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Cardinal Braz de Aviz: «Beaucoup de choses de la tradition ne sont plus utiles» par Gaspard (2019-07-16 21:27:02)
Envoyé par le pape François au 60e anniversaire de la Conférence des religieux du Paraguay, le cardinal Braz de Aviz, préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée depuis 2011, a accordé un entretien au quotidien Ultima Hora. La Croix en présente les principaux éléments. ça décape dur, même le peu qui reste après 50 ans de Vatican II doit être rasé :
« Il faut regarder ce qui est fondamental et ce qui ne l’est pas. Beaucoup de choses de la tradition, qui relèvent plus de la culture ancienne, ne sont plus utiles. »
« Nous devons beaucoup changer », admet le cardinal Braz de Aviz.
« Par exemple, poursuit-il, nous avons des formes de vie liées à nos fondateurs qui ne sont pas essentielles : une façon de prier, une façon de s’habiller, de donner plus d’importance à certaines choses qui ne le sont pas tant que ça et de négliger d’autres qui le sont. Toutes les choses secondaires peuvent tomber, mais le charisme spécial des fondateurs ne peut pas tomber. »
(...) la prêtrise doit être pensée « non pas comme la chose la plus importante » mais comme « une vocation » parmi d’autres. (...)
« Dans la vie consacrée, le prêtre ne doit pas occuper la première place, il doit occuper la même place que les autres frères et sœurs, rappelle-t-il. Ceci, par exemple, doit changer, le pape dit qu’il faut distinguer entre pouvoir et autorité. L’autorité divine est bonne, pas le pouvoir. »
[et le déni habituel sur la pédophilie:] « Si des cas sont apparus dans la vie de l’Église, nous devons les élucider. Nous sommes très avancés (dans les investigations, NDLR) mais il y a de nombreuses dénonciations qui ne sont pas vraies, et ce sont les commissions diocésaines qui vérifient si c’est vrai ou non. »P>
Article de La Croix du 16 juillet 2019

( 871641 )
qu'appelle-t-il tradition ? par jejomau (2019-07-16 23:09:55)
[en réponse à 871633]
de toute façon, quand on change (supprime) une tradition culturelle par quelque chose d'autre… Ce "quelque chose d'autre" devient une nouvelle "tradition" qui s'impose

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Au sujet de l'attribution de la juridiction à des fidèles laïcs (bis) par Paterculus (2019-07-17 20:12:35)
[en réponse à 871633]
"Avec vous je suis chrétien, pour vous je suis prêtre", disait Saint Augustin.
"Avec vous je suis religieux, pour vous je suis prêtre", peuvent dire les religieux prêtres à leurs frères.
Il importe que dans une communauté où il y a des prêtres le supérieur soit un prêtre.
Je m'en suis expliqué ici :
Au sujet de l'attribution de la juridiction à des fidèles laïcs.
Votre dévoué Paterculus

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Complément sur le même sujet par Paterculus (2019-09-19 22:01:47)
[en réponse à 871673]
Je tombe ce soir sur la présentation d'un livre intitulé :
Pouvoir d'ordre et pouvoir de juridiction : histoire théologique de leur distinction
(Par Laurent Villemin -
Cerf, 2003 - 505 pages)
Que faut-il entendre par pouvoir d'ordre et par pouvoir de juridiction, et quel rôle a joué leur distinction dans le droit canonique et la théologie ? Répondre à ces questions suppose que l'on soit d'accord au préalable sur la définition de l'un et de l'autre concept. Rien n'est moins simple. Ces notions varient considérablement entre leur apparition dans la doctrine canonique et théologique à la fin du XIIe siècle et la période actuelle. L'auteur met en lumière, à chacune des époques, les réalités diverses qu'elles recouvrent, les relations qu'elles entretiennent entre elles et la place qu'occupe la distinction dans les débats théologico-canoniques. Il étudie la séparation progressive qui s'opère entre les deux catégories et dresse enfin un bilan théologique de ce panorama historique. Il permet d'en mesurer les répercussions pour l'ecclésiologie, notamment en ce qui concerne les liens entre la théologie et le droit de l'Église. Le livre contient une véritable thèse : il en vient à recommander de ne plus faire usage en théologie de la distinction entre pouvoir d'ordre et pouvoir de juridiction. Pour fonder cette position, il s'appuie sur la multiplicité des significations revêtues par ces deux notions au cours de leur histoire. Il tire, enfin, argument de l'affinité qu'elles entretiennent avec un système théologique né au XIIe siècle et qui n'est plus le nôtre aujourd'hui. Il propose ainsi une véritable interprétation théologique de la position du concile Vatican II qui n'utilise pas cette distinction.
(C'est moi qui ait mis deux phrases en gras.)
Si j'ai bien compris (que les canonistes me corrigent !) la distinction entre le pouvoir de juridiction et le pouvoir d'ordre est obsolète. Seuls les évêques ont le pouvoir d'ordre, si celui-ci ne doit plus être distingué du pouvoir de juridiction, vouloir accorder la juridiction à des laïcs revient à leur donner un pouvoir d'évêque.
Je suis donc conforté dans la position que j'ai développée sur le sujet précédemment.
VdP

( 874986 )
Ils dénaturent tout ce qu'ils peuvent par Eudoxie (2019-09-19 22:56:22)
[en réponse à 871633]
La photo illustre bien le fait qu'il y a des religieuses "aux normes", qui sont intégrées dans la nouvelle Eglise de miséricorde et d'ouverture, et puis celles qui sont rétrogrades, et qui ont des mentalités trop vieilles, qu'il fait élaguer. Etouffer. Remettre en cause en permanence. "Nous devons beaucoup changer", c'est la devise des progressistes, qui ne font plus la différence entre ce qui est ancien et ce qui est obsolète. Le progressisme est un idéologie qui ne devrait pas avoir sa place dans l'Eglise. Et il est scandaleux que des congrégations doivent s'adapter à cette idéologie totalitaire, puisque disons-le, des congrégations entières sont obligées de nos jours à se soumettre à de nouveaux canons, de nouvelles constitutions (comme les Franciscains de l'Immaculée...et tant d'autres)qui dénaturent leur charisme. Ce n'est pas Rome qui peut décider de ce qui est nécessaire ou pas pour la survie d'une communauté! Rome n'a ni l'infaillibilité ni la science infuse, pour tous les cas particuliers que sont toutes ces congrégations! enfin je ne comprends pas ces velléités de réformes, alors qu'il n'y a plus de vocations! (ou plus de réponses à celle-ci, comme vous voulez).
Le pire, à mon sens, c'est la récente Lettre aux congrégations féminines, Vultime querere Dei, qui stipule que les congrégations et monastères devront obligatoirement être fédérées, peu importe leurs différences, leurs particularités. Ainsi, des congrégations classiques se sont retrouvées dans l'obligation romaine d'être fédérées avec des congrégations progressistes...ce qui est absurde. C'est comme si les congrégations religieuses Ecclesia Dei étaient obligées d'être fédérées avec d'autres congrégations, complètement modernistes.
Il y a ça, et puis l'intérêt porté, dans cette lettre, à l'apport de la psychologie pour discerner les vocations...en collaboration avec le Maître des Novices. Je sais bien que pour certains cas ça peut être utile, mais ça sonnait tout de même de manière inquiétante, comme si le psy pouvait collaborer au travail du Maître des Novices de manière systématique, pour le discernement d'une vocation (divine par nature!)...ça fait peur. Il y a des supérieurs qui en ont profité pour virer des séminaristes trop classiques, par exemple.
Ce prélat devra en répondre devant Dieu. Depuis qu'il est là, rien ne va plus. Et ce qui se porte bien se retrouve malade, ou meurt.
udp...

( 874989 )
Ce genre de choses nous ramène 50 ans en arrière par Pétrarque (2019-09-19 23:01:49)
[en réponse à 871633]
Sauf qu'à l'époque, de tels propos n'auraient pas -je crois- pu être tenus de façon aussi directe et décomplexée par un cardinal occupant une telle charge.
On n'est plus dans le off ou dans le propos de table.
Il y a depuis quelques temps des signaux qui s'accumulent et qui font clairement penser à une action concertée et aux préliminaires d'une large offensive pour saper ce qui tient encore debout.
Avec comme autre signal inédit la complicité assumée de l'occupant du Siège apostolique.