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( 877094 )
L’intégrisme, suivant les religions, n’a pas les mêmes répercussions par Ewondo (2019-10-19 02:09:26)
L’intégrisme, suivant les religions, n’a pas les mêmes répercussions
PValeurs Actuelles : le père Danziec L’intégrisme, suivant les religions, n’a pas les mêmes répercussions :
« Trois jours à peine après les attentats de Charlie Hebdo, dans son intervention hebdomadaire d’alors sur Salut les terriens, Gaspard Proust devait tenir son rôle et assumer sa chronique d’humoriste. Faire rire et amuser la galerie. Distraire le parterre d’invités et le public présent. Quand toutes les salles de rédaction étaient encore abasourdies de ce qui s’était passé dans celle de Charlie Hebdo, il fallut tout son génie, et son sens affuté de la formule, pour réussir à dépasser par le haut le carnage des frères Kouachi. Entre autres choses, l’humoriste fit remarquer, non sans ironie, qu’« un chrétien intégriste qui applique le Nouveau Testament à la lettre, c’est un mec qui se met à embrasser tout le monde dans la rue ».
L’intégrisme, suivant les religions, n’avait donc pas les mêmes résonances. Ni les mêmes implications. En une phrase, Gaspard Proust soulignait la différence de nature qui peut exister entre un christianisme ébahi et un islam conquérant. Cinq ans plus tard, pour s’en convaincre, il suffit, si besoin était, de regarder les chiffres de plus près. Ces derniers ne mentent pas. Surtout, ils permettent – à qui acceptent de les interpréter de bonne foi – d’en retirer des conclusions percutantes. Souvent même plus rapidement que n’y arrivent de besogneux raisonnements théologiques. Ainsi, depuis 7 ans, il est établi que 18 attaques islamistes aux issues mortelles ont été perpétrées sur le sol français. De la folie meurtrière de Mohammed Merah dans les rues de Toulouse et de Montauban jusqu’aux quatre agents assassinés au cœur de la préfecture de Police de Paris par Mickaël Harpon, 263 victimes sont tombées sous les balles ou les coups de couteaux de l’islam radical.
Dans un éditorial enlevé, Alexis Brézet diagnostiquait récemment, et avec précision, les dessous du fiasco de l’attentat à la préfecture de Paris. Pour le directeur des rédactions du Figaro « si nous n’avons rien vu venir, c’est que nous n’avons rien voulu voir ». Et de caractériser le mal intellectuel présent par un néologisme : « le dénislamisme ». Soit le déni de l’islam radical ou cet aveuglement de l’intelligence qui brouille la perception de la menace et désarme les esprits. Ce réflexe instinctif qui consiste à voir davantage de folie dans un camion que d’intégrisme chez son conducteur. « Intégriste ! » Cette apostrophe peu flatteuse, il m’est arrivé de l’entendre seulement deux ou trois fois depuis la quinzaine d’année que je porte la soutane. A chaque fois, en souriant et l’air badin, je me suis appliqué à répondre de façon décontractée : « si ‘‘intégriste’’ signifie ‘‘vivre intégralement et radicalement sa Foi’’, hélas je crois cher ami en être encore loin. Cependant croyez-moi, j’y travaille tous les jours ».
A vrai dire, le début d’une réflexion sans langue de bois sur les attentats, les égorgements, les fusillades, les voitures béliers (ce qu’on enveloppe du nom pudique de « drame ») ne saurait faire l’économie du constat de Gaspard Proust : l’intégrisme, suivant les religions, n’a pas les mêmes répercussions. A l’école d’Aristote, pour avancer dans la résolution d’un problème, il s’agit de commencer par distinguer. Cela vaut pour la question de l’intégrisme. Le chrétien qu’on appelle « intégriste » n’a pas de sang sur les mains. La déclinaison de sa vie ne passe pas par la case « attentat ».
Pour lire la suite voyez
ici
Pierre.

( 877098 )
Mère theresa et la radicalisation par Aigle (2019-10-19 08:39:51)
[en réponse à 877094]
Un catholique radicalisé, en gros, ressemble à Mère Theresa ou à Sainte Thérèse de Lisieux...
Un musulman radicalisé prend un couteau et égorge ses collègues de bureau...
Il y a la plus qu'une nuance mais au contraire l'illustration de la différence de nature entre l Islam et le catholicisme, ou plus largement le christianisme...
Ce qui n'exclut pas l'existence de musulmans très calmes, parmi les soufis notamment ...

( 877109 )
C'est toute la différence entre la justice et la miséricorde par Glycéra (2019-10-19 10:02:38)
[en réponse à 877098]
Marie, mère de miséricorde...
et pas Marie, reine de justice.
Notre chant à Dieu demande la miséricorde.
Elle pousse en terre de justice, certes, mais de justice divine, et non d'idées des hommes.
Une anecdote de Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus, qui disait Miséricorde, et en parlait à ses soeurs au Carmel.
L'une d'elle :
- Vous en avez de bonne avec la miséricorde, vous ne parlez que de cela, mais la justice, il en faut. La justice d'abord.
Et Ste Thérèse finit par lui dire :
- Vous voulez de la justice, vous aurez de la justice. Dieu accorde ce qu'on demande. Moi, je choisis la miséricorde.
Au décès de la soeur, une vision parle à Thérèse : elle voit la soeur en Purgatoire, et comprend alors. Elle a eu la justice, comme elle la demandait.
Vous devinez bien que je choisis la miséricorde, et que je la demande à Jésus, comme le Bon Larron, ce grand coeur qui a réussi à voir Dieu dans cet homme sanglant, torturé, "qui n'était plus un homme" comme dit l'Ancien Testament.
J'ai bien aimé votre message.
Et oui, les soufis sont des contemplatifs, des silencieux, et, comme le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit.
Avec mes bonnes salutations, et en union de coeur pour la souplesse sous la main de Dieu, si vos prières peuvent m'aider, je les demande.
Glycéra
Radicalisé ? Est-ce celui qui tient à ses racines, à ses idées de la terre, et s'y cramponne ? refusant d'être jeté dans le feu de l'Amour de Dieu qui lui tend les bras, comme l'Ascenseur de Thérèse ?
Peut-être, c'est un drôle de mot que ce radicalisé.

( 877138 )
Ne doit-il pas y avoir équilibre ... par Ewondo (2019-10-19 17:57:13)
[en réponse à 877109]
... je ne me permets pas d'affirmer quoi que ce soit, mais si l'un des piliers, Rigueur ou Miséricorde est trop faible, c'est tout le Temple qui s'effondre ...
L'image de la Justice tient une balance équilibrée et c'est pourquoi je pense qu'en fait en face de la Miséricorde se trouve la Rigueur et qu'au dessus la Justice en assure l'équilibre.
Et je me permets de préciser que je ne suis pas Franc Maçon ;-)
Pierre.

( 877140 )
Parce que je pense qu'il y a souvent confusion entre Rigueur et Justice. par Ewondo (2019-10-19 18:13:52)
[en réponse à 877138]
Certes la Justice doit être rigoureuse mais si elle n'est pas miséricordieuse on tombe dans le totalitarisme ...
Il est bon aussi de s'accorder sur l'acception des mots.
Pierre.

( 877151 )
Encore sainte Thérèse de Lisieux par Glycéra (2019-10-19 20:12:46)
[en réponse à 877140]
Non pas deux plateaux, c'est encore un dessin humain, un compte à la manière des hommes. Or, Dieu ne sait pas compter !
Voir le père qui attend le retour du fils qui l'a abandonné, dépensier, parti loin : le père est sur le chemin, et guette son fils. Ce n'est pas compter, cela !
Sainte Thérèse dit que Dieu veut nous donner sa miséricorde, qu'IL attend que notre coeur la Lui demande. Qu'il nous aide à nous effondrer de peine car il nosu aide à voir, à comprendre ce qu'on Lui a fait.
Libre à nous de refuser de voir comment Dieu attend.
Libre à nous de compter avec nos petites cervelles humaines, comme les Pharisiens le faisaient.
Mais Dieu nous dit : "Tu comptes pour moi ! Je te vois, Je t'attends, Je désire ton sourire."
Marie-Magdeleine ... n'a pas compté. Elle a pleuré. Elle a parfumé son Seigneur, et l'a aimé, sans compter.
Elle a été bousculée de Sa miséricorde, la Justice se retire, elle n'a plus aucune raison de rester.
La plupart des gens qui calculent en disant "Si ce n'est pas blanc, c'est que c'est noir" pensent aussi que si la Justice n'est pas dans la salle, c'est qu'on y laisse entrer de l'injustice. Faux ! Le manque d'équilibre n'est pas divin. Le contraire de ce qui est juste n'est jamais divin.
Ainsi le Purgatoire ne serait pas d'abord une rectification de la justice, cela un seul acte de contrition parfait l'aurait déjà remis en ordre. Le Purgatoire serait : "Tu n'as pas assez demandé de miséricorde, tu ne m'as pas assez accueilli quand je t'en ai offert, tu ne m'as pas ouvert la porte quand j'ai frappé : je ne te connais pas dans la ligne de la miséricorde ; viens faire connaissance, sinon, tu ne peux être à l'aise et heureux au Ciel, car là, seule la Miséricorde chante et danse."
C'est ainsi que le père Molinié, ce dominicain si sensible à l'existence de l'Enfer, et aux drames des hommes qui choisissent de refuser ce que Dieu propose, explique.
Dieu n'a que de la Miséricorde à offrir infiniment. A nous de faire connaissance avec le Seigneur sur ce plan : c'est le sens de notre voyage et de notre exercice terrestre
Merci de vos prières pour que je sache dire ces choses correctement. J'ose les bafouiller, car je ne peux garder ces bonheurs-là pour moi seule.
Bon dimanche à vous
Glycéra

( 877111 )
"Je ne veux ni des fossiles intégristes..."Gustave Thibon par fouduroy (2019-10-19 10:14:26)
[en réponse à 877094]
"Le progressiste avance sans tenir compte des garde-fous et tombe dans l’abîme; l’intégriste, de peur de tomber, s’accroche aux garde-fous et n’avance plus. Entre le caravansérail progressiste et l’isoloir intégriste, je refuse de choisir.
Je ne veux ni des fossiles intégristes ni des invertébrés progressistes, mais le corps vivant, qui a besoin de solides vertèbres et d’organes, de squelette et de sang. [...]"

( 877176 )
A mon avis il s'agit là d'une conception erronée de l'intégrisme et du progressisme. par Scrutator Sapientiæ (2019-10-20 11:06:04)
[en réponse à 877111]
Bonjour fouduroy,
A mon avis nous sommes ici, sous la plume de Gustave Thibon, en présence d'une manière gravement erronée de présenter l'intégrisme et le progressisme et de les renvoyer, apparemment, dos-à-dos.
Je me trompe peut-être, mais enfin je me risque à écrire ce qui suit.
A mon sens, le "camp de base" du "progressisme" est situé à l'intérieur ou dans le prolongement du carré formé par la réunion des quatre points suivants : Kant, Hegel, Lamennais, Schleiermacher, ou, en d'autres termes, à l'intérieur ou en aval de la réunion
- d'une conception post-kantienne de la conscience humaine,
- d'une conception post-hégélienne du devenir du monde,
- d'une conception post-lamenaisienne des relations entre l'Eglise catholique et le monde contemporain,
- d'une conception post-schleiermachienne de la structure et des relations de la religion chrétienne.
Et, à mes yeux, le "camp de base" de "l'intégrisme" est situé à l'intérieur de la survalorisation de certaines caractéristiques de la composante tridentine de la Tradition catholique : je pense ici, notamment, aux tendances propices au controversisme et à l'exclusivisme qui sont situées au sein de la composante tridentine, notamment anti-protestante ad extra, et anti-moderniste ad intra, de la Tradition catholique.
Dans cet ordre d'idées, j'ai le regret de devoir dire aux personnes qui ne voient pas où est le problème, en présence de cette citation de Gustave Thibon, que nous sommes, depuis déjà plusieurs décennies, en présence de "fossiles progressistes", pour ne pas dire de "nostalgiques progressistes", dans la mesure où les progressistes sont adossés à une chimère qui a commencé à apparaître entre 1790 et 1830.
Le but de la manoeuvre progressiste est celui-ci : la réconciliation de l'Eglise catholique avec un monde contemporain qui, à partir de la fin du XVIII° siècle ou du début du XIX° siècle, a décidé, en plein accord avec lui-même, de tourner le dos à Jésus-Christ, cette réconciliation nécessitant, du point de vue progressiste, la subordination croissante de l'Eglise catholique à des conceptions philosophiques non réalistes et à des conceptions théologiques non orthodoxes, mais propices, notamment, à l'idéalisation des religions non chrétiennes et à l'immanentisation de la religion chrétienne.
Par ailleurs, la question n'est pas de savoir si "le progressiste avance sans tenir compte des garde-fous et tombe dans l’abîme", et elle n'est pas davantage de savoir si "l’intégriste, de peur de tomber, s’accroche aux garde-fous et n’avance plus" ; la question est de savoir dans quelle direction veut avancer un progressiste, et est aussi de savoir dans quelle direction veut avancer un intégriste.
Or, il ne s'agit pas de deux manières, également erronées, d'avancer, ou d'espérer avancer, dans ce qui constituerait, à très long terme, la même direction, à charge, pour un Souverain pontife qui se voudrait à la fois "rénovateur" et "traditionnel", de procéder à de l'équilibrisme, ou de recourir à de l'ambivalence, au service d'une synthèse impossible ou, en tout cas, équivoque, improbable, intenable.
La survalorisation, parfois militante et partisane, de ce qui constitue, incontestablement, l'une des principales composantes de la Tradition catholique, est une chose, tandis que l'imposition à presque tous les fidèles et l'introduction dans presque toute l'Eglise de conceptions philosophiques et théologiques et de convictions politico-religieuses qui n'ont jamais fait partie d'aucune des principales composantes de la Tradition catholique est une tout autre chose.
Encore une fois, je me trompe peut-être, en écrivant ce qui précède, mais alors que l'on me dise en quoi je me trompe.
Bon dimanche.
Scrutator.