Le Forum Catholique

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images/icones/sacrecoeur.gif  ( 880410 )25/11 Ste Catherine, vierge et martyre par ami de la Miséricorde (2019-11-24 23:05:10) 



Ste Catherine, vierge et martyre

Prière à Sainte Catherine

Béni soit mon Dieu, mon Protecteur. Bénis soient tous les saints qui sont là. Bénie soit Sainte Catherine qui protège les mères de famille et les femmes enceintes. Donne-leur joie et bonheur. Éloigne d'elles le mal, afin de bien mettre au monde leurs enfants et qu'elles les guident dans la vie. Sainte Catherine, j'ai besoin de ton aide, de l'harmonie et de la Paix pour agir avec les forces du bien pour le progrès du monde. Sainte Catherine, accorde-moi (exposer votre demande). Merci Sainte Catherine, Merci, Merci !

Source : imagessaintes.canalblog.com
images/icones/marie.gif  ( 880412 )La Providence et la confiance en Dieu par Fr.Garrigou-Lagrange par ami de la Miséricorde (2019-11-24 23:08:40) 
[en réponse à 880410]

CHAPITRE II
L'ORDRE DE L'UNIVERS ET LA PROVIDENCE

Un moyen ne peut être ordonné à une fin que par une intelligence ordonnatrice


Voilà le terme auquel aboutit notre preuve : une intelligence ordonnatrice souverainement parfaite qui est la Vérité même et donc l'Être même, puisque le vrai c'est l'être connu. C'est le Dieu de l'Écriture Ego sum qui sum. C'est la Providence, ou la raison suprême de l'ordre des choses, qui a ordonné toutes les créatures à leur fin et les dirige vers la fin dernière de l'univers, qui est la manifestation de la bonté divine. Ainsi parle saint Thomas Ia, q. 22, a. 1 : « Necesse est ponere providentiam in Deo. Omne enim bonum quod est in rebus, a Deo creatum est, ut supra ostensum est. In rebus autem creatis invenitur bonum, non solum quantum ad substantiam rerum, sed etiam quantum ad ordinem earum in finem, præcipue in finem ultimum, qui est bonitas divina, ut supra habitum est. Hoc igitur bonum ordinis in rebus existens a Deo creatum est. Cum autem Deus sit causa rerum per suum intellectum et sic cujuslibet sui effectus oportet rationem in eo præexistere ; necesse est quod ratio ordinis rerum in finem in mente divina præexistat. Ratio autem ordinandorum in finem proprio providentia est. »
La Providence est, dans l'intelligence divine, la raison de l'ordre de toutes choses à leur fin, et le gouvernement divin, comme le dit saint Thomas, ibid., ad 2m, est l'exécution de cet ordre.

Nous saisissons mieux maintenant le sens de la parole du Psaume : Cœli enarrant gloriam Dei. L'ordre admirable du ciel étoilé raconte et chante la gloire de Dieu, nous fait connaître son intelligence infinie. L'harmonie de l'univers est comme une symphonie merveilleuse, c'est comme le chant à la fois très doux et très puissant du Dieu créateur. Bienheureux ceux qui l'entendent.

N'y -il pas dans cette preuve de l'existence de Dieu par l'ordre du monde, une grande leçon morale ?

Oui, une très grande leçon, celle qui nous est donnée dans le livre de Job, et plus clairement ensuite dans le sermon de Jésus sur la Montagne.
Cette leçon est celle-ci : S'il y a un pareil ordre dans le monde physique, à plus forte raison doit-il exister dans le monde moral, malgré les crimes que la justice humaine laisse impunis, comme elle laisse sans récompense bien des actes héroïques où apparaît dès ici-bas l'intervention de Dieu.

C'est la réponse du Seigneur à Job et à ses amis. Le livre de Job, nous y insisterons plus loin, a en effet pour but de répondre à cette question : pourquoi les justes souffrent-ils ici-bas parfois plus que les impies ? Est-ce toujours pour expier leurs fautes, du moins leurs fautes cachées ?

Les amis de Job l'affirment, et reprochent au pauvre affligé de se plaindre. Job nie que toutes les afflictions et tribulations des justes viennent de leurs péchés, même de leurs péchés cachés. Et il se demande pourquoi tant de souffrances sont tombées sur lui.
A la fin du livre, le Seigneur répond (c. 32-42) en manifestant l'ordre admirable du monde physique, toute sa splendeur, depuis la vie de l'insecte jusqu'au vol de l'aigle, comme pour dire : s'il y a un pareil ordre dans les choses sensibles, à combien plus forte raison doit-il y avoir de l'ordre dans la conduite de ma Providence à l'égard des justes, même lorsqu'ils sont terriblement éprouvés. Seulement c'est là une chose mystérieuse et cachée, qu'il n'est pas donné aux hommes de voir ici-bas.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
images/icones/livre.gif  ( 880416 )Les 7 bonnets de sainte Catherine par Emmanuel (2019-11-25 07:01:08) 
[en réponse à 880410]

Sainte Catherine

La Sainte Catherine à Jagernault, le 25 novembre, avait toujours, de mémoire d’homme, été bellement fêtée. Toutes les demoiselles du pays qui avaient eu leurs vingt-cinq ans dans l’année étaient seules admises à venir coiffer et fleurir la sainte.

Elles étaient sept, cette année-là, sept belles jeunes filles qui semblaient aussi décidées qu’elles étaient fraîches et accortes : c’étaient Lise et Madeleine, Bernine et Javotte, la grande Linolette, et Pacaude et Ginette.

Mademoiselle Emérentienne, La gouvernante de Monsieur le Curé de Jagernault, les avait réunies ce dimanche-là après les vêpres, pour s’assurer de leur concours et les exhorter à faire bien les choses. Mais, à son grand scandale, elle se heurta à un refus.

« Or, ça, dit Lise d’un ton net, je n’en ferai rien cette année.

– Moi de même », dit Madeleine.

« Ne comptez pas sur nous non plus », s’écrièrent à la fois Bernine et Javotte.

« Il me sera impossible de venir », dit Linolette.

Et Pacaude et Ginette parlèrent de même.

« Qu’est-ce que cela signifie ? Perdez-vous la tête ? » s’écria Mademoiselle Emérentienne, confondue.

Les sept filles baissèrent le nez en prenant un air buté.

« C’est peut-être la crainte de rester filles qui vous fait hésiter ? » demanda Mademoiselle Emérentienne.

« Que non, dirent les filles, nous savons bien que, coiffant ou non sainte Catherine, nous sommes assez avenantes et jolies pour trouver des épouseurs quand le moment en sera venu.

– Alors, qu’y a‑t-il donc ?

– Il y a, éclata Javotte, il y a que la sainte Catherine de Jagernault est par trop laide et trop usée et que le moindre ornement à son égard est temps perdu.

– Trop laide ? trop usée ? se récria la gouvernante, une statue qu’on honore depuis des siècles ?

– Justement, dirent les filles. Elle est trop vieille. A Closille-sur-Armont, il y en a une grandeur nature, en plâtre peint, toute neuve et très belle. La nôtre est un déshonneur pour la paroisse. »

Bref, tant et tant discutèrent les sept demoiselles, qu’à la fin Mademoiselle Emérentienne promit d’en parler à Monsieur le Curé. Elle le fit, et Monsieur le Curé en parla à Monsieur le Marquis de Hochepaille, le seigneur du pays. Celui-ci était généreux, et il offrit à la paroisse une sainte Catherine en tous points conforme aux désirs de ces demoiselles…

* * *

Statue sainte Catherine en platre - histoire pour les enfants du catéchismeLorsque, le dimanche suivant, elles apprirent la chose, les sept filles de Jagernault se montrèrent enchantées et promirent de préparer une fête de sainte Catherine comme on n’en avait jamais vue.

« Bien, approuva Mademoiselle Emérentienne, vous trouverez la statue dans la sacristie la veille de la fête ; coiffez-la comme vous voudrez, placez-la où vous voudrez, fleurissez-la comme vous voudrez. N’épargnez pas votre peine et que ce soit parfait. »

* * *

La veille de la fête, vers la fin du jour, les sept filles de Jagernault se retrouvèrent à la sacristie. Chacune avait confectionné un bonnet pour la sainte, mais lorsqu’il fallut choisir, ce fut une belle bataille. Chacune voulait imposer sa coiffure, et ce que les demoiselles de Jagernault voulaient, elles le voulaient bien !

Bref, tant et tant elles se battirent autour de la statue que celle-ci finit par tomber et se briser en miettes.

Consternées, les sept filles se regardèrent sans paroles, le bonnet à la main. Qu’allait dire Mademoiselle Emérentienne ? Qu’allait dire Monsieur le Curé ? Si au moins elles avaient eu quelques heures pour se retourner et aviser au moyen de sortir de ce mauvais pas. Par exemple, en courant emprunter la sainte Catherine de Closille ! Mais Mademoiselle Emérentienne allait venir ; on l’attendait d’un moment à l’autre…

« Cachez les morceaux et laissez-moi faire, s’écria soudain Lise ; j’ai une idée…

– Moi aussi, j’ai une idée », renchérit Madeleine.

« Et moi aussi, et moi aussi », dirent toutes les autres.

Et elles s’éclipsèrent mystérieusement, après avoir balayé les morceaux et les avoir cachés sous le rideau qui abritait les soutanelles des enfants de chœur, et sans rien vouloir se dire les unes aux autres.

* * *

Lorsque Mademoiselle Emérentienne entra dans l’église, il y faisait déjà sombre ; la vieille femme, de plus, n’avait pas bonne vue. Elle distingua cependant une grande sainte Catherine coiffée d’un haut bonnet, dans un renfoncement, à droite de l’autel de la Sainte Vierge. Elle l’admira.

« Elles ont bien travaillé, se dit-elle ; mais pourquoi donc l’ont-elles mise dans un coin aussi noir ? »

Cependant, un peu plus loin, noyée dans l’ombre d’un gros pilier, à sa grande stupeur, Mademoiselle Emérentienne aperçut une seconde sainte Catherine, avec un bonnet à ailerettes. Intriguée, elle continua sa ronde. Et sous la chaire, près des fonts baptismaux, dans chaque chapelle latérale, il y avait une sainte Catherine…

Flairant une mystification, Mademoiselle Emérentienne se dirigea résolument vers la sacristie pour prendre le balai. Celui-ci se trouvait justement pendu au mur, près des soutanelles des enfants de chœur, si bien qu’en soulevant le rideau la gouvernante découvrit les débris de la nouvelle statue…

Ah ! je vous assure que l’exécution fut rapide, et, fumante de colère, Mademoiselle Emérentienne laissa les sept filles pleurant comme des Madeleines sur le seuil de l’église, se tamponnant les yeux de leurs petits bonnets, et partit à la recherche de Monsieur le Curé pour lui faire partager son courroux…

Alors, les demoiselles de Jagernault se ressaisirent. Elles ne craignaient point la colère de Monsieur le Curé, mais elles redoutaient son chagrin. Aussi, sans perdre une seconde, se mirent-elles à la recherche de la vieille statue de bois ; en peu de temps, elles la nettoyèrent, la levèrent, la repeignirent, l’habillèrent, la coiffèrent d’un bonnet confectionné sur-le-champ. Puis elles la fleurirent. Elles venaient de finir lorsque Monsieur le Curé entra dans son église. Elles illuminèrent alors toute la nef.

* * *

Bonnet de la Sainte CatherineEt Monsieur le Curé qui s’attendait à une catastrophe, Monsieur le Curé qui n’avait rien dit, mais qui préférait de beaucoup sa vieille sainte Catherine de bois à la sainte Catherine de plâtre, Monsieur le Curé eut un sourire extasié. Mademoiselle Emérentienne elle-même sentit sa colère s’évanouir…

Et les sept filles de Jagernault s’en retournèrent bras dessus bras dessous, en chantant dans la nuit, coiffées de leurs petits bonnets quelque peu chiffonnés et encore humides de leurs larmes.

* * *

Il paraît qu’à Jagernault on continue à honorer la vieille statue de bois.

« Et, ajoute ma grand-tante de qui je tiens cette histoire, depuis lors les filles de plus de vingt-cinq ans ont gardé la coutume de parcourir les rues en bande joyeuse le jour de la fête de la sainte, en arborant les plus coquets bonnets du monde.

S. Lauriot-Prévost

Source : https://www.maintenantunehistoire.fr/les-7-bonnets-de-sainte-catherine/