
Charles Gave n'est pas catholique par Denis SUREAU (2019-12-13 13:41:47)
[en réponse à 882121]
J'ai rencontré Charles Gave à la fin d'un débat. Je lui ai dit : "Je pense que vous n'êtes pas catholique." Comme il est très courtois et plutôt sympathique, il ne m'a répondu directement. Sauf pour dire que la doctrine sociale de l'Eglise ne valait rien et qu'il y avait dans la Bible des éléments très contestables.

( 882184 )
À lire plutôt par Luc de Montalte (2019-12-13 22:27:48)
[en réponse à 882121]
Philippe Nemo,
La belle mort de l'athéisme moderne, dont un des chapitres traite en toute honnêteté des rapports entre libéralisme et catholicisme. Un tout autre niveau, à des lieux d'un Gave spéculant sur la destruction de notre économie. Et lui est authentiquement catholique.
https://www.puf.com/content/La_belle_mort_de_lath%C3%A9isme_moderne

( 882092 )
Activité variable selon l’age par Pericles (2019-12-13 08:18:47)
[en réponse à 882079]
Les femmes travaillant aujourd’hui dans leur plus grand nombre,une solution pourrait être un contrat de travail à durée flexible selon l’age.
Pour rester politiquement correct et avoir une chance que l’idee voit le jour on pourrait dire que celui du couple parental qui le choisit s’arrete 2 ans à chaque naissance avec droit à retraite complète,puis travaille a mis temps jusqu’a ce que l’enfant ait 11 ans puis reprise à plein temps .les 2 membres du couples travailleraient ensuite a mis temps de 60 à 65 ans selon la pénibilité du métier en acquérant droit à la retraite complète
Ceci conjugue éducation des enfants et cessation progressive d’activite

( 882098 )
Le régime spécial des évêques présenté par l’évêque de Bayeux-Lisieux par Jean Kinzler (2019-12-13 09:43:44)
[en réponse à 882092]
Retraites : le régime spécial des évêques raconté par l'évêque de Bayeux-Lisieux
Marcellin Robine
Lui n'est pas concerné par la réforme des retraites puisqu'il devrait partir se reposer dans quelques mois : l'évêque de Bayeux-Lisieux, Monseigneur Jean-Claude Boulanger. À bientôt 75 ans, le religieux se prépare. L'évêque relève de l'un des 42 régimes spéciaux et touche une pension depuis 10 ans.
L'évêque de Bayeux-Lisieux, Monseigneur Jean-Claude Boulanger, prépare son dernier Noël en Normandie. Le religieux, qui a d'abord officié pendant neuf ans dans l'Orne puis à partir de 2010 dans le Calvados, espère redevenir un simple prêtre dans le Pas-de-Calais, son département d'origine. Le pape François doit d'abord donner son accord pour le laisser partir en retraite dans quelques mois. Mais à 74 ans, il touche déjà une pension depuis une dizaine d'années. En plein mouvement de contestation de la réforme des retraites, France Bleu Normandie l'a interrogé sur son régime de retraite.
Nous avons un régime spécial
"Nous cotisons, nous avons un régime spécial et nous avons notre retraite à 65 ans. Mais le Pape demande que nous prenions véritablement notre retraite à partir de 75 ans. C'est-à-dire, dès 65 ans, nous ne cotisons plus et nous avons un traitement qui est versé par une caisse spéciale, la Cavimac (Caisse d'assurance vieillesse, invalidité et maladie des Cultes) et une mutuelle, la mutelle Saint-Martin."
Concernant le montant de la retraite, l'évêque estime qu'elle est d'environ 1.000 euros. "Mais nous avons l'avantage quand même, il faut le reconnaître, que bien souvent nous ne payons pas de loyer ou un loyer de 120 à 150 euros et que nous avons aussi quelques avantages en nature. Donc en gros, nous sommes au niveau du SMIC." Monseigneur Jean-Claude Boulanger ne sera pas concerné par la réforme, qui entrera en application à partir de la génération 1975, et ne s'est pas trop penché sur le sujet. "Je ne sais pas si nous allons entrer dans le régime universel, je n'en sais rien, s'interroge l'évêque, avant de conclure avec le sourire, en tout cas, chez les prêtres, il n'y a pas de manifestations pour l'instant !".
France Bleu

( 882099 )
Quelques clés de discernement par Denis SUREAU (2019-12-13 09:47:38)
[en réponse à 882079]
Voici quelques éléments de discernement inspirés par la doctrine sociale de l'Eglise.
1. Le système actuel des retraites est en crise en raison de l'hiver démographique et le déséquilibre actifs / inactifs va s'aggraver (bientôt 1,3 actif pour un 1 retraité). Cela tient à une natalité insuffisante, d'une part en raison de l'avortement d'un enfant à naître sur quatre, et d'autre part de l'absence d'une politique familiale juste et des salaires justes, c'est-à-dire procurant à chaque familles les ressources dont elle a besoin. Et des mesures permettant une meilleure conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle.
2. Le régime par répartition est le seul à garantir au temps t le versement des pensions. Il est une illustration concrète de la solidarité entre les générations : les actifs cotisent pour les inactifs. Ce qui n'est pas le cas de la capitalisation, même si celle-ci peut intervenir en complément, avec les risques qu'elle comporte (une épargne retraite n'étant pas une assurance retraite).
3. Dans une société organisée en fonction du principe de subsidiarité, l'existence de régimes spéciaux va de soi. A condition que, dans chaque branche professionnelle, employeurs et employés en assurent librement la cogestion, sans interférence de l'Etat (sauf en cas de défaillance prolongée). Un système universel égalitaire est contraire au principe de justice distributive.
4. Historiquement, les chrétiens sociaux avaient d'ailleurs été des pionniers dans la création des mutuelles et coopératives. Mais en 1945, les communistes parvinrent à imposer au gouvernement provisoire dirigé par De Gaulle la nationalisation des nombreuses caisses existantes (et rentables). De la spoliation de tous leurs avoirs naquit la Sécurité sociale, critiquée par Pie XII le 2 novembre 1950 et le cardinal Montini, futur Paul VI, deux ans plus tard, dans ces termes : « Une sécurité sociale qui ne serait qu’un monopole d’Etat porterait préjudice aux familles et aux professions en faveur et par le moyen desquelles elle doit avant tout s’exercer. »
4. L'augmentation de l'espérance de vie peut légitimer un report de l'âge légal pour prendre sa retraite. Mais cela suppose de prendre aussi en compte le chômage des jeunes et des seniors, la pénibilité de certains métiers qui réduit l'espérance de vie, des congés de maternité et parentaux qui devraient être source de droits, etc. L'option préférentielle pour les pauvres est un guide pour réfléchir à un minimum vieillesse permettant de mener une vie digne.

( 882104 )
Parfaitement résumé ! par Fenestri (2019-12-13 10:18:23)
[en réponse à 882099]
Merci beaucoup pour ce message d'une grande clarté.

( 882100 )
Jusqu'en 1982, la retraite était à 65 ans par Jean-Paul PARFU (2019-12-13 09:51:23)
[en réponse à 882079]
Par démagogie, la gauche a mis la retraite à 60 ans et on ne sait plus maintenant comment s'en sortir.
C'est ça le problème ! Et je signale que c'est en France qu'on part le plus tôt à la retraite.
A l'inverse, il est vrai aussi qu'en France, si on n'a pas de relations, on ne peut plus trouver de travail après 50-55 ans. Donc reculer l'âge de la retraire est une difficulté supplémentaire pour les séniors.

( 882125 )
Et après 1982 ? par Quodvultdeus (2019-12-13 14:01:22)
[en réponse à 882100]
Cher Maître,
Vous laissez entendre qu'après 1982 la retraite était à 60 ans…
Pourtant ce n'est qu'à partir de mes 65 ans que j'ai commencé à toucher ma retraite. Et j'ai eu 65 ans bien après 1982.
J'avoue ne plus rien y comprendre.

( 882129 )
Quelques explications par Jean-Paul PARFU (2019-12-13 14:18:08)
[en réponse à 882125]
Lors de la mise en place du régime général de la Sécurité sociale (pour les salariés du secteur privé) par le Conseil National de la Résistance en 1945 (après la Seconde Guerre mondiale), l’âge légal de départ à la retraite était de 65 ans.
L'époux de la dame qui me "gardait" lorsque j'étais enfant, né en 1911 et mort en 1998, est parti à la retraite en 1976, à l'âge de 65 ans, je le me rappelle très bien.
Depuis le 1er avril 1983 (modification votée en 1982), l'âge minimal est passé de 65 à 60 ans en application de la proposition faite par François Mitterrand durant sa campagne présidentielle en 1981. L’ancien Président a également suggéré une retraite à 55 ans pour les femmes actives, mais cette proposition n’a finalement pas été retenue.
Par ailleurs, les régimes spéciaux existaient à l’époque de la retraite à 65 ans. Certains corps de métiers jouissaient alors d’un régime de retraite déjà particulier pour l'époque et encore en vigueur actuellement. Cependant, la réforme de retraites proposée par le gouvernement Macron pourrait modifier les règles régissant ces régimes pour les harmoniser avec le régime général.
Recul progressif depuis le 1er juillet 2011
Depuis le 1er juillet 2011, l’âge légal de départ à la retraite présente un recul progressif de 4 mois supplémentaires par génération pour passer de 60 ans à 62 ans. Cette réforme impacte surtout les départs à la retraite des personnes nées à compter du 1er juillet 1951. De ce fait, l’âge du taux plein de 65 ans connaitra lui aussi un relèvement progressif le portant à 67 ans à l’horizon 2023.

( 882132 )
Merci ! par Quodvultdeus (2019-12-13 14:34:51)
[en réponse à 882129]
Merci, cher Maître, pour ces explications.
Pour ma part, je relève de la Cavimac (Caisse d'assurance-vieillesse et maladie des cultes) tout comme Mgr Boulanger (cf. six lignes plus haut dans ce fil).
Ceci expliquant donc cela.

( 882103 )
Réforme des retraites: qu’en dit la doctrine sociale de l’Église ? par Bernard Joustrate (2019-12-13 10:02:06)
[en réponse à 882079]
Lu sur rcf.fr :
La réforme des retraites déchaîne les passions. D’autant plus depuis le lancement de la grève interprofessionnelle, jeudi dernier. Mais qu’en dit la doctrine sociale de l’Église ?
Analyser la réforme à l'aune de l'enseignement de l'Eglise
La doctrine sociale a beau ne pas être un manuel de survie dans la société pour catholique, elle permet, si l’on y regarde de plus près, de livrer quelques points d’attention afin d’envisager une question de société à l’aune de l’Évangile. Plusieurs grands principes y sont ainsi énoncés, et permettent de se poser les bonnes questions. Et l’actuel sujet de la réforme des retraites ne fait pas exception à cela.
Bien commun, Solidarité, Justice, Option préférentielle pour les pauvres, Familles, Contribution de chacun à la hauteur de ses moyens, sont autant de thématiques auxquelles on peut confronter la réforme des retraites. Depuis mercredi 11 décembre, et grâce à l’allocution du Premier ministre, on en connaît désormais les grandes lignes principales. Dès lors, il est possible de s’interroger : la réforme des retraites permet-elle de satisfaire toutes les thématiques évoquées précédemment ?
Participation de chacun et enjeu familial
Sur l’aspect du calcul de la pension par points par exemple. La doctrine sociale de l’Eglise recommande une participation de tous à la vie politique et économique. Qui va fixer la valeur du point ? Actuellement, les régimes de retraite sont gérés par les partenaires sociaux, le patronat et les syndicats. On voit bien que la doctrine sociale nous interroge sur l’enjeu du mode de gouvernance.
Autre point qui inquiète l’opinion publique, la famille. "Le bien de la famille est déterminant pour l’avenir du monde" écrit le pape François dans Amoris Laetitia. Cette réforme des retraites prend-elle suffisamment en compte les réalités familiales multiples de France ? Uniformiser un système de retraite permet-il de tenir compte de toutes ces réalités ? Quid des femmes qui travaillent tout en gérant une vie de famille, et des enfants ? Qui des pensions de réversions en cas de décès d’un conjoint ? Ce qui amène à l’éminente question de la justice, et de l’équité.
Justice et solidarité
Le catéchisme de l’Eglise catholique rappelle que la justice "consiste dans la constante et ferme volonté de donner à Dieu et au prochain ce qui leur est dû". Actuellement, le système de retraite verse une pension en fonction du montant des cotisations d’un travailleur. Si l’on suit la logique de la doctrine sociale de l’Eglise, il serait plus juste de verser une pension en fonction du besoin d’une personne, et non pas en fonction de sa contribution.
Pour boucler ce tour d’horizon, il convient enfin d’évoquer la solidarité, et donc l’option préférentielle pour les pauvres. Deux sujets que l’on retrouve dans Sollicitudo rei Socialis de Jean-paul II, et Evangelii gaudium du pape François. Solidarité entre les générations, retraite qui permette une vie digne sont autant d’éléments qui garantiraient une réforme des retraites digne de ce nom.
Le Père Grégoire Catta, directeur du Service national famille et société à la CEF, au micro d'Etienne Pépin,
en suivant ce lien (bas de page)

( 882105 )
Une contribution plus développée du P Catta par Denis SUREAU (2019-12-13 10:20:05)
[en réponse à 882103]

( 882246 )
il n'y a pas de "retraite estampillée DSE" par Luc Perrin (2019-12-14 17:55:40)
[en réponse à 882103]
Il est vain de chercher dans la DSE de quoi discriminer entre deux systèmes qui l'un et l'autre cochent les cases des grands principes de la DSE.
Entre une absence de retraites, comme en Afrique et dans de nombreux pays au monde, et un système X ou Y, là oui clairement la DSE milite en faveur d'un système collectif.
MAIS il ne faut jamais perdre de vue deux principes cardinaux de la DSE:
1) l'État doit autant que possible intervenir le MOINS possible au bénéfice des "corps intermédiaires"
2) chaque pays, chaque société est maître de mettre en oeuvre les grandes orientations : il peut donc exister une infinité de systèmes de retraite pourvu qu'ils répondent à ces grands axes.
Clairement tant le système actuel hérité de la Libération et perfectionné depuis que le système dit à points de M. Macron répondent aux grandes orientations.
Cela ne nous dit pas quel est le meilleur des deux en soi, et il ne faut pas être prix Nobel en économie pour voir - exemple désastreux suédois à l'appui - que le système Macron fera baisser les retraites du plus grand nombre et de façon drastique celles des fonctionnaires. Ce que le Premier ministre a d'ailleurs confessé en public le 11 dernier.
Favoriser les compagnies d'assurances et les mutuelles, en instaurant une part plus importante de capitalisation - système fort risqué -, tel est l'objectif premier de la "réforme".
Est-ce une coïncidence si les campagnes de publicité de ces compagnies se sont intensifiées depuis quelque temps ?

( 882126 )
Mon petit délire social utopique (?) par Candidus (2019-12-13 14:06:18)
[en réponse à 882079]
Je pars du principe qu’à chaque fois que l’Etat allège une partie des tâches qui étaient traditionnellement du ressort de la solidarité familiale, la famille perd de sa vitalité.
Prendre soin de ses parents âgés a toujours été, dans toutes les civilisations, une exigence incontournable qui à la fois requérait et suscitait les vertus de charité (de la part des enfants) et d’humilité (de la part des parents âgés).
Lorsque la famille est responsabilisée, un maillage élaboré de normes sociales, d’attentes, de récompenses et de punitions se met en place progressivement. Ce maillage aide et motive les membres de la famille à remplir des fonctions qui correspondent aux vocations respectives de chacun. Par contre, lorsque l’État ignore le principe de subsidiarité et se substitue à la solidarité familiale, la cellule de base de la société s’affaiblit et s’effiloche.
S’il était établi qu’abandonner la responsabilité du filet social au soin de la solidarité familiale conduisait à des multitudes d’enfants et d’aînés délaissés, tandis que la confier à l’État suscitait des enfants et des Vieux plus épanouis et responsables, alors le jeu en vaudrait la chandelle. Mais ce n’est pas ce qu’a enfanté l’État-providence.
L'ordre socio-économique actuel produit de plus en plus de familles dysfonctionnelles d’où le père est absent, sinon physiquement du moins symboliquement. Ces familles engendrent (de moins en moins) des enfants dépourvus de repères, ne respectant plus aucune autorité.
Du côté du Troisième-âge, c’est le fléau de la solitude ou, pire encore, des Vieux qui parvenus au crépuscule de leur vie, divorcent, prennent des amants, et passent leurs dernières années dans une quête de futilités.
En règle générale, la mutualisation des risques conduit à la déresponsabilisation des individus et à l'affaiblissement des solidarités naturelles. Dans les pays pauvres dépourvus de filet social (en Afrique ou aux Philippines, par exemple), les liens familiaux sont plus forts, les divorces plus rares, les personnes âgées respectées ; la vie est certes difficile et frugale, mais tout le monde se serre les coudes, et finalement la majorité y trouve son compte par l’obtention d’une forme de qualité de vie dont nous avons perdu le souvenir ; j'en vois pour preuve les taux de suicides et de dépressions de ces pays qui sont bien plus bas que chez nous.
Concrètement, voilà mes suggestions iconoclastes pour une réforme de la société :
- Suppression de la sécurité sociale, donc de la retraite et de toutes allocations (chômage, familiale, logement, parents isolés, etc.) ;
- Interdiction (ou forte pénalisation fiscale) du travail des femmes non soutiens de famille ;
- Interdiction du divorce, de l’avortement et de la contraception ;
- Réforme du système judiciaire : rétablissement de la peine de mort, des travaux forcés, des peines plancher ; établissement de la “loi des trois coups” ;
- Rétablissement du service militaire accompagné d’une formation spirituelle ;
- Baisse drastique de la fiscalité directe et indirecte.
Evidemment, il faudrait prévoir des mesures temporaires pour faciliter la transition vers cette “nouvelle société”, mais en l’espace d’une ou deux générations, nous verrions l’apparition d’un Occident régénéré, guéri d’une grande partie des maux qui aujourd’hui le minent.
Un cercle vertueux s’instaurerait : les enfants étudieraient mieux et respecteraient plus l’autorité ; les adultes seraient plus attentifs aux besoins de leurs parents âgés et de leurs enfants qui deviendraient une richesse et non plus un fardeau (leur futur bâton de vieillesse) ; l’époux serait plus motivé à travailler, il serait incité à respecter les femmes en général et son épouse en particulier ; cette dernière deviendrait plus docile à l’égard de son mari et plus présente et attentive à l’égard de ses enfants ; les grands-parents retrouveraient leur fonction naturelle de “sages” et de collaborateurs dans l’oeuvre d’éducation des enfants, notamment par la transmission de la foi, se préparant ainsi à faire une bonne mort.
Inutile de préciser qu’un tel programme ne serait réalisable que dans le cadre et avec l’aide d’une Église qui se serait réappropriée sa Tradition...

( 882130 )
Quid des mères au foyer? par Antoine (2019-12-13 14:30:47)
[en réponse à 882079]
Il me semble qu'elles seront laisées, mais je me posais la question...

( 882200 )
Un aspect dans Saint Paul par Paterculus (2019-12-13 23:38:59)
[en réponse à 882079]
nec enim debent filii parentibus thesaurizare, sed parentes filiis.
(Ce n'est pas aux enfants d'économiser pour leurs parents, mais aux parents pour leurs enfants.)
2 Co 12,14
Simple piste de réflexion...
Votre dévoué Paterculus