Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=873151
images/icones/vatican.gif  ( 873151 )ce (fameux) culte de l' homme par AVV-VVK (2019-08-20 21:10:35) 

Qu'en dit le pape Saint Paul VI?
La réponse est complexe, car nombreux sont les secteurs que l'on voudrait rénover. Et cette multiplicité a été un prétexte à des intentions arbitraires, que l'on voudrait attribuer au Concile: l'assimilation de la vie chrétienne à la tradition profane et mondaine, l'orientation, appelée horizontale, de la religion tournée non plus vers l'amour et le culte de Dieu, qui sont premiers et suprêmes, mais vers l'amour et le culte de l'homme

Source: Audience générale du 15/01/169
images/icones/fleche2.gif  ( 873166 )Quel rapport avec cette citation par AVV-VVK (2019-08-21 09:34:29) 
[en réponse à 873151]

assez connue ?
nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l'homme. "
Source: Discours de clôture
images/icones/neutre.gif  ( 873167 )Cette phrase est d'apparence maçonnique par Regnum Galliae (2019-08-21 10:21:24) 
[en réponse à 873166]

Voici la définition du mot "culte" donné par l'Académie française :


CULTE nom masculin
xve siècle. Emprunté du latin classique cultus, « action de cultiver, de soigner, et, spécialement, d’honorer (les dieux, ses parents) », de cultum, supin de colere, « cultiver, honorer, adorer ».
1. Hommage que l’on rend au divin par des actes de religion ; piété à l’égard de ce qui est sacré. Culte intérieur, sentiment intime d’adoration ou de vénération. Culte extérieur, manifestations rituelles du sentiment religieux. Le culte de Jupiter. Les fêtes auxquelles donnait lieu le culte dionysiaque. Les fidèles, réunis en petites assemblées, rendaient un culte à Mithra. Le culte des ancêtres, des dieux familiaux. Après leur apothéose, les empereurs romains devenaient l’objet d’un culte. Le culte des idoles, des faux dieux. Le culte du vrai Dieu. théologie catholique. Culte de latrie, dû à Dieu seul. Culte de dulie, rendu aux anges, aux saints et aux bienheureux. Culte d’hyperdulie, rendu à la Vierge Marie. Par extension. Le culte des reliques.
2. Ensemble des cérémonies et des rites établis par une religion. La célébration traditionnelle d’un culte domestique. Les sacrifices et les offrandes que comportait le culte public. L’exercice du culte. Les objets du culte, nécessaires à la célébration des cérémonies et à l’accomplissement des actes religieux. Un ministre du culte, un prêtre, un pasteur, un rabbin, etc. Une église rendue au culte. Spécialement. religion catholique. Le culte du dimanche. Denier du culte, voir Denier. – religion réformée. Le service divin. Le pasteur préside le culte.
▪ Par extension. La religion considérée dans son organisation sociale et ses manifestations publiques. L’État ne subventionne aucun culte. La Constitution garantit la liberté des cultes, le libre exercice des cultes. Avant 1905, date de la séparation de l’Église et de l’État, il y avait des cultes reconnus : catholique, réformé, luthérien, juif. Interdire, abolir, rétablir un culte. La religion, entendue comme pratique d’un fidèle. Changer de culte. Renoncer, revenir au culte de ses pères.
3. Par affaiblissement. Vénération, respect qui prend un caractère presque sacré pour quelqu’un ou pour quelque chose. Cet enfant a un culte pour sa mère. Un écrivain qui voue un culte à son vieux maître. Vouer un culte à la mémoire d’un héros. Avoir le culte de la patrie, de la tradition, de l’honneur. Le culte du beau langage. Péj. Culte de la personnalité, hommages outranciers rendus à la personne du chef suprême d’un État totalitaire et, par extension, égards excessifs accordés à un dirigeant politique ou syndical.



Je n'y vois nulle place pour un culte de l'homme, sauf à diviniser ce dernier. A moins que Paul VI ne pense au fils de l'homme, c'est-à-dire le Christ, mais j'en doute car cela aurait été un jeu de mots et Paul VI ne se le serait pas permis car l'époque ne se prêtait pas à jouer au pape cool et copain.

Il est probable qu'il ait voulu dire "nous avons le souci de l'homme" en utilisant un langage volontairement ou involontairement excessif.
images/icones/fleche2.gif  ( 873177 )La question: par AVV-VVK (2019-08-21 13:52:03) 
[en réponse à 873167]

n' y a-t-il pas une contradiction entre la première citation et la seconde concernant le sens du mot "culte" ?
images/icones/find.gif  ( 873197 )Citation hors contexte. par Athanasios D. (2019-08-21 20:29:22) 
[en réponse à 873177]

Si vous lisez le discours in extenso, vous constaterez qu'on fait dire à Paul VI pratiquement le contraire de ce qu'on lui attribue.

Ath
images/icones/fleche2.gif  ( 873256 )Voici la version officielle de cette audience générale de Paul VI. par Scrutator Sapientiæ (2019-08-23 07:44:03) 
[en réponse à 873151]

Bonjour AVV-VVK,

Voici :

PAUL VI - AUDIENCE GÉNÉRALE - Mercredi 15 janvier 1969

L'aspiration à une vie nouvelle passe par la reforme intérieure de chacun.

"Chers Fils et Filles,

L 'année civile qui vient de commencer place à nouveau sur nos lèvres l'ancien souhait: année nouvelle, vie nouvelle; ce vœu manifeste une des aspirations générales et des plus caractéristiques de l'homme moderne et aussi du chrétien. La nouveauté, tel est l'aspect de la vie contemporaine.

Un diagnostic

De même qu'après l'hiver la végétation semble renaître et que tout se renouvelle dans l'explosion fraîche et florissante du printemps, de même notre ère est le signe d'une saison historique de grands changements et d'un profond renouveau qui touchent toutes les formes de la vie: pensée, tradition, culture, lois, niveau économique et domestique, rapports humains, conscience individuelle et collective, la société tout entière. Nous nous sommes habitués à ce grand phénomène de transformation qui envahit toute chose, tout instrument, chaque personne, chaque institution; et ceci, d'une manière si rapide et universelle que tous ont l'impression d'être entraînés et submergés par un courant irrésistible comme par un fleuve qui nous atteindrait et nous emporterait. Il faut aussi noter que la génération actuelle est comme enivrée par cette mutation; elle l'appelle progrès et y participe, et y collabore avec force et enthousiasme, et souvent sans aucune réserve; le passé est oublié, la tradition coupée, les habitudes abandonnées. On constate même des signes d'impatience et d'intolérance, là où une certaine stabilité, une certaine lenteur, tend à éviter ou à freiner en quelque domaine la transformation que l'on veut générale et que l'on croit en tout cas nécessaire, bienfaisante, libératrice. Ainsi, on parle toujours de révolution, on soulève dans tous les domaines la « contestation », sans que, bien souvent, en soient justifiés le motif ou le but. Nouveauté, nouveauté; tout est mis en question, tout doit être en crise. Et comme bien des choses ont vraiment besoin d'une correction, d'une réforme, d'un renouveau, et comme l'homme a aujourd'hui acquis la conscience des faiblesses qui entourent sa vie, et aussi la conscience des prodigieuses possibilités qui peuvent permettre de produire de nouveaux moyens et de nouvelles formes d'existence, il perd son calme: une frénésie s'empare de lui, un vertige l'exalte, et parfois une folie l'envahit qui le porte à tout renverser (voilà la contestation globale) dans la confiance aveugle qu'un ordre nouveau (parole ancienne), un monde nouveau, une renaissance, encore mal définie, est fatalement sur le point de surgir.

Voilà un thème de pensée qui est devenu sentiment commun, opinion publique, loi historique. Ainsi est la vie aujourd'hui.

Un besoin

Nous ne contesterons pas du tout cette contestation, ce besoin de renouveau, qui pour bien des raisons et sous certaines formes est légitime et peut constituer un devoir. Bien sûr, « est modus in rebus »: une mesure s'impose. Mais le besoin est réel. Nous vous rappelons même, Fils très chers, qu'un second élan, outre celui de notre moment historico-culturel-social, fait croître en nous et justifie, avec de nouveaux motifs, l'aspiration à la vie nouvelle; c'est l'élan donné à la conscience de l'homme moderne, et spécialement de l'homme d'Eglise, par le récent Concile. Le Concile a eu et a encore pour but général un renouveau de toute l'Eglise (cf. Optatam totius, Intr. et concl.; Lumen gentium, 4, 15; Unitatis redintegratio, 6; etc.) et de toute l'activité humaine, y compris le domaine profane (Gaudium et spes, 43). C'est une vérité qui transparaît dans tous les documents et dans le fait même du Concile; et il est justement opportun de nous demander si nous avons bien réfléchi sur le but essentiel de ce grand événement. Lui aussi s'inscrit dans la grande ligne du mouvement actuel de transformation, du dynamisme propre de notre période historique. Lui aussi tend à produire un renouveau. Mais quel renouveau?

Une réponse

La réponse est complexe, car nombreux sont les secteurs que l'on voudrait rénover. Et cette multiplicité a été un prétexte à des intentions arbitraires, que l'on voudrait attribuer au Concile: l'assimilation de la vie chrétienne à la tradition profane et mondaine, l'orientation, appelée horizontale, de la religion tournée non plus vers l'amour et le culte de Dieu, qui sont premiers et suprêmes, mais vers l'amour et le culte de l'homme, la sociologie comme critère principal et déterminant de la pensée théologique et de l'action pastorale, la promotion d'une « république conciliaire » comme on l'appelle mais pourtant inconcevable, et ainsi de suite. Le Concile a été l'occasion de tentatives d'« aggiornamento » sur quelques points de la vie catholique, à propos desquels la discussion est encore ouverte et l'application en cours d'expérimentation; spécialement on a parlé et on parle encore des « structures » de l'Eglise, avec des intentions qui ne sont pas toujours conscientes des raisons qui les justifient et des dangers qui dériveraient de leur altération ou de leur démolition. Il faut noter que l'intérêt pour le renouveau a été pour beaucoup tourné vers la transformation extérieure et impersonnelle de l'édifice ecclésiastique et vers l'acceptation des formes et de l'esprit de la Réforme protestante, plutôt que vers ce renouveau premier et principal que le Concile voulait, le renouveau moral, personnel, intérieur, celui qui doit rajeunir l'Eglise dans la conscience de son mystère, de son adhésion au Christ, de son animation par la force de l'Esprit Saint, de ses liens fraternels et hiérarchiques, de sa mission dans le monde, de sa finalité ultra-terrestre qui la rend pèlerine, pauvre et juste au cours de son passage dans le temps. « Toute rénovation de l'Eglise, dit sagement le Décret conciliaire sur l'Œcuménisme, consiste essentiellement dans une fidélité plus grande à sa vocation ». Et passant d'une vue communautaire à une vue personnelle, il ajoute: « il n'y a pas de véritable œcuménisme sans conversion intérieure » (nn. 6-7).

Fils très chers! Nous voudrions vous inviter tous à méditer cette intention fondamentale du Concile, celle de notre réforme intérieure et morale. Sommes-nous convaincus que la voix du Concile est passée sur nos esprits comme un appel personnel à être vraiment chrétiens, vraiment catholiques, vraiment membres vivants et agissants du Corps mystique du Christ qui est l'Eglise? Avons- nous compris que le Concile est un appel pour chacun de nous à l'authenticité chrétienne, à la cohérence entre la foi et la vie, à la pratique réelle, dans le cœur et dans les œuvres, de la charité? Avons-nous médité cette sublime parole, pourtant si évidente, du Concile qui veut que soit parfait et saint tout disciple du Christ, quelle que soit la condition de vie dans laquelle il se trouve? (cf. Lumen gentium, 40). Saint Paul nous le répète: « In novitate vitae ambulemus », nous devons marcher dans la nouveauté (Rm 6, 4). Tel est le sens du souhait traditionnel et tranquille pour l'année nouvelle: une vie nouvelle, plus chrétienne, meilleure.

Avec Notre Bénédiction Apostolique."

Ici.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/vatican.gif  ( 873303 )Merci pour ce texte par Aigle (2019-08-24 11:16:37) 
[en réponse à 873256]

Cher Scrutator

On reste toujours surpris d entendre un catholique s'enthousiasmer pour la nouveauté ...

Triste époque !
images/icones/fleche2.gif  ( 873258 )Voici trois erreurs proches de la notion de culte de l'homme. par Scrutator Sapientiæ (2019-08-23 08:21:40) 
[en réponse à 873151]

Rebonjour,

A mon sens, voici trois très graves erreurs d'analyse, et surtout d'appréciation, qui ont été commises au moment du Concile, au moyen d'une partie du Concile, et qui ont été commises, entre autres, par Paul VI, notamment autour de la notion de "culte de l'homme".

Première erreur, de diagnostic : le monde moderne est plus chronologiquement moderne qu'idéologiquement moderne. C'est faux, en ce que c'est avant tout pour des raisons fondamentales et principielles, et non avant tout pour des raisons circonstancielles et conjoncturelles, que le monde moderne, dans le cadre de la civilisation occidentale, a commencé puis à continuer à tourner le dos à Dieu, Père, Fils, Esprit, à Jésus-Christ, à la religion chrétienne, à la contemplation et à la méditation théologales, notamment au profit de davantage de spéculation philosophique et mathématique, d'observation scientifique et d'innovation technologique, mais aussi au profit de davantage de volonté de puissance matérielle, politique, sociale et technique.

Deuxième erreur, de diagnostic : le monde contemporain, après la chute du fascisme, du nazisme et du stalinisme, a commencé et va continuer à devenir de plus en plus humaniste. C'est faux, en ce que le monde contemporain n'est pas devenu avant tout humaniste, mais est devenu avant tout hédoniste, après 1945, et surtout à partir de 1950, ce qui, au demeurant, peut se comprendre, sur le plan axiologique comme sur le plan psychologique, compte tenu de ce qu'a été la période comprise entre 1914 et 1945.

Troisième erreur, de pronostic : "Tous les obstacles (situés entre l'Eglise et son environnement extérieur, ou entre l'Eglise et le monde contemporain) ont été levés par le Concile, donc il n'y a plus aucune raison pour que les non catholiques ne rejoignent pas l'Eglise". D'après Gérard Leclerc, qui l'a précisé un jour sur KTO, c'est quasiment en ces termes que Paul VI s'est exprimé, au moins une fois, devant Jean Guitton, en 1965 ou en 1966...

Cette troisième erreur est souvent commise par tous les catholiques qui s'imaginent, encore aujourd'hui, que c'est avant tout à cause de la doctrine de l'Eglise, de l'histoire de l'Eglise (les Croisades, l'Inquisition,...) de la morale de l'Eglise, etc., que les hommes et les femmes d'aujourd'hui ne sont pas plus nombreux à se tourner vers Jésus-Christ, au moyen de l'Eglise catholique...

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/bravo.gif  ( 873305 )Merci encore par Aigle (2019-08-24 11:21:05) 
[en réponse à 873258]

Cher Scrutator de votre très intéressante analyse.

Parfois je me demande si la naïveté de Paul VI ne cachait pas un terrifiant orgueil...on a l'impression d'avoir affaire à quelqu'un qui a tout compris à la différence de tous ses prédécesseurs ...

Paradoxalement le pape actuel , préoccupé par la mafia, les migrants et le changement climatique, est TRÈS éloigné de l'optimisme Paulsixien !
images/icones/fleche2.gif  ( 873749 )Cela a été l'optimisme des années 1961-1966. par Scrutator Sapientiæ (2019-08-31 10:27:57) 
[en réponse à 873305]

Bonjour Aigle,

Il est à noter que l'optimisme auquel vous faites allusion est presque consubstantiel à la période située entre 1961 et 1966, non seulement dans l'Eglise catholique, mais aussi dans le monde contemporain,

- dans un contexte d'apaisement mondial, au moins apparent, dans le cadre de la bipolarisation entre l'Est et l'Ouest et dans celui de la bipolarisation post-coloniale entre le Nord et le Sud,

- dans le contexte du développement de la civilisation des loisirs et de la société de consommation,

- dans le contexte de la poursuite de ce que l'on n'appelait pas encore "les Trente glorieuses".

Relisez Ecclesiam suam et la deuxième partie de Gaudium et spes : on se demande parfois si l'on n'est pas en présence d'un registre de discours qui relève du problem solving ou de la wishful thinking...

Toute une ambiance a fait office ou a tenu lieu de culture à toute une époque, et les hommes du Concile, ainsi que des textes du Concile, ont été influencés par cette ambiance, extrêmement spécifique à la première moitié des années 1960.

C'est la raison pour laquelle le Concile constitue, surtout en ce qu'il a de particulièrement caractéristique, en tant que Concile à la fois adogmatique ad intra et consensualiste ad extra, une "boussole" qui a été, elle aussi, influencée par cette ambiance.

Comme l'écrit quelque part le futur Benoît XVI : "Nous avons cru que tout allait être possible"...

Petrum et Paulum apostolos, Populorum progressio, Sacerdotalis caelibatus, en ce qui concerne le Magistère de Paul VI, constituent des signes du fait que, dès le début de l'année 1967, cette ambiance, optimiste, a commencé à laisser une partie de sa position dominante à tout à fait autre chose...

Bonne journée.

Scrutator.