Le Forum Catholique
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( 876478 )
Je suis perdu avec ce synode par Martial PETIOT (2019-10-10 10:57:06)
Bonjour à tous. Heureux de vous retrouver depuis le temps. Si j’interviens, c’est que je suis un peu perdu avec cette histoire de de synode sur l’Amazonie. J’ai été interpellé par un collègue de travail à ce sujet et je me suis retrouvé incapable de lui fournir la moindre explication.
Aussi quelqu’un pourrait-il ici nous rappeler pour quelle raison un tel synode est organisé ? Pourquoi spécifiquement au sujet de l’Amazonie? Quels sont les enjeux? En quoi cela concerne-t’il toute l’Eglise ? Quelles sont les forces en présence? Comment en est-onn arrivé là, avec ces cérémonies en apparence délirantes au sein même du Vatican ? Je vous remercie pour votre attention et serai très reconnaissant pour qui voudra prendre le temps d’une explication, qui sera je pense utile à un grand nombre.

( 876480 )
c'est une histoire de sous par jejomau (2019-10-10 11:58:42)
[en réponse à 876478]
indépendamment des réponses que pourront vous faire d'autres intervenants vous avez raison de souligner le mot "spécifiquement". Je vous soumets donc une réflexion toute
personnelle sur le sujet
Le cardinal Marx, président de la conférence épiscopale allemande, a organisé ce synode en grande partie. Il est interressant de relever ses propos mardi 08 Octobre où dans son intervention il souligne qu'il n'est pas tres important de savoir si le célibat sacerdotal doit être maintenu ou pas . En revanche il précise que ce synode doit s'occuper de l'aspect environnemental etc...
Donc, ce qui serait important, ce serait l'écologie, la reforestation, et la défense du mode de vie des indigénes à préserver .
Spécifiquement en Amazonie. Pas en Australie, au Congo ou au Kamtchatka… C'est si important que François a même annoncé le versement d'une somme d'argent pour le reboisement de centaines d'hectares..
Oui mais il faut savoir qu'au Brésil, la Constitution de 1988 reconnaît aux Indiens l’occupation permanente de leurs terres et l’usufruit exclusif des richesses du sol, des rivières et des lacs. Le carbone peut en faire partie : la loi sur les changements climatiques qualifie les crédits
carbone d’actifs mobiliers.
A titre d'exemple, le peuple indigéne Suri a obtenu des certificationsen crédits-carbone du CCB (
Climate, Community and Biodiversity Project Design Standards) et du VCS (
Verified Carbon Standard). En 2013, la société brésilienne de produits cosmétiques Natura a conclu un accord avec ces indigenes dans le cadre de sa politique de neutralisation de ses émissions. Elle leur achetait 120 000 tonnes de carbone pour l’équivalent de 40 0000 dollars.
Tout semblait aller pour le mieux jusqu’à ce que, début 2015, ce projet de « capture de gaz carbone » soit dénoncé auprès du Ministère public fédéral comme responsable de la destruction du peuple Surui.
C'est exactement ce que sous-entendait le chef de tribu amazonien, Jonas Marcolino Macuxí, le chef de la tribu Macuxi quia déclaré samedi lors d'une conférence à Rome qu'une "dictature" d'ouvriers missionnaires enseignant la théologie de la libération avec pour objectif d'empêcher le développement de la région

( 876485 )
pour faire court : plumes amazoniennes, idées allemandes par Luc Perrin (2019-10-10 13:06:46)
[en réponse à 876478]
vos collègues ont raison de s'interroger car pour toute personne sensée, ce "synode" sur une vaste région peu peuplée n'a ni queue ni tête. D'autant qu'il se déroule comme une farce ... coûteuse qui va creuser un peu plus le déficit financier du St-Siège.
Il était difficile de faire un Synode révolutionnaire allemand pour l'Europe, c'est pourquoi Rome est mécontente de la précipitation des Germains pour faire leur nouvelle révolution religieuse "marxienne" celle-là. (du cardinal Marx).
Alors les stratèges ont eu l'idée du détour par l'Amazone mais derrière les plumes et la Pachamama, ce sont les prélats germano-autrichiens (Kräutler, Marx, Kasper, Schönborn etc) et leurs théologiens, leurs élèves latino-américains et néo-jésuites qui sont à la manoeuvre. Toutes les ruptures annoncées sont déjà dans les manuels des théologiens d'Outre-Rhin.
Vous serez transformé en "Amazonien" ici en Europe comme c'est largement fait en Amérique du Nord dans une partie de l'Eglise, comme c'est fait en Amérique latine d'où vient le Pape régnant.

( 876491 )
Tradition paradoxale par Aigle (2019-10-10 14:06:45)
[en réponse à 876485]
Faut il imaginer que le respect des traditions amazoniennes ne conduisent certains a réévaluer la Tradition occidentale ?
Bref les promoteurs du synode amazonien ne vont ils pas se transformer en promoteurs du motu proprio SP. ?

( 876490 )
C’est le rôle de l’Eglise de se pencher … par Ion (2019-10-10 14:00:42)
[en réponse à 876478]
… vers ses enfants là où les besoins se font le plus sentir. Et c’est le rôle d'un Synode d'accompagner, de "marcher avec".
Pourquoi l’Amazonie mérite-t-elle un Synode ?
Il y a eu les encycliques Rerum Novarum il y a plus de 100 ans, puis Laudato Si en 2015. A chaque fois, l’Eglise, quand le besoin s’est fait sentir, s’est penchée sur ses enfants en rappelant les principes d’une écologie intégrale.
Aujourd’hui l’Amazonie, pays immense, est unique au regard de sa situation écologique, mais aussi de sa situation pastorale. Ses populations sont menacées dans leur existence spirituelle et temporelle. Le monde observe l’Amazonie. Quoi donc de plus normal que ce soit l’Eglise qui prenne les devants pour apporter la Bonne Nouvelle et répondre à cette "sœur qui crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposés en elle (Ladauto Si)" ?
Les enjeux ? En résumé, on peut dire que l’Amazone constitue une sorte de laboratoire de l’Eglise et des enjeux dans un monde fait de flux migratoires toujours plus importants et de cohabitation croissante entre les peuples de différentes cultures.
Le cardinal Baldisseri, secrétaire général du Synode, résume le thème du synode Amazonie: nouveaux chemins pour l’Eglise et pour une écologie intégrale par ces mots : "Ouvrir de nouvelles voies pour l’Église signifie favoriser le rôle de la communauté chrétienne, qui a toujours été au service des populations locales dans le travail d’évangélisation et de promotion humaine. Renforcer le «visage amazonien» de l’Église nécessite le renouvellement d’une stratégie d’évangélisation, un nouveau paradigme apostolique qui sache renforcer la présence chrétienne sur le territoire, en ne s’appuyant pas uniquement sur des missionnaires extérieurs."
Ion

( 876493 )
Vous parlez de Rerum Novarum par Regnum Galliae (2019-10-10 14:20:58)
[en réponse à 876490]
Puissions-nous avoir ce genre d'enseignment à l'issue du synode sur l'Amazonie :
Aussi bien, que servirait à l'ouvrier d'avoir trouvé au sein de la corporation l'abondance matérielle, si la disette d'aliments spirituels mettait en péril le salut de son âme ? "Que sert à l'homme de gagner l'univers entier, s'il vient à perdre son âme ?" (44) Voici le caractère auquel Notre Seigneur Jésus-Christ veut qu'on distingue le chrétien d'avec le païen. "Les païens recherchent toutes ces choses... cherchez d'abord le royaume de Dieu, et toutes ces choses vous seront ajoutées par surcroît".
Ainsi donc, après avoir pris Dieu comme point de départ, qu'on donne une large place à l'instruction religieuse, afin que tous connaissent leurs devoirs envers lui. Ce qu'il faut croire, ce qu'il faut espérer, ce qu'il faut faire en vue du salut éternel, tout cela doit leur être soigneusement inculqué. Qu'on les prémunisse avec une sollicitude particulière contre les opinions erronées et toutes les variétés du vice. Qu'on porte l'ouvrier au culte de Dieu, qu'on excite en lui l'esprit de piété, qu'on le rende surtout fidèle à l'observation des dimanches et des jours de fête. Qu'il apprenne à respecter et à aimer l'Eglise, la commune Mère de tous les chrétiens; à obéir à ses préceptes, à fréquenter ses sacrements qui sont des sources divines où l'âme se purifie de ses taches et puise la sainteté.
En d'autres termes, il ne faudrait pas oublier que nous sommes ici en exil et que le vrai enjeu auquel doit s'adonner l'Eglise est le salut des âmes.

( 876503 )
[réponse] par Pueri Dominum (2019-10-10 15:24:53)
[en réponse à 876490]
"Le monde observe l’Amazonie"> Vous avez vraiment cette impression ?
"On peut dire que l’Amazone constitue une sorte de laboratoire de l’Eglise et des enjeux dans un monde fait de flux migratoires toujours plus importants et de cohabitation croissante entre les peuples de différentes cultures" > Franchement, je n'ai pas le sentiment que la forêt amazonienne soit le point de convergence des flux migratoires mondiaux... ou j'ai loupé quelque chose ! Je n'ai pas l'impression que ceux qui fuient leur pays pour des questions sécuritaires ou économiques rêvent de "l'eldorado amazonien" qui serait synonyme de dynamisme économique, de confort, d'acquis sociaux, de services de santé à la pointe etc.... Convergence tellement forte qu'une multitude de personnes de cultures différentes doivent cohabiter ensemble....
Certes il y a une multitude de communautés indiennes en Amazonie, mais de là, à faire la comparaison que vous faites avec les flux migratoires mondiaux, il y a de quoi s'étrangler légèrement...
Franchement, vous croyez à ce que vous écrivez ?

( 876506 )
probablement c'est cela le plus grave par Luc Perrin (2019-10-10 15:34:52)
[en réponse à 876503]
je parle de la foi amazonienne de notre ami qui trouve que nous avons le meilleur Pontife depuis Benoît IX et le meilleur Collège épiscopal de toute l'histoire, mieux même que les Douze sans doute.
Mais attendez ce qu'il vous dira du Synode sur le sable au Sahara et celui sur l'Antarctique ...

( 876510 )
Les prochains synodes... par Pueri Dominum (2019-10-10 15:50:32)
[en réponse à 876506]
...consacrés au Sahara et à l'Antarctique précéderont certainement de peu celui consacré aux îles Marshall !

( 876514 )
Beaucoup de glace aura fondu si on organise un synode sur le Pôle nord ! par Athanase (2019-10-10 16:05:30)
[en réponse à 876510]
J'imagine les démarche d'ouverture (une marche de pingouins), les exigences (des igloos liturgiques), la demande de création d'un rit eskimo (une idée qui ne doit pas fondre)... Je demande des pasteurs qui sentent l'odeur des phoques (on ne parle plus de brebis). Ce sont les nouvelles périphéries de l'Église (certes, au sommet de la terre).

( 876517 )
un pingouin pour quoi faire ? par Regnum Galliae (2019-10-10 16:12:53)
[en réponse à 876514]
pour l'immoler à la déesse mère des Inuits ?

( 876513 )
Ne trouvez-vous pas que ... par Ion (2019-10-10 16:01:47)
[en réponse à 876503]
... l'excès d'exploitation industrielle en Amazonie, la cohabitation des plus pauvres et des plus riches qui en résulte et les chocs de culture ne sont pas à l'image de ce qui se passe dans le monde aujourd'hui ?
Ion

( 876515 )
Et alors ? par Regnum Galliae (2019-10-10 16:09:24)
[en réponse à 876513]
Laissez César s'occuper des affaires de César ! Ce n'est pas à l'Eglise de lutter contre la pollution, la déforestation ou la survie des cultures primitives ! L'Eglise doit paître le troupeau du Seigneur pour le conduire au Ciel et vu le document préparatoire, je ne vois pas dans la direction que semble prendre ce synode ce qui répond à cette vocation.
C'est quand même drôle, on nous serine depuis Vatican II que l'Eglise ne doit plus s'occuper des choses temporelles, on promeut la séparation de l'Eglise et de l'Etat, etc. et là, on vient nous imposer la doxa marxo-écolo-mondialiste, et ce sans aucune transcendance !

( 876525 )
Effectivement, halte au cléricalisme ! par vistemboir2 (2019-10-10 17:05:05)
[en réponse à 876515]
(Tout est dans le titre)

( 876533 )
Relisez Laudato Si par Ion (2019-10-10 17:45:45)
[en réponse à 876515]
Ne serait-ce que son introduction.
Vous y lirez l’exact opposé de ce que vous venez d’écrire, non seulement sous la plume du Pape François mais dans ce qu’il rappelle des interventions de ses prédécesseurs, St Jean XXIII (dans
Pacem in terris), Saint Paul VI, St Jean-Paul II (avec la
nécessité d’une conversion écologique globale) et Benoît XVI, tous nous rappelant la nécessité de nous convertir et de contribuer à une utilisation juste des ressources de la terre qui respecte et reconnait dans cette terre, cette maison commune, la Création de Dieu et l’unicité de la nature.
Paître le troupeau du seigneur, pour reprendre votre expression, c'est aussi se préoccuper de notre maison commune.
"le livre de la nature est unique et indivisible et inclut, entre autres, l’environnement, la vie, la sexualité, la famille et les relations sociales", selon Benoît XVI, cité dans Laudato Si

( 876546 )
J'ai beau relire Laudato Si par Meneau (2019-10-10 18:58:00)
[en réponse à 876533]
je n'y vois pas qu'on doive porter Pacha Mamma en procession dans la Basilique St Pierre, ni prier devant une idole dans les jardins du Vatican, ni danser dans le choeur, ni qu'écologie intégrale veuille dire faire nôtre les "fantasmes modernistes et écolo-marxistes" que promeut ce synode... Quoique... pour ce dernier point, on puisse y discerner des germes.
Cordialement
Meneau

( 876561 )
Si comme vous le dites... par Paterculus (2019-10-10 21:52:52)
[en réponse à 876533]
... les problèmes sont généraux, pourquoi les prendre par le petit bout de la lorgnette ?
Je veux dire pourquoi n'es parler qu'à propos d'une partie d'un continent ?
Je suis d'accord qu'il faut aider les gens à ne pas perdre leurs traditions, mais pourquoi cela ne devrait-il pas être valable aussi pour les Occidentaux ?
Si vraiment il faut mettre en valeur le culte de la déesse mère des Amazoniens, pourquoi ne devrait-on pas revenir à la cuisse de Jupiter et à ces sornettes ?
Il faut appliquer au paganisme de l'Amazonie ce qui a été appliqué au paganisme du monde gréco-romain.
Votre dévoué Paterculus

( 876528 )
bonne question mais en quoi ce Synode est-il une par Luc Perrin (2019-10-10 17:13:33)
[en réponse à 876513]
réponse puisque tout ce que l'Église catholique a à dire sur les sujets de
a) la déforestation pas qu'en Amazone au passage (mais sûrement pas chez les Autrichiens ni les Allemands ni en Europe ni aux USA)
b) la cohabitation des plus pauvres et des plus riches (ah bon ils cohabitent selon vous ??? Je n'ai pas votre carnet d'adresses et je n'ai jamais été dans le même immeuble que Bernard Arnaud, Georges Soros, le roi des Pays-Bas, les propriétaires de Goldman Sachs etc. qui ne résident pas sur les bords de l'Amazone d'ailleurs)
c) les chocs des cultures (l'Inde serait un terrain plus pertinent que la forêt amazonienne ou l'Europe géographique ou la Syrie non ?)
l'Église catholique a déjà donné des grandes orientations à tout cela et parfois depuis très longtemps.
En quoi l'adoration de Pachamama au Vatican, qui est une abomination à Dieu, répond à quoi que ce soit ou l'ordination d'hommes mariés et celle des femmes prônées par le grand organisateur autrichien Mgr Kräutler ?
Ultimement le rôle de l'Église hiérarchique n'est pas d'usurper celui des laïcs dans des domaines qui, manifestement, ne relèvent pas de l'annonce explicite de l'Évangile. J'ai déjà cité Christifideles laici.
Mais pour les néo-catholiques bâtir une religion amazonienne est leur priorité. Nous avions compris depuis quelque temps cher ami : on nous averti dans la Bible à ce sujet à plusieurs reprises.

( 876541 )
Melanchon sort de ce corps ! par Semper parati (2019-10-10 18:38:11)
[en réponse à 876513]
Ion est possédé par la FI ...
Pauvre Ion
sp

( 876508 )
Comment comprenez-vous le rituel païen dans les jardins du Vatican ? par Gaspard (2019-10-10 15:45:57)
[en réponse à 876490]
Merci beaucoup. Personnellement j'avoue, je ne comprends pas.

( 876511 )
Moi non plus ... par Ion (2019-10-10 15:54:53)
[en réponse à 876508]
... je ne le comprends pas plus que vous. Démagogique, peut-être ? De mon point de vue, inutile, mais mon point de vue n'a pas beaucoup d'importance.
Ion

( 876559 )
L'ordination des femmes ad experimentum par JVJ (2019-10-10 21:41:55)
[en réponse à 876478]
est demandée au bord des rives de l'Abolikapo, car les hommes ont déserté un vaste territoire que seules les femmes ont décidé de gérer en nouvelles amazones d'Amazonie.
Saint-Père, on ne peut priver de communion ces femmes chaque dimanche.
Restant sauve l'obligation d'ordonner des hommes célibataires ailleurs si cela vous chante.
Mais si dans les diocèses de Digne, Troyes, Auxerre-Sens, Tulle et Langres, il n'y a plus un seul prêtre dans un rayon de 50 km, nous demandons ad experimentum que chaque membre de l'eap puisse être revêtu des ordres majeurs, car etc.
La Mission de France, faute de vocations, demande la même chose pour des syndicalistes athées. Ad experimentum.
Les filles servants d'autel, la carte des régions apostoliques et l'octroi de pallium, etc Tout cela fut décidé ad experimentum.
C'est comme l'Union européenne, cela s'appelle la politique du cliquet. Impossible de revenir en arrière, dès lors qu'on expérimente.
On peut aussi s'amuser avec le divorce ad experimentum pendant qu'on y est, et les prêtres ordonnés en CDD comme tout bon pasteur qui se respecte.

( 876563 )
On vous a fait des réponses partielles ou rapides... par Paterculus (2019-10-10 22:00:01)
[en réponse à 876478]
... mais je crois que vous attendez plus.
Je vais essayer de trouver le temps de vous répondre sur le fond.
VdP

( 876566 )
[réponse] par Regnum Galliae (2019-10-10 22:11:39)
[en réponse à 876563]
Merci cher Paterculus, et je crois que votre réponse en intéressera plus d'un

( 876577 )
Un bon texte de Roberto de Mattei sur Benoit et moi : par Davidoff2 (2019-10-10 22:44:23)
[en réponse à 876566]
LES IDOLES, LE PROPHÈTE ELIE LES ABATTAIT
Amazonie, mot-talisman.
Parmi les mots-talisman de notre temps, il y a celui d’Amazonie. Les pouvoirs médiatiques internationaux, après l’avoir lancé en 1992, à l’occasion du cinquième centenaire de la découverte de l’Amérique et de la Conférence de Rio, la première conférence mondiale des chefs d’Etat sur l’environnement, l’ont relancé ces dernières semaines. Les semaines où une Suédoise de seize ans, Greta Thurnberg, a apporté l’évangile de l’environnementalisme aux Nations Unies, et où le Pape François consacre même un Synode des évêques à l’Amazonie. Aujourd’hui, l’Amazonie n’est pas considérée comme un territoire physico-géographique, mais comme un paradigme culturel et même, selon l’Instrumentum laboris du Synode des évêques, un « lieu théologique » (nn. 18-19).
Amazonie, un eden ?
Pour les premiers missionnaires qui l’ont pénétrée au XVIe siècle, cette terre ne paraissait pas très différente de ce que décrit Emil Schulthess, célèbre photographe suisse qui l’a explorée au XXe siècle. Dans l’un de ses célèbres livres sur l’Amazonie publiés dans les années 1960, Schulthess explique combien l’image idyllique que beaucoup en donnent est fausse. L’Amazonie n’est pas un Eden romantique, mais une forêt inaccessible, où vivent des légions d’insectes, des armées de fourmis et de moustiques, des myriades d’araignées et de serpents venimeux; les eaux qui la traversent sont infestées de piranhas, alligators et anacondas féroces, tandis que jaguars et animaux sauvages se tapissent dans les arbres. C’est un monde où le soleil ne pénètre jamais, sans lumière et sans saisons, où il n’y a pas de fraîcheur la nuit, mais seulement une chaleur incontrôlable. Un paysage dans lequel il pleut toujours, où les eaux pourrissent et où dominent l’humidité et la pourriture. C’est le royaume des ombres, pas un paradis, mais plutôt, dit Schulthess, un « enfer vert ».
Europe, forêts, Saint-Benoît.
L’Europe, après la chute de l’Empire romain, était presque entièrement couverte de forêts et de fourrés. Les moines bénédictins ont déboisé les forêts, drainé les marais, irrigué les campagnes, travaillé la terre pour la rendre arable, construit le paysage d’un continent entier. L’existence des forêts est permise par Dieu pour pousser l’homme à ne pas se soumettre à la nature, mais à la dominer et à la transformer. À la forêt, qui est le royaume des ombres, qui abrite les esprits des ténèbres, les moines opposèrent la terre cultivée, symbole de la culture de l’homme, qui est un vrai progrès sur le chemin vers la vérité. C’est ainsi que le Moyen Âge opposa les ténèbres de la forêt, habitée par les mauvais esprits, à la lumière des cathédrales. La déforestation est un symbole de civilisation, le culte de la forêt un symbole de barbarie. Le premier grand déboisement de l’histoire fut celui de Saint Benoît de Nurcie, le père de la civilisation européenne.
Un tournant inquiétant.
Voilà la nouvelle religion qui nous est proposée : une religion à visage tribal, qui est en fait une anti-religion, une vision idolâtre de la nature, devant laquelle nous devons demander au Seigneur l’esprit avec lequel Elie a renversé les idoles et vaincu les faux prophètes (1 Rois, 18, 20-40). Nous craignons que des idoles ne soient reçues au Vatican et, face à cette perspective terrible, nous devons répéter à voix haute les paroles que les Apôtres ont opposées à ceux qui leur ont demandé de ne pas prêcher l’Évangile immédiatement après la mort du Christ: « Non possumus » (Ac 4, 20) : « Nous ne pouvons garder le silence sur ce que nous avons vu et entendu ».