Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=874535
images/icones/mitre4.png  ( 874535 )Mgr Viganò: Nous assistons à la création d'une ''nouvelle Église'' par Chicoutimi (2019-09-15 06:42:52) 

Traduction française d'un article de Life Site News:

Mgr Viganò: Nous assistons à la création d'une «nouvelle Église»

13/09/2019

''Il y a eu une campagne pour «infiltrer» l'Église «qui remonte à plusieurs siècles», a déclaré Mgr Carlo Maria Viganò, archevêque, dans un nouvel entretien avec le Dr. Robert Moynihan de Inside the Vatican.

Cette campagne peut être attribuée «en particulier à la création de la franc-maçonnerie au milieu des années 1700», a déclaré Viganò. "Mais bien sûr, ce projet était très trompeur et orienté, voire même incluait, d'une certaine manière, les forces de certains membres de l'Église."

"Ceci est décrit dans le livre Infiltration par le Dr. Taylor Marshall, vous pouvez donc y trouver une indication de ce processus", a-t-il ajouté. "Mais ce processus est devenu frappant de nos jours."

Viganò a expliqué que lors de l'ouverture du Concile Vatican II, le cardinal jésuite Augustin Bea avait été amené à influencer les évêques «en mettant de côté les schémas préparés par les divers offices de la Curie romaine afin de rédiger un nouveau schéma».

Les nouveaux plans ont été "préparés par des théologiens en particulier du nord de l'Europe, Hans Küng, Karl Rahner et d'autres", a déclaré Viganò, faisant référence à deux théologiens de gauche remarquables.

«C'était le début d'une ouverture, la première rupture dans le mur de la procédure qui avait été mise en place, dans le processus de création d'une nouvelle Église», a-t-il déclaré.

«Je pense qu'il serait très opportun de rappeler aux lecteurs, sur ce sujet de la nouvelle Église, ce que le pape émérite Benoît a publié en avril sur le projet de fonder une nouvelle église», a poursuivi l'archevêque. ''Il a dit que ce serait une catastrophe. Il était très sévère sur ce point.''

Viganò a ensuite évoqué la rupture dans l’Église survenue à la fin de Vatican II, qu’il a suggérée comme une interprétation erronée du Concile pastoral. Cela a été «promu par une énorme machine de propagande médiatique».

Il a conclu:


Et de la même manière, au cours de ce pontificat actuel, un appareil de presse similaire, comprenant des photos du pape François avec le pape émérite Benoît, et ainsi de suite, a été utilisé pour affirmer que le «nouveau paradigme» du pape François est en continuité avec le enseignement de ses prédécesseurs. Mais ce n’est pas le cas, c’est une «nouvelle église [.]»… Cette phrase «nouveau paradigme» est une stratégie visant à dissimuler le véritable objectif, car ils ne veulent pas dire exactement ce que recouvre ce mot. Pour beaucoup, ce mot «paradigme» est quelque chose d'exotique, de sophistiqué. Tout le monde l'utilise. Mais il est utilisé pour induire en erreur, pour tromper, suggérant une continuité sans révéler qu’ils cherchent une discontinuité [.]



(…)

Dans une précédente interview avec Moynihan, Viganò a déclaré que la «figure du Christ est absente» du document de travail du Synode amazonien. (...)''

Pour lire en entier, c'est ICI
images/icones/bravo.gif  ( 874536 )C'est ce qui s'appelle mettre les pieds dans le plat par Pétrarque (2019-09-15 07:11:35) 
[en réponse à 874535]

Mgr Vigano pose donc le même diagnostic que Mgr Lefebvre : l'infiltration de l'Eglise par des officines maçonniques et progressistes.

La Révolution en tiare et en chape.

De la Haute Vente à Bergoglio, en passant par Vatican II, la boucle est donc bouclée. Espérons que les écrits de Mgr Vigano et son action contribuent à ouvrir les yeux de tous et à faire tomber les masques des ennemis de l'Eglise aux plus hauts postes.

La fin de la farce, vite !
images/icones/3f.gif  ( 874545 )La preuve de l'infiltration maçonnique par Jean-Paul PARFU (2019-09-15 08:45:51) 
[en réponse à 874536]

dans l'Eglise : la cathédrale d'Evry (91) en forme de colonne tronquée ou brisée.

images/icones/neutre.gif  ( 874552 )Les doutes..... par Pol (2019-09-15 10:13:27) 
[en réponse à 874545]

....ne sont plus permis. Merci.
(Depuis des années, quand je vois une assemblée d'eveques ou de cardinaux, je ne peux m'empecher de deviner/imaginer/penser, quel serait le nombre ou le pourcentage de macons parmi eux...20, 25, 30% ??? ). Et parmi les 2400 Eveques au triste concile, combien etaient deja des infiltrés depuis 15-20 ans avant 1962??
En un sens, M. Parfu, c'est bon que l'abcès soit crevé, le plus tot possible, et ce serait peut-etre meme souhaitable que les Catholiques
voient le pus satanique, le poison sulphureux, l'horreur dégoutante sortir enfin de cet abcès, et beaucoup vomiront , et puis ce sera un immense soulagement... St. Michel, aidez-nous. Mgr. Lefebvre, vous aviez vu juste, sans vous, je ne sais pas ou nous serions aujourd'hui. Merci.

Mon humble souhait: que notre Sainte Eglise reprenne le Cap de toujours. Courage aux combattants sur tous les fronts.
images/icones/heho.gif  ( 874566 )la preuve la plus récente par jejomau (2019-09-15 13:53:03) 
[en réponse à 874536]

réside dans les événements de cette semaine

D'un côté, le cardinal Marx voit son "bébé" (son synode aux mesures contraignantes pour transformer l'enseignement de l'Eglise Catholique dans l'église Allemande) désavoué par Rome au prétexte qu'un synode d'une église locale ne peut modifier le Magistère de toute l'Eglise Universelle et, sur ce point on lui demande de se rétracter au motif de l'Obéissance dûe à Rome…

D'un autre côté François ferme les yeux (ou qui agit en sous-main) sur Mgr Paglia nommant des prêtres à l'Institut Pontifical de la vie qui enseigneront la légitimité des relations sodomites en même temps que la légitimité de la contraception…. Condamnée pourtant par le Magistère de l'Eglise dans Humanae Vitae donc en pleine désobéissance envers le Magistère!

Quelle autorité a aujourd'hui Rome puisque les actes qu'elle pose contredisent l'Enseignement du Christ tel qu'il s'exprime dans ses enseignements???

Cette semaine, François a démontré qu'il n'avait pas l'Autorité du Pontife. Par a+b !

En conséquence, je serais le cardinal Marx… Je ferais bien ce que je veux !
images/icones/rose.gif  ( 874572 )cher ami, sauf si vous êtes dans l'ironie par Luc Perrin (2019-09-15 15:26:17) 
[en réponse à 874566]

vous êtes le premier à penser que "François a démontré qu'il n'avait pas l'Autorité du Pontife".

Tous les analystes parlent au contraire d'un despotisme pontifical depuis 2013 qui tranche avec la gestion nonchalante - soit distante et déléguée de Jean Paul II, soit incompétente et irrésolue pour les choix de personne de Benoît XVI - qui a précédé.

Le pape François est tout sauf un nonchalant qui ne sait pas où il veut aller et n'a pas idée de qui il nomme. Là vous faîtes fausse route complètement.

Tout est minutieusement calculé, préparé et très certainement de concert avec le cardinal Marx. Le Synode officiel allemand est celui de l'Amazone : Marx l'appuie.
Le projet de synode allemand est juste un leurre destiné à détourner l'attention. Il pourra facilement avaliser les décisions qui seront prises officiellement pour l'Amazone et vous verrez que les fausses pudeurs de Sodoma se seront entre temps évanouies.

J'ajoute que le projet Marx a aussi pour but de maintenir la pression pour que la transformation en cours soit accentuée.

Le pape François entend bien exercer toute l'autorité du Pontife. Il le montre depuis 2013 dès le premier jour où il prenait des nouvelles de son très cher ami l'alors cardinal McCarrick, victime d'une fatigue cardiaque lors d'une messe qu'il célébrait à St-Pierre de Rome. C'était au lendemain de l'élection.

Tout était presque dit : la suite nous la connaissons maintenant.

ps. avez-vous déjà oublié les liens très étroits et anciens qui unissent le cardinal Bergoglio devenu pape avec la GermChurch ? Kasper son héros nommé au premier Angelus, la mafia de St-Gall en Suisse allemande vraiment pas loin de la frontière, le soutien à un Allemand pour l'OPA sur l'Ordre de Malte etc. Le Rhin et le Mississippi coulent dans le Tibre depuis 2013 à flot continu.
images/icones/rose.gif  ( 874576 )oui avec quelques divergences par Luc Perrin (2019-09-15 16:15:27) 
[en réponse à 874535]

Plus qu'une "création" - le cardinal Kasper a ... 86 ans, Hans Küng a ... 91 ans ! les électeurs du conclave de 2013 n'étaient pas des damoiseaux ... - il s'agit d'une mue.
Une mue inversée : le chatoyant papillon catholique mue peu à peu en une hideuse et grise chenille néo-catholique anglicanisée, fondue dans le paysage libéral sécularisé.

Le Dr Marshall par le titre de l'ouvrage donne une trop grande part aux forces externes. Je ne crois pas que des "infiltrations" aient été si nécessaires pour enclencher la mue inversée. Les tradis américains sont très marqués par les révélations de Bella Dodd, inconnue ici, une transfuge du Parti communiste qui a expliqué qu'un plan d'infiltration avait existé du temps de l'URSS pour infiltrer les séminaires et le clergé en Occident comme cela a été fait pour les universités, non sans succès en GB notamment, les services secrets occidentaux (les Allemands ont été massivement infiltrés en effet) ; cela a été fait pour les Églises orthodoxes à l'Est et pour la hiérarchie catholique de même (Pologne, Hongrie avec grand succès, ex-Tchécoslovaquie).

Que des plans similaires aient existé pour l'Église américaine et en Europe de l'Ouest, rien de surprenant.

Toutefois les motivations des grands responsables de la mutation en chenille libérale - l'adjectif déjà détonne avec l'infiltration communiste - n'avaient pas de sympathies particulières pour le communisme. Un Kasper, un Rahner, un Küng, un de Lubac, un Congar, un Philipps et les théologiens BELGES - la squadra belga oubliée par Mgr Vigano - ne roulent ni pour Moscou ni pour le Grand Orient ou une Haute Vente.

Pour celles et ceux qui l'ont oublié, tout cela vient du "modernisme" de Loisy et de ses ami-es. Pour les USA, de "l'américanisme" condamné par Léon XIII. Ajoutons pour les apports français, le philosophe Maurice Blondel qui a conduit à l'école de Fourvière, à la dénaturation des jésuites en néo-jésuites, à faire dévier complètement l'Action catholique de son néo-thomisme salutaire des débuts.

Aucun des ceux-là n'était affilié à des groupes externes. TOUS, comme leurs élèves actuels, prétendaient sauver l'Église de la poussée matérialiste et scientiste.

Le démon le plus puissant vient de l'intérieur : toujours. Il est toujours une perversion de choses saintes retournées contre Dieu. "L'enfer est pavé de bonnes intentions" dit l'adage populaire si clairvoyant.

Que tel groupe ait passé des alliances avec telle force externe à un moment pour avancer telle question ou tel intérêt, sûrement : la Loge P2 et Licio Gelli sont des faits établis. Mais ils me semblent plus des adjuvants, des alliés de circonstance - comme les discussions avec Moscou au temps soviétique - que des commanditaires.

N'exonérons pas trop vite NOS propres responsabilités sur des acteurs extérieurs. Le modernisme est sui generis. Le catholicisme "éclaire" du XVIIIe aussi, les hérésies protestantes qui éclatent au XVIe ont bien couvé au sein de l'Eglise : des pouvoirs temporels et d'argent y ont trouvé leur compte parfois mais la cause est interne. Pour ne prendre que ces exemples connus.
La figure biblique est la tentation du Christ au désert : elle pointe vers un combat spirituel intérieur en premier. Les agents extérieurs viennent ensuite.
images/icones/fleche2.gif  ( 876662 )De Schleiermacher à Harnack et du modernisme à François. par Scrutator Sapientiæ (2019-10-12 10:36:46) 
[en réponse à 874576]

Bonjour Luc Perrin,

Je vous remercie de rappeler que c'est avant tout pour des raisons endogènes, et non avant tout pour des raisons exogènes, que nous connaissons et subissons la dégradation de la situation du catholicisme à l'intérieur de l'Eglise.

Plus çà va et plus je trouve que ce qui est arrivé au protestantisme, entre la fin du XVIII° siècle, avec Schleiermacher, et le début du XX° siècle, avec Harnack, anticipe ou préfigure à plusieurs titres ce qui est arrivé au catholicisme, entre la fin du XIX° siècle, avec les débuts du modernisme, et le début du XXI° siècle, avec le début du pontificat de François.

Je pense ici à ces deux auteurs et à leur influence :

Schleiermacher

Harnack

Certes, comparaison n'est pas raison, mais je suis bien obligé de constater que de même que ce qui est arrivé au protestantisme libéral, à partir du début du XX° siècle, n'a pas jailli du sol, du jour au lendemain, de même, ce qui arrive au catholicisme romain, depuis mars 2013, n'est pas tombé du ciel, dans les semaines qui ont précédé.

C'est la raison pour laquelle je comprends de moins en moins, ou plutôt j'approuve de moins en moins, les catholiques conciliaires conservateurs qui semblent vraiment considérer, en substance, que le recentrage wojtylien puis ratzingérien était en train de tout améliorer, de tout consolider, quand, aussi injustement que malheureusement, Benoît XVI a été obligé de s'en aller.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/bravo.gif  ( 876693 )je consonne avec vous par Luc Perrin (2019-10-12 16:30:17) 
[en réponse à 876662]

Ces deux auteurs sont très importants c'est évident. Loisy répliquait à Harnack mais Harnack est au fond un protestant assez classique à la recherche du "kérygme". La critique assez catholique au premier regard superficiel que fait Loisy en 1902 récuse ce mythique noyau dur, la pépite qu'il faudrait trouver. C'est pertinent ensuite il dérape quant à la solution qu'il propose qui est ce qu'on entend sur les rives de l'Amazone et dans les ouvrages des néo-modernistes.

Le grand mérite - si j'ose dire mais je m'en serais passé ! - du pontificat amazonien est de mettre à jour que la Seconde Pornocratie a commencé dans les années 1940-1950 au moins au plan hiérarchique et que la fragilité spirituelle et intellectuelle est bien plus ancienne que 2013.

Lors du décès de Jean Paul II, j'avais écrit un article mitigé qui montrait que la moitié seulement du chemin avait été fait ; en fait moins car bien des évêques caméléons (Schönborn, Dolan etc.) cachaient leur véritable jeu. Je savais la Compagnie néo-jésuite pourrie mais je n'imaginais pas à quel degré. Les nouvelles communautés ont révélé de grandes failles. La fumée de Satan avait pénétré l'Église jusqu'à la coupole de St-Pierre de Rome bien plus profondément qu'on ne l'évaluait alors.

Peu sont les prélats qui doivent tout au Pape régnant et McCarrick a vraiment connu une promotion exceptionnelle sous Jean Paul II avant de devenir le grand ami du cardinal Bergoglio, cardinal créé par le même pape.
La "restauration" tenait néanmoins sur les grands principes doctrinaux et s'est efforcée de remonter la pente mais elle est restée à mi-pente et loin d'être homogène. L'échec total de Benoît XVI s'explique par sa propre incapacité de "gouverner", au sens fort, de choisir les évêques/cardinaux, son manque de lucidité quant à la temporalité - il agissait comme s'il avait cent ans devant lui -, mais d'abord et avant tout par le mauvais diagnostic que le gros du travail avait été fait.

Le pontificat de François est comme cette lumière bleue de la police scientifique qui révèle que nous étions sur une scène de crime avec des traces de sang partout du sol au plafond mais qu'avec la lumière ambiante, on ne voit pas.
images/icones/ancre2.gif  ( 874601 )Je me sens bien en phase ... par Paterculus (2019-09-15 20:53:13) 
[en réponse à 874535]

... avec Mgr Vigano.

Comme lui je vois dans le dérapage post-conciliaire une erreur d'interprétation : le mot est important. (Que certains textes soient mauvais, certaines déclarations notamment, ne doit pas faire oublier le socle doctrinal, qui permet de réfuter les erreurs des textes de moindre autorité.)

Votre dévoué Paterculus
images/icones/info3.gif  ( 874603 )Le changement de paradigme est nul et non avenu par Paterculus (2019-09-15 20:57:54) 
[en réponse à 874535]

Je veux souligner que le changement de paradigme est nul et non avenu.
Pour qu'on puisse s'y référer comme faisant autorité on aurait dû le proclamer par un acte magistériel adéquat, dans lequel on eût défini l'ancien, exprimé le nouveau, et expliqué en quoi et pourquoi le nouveau devait être adopté.
Rien de cela n'a été fait.
J'ai déjà dit pourquoi il est impossible que cela soit fait : c'est que l'ancien paradigme était que la contemplation précède l'action, alors que le nouveau est que l'action précède l'idéologie. Si l'idéologie est seconde, on n'a pas à énoncer le contenu du nouveau paradigme.
Qu'on ne me rétorque pas que dans les faits c'est l'idéologie qui précède l'action : c'est vrai mais c'est une conséquence de l'adoption du nouveau paradigme.
Que l'action précède l'idéologie est un axiome marxiste : le conditionnement par l'économie pousse les êtres à agir dialectiquement, l'idéologue n'intervient qu'a posteriori pour mettre en forme ce qu'il convient d'appliquer ensuite partout.
Pour le Souverain Pontife, il est clair que c'est l'opinion du moment qui commande. Voyez comment il explique son changement par rapport à la peine de mort : par la mentalité contemporaine. Cela repose comme le marxisme sur le postulat du progrès : portés par le sens de l'histoire, nous sommes plus doués que nos devanciers, donc nous pouvons remettre en cause tout ce qu'ils ont élaboré.
C'est évidemment contraire au fait de la Révélation...
VdP
images/icones/neutre.gif  ( 874607 )la source des errements conceptuels est dans le "modernisme" par Luc Perrin (2019-09-15 21:29:47) 
[en réponse à 874603]

et le "blondélisme" plus que dans le marxisme.

La pensée de Marx ou celle d'Engels n'est pas "liquide" : tout n'est pas que d'opportunité et de circonstance. La pensée de Loisy est liquide en revanche : les dogmes sont justes pour un temps et un lieu et ensuite on en change, on les oublie ou on en modifie le sens en subvertissant le vocabulaire traditionnel.

L'immanentisme qui est issu de Blondel, tout en récusant Loisy, a peu à peu après la mort du philosophe converger vers le loisysme sans se confondre avec lui.
images/icones/fleche2.gif  ( 876665 )Allons le dire aux papes qui ont souscrit à ses origines. par Scrutator Sapientiæ (2019-10-12 11:17:40) 
[en réponse à 874603]

Bonjour Paterculus,

Je vous prie de bien vouloir m'excuser, si jamais ce qui suit est "hors sujet", par rapport à des préoccupations plus particulièrement tournées, d'une manière prioritaire, vers le pontificat actuel.

Si le changement de paradigme est nul et non avenu, alors qu'au moins une partie du Concile Vatican II constitue, en elle-même, un changement de paradigme, dans au moins quatre domaines non négligeables, comme on le voit dans Dignitatis humanae, dans Nostra aetate, dans Gaudium et spes et dans Unitatis redintegratio, allons dire que le changement de paradigme est nul et non avenu aux papes, prédécesseurs de François, qui ont souscrit à ses origines, en ce qu'ils ont souscrit à au moins une partie de ce que l'on a appelé la "nouvelle théologie".

Donc, allons dire à Jean-Paul II et à Benoît XVI, ou, plus précisément, aux évêques qui, encore aujourd'hui, entendent inscrire leur pensée et leur action dans le prolongement de celles de ces deux papes, que le changement de paradigme est nul et non avenu, alors que les hommes d'Eglise n'ont certes pas attendu l'élection du pape François, ni même celle du prédécesseur de son prédécesseur, pour commencer à fonctionner au changement de paradigme.

Vous-même écrivez : "Je veux souligner que le changement de paradigme est nul et non avenu. Pour qu'on puisse s'y référer comme faisant autorité on aurait dû le proclamer par un acte magistériel adéquat, dans lequel on eût défini l'ancien, exprimé le nouveau, et expliqué en quoi et pourquoi le nouveau devait être adopté."

Mais il me semble vraiment que c'est précisément cela qui s'est passé, bien plus, au demeurant, dans le cadre du déroulement effectif du Concile, que dans celui du corpus textuel officiel du Concile, puisque, dans le cadre de ce déroulement effectif, les experts et les Pères du Concile n'ont pas caché

- qu'ils ne voulaient plus continuer à être avant tout en situation intérieure de fidélité, à l'égard de la composante patristique, de la composante monastique, de la composante scolastique et de la composante tridentine de la Tradition catholique,

et

- qu'ils voulaient commencer à être avant tout en situation intérieure d'ouverture sur une nouvelle conception des réflexions et des relations en direction, pour ainsi dire, de la conception libérale de la liberté religieuse, des religions non chrétiennes, de l'homme et du monde contemporains, et des confessions chrétiennes non catholiques.

Ce qui précède permet peut-être de comprendre pourquoi il est aussi difficile de comprendre que certains catholiques soient à la fois "pas contre" l'esprit du Concile et l'esprit d'Assise, et "pas pour" l'esprit d'Abou Dhabi et l'esprit d'Amazonie, alors que chacun de ces quatre esprits découle du même changement de paradigme, ou, si l'on préfère, relève du même ensemble de changements de paradigme.

En gros, la formule la plus propice à la compréhension de cet ensemble est à peu près la suivante : non seulement dans l'ordre du croire, mais aussi, depuis François, dans celui de l'agir, il n'y a presque plus UNE objectivité, relativement intemporelle, mais il n'y a presque plus que DES interprétations, immergées dans l'histoire, l'Eglise catholique n'étant presque plus avant tout Mater et Magistra, au service de la vérité, mais étant désormais fréquemment Soror et Ancilla, au service du consensus.

Merci beaucoup pour toute remarque sur cette conception, non limitée au pontificat actuel, de la notion de changement de paradigme, et bien sûr bonne journée.

Scrutator.