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images/icones/marie.gif  ( 879499 )15/11 St Albert le Grand, évêque, confesseur et docteur par ami de la Miséricorde (2019-11-14 21:42:49) 



St Albert le Grand, évêque, confesseur et docteur

Litanies de Saint Albert le Grand

Prières de Saint Albert le Grand

Marie dispensatrice des fruits du salut de Saint Albert le grand.

La Miséricorde par Saint Albert le Grand

1. La véritable miséricorde consiste à donner, à pardonner, et à donner encore par surcroît.

2. Aussi longtemps qu'il a lui-même quelques biens, le vrai miséricordieux procure aux indigents ce qui leur est nécessaire ; s'il ne le faisait pas, il n'aurait qu'une miséricorde incomplète, au témoignage de saint Jean Chrysostome : « Sans doute, vous avez donné une fois, mais ce n'est pas l'aumône, cela ! Vous n'avez rien accompli, si vous ne donnez pas tant que vous avez. Les vierges folles, elles aussi, avec leurs lampes, avaient de l'huile, mais elles n'en avaient pas assez » (1).

Job pratiquait bien cette miséricorde : « Je n'ai pas refusé aux pauvres ce qu'ils demandaient, je n'ai point fait attendre les yeux de la veuve ; mon morceau de pain, je ne le mangeais pas seul, l'orphelin en avait sa part. La compassion a crû avec moi depuis mon enfance, et, avec moi, elle était sortie du sein de ma mère... Je ne laissais pas dehors l'étranger, ma porte était ouverte au voyageur » (Job, ch. 31, v. 16-19, 32).

Mais, dit saint Grégoire, celui qui donne son argent et qui ne pardonne pas, celui-là ne fait nullement miséricorde (2). Aussi le vrai miséricordieux, avant même qu'on l'en prie, pardonne toute injure, du fond du cœur et spontanément, sans vouloir se venger à l'avenir, directement ou par intermédiaire. Et il est même plus disposé à pardonner que l'offenseur à demander pardon, parce que le péché de celui-ci lui fait plus de peine que son propre chagrin provenant de l'injustice qu'il supporte.

À Séméï qui lui jetait des pierres et qui le maudissait, David pardonna de grand cœur et sans en être prié, et il défendit aux ennemis de Séméï de le tuer, en disant : « Laissez-le, qu'il me maudisse, Dieu le lui a ordonné. Qui sait si le Seigneur ne regardera pas mon affliction et ne me rendra pas du bien pour la malédiction d'aujourd'hui ? (IIe liv. des Rois, ch. 16, v. 11 et 12). De la même manière, Joseph avait devancé la demande de ses frères, et en pleurant sur chacun d'eux, il leur avait pardonné (Gen., ch. 45, v. 15).

Même cela ne suffit pas à celui qui est vraiment miséricordieux. Il faut encore qu'il obtienne de Dieu, par ses prières, le pardon en faveur de ceux qui le traitent avec injustice. Moïse demanda grâce pour les juifs qui avaient voulu le lapider : « Seigneur, suppliait-il, pardonnez-leur ce péché ; sinon, effacez-moi du livre que vous avez écrit » (Exode, ch. 32, v. 32). Étienne fit de même pour ceux qui le lapidaient (Actes, ch. 7, v. 60), et le Seigneur Jésus obtint à ses bourreaux grâce et pardon.

Ils avaient dit l'un et l'autre : « Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font » (Luc, ch. 23, v. 34). C'était excuser ceux qui les maltraitaient de la pire façon ; cela revenait à dire : ils n'ont pas conscience, ils ne savent pas ce qu'ils font, donc on ne doit pas leur en faire un crime, mais leur pardonner avec clémence.

3. Dieu en lui-même est souverainement miséricordieux, et il aime sans mesure chez les autres la miséricorde. Notre-Seigneur n'a-t-il pas dit : « Allez apprendre ce que signifie cette parole : Je veux la miséricorde, et non le sacrifice » ? (Matt., ch. 9, v, 13). Cela doit nous exciter à aimer la miséricorde véritable.
Autre chose encore nous conduit à la miséricorde.

Ce Dieu, dans son jugement, sera sans pitié pour les hommes impitoyables. L'apôtre saint Jacques nous l'affirme : « Le jugement sera sans miséricorde pour celui qui n'aura pas fait miséricorde » (ch. 2, v. 13). Les autres, au contraire, obtiendront du Seigneur miséricorde avec abondance. Il est écrit : « Celui qui a compassion du pauvre prête à Dieu » (Prov., ch. 19, v. 17), il recevra donc, avec intérêt et grand bénéfice, tout ce qu'il aura donné aux indigents.

Que fait la miséricorde ? Elle donne à chacun sa place selon ses mérites au regard de Dieu. « Toute miséricorde, est-il dit dans le livre de l'Ecclésiastique (ch. 16, v. 14), vaudra à chacun une récompense d'après le mérite de ses Œuvres. »

4. On prouve que l'on est vraiment miséricordieux, lorsqu'on se retranche tout ce que l'on peut se retirer, tout en gardant la vie sauve, et qu'on travaille continuellement, au-delà même de ses forces, afin de pouvoir subvenir davantage à ceux qui sont dans le besoin.

5. Une preuve que l'on n'est pas vraiment miséricordieux, c'est lorsqu'on ne soulage pas, autant que l'on peut, la misère d'un chacun, et qu'on se contente de dire aux malheureux : « Allez en paix, chauffez-vous et rassasiez-vous », sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps. À quoi cela sert-il, en effet ? (Jacq., ch. 2, v. 16).

Saint Jean Chrysostome dit à ce sujet : « Même si vous donniez de vos propres biens à vous, vous ne devriez pas en être si parcimonieux. Or, ce que vous donnez, ce sont les richesses du Bon Dieu : il vous les a confiées seulement ; pourquoi, dès lors, les gardez-vous d'une manière si tenace ? » (3)

Il n'est pas non plus vraiment miséricordieux, celui qui pardonne parce qu'il ne peut pas se venger, celui qui ne pardonne pas simplement par amour, mais parce qu'il sait bien que s'il ne pardonne pas le premier, Dieu ne lui pardonnera pas non plus : celui-là, enfin, qui prie pour ses ennemis, mais du bout des lèvres seulement, en se réjouissant, au fond, de leur malheur.

(1) Homélie 76 sur S. Jean. P. G. t. 59, col. 420.
(2) 22e livre des Morales. P. L. t. 76, col. 229.
(3) P. G. t. 59, col. 420.


Source : Livres-Mystiques.com

Du Paradis de l'âme de St Albert le Grand
images/icones/marie.gif  ( 879500 )La Providence et la confiance en Dieu par Fr.Garrigou-Lagrange par ami de la Miséricorde (2019-11-14 21:43:50) 
[en réponse à 879499]

CHAPITRE PREMIER
DIEU, PREMIER MOTEUR DES CORPS ET DES ESPRITS


Tout mouvement exige un moteur suprême.

Mais précisément parce que c'est un article de foi, et non pas seulement un des préambules de la foi, saint Thomas tient qu'on ne peut démontrer par la seule raison que le monde a commencé (Ia, q. 46, 2).

Et pourquoi cette vérité dépasse-t-elle les forces naturelles de notre intelligence ? Parce que ce commencement dépend de la libre volonté de Dieu.

S'il l'avait voulu, Dieu aurait pu créer le monde dix mille ans plus tôt, cent mille ans plus tôt, des milliards d'années plus tôt, et toujours plus tôt, sans qu'il y ait un premier jour du monde, mais seulement une dépendance du monde à l'égard du Créateur, comme l'empreinte du pied dans le sable dépend du pied et n'aurait pas commencé si le pied avait été toujours là.

Il ne semble donc pas impossible, dit saint Thomas, que le monde ait toujours existé, dans la dépendance de Dieu créateur, bien que la Révélation nous apprenne que de fait il a commencé.

Mais si la série des moteurs accidentellement subordonnés dans le passé peut être infinie et n'exige pas nécessairement un premier dans le temps, il n'en est pas de même de la série des moteurs nécessairement et actuellement subordonnés à l'instant présent.

Ici il faut arriver à un moteur suprême actuellement existant, qui n'ait pas seulement donné une impulsion à l'origine du monde, mais qui meuve tout maintenant.

Par, exemple la barque porte le pêcheur, les flots portent la barque, la terre porte les flots, le soleil attire la terre, un centre inconnu attire le soleil.

Mais après ? On ne peut aller ainsi à l'infini dans la série des causes actuellement subordonnées. Il faut une cause efficiente première et suprême, non pas seulement dans le passé, mais dans le présent, et il faut que cette cause suprême agisse, influe actuellement, sans quoi les causes subordonnées, qui n'agissent que mues par une autre, n'agiraient pas.

Vouloir se passer d'une source, c'est dire qu'une montre peut marcher sans ressort, pourvu qu'elle ait une infinité de roues. Peu importe que la montre ait été remontée mille fois, cent mille fois et même toujours dans le passé, mais ce qui est nécessaire, c'est qu'elle ait un ressort.

De même peu importe que la terre ait commencé à tourner autour du soleil, mais ce qui est nécessaire, c'est que actuellement le soleil l'attire, et que le soleil lui-même soit attiré par un centre supérieur actuellement existant. En fin de compte il faut arriver à un premier moteur qui agisse par soi, et non pas par un autre plus élevé. Il faut arriver à un premier moteur qui puisse rendre pleinement compte de l'être même ou de la réalité de son action.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde