Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=874832
images/icones/1n.gif  ( 874832 )Un accord portant sur les abus sexuels entre Mgr Aupetit et le Procureur de Paris par jejomau (2019-09-18 10:28:38) 

Celui-ci a été signé jeudi 5 septembre

Le protocole en question prévoit que toutes les dénonciations d’infractions sexuelles paraissant vraisemblables, soient transmises au parquet de Paris par la voie d’un signalement, sans qu’il soit nécessaire que la victime ait au préalable déposé plainte. Il est expérimenté pour un an, affirme Mgr Thibault Verny, évêque auxiliaire de la capitale en charge de la lutte contre les abus, dans une interview à Paris Notre-Dame, l’hebdomadaire du diocèse.

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Eh bé..
images/icones/info2.gif  ( 874835 )Pas si bête... par Fenestri (2019-09-18 10:44:31) 
[en réponse à 874832]

Quelques précisions : il s'agit de "toutes les personnes, clercs et laïcs intervenant dans un établissement relevant de l’Église catholique", pas seulement des prêtres.

A noter aussi qu'il s'agit d'une expérimentation pour un an.

A noter, enfin, que le traumatisme des deux suicides l'année dernière de prêtres suite à la publication de leur nom via des communiqués diocésains fait partie des raisons pour lesquelles l'Eglise préfère confier directement ces affaires à une justice qui s'est engagée à être discrète (selon le procureur, à voir dans les faits), afin que toute suspicion soit rapidement traitée et éviter, donc, que des hommes soient livrés en pâture à la meute (source)

Pas sûr que cet accord soit une mauvaise idée donc, bien au contraire.

A surveiller !
images/icones/fleche2.gif  ( 874837 )Précision par Fenestri (2019-09-18 10:47:30) 
[en réponse à 874835]

Ma formulation est maladroite : je n'insinue pas que les communiqués sont la cause du suicide des prêtres. Nul ne peut affirmer ce qui a conduit à ce geste désespéré. Simplement, comme le dit Mgr Aupetit, "« parfois nous avons pris des mesures inopportunes », en cherchant à protéger tant la victime présumée que l’agresseur présumé, et notamment dans le cas de prêtres dont le nom a été rendu public trop vite, conduisant à les « désigner comme coupables dans l’opinion publique »." (même source)
images/icones/bravo.gif  ( 874838 )Tout-à-fait d'accord par Turlure (2019-09-18 10:58:00) 
[en réponse à 874835]

Avec vous.

Permettre qu'une enquête ait lieu le plus tôt possible est le meilleure moyen de rendre justice tant aux victimes réelles qu'aux accusés à tort.

On remarque que cet accord prévoit un premier tamis où c'est l'appréciation des autorités ecclésiastique : vérifier que l'accusation n'est pas totalement invraisemblable.

A voir dans le temps comment se processus fonctionnera.
images/icones/1i.gif  ( 874841 )heureusement qu'on n'est pas en 1940... par jejomau (2019-09-18 11:13:04) 
[en réponse à 874838]

Comment faites-vous pour "vérifier que l'accusation n'est pas totalement invraisemblable."

Aucune entreprise ni organisme en France ne collabore à ce genre de choses

Bien entendu qu'un abus doit être dénoncé. Qui le conteste ?

Mais là… Une bigotte progressiste pourra jouer le corbeau dans le seul but de faire virer celui ou celle qu'il (ou qu'elle) ne veut plus voir au poste qu'il (ou qu'elle) occuppe

D'autres exemples possible...
images/icones/1f.gif  ( 874843 )Vous faites erreur par Turlure (2019-09-18 11:24:50) 
[en réponse à 874841]


Aucune entreprise ni organisme en France ne collabore à ce genre de choses



Si, justement. Si vous avez des doutes fondé sur l'existence d'un comportement criminel au sein de votre entreprise, ou association ou ce que vous voulez, il est normal d'avertir la justice afin de lui permettre de faire son travail.

Sur le contrôle de l'invraisemblance, j'imagine que le profil de l'accusateur et la crédibilité de son récit font partie des choses qu'on regardera.

Dans tous les cas, que le parquet enquête n'implique - heureusement - pas nécessairement qu'il y ait médiatisation.

Et qu'il y ait une enquête judiciaire évite justement ce que vous dénoncez : à savoir que l'Eglise, qui n'a pas les mêmes moyens que l'Etat pour enquêter, réagisse en déplaçant un prêtre sans forcément faire toute la lumière sur ce qu'il s'est passé.
images/icones/frFlag.gif  ( 874842 )L'info a déjà deux semaines par André (2019-09-18 11:19:08) 
[en réponse à 874832]

Voir par exemple ICI la référence vers l'article du Fig' sur le sujet.

Il faut voir plusieurs choses.

Si la victime présumée est encore mineure, elle ne peut même pas déposer valablement plainte, outre le fait qu'il est exceptionnel qu'un enfant s'adresse dans ce cas à la police. Donc cet accord a au moins l'avantage de donner lieu à un signalement de la part du diocèse au cas où les parents ne déposeraient pas plainte, ce qui n'est quand même pas rare (aucun des parents des victimes de Bernard Preynat ne l'a fait, par exemple).

Quand il s'agit d'adultes, c'est plus discutable en effet. Pour des personnes sous emprise et/ou fortement abîmées qui pourraient encore mettre 10 ou 20 ans avant de passer la porte du commissariat, ça a l'avantage d'informer rapidement le parquet du danger. Et si la police contacte ensuite la victime et qu'elle ne veut vraiment pas porter plainte, c'est encore son droit. Le seul inconvénient que je voie est que certaines victimes qui n'auraient vraiment confiance qu'en leur évêque (si si, ça existe vraiment) et voudraient éviter qu'il y ait des poursuites criminelles pourraient ne plus s'adresser au diocèse.

Au demeurant, cet protocole est en grosse partie une simple engagement à respecter la loi (CP 434) et ne devrait pas exister dans l'absolu.