Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 875069 )Vers une crise inédite au sein de l’Église par Jean Kinzler (2019-09-21 13:45:28) 

D’importants désaccords internes secouent le Vatican. Le mot «schisme» refait surface.

Il flotte en cet automne romain saturé d’humidité une atmosphère assez délétère sur l’une des sept collines de la capitale italienne, le Vatican. Ce lieu sacré du catholicisme où saint Pierre repose, selon la tradition, n’a jamais été tranquille. Mais le mot «schisme» y refait surface. Un schisme est une rupture dans la communion de l’Église où une partie de la communauté prend le large, à la suite d’un désaccord doctrinal. Le dernier en date, même si les auteurs récusent le terme «schisme», remonte à l’ordination de quatre évêques, contre l’avis de Rome, par Mgr Marcel Lefebvre, en juin 1988. Le grief portait sur le concile Vatican II (1962-1965) et la réforme de la liturgie.


Les désaccords internes portent cette fois sur le train de réformes que le pape François, 266e successeur de Pierre, entend mener à bien. La plus spectaculaire sera accomplie d’ici à la fin octobre via un «synode sur l’Amazonie» .La suite sur le site du Figaro
images/icones/fleche2.gif  ( 875072 )card. Biffi : "des jours viendront, et voic qu'ils sont déjà arrivés" par jejomau (2019-09-21 14:16:27) 
[en réponse à 875069]

En 2005, un grand théologien et cardinal appelé Giacomo Biffi (1928-2015) nous avait mis en garde contre la « grande crise qui a frappé le christianisme au cours des dernières décennies du vingtième siècle » allant jusqu’à le vider de toute substance au nom d’une fraternité universelle.
Dans un chapitre de son livre, le cardinal Biffi reprend le récit de l’Antéchrist rédigé en 1900 par le théologien et philosophe russe Soloviev pour l’appliquer à l’Église d’aujourd’hui.

L’Antéchrist, dit Soloviev, […] croyait au bien et même en Dieu. […] Il faisait « preuve au plus haut point de modération, de désintérêt et de solidarité active ». […] Le livre qui lui a valu la gloire et la reconnaissance universelle s’intitulait : « La voie ouverte vers la paix et la prospérité universelle ». […]

Il est vrai que certains hommes de foi se demandaient pourquoi le nom du Christ n’y était jamais cité. Mais d’autres répétaient : « Du moment que le contenu du livre est empreint du véritable esprit chrétien, d’amour actif et de bienveillance universelle, que vous faut-il de plus ? ». […]

Là où l’exposé de Soloviev devient particulièrement original et surprenant – et mérite une réflexion très approfondie – c’est quand il attribue à l’Antéchrist les qualificatifs de pacifiste, d’écologiste et d’œcuméniste. […]

Avec cette description de l’Antéchrist, Soloviev […] fait surtout allusion à ce « nouveau christianisme » dont Léon Tolstoï ne cessait de vanter les mérites à cette époque. […]

Dans son « Évangile », Tolstoï réduit tout le christianisme à cinq règles de comportement qu’il tire du Discours sur la montagne :

-Non seulement tu ne tueras pas, mais tu ne te mettras pas non plus en colère contre ton frère.
-Tu ne cèderas pas à la sensualité, au point que tu ne devras pas même désirer ta propre femme.
-Tu ne te lieras jamais par un serment.
-Tu ne résisteras pas au mal, mais tu appliqueras jusqu’au bout et en toute circonstance le principe de la non-violence.
-Aime, aide et sert ton ennemi.

Ces préceptes, selon Tolstoï, viennent peut-être du Christ, mais ils n’ont aucunement besoin de l’existence du Fils de Dieu réellement vivant. […]Certes, Soloviev n’identifie pas formellement le grand romancier à la figure de l’Antéchrist. Mais il pressentait avec une clairvoyance fulgurante que c’est bien le tolstoïsme qui serait devenu, tout au long du XXè siècle, le véhicule qui permettrait de vider le message évangélique de sa substance, à travers l’exaltation formelle d’une éthique et d’un amour pour l’humanité se faisant passer pour des « valeurs » chrétiennes. […]

Des jours viendront, nous disait Soloviev – et voici qu’ils sont déjà arrivés, pouvons-nous ajouter – où dans le Christianisme, on tendra à dissoudre la réalité du Salut – qui ne peut être compris que dans l’acte difficile, courageux, concret et rationnel de la foi – en une série de « valeurs » bien plus vendeuses sur le marché mondain.
Le plus grand des philosophes russes nous met en garde contre ce danger qui nous guette. Même si un christianisme tolstoïen nous rendait infiniment plus acceptables dans les salons, en société, en politique où à la télévision, nous ne pouvons pas et nous ne devons pas renoncer au christianisme de Jésus-Christ, le christianisme qui trouve son centre dans le scandale de la croix et dans la réalité bouleversante de la résurrection du Christ.

On ne peut réduire Jésus-Christ, le Fils de Dieu crucifié et ressuscité, seul sauveur de l’homme, en une série de gentils projets et de bons sentiments compatibles avec la mentalité mondaine dominante. Jésus-Christ est une « pierre » comme il l’a dit en parlant de lui. Sur cette « pierre », soit on construit (en s’y fiant), soit on trébuche (en s’y opposant) : « Et tout homme qui tombera sur cette pierre s’y brisera ; celui sur qui elle tombera, elle le réduira en poussière ! » (Mt 21, 44). […].

Cet enseignement de Soloviev est donc à la fois prophétique et largement ignoré. Nous voulons cependant le faire connaître à nouveau, dans l’espoir que le Christianisme se sente enfin interpellé et qu’il y prête un peu d’attention.


lien
images/icones/croix_byzantine.png  ( 875074 )Prédication du Cardinal Biffi : Carême 2007 devant Benoît XVI par Glycéra (2019-09-21 14:57:48) 
[en réponse à 875069]


Ici


C'est publié avant-hier, mais c'est déjà ancien. Prêché le 27 II 2007. Le cardinal Biffi est décédé en 2015.

Benoît XVI cite d'ailleurs Soloviev dans son livre "Jésus de Nazareth" :



Benoît XVI consacre à l’interprétation de l’Écriture, ce passage de son livre, au chapitre 2°, sur les tentations de Jésus : « Pour attirer Jésus dans le piège, le Diable cite la Sainte Écriture il se présente comme théologien. Vladimir Soloviev a repris ce thème dans son ‘Récit de l’Antéchrist’ ; l’Antéchrist reçoit le titre de ‘docteur honoris causa’ en théologie, de l’Université de Tübingen ; c’est un grand expert de la Bible. Par ce récit, Soloviev a voulu exprimer de manière drastique son scepticisme vis-à-vis d’un certain type d’exégèse érudite de son époque. Il ne s’agit pas d’un ‘non’ à l’interprétation scientifique de la Bible en tant que telle, mais plutôt d’un avertissement hautement salutaire et nécessaire face aux voies erronées qu’elle peut prendre. L’interprétation de la Bible, écrit Benoît XVI, peut effectivement devenir un instrument de l’Antéchrist. Soloviev n’est pas le seul à le dire, c’est ce que montre implicitement le récit même des tentations. Les pires livres qui ont voulu détruire la figure de Jésus, des destructeurs de la foi, ont été forgés avec de soi-disant résultats de l’exégèse » (page 57-58




Jésus est notre porte : "A qui irions-nous Seigneur, tu as les paroles de la Vie éternelle !" dit Pierre. Mais cela ne lui évitera pas de disputer, discuter, pour organiser lui-même, en négociant au long des chemins avec les autres apôtres, les choses à faire et les attributions dans ce qu'il imagine être le gouvernement que Jésus va fonder.

Forte ressemblance avec l'actualité, non ?

Jésus ne nous abandonne pas ... comme Il n'a pas abandonné les siens quand il était invisible au tombeau. Seule Marie a tenu le cap ... Autre actualité, non ? Sous sa houlette, faisons retour obstiné, et persévérant à Jésus, au Seigneur. Pas aux disctutations à vues politico-humaines.

Prier, se convertir, progresser en son âme, s'individuer en Dieu en soutien (réciproque) à ses frères, et cela rayonnera, et cela tiendra le monde. A l'image des saints invisibles de toutes les époques.

Se préparer aux jours effrayants qui arrivent, et que Dieu raccourcira, il l'a promis, pour répondre aux demandes de Ses enfants priants.

Que Dieu nous garde !

Glycéra