Le Forum Catholique
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( 873844 )
L'orientation sexuelle est-elle innée ou acquise ? par Candidus (2019-09-03 16:43:55)
Le cas des jumeaux apporte un éclairage intéressant :
Si on naissait homosexuel, si l’homosexualité était inscrite dans les gènes de ceux chez qui elle se manifeste, alors les jumeaux monozygotes (identiques) qui partagent le même ADN, donc les même gènes, devraient manifester la même orientation sexuelle. Or il n’en est rien, un jumeau peut être hétérosexuel et l’autre homosexuel. L’homosexualité n’est donc pas innée, déterminée dès la naissance.
Mais peut-on pour autant affirmer que l’orientation sexuelle soit seulement déterminée par l’environnement social et/ou biologique ?
Le même argument des jumeaux peut être utilisé pour démontrer que ce n’est pas soutenable. Prenons le cas des jumeaux dizygotes (non identiques) dotés de gènes différents ; si ceux-ci grandissent dans le même environnement et sont exposés aux mêmes influences sociales et biologiques, ils devraient nécessairement partager la même orientation sexuelle, or c’est loin d’être le cas et on peut donc penser que cette différence résulte de facteurs génétiques. Dans une perspective catholique on peut évidemment aussi ajouter les facteurs spirituels : l'homme dans la tentation (qui peut résulter de certaines prédispositions, par ex. l'alcoolisme) demeure libre de coopérer avec la grâce actuelle ou de la rejeter.
Ces réflexions s'inspirent d'une étude suédoise qui démontre que l’orientation sexuelle résulte d'une combinaison à la fois de prédispositions génétiques et de facteurs environnementaux mais que les seconds sont nettement plus déterminants que les premiers (surtout chez les femmes, étrangement).
Source :
Genetic and environmental effects on same-sex sexual behavior: a population study of twins in Sweden

( 873848 )
Cela se nomme : épigénétique ... par Glycéra (2019-09-03 17:39:19)
[en réponse à 873844]
La génétique (le reçu à la conception) n'est pas tout : ce serait de la causalité, hérésie.
L'épigénétique, cette influence de la manière de vivre, de penser, de se poser en relation avec le monde où l'on est n'est pas tout : ce serait le dogme de Rousseau, et c'est aussi une hérésie.
La Vie est faite pour fonctionner avec deux :
deux yeux, sinon, pas de vision du relief
deux mouvements de respiration : inspir et expir
deux parents
deux pieds : pour passer de l'équilibre au déséquilibre qu'on corrige d'un équilibre qui se déséquilibre, etc.
etc.
La génétique est une base, une constitution. L'épigénétique est l'art d'employer ce que la vie apporte.
Ainsi, en physiologie, peut-on voir des corrections génétiques, des anomalies qui disparaissent. Alors : anomalie = cause ou conséquence, parfois , les médecins peuvent se le demander.
On peut redresser son génome, et le transmettre solide à ses descendants.
Pareil pour la Foi : elle n'est pas génétique dans la famille, ni en refus, ni en acquiescement. La baptême n'est pas une causalité automatique ! La famille de voyous non plus !
Toujours étonnée de ces raisonnements à tiers exclus, à ces tout ou rien qui ne font que répéter l'erreur du péché originel, je ne comprend pas que cela ne soit pas évident, et suis toujours aussi maladroite à le faire percevoir !
Avec mes bonnes salutations
Glycéra

( 873860 )
Et alors ? par Meneau (2019-09-03 21:07:55)
[en réponse à 873848]
En quoi l'épigénétique est-elle un argument face au raisonnement rapporté par Candidus ???
J'avoue ne pas comprendre où vous voulez en venir.
Cordialement
Meneau

( 873869 )
Cela dit que c'est ET et non OU ... par Glycéra (2019-09-03 22:16:59)
[en réponse à 873860]
La question ainsi rédigée par Sieur Candidus dans son titre reflète le monde dychotomé ... où les aspects s'excluent dans les cervelles des gens de ce monde.
Et je soulignais que la vraie vie est unifiée, intégrée, prenant en compte les deux volets.
Peut-être que mon titre donnait aussi à comprendre qu'une partie dirigeait le tout, que j'argumentais "contre", ce qui n'est pas mon propos : il se voulait informatif ... En tout cas la volonté libre de choix d'un individu s'exprime plus dans la phase "épi". Ce qui est rassurant pour que les bonnes graines portent fruit !
Merci de votre remarque
Glycéra

( 873871 )
Ce n'est par l'un OU l'autre, c'est l'un ET l'autre par Candidus (2019-09-03 22:52:50)
[en réponse à 873869]
Les conclusions de l'étude suédoise ne sont pas dichotomiques : l'homosexualité procède à la fois du génétique et de l'environnement, même si l'influence de l'environnement apparaît beaucoup plus déterminante que celle du génétique.
C'est aussi le cas avec l'alcoolisme ; on peut certainement relever une part d'hérédité dans cette addiction, mais la cause première de ce vice résulte du mauvais usage du libre arbitre de ceux qui s'y adonnent, de l'éducation qu'ils ont ou n'ont pas reçu, de leurs fréquentations, et il faut bien le dire aussi, des blessures de la vie qu'ils ont subies.

( 873872 )
Nous sommes bien en accord ! par Glycéra (2019-09-03 23:05:18)
[en réponse à 873871]
Votre titre seul m'avait fait réagir.
Et j'en avais profité pour introduire l'épigénétique, que trop peu connaissent ou reconnaissent consciemment dans les évolutions de vies.
C'est mon mode "j'ai lu, et donc, je transmets aussi" qui est ressorti spontanément.
Bonne soirée à vous

( 873880 )
une étude par Eonix (2019-09-04 01:16:34)
[en réponse à 873871]
Prétend qu’il serait impossible de déterminer, l’orientation sexuelle avec l’ADN.
Peut-être, au-delà d’user de termes savants comme épigénétique, il suffira de constater, que pour l’abeille la nourriture en fait soit une reine, soit une ouvrière, question d’education, et là (employons le mot) l’epigenetique semble le tout. D’autres animaux s’adaptent a leur environnement changeant la couleur de leur pelage en fonction des conditions de cet environnement.

( 873915 )
Un mot simple ... par Glycéra (2019-09-04 15:09:26)
[en réponse à 873880]
... épigénétique n'est pas un mot savant ...
Et il est bien plus aisé à comprendre que tant d'autres mots devenus courants !
epi = au-dessus
C'est tout, c'est facile.

( 873882 )
Je ne vois toujours pas par Meneau (2019-09-04 01:46:58)
[en réponse à 873869]
ce que l'épigénétique vient faire dans la discussion. Sauf à appeler épigénétique ce que l'épigénétique n'est pas. L'influence de l’environnement social et/ou biologique ne se réduit pas à l'épigénétique. D'une part on ne parle d'épigénétique que lorsque qu'il y a modification de l'expression des gènes sans modification de la séquence ADN - on ne "redresse pas son génôme, on n'en corrige éventuellement que l'expression -, d'autre part tout comportement ou caractéristique acquis ne relève pas de l'épigénétique.
Cordialement
Meneau

( 873914 )
Précision, et correction par Glycéra (2019-09-04 15:08:04)
[en réponse à 873882]
Merci Sieur Meneau,
En effet, le mot 'génôme' n'est pas bon, au sens littéral dans ma phrase. Peut-être 'épigénôme" aurait-il été mieux, mais il n'est pas juste non plus.
Ma remarque :
Si un ordinateur, ou gPhone, ou analogue existe dans votre poche, il est
1 - construit en dur (hard), et équipé en souple (soft) : le système d'exploitation adapté à sa construction matérielle.
-------------- C'est l'ADN = génôme précisément
2 - équipé, par le constructeur, et puis par les acquis(itions) de l'utilisateur, libre de ses choix, dans la marge donnée par le concepteur de l'engin.
-------------- C'est la bibliothèque des applications = l'épigénôme.
3 - employé ou non selon les besoins de l'utilisateur : c'est l'expression des moyens, qui remplira les fichiers de données personnelles.
L'ensemble est "le PC de Sieur Truc", propre à lui :
la génétique n'a pas tout déterminé.
le génôme a limité ou permis l'usage.
l'épigénétique a réalisé, rendu réellement présent, utilisable, l'outil.
Cette comparaison est tirée d'une vidéo que j'ai trouvée courte et claire sur le sujet :
Joël de Rosnay via son livre "La symphonie du vivant"
Il manque, à mon sens, un mot pour dire : génôme qui s'exprime, c'est à dire la réalité utilisée dans la vie.
Comme on ne peut parler de provision à disposition dans une maison en incluant les stocks enfermés ou enterrés pour n'être pas pris, ce qui pourtant serait contenu dans le génôme des réserves de la maison.
Les décisions de gestion du maître de maison peuvent pourtant libérer ces denrées cachées pour le moment, ou les garder enfouies.
Bonne écoute de la vidéo si vous le désirez.
Merci de votre remarque, et de ce qu'elle m'a montré.
Glycéra

( 873922 )
Merci par Luc de Montalte (2019-09-04 16:40:03)
[en réponse à 873882]
L'épigénétique est en effet hors-sujet ici. Ou le plaisir d'utiliser des mots savants hors de leur champ.

( 873921 )
Mouais par Luc de Montalte (2019-09-04 16:16:37)
[en réponse à 873844]
Début 90, une étude a prouvé de manière nette un lien entre homosexualité et une certaine déficience chromosomique (je peux vous retrouver la référence si vous le désirez).
Le problème de votre étude, c'est qu'elle considère que l'homosexualité aurait une cause unique alors que c'est tout le contraire : pour certains, la cause est génétique, pour d'autres, elle ne l'est pas (rencontres, agressions pendant l'enfance, etc.). Du coup, elle n'a pas grand intérêt et ne prouve pas grand chose ni dans un sens ni dans l'autre.

( 873923 )
Si vous en avez le temps par Turlure (2019-09-04 16:53:52)
[en réponse à 873921]
Je me range volontiers au rang de ceux qui seraient intéressé par la référence de l'étude que vous mentionnez.

( 873933 )
De manière nette ? par Meneau (2019-09-04 20:39:01)
[en réponse à 873921]
Je demande à voir moi aussi !
Si vous parlez de l'étude de Dean Hamer, elle est dépassée. Rice a d'ailleurs reproduit l'étude quelques années après sans pouvoir conclure. Mais surtout, on lui a fait dire ce qu'elle ne dit pas. Le gène de l'homosexualité sur Xq28 ? Hamer ne l'a pas identifié (et il n'est toujours pas identifié à ce jour - entre temps, la génétique a fortement évolué et les méthodes d'analyse du génôme sont beaucoup plus performantes... et pourtant on n'a toujours pas trouvé ledit gène). Hamer a juste conclu que le locus Xq28 "pourrait" abriter un gène responsable d'une "prédisposition" à l'homosexualité. Mais comme vous dites la cause est multi-factorielle.
Cordialement
Meneau

( 873976 )
Xq28 par Luc de Montalte (2019-09-05 18:56:00)
[en réponse à 873933]
Pardon à vous et Turlure, je n'ai pas encore eu le temps de rechercher la référence dont je parlais.
En revanche, Hamer a bien identifié un lien entre Xq28 et l'homosexualité masculine vers le milieu des années 90 : simplement vous faites une confusion entre Xq28 (=le bras long du chromosome X) et le locus précis sur Xq28 qu'il n'a pas identifié précisément.
Mais en effet, il semble sûr de ce que j'ai pu lire que les causes de l'homosexualité sont multiples et différentes suivant les individus. Y compris pour ce qui est des causes génétiques d'ailleurs.

( 873934 )
Et puis... par Meneau (2019-09-04 20:44:23)
[en réponse à 873921]
je ne comprends pas votre :
Le problème de votre étude, c'est qu'elle considère que l'homosexualité aurait une cause unique
alors que justement l'étude dit
Biometric modeling revealed that, in men, genetic effects explained .34-.39 of the variance, the shared environment .00, and the individual-specific environment .61-.66 of the variance. Corresponding estimates among women were .18-.19 for genetic factors, .16-.17 for shared environmental, and 64-.66 for unique environmental factors.
ce que Candidus a résumé ainsi :
Ces réflexions s'inspirent d'une étude suédoise qui démontre que l’orientation sexuelle résulte d'une combinaison à la fois de prédispositions génétiques et de facteurs environnementaux mais que les seconds sont nettement plus déterminants que les premiers (surtout chez les femmes, étrangement).
Cordialement
Meneau

( 873924 )
Le problème par Vincent F (2019-09-04 17:16:15)
[en réponse à 873844]
C’est qu’en général, les jumeaux monozygotes grandissent dans le même environnement et soumis aux mêmes influences. Et pourtant il arrive qu’un d’entre eux soit homosexuel et l’autre non.
Donc l’étude ne démontre rien.

( 873970 )
Subie ou voulue ? par Rothomagus (2019-09-05 17:50:59)
[en réponse à 873844]
Soit génétique donc maladie génétique, donc innée, donc subie.
Cette option laisse à désirer, mais permet de répondre à ceux qui disent qu'ils sont "nés comme ça" qu'ils sont donc malades. Et que, de plus, ils n'arrivent pas à se maîtriser eux-mêmes, ce qui est doublement inquiétant.
Ou bien : soit ce n'est pas inné, donc c'est voulu, donc c'est un choix et c'est une pratique. Quand on est grand on assume certes. Mais porter sa déviance en étendard est extrêmement malveillant et est un combat politique et prosélyte.
Dans les deux cas, ça ne se justifiera jamais. Du moins du point de vue de la morale catholique. Quant à la conscience du péché, elle est plutôt réduite dans nos sociétés libérales où chacun fait ce qui lui plait.