Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 871437 )"summorum pontificum" est véritablement une nouvelle constitution du rite romain par jejomau (2019-07-14 08:43:09) 

le site Rorate Caeli rappelle, à l'occasion du 12e anniversaire du Motu Proprio Summorum Pontificum que "Benoît XVI a une nouvelle fois placé l'Église sur le chemin de l'éternité et de l'immortalité."


"Depuis plusieurs décennies, nous vivons dans la "tyrannie du présent". La tradition est oubliée et, précisément parce qu'elle est oubliée, nos responsabilités pour l'avenir sont également rejetées. L'expérimentation liturgique qui a conduit au Novus Ordo était l'incarnation même de Vatican II: elle a donné à la hiérarchie catholique le fondement liturgico-théologique de sa promotion actuelle de "l'ici et maintenant" en tant que but suprême de l'Église.

Avec Summorum Pontificum, l'acte législatif pontifical le plus conséquent depuis 1969, Benoît XVI a bouleversé cette nouvelle logique matérialiste: en ouvrant les portes du passé, il a de nouveau placé l'Église sur le chemin de l'éternité et de l'immortalité.

Il y avait une église avant la réalité actuelle, il y en aura une éternelle: et la liturgie sacrée qu'elle célèbre ici, avec la véritable empreinte traditionnelle et apostolique, a toujours été et devrait toujours être, non pas un reflet de la banalité du moment, mais une préfiguration de son immortalité en tant qu'Épouse du Christ et de son festin pascal avec le Seigneur pour toute l'éternité, en dehors des limites de notre existence actuelle.


le texte ci-dessous a été publié à l'époque:

Summorum Pontificum: axes d'interprétation

1. Le texte doit être lu de "bas en haut".

Summorum contient 12 articles de loi *, à la fin, au cœur du texte. Ils reconnaissent les faits et les droits, établissent des droits nouveaux ou peu clairs en vertu de la législation antérieure et créent de nouvelles obligations.

C'est extrêmement important: ces 12 articles sont la loi. Naturellement, d’autres points de droit s’appliquent (principes généraux, concepts explicitement mentionnés dans les articles eux-mêmes, ainsi que d’autres aspects canoniques applicables), mais ni l’introduction des articles (première partie de Summorum), encore moins la lettre de motivation envoyée par le pape aux évêques, aucun autre texte ne peut être invoqué pour supprimer ou restreindre les droits reconnus ou créés par le législateur suprême dans les 12 articles.

* Il existe un treizième article de loi qui définit la "vacatio legis" du 7 juillet au 13 septembre 2007.

2. Quelle interprétation?

Heureusement, les articles de loi de Summorum sont pour la plupart très clairs. Et là où ils peuvent ne pas être clairs, il y a un dicastère romain prêt à fournir l'interprétation appropriée et probablement peu disposé à renoncer à son augmentation récente du pouvoir (cf. art. 12), qui sera précisé par le pontife romain à l'avenir, selon à sa volonté (cf. art. 11).

Le texte de référence est et ne sera que l'original latin. (La version du Vatican en anglais a été mise à disposition des années après l'original latin, mais c'est l'original latin qui sert de guide en cas de doute.)

3. Summorum est une nouvelle "Constitution" du rite romain.

Le législateur suprême souhaitait créer un cadre liturgique pour les prêtres et les fidèles, en particulier pour les prêtres. C’est une "Constitution", non pas en tant que document théologique, mais au sens juridique qu’il s’agit d’une loi fondamentale, d’une loi supérieure à celle d’autres lois: c’est très clair, par exemple, dans les articles extrêmement importants 2 et 4 (Messes sans les personnes ou "messes privées", avec ou sans fidèles), et 9, § 3 (utilisation gratuite du bréviaire romain), qui sont l'incarnation même de la libération.

Summorum est donc "au-dessus" des simples dispositions liturgiques de l'Église latine. C’est une révolution juridique dans la cohabitation mutuelle de ce que l’on appelle maintenant les deux formes du rite romain: le Missel de Paul VI peut encore être la "forme ordinaire", mais ce n’est pas la forme obligatoire standard à partir de laquelle certains prêtres (en raison d'une déférence particulière ou du charisme de leur ordre ou de leur société de vie apostolique) sont exemptés en raison d'une faveur spéciale ("indult"). L'âge de l'indult est terminé; L'époque de la "générosité épiscopale" est révolue: Summorum est une véritable charte des droits liturgique pour tous les prêtres de l'Église latine.

Chers prêtres du monde entier, chérissez et faites bon usage de ce document: il n'est pas la propriété des "minorités dissociées"; ce n'est pas le domaine des "clercs nostalgiques"; cela vous appartient à tous, c'est votre charte de la liberté liturgique.



images/icones/neutre.gif  ( 871439 )Sa sainteté Benoît XVI , avait fait preuve d'une grande habileté... par Minger (2019-07-14 10:41:30) 
[en réponse à 871437]

"Benoît XVI a une nouvelle fois placé l'Église sur le chemin de l'éternité et de l'immortalité."

Nous ne serons jamais assez reconnaissants envers lui, effectivement, l'opposition des modernistes dès que la rumeur est venue , les coups bas et leurs violentes pressions n'ont pas empêché :

« Le législateur suprême souhaitait créer un cadre liturgique pour les prêtres et les fidèles, en particulier pour les prêtres. C’est une "Constitution".

Grande réussite donc, il a bravé l’intransigeance et surtout mis les gardes fous pour les fous opposants…

De plus , y a pas la possibilité de revenir sur ce principe , au grand désespoir de ceux , qui n’ont pas compris que le respect liturgique commence avant tout , envers les siens et non en un dictat moderno-liturgique , qui aujourd’hui est en complète déroute …

L’absurdité Vatican II , voulait que l’on respecte tous les cultes des autres , mais pas son patrimoine liturgique historique …
Il y aura fallu ce Pape , pour avoir l’intelligence du coeur et de l'esprit , pour enfin imposer ce respect à tous !

Et ce n’est pas le Pape actuel , qui aurait imaginé une telle générosité , car dans sa conception obsessionnelle liturgique moderne , limitée et obstruée par un réformisme sans grande piété , dans l’ignorance d’un trésor caché …

Paradoxe , il exhorte les orthodoxes pour leur liturgie de toujours , mais n’arrive pas à comprendre que dans son église et chez les siens , il y a une liturgie dite de toujours …

images/icones/fleche2.gif  ( 871454 )C'est très bien par Rothomagus (2019-07-14 14:57:19) 
[en réponse à 871437]

mais on ne peut pas se satisfaire de la situation actuelle.
Benoît XVI a été au plus facile. Comme s'il était possible d'imaginer pour les siècles à venir une coexistence durable de plusieurs formes d'un même rite.
L'enrichissement mutuel des deux formes de la messe est toujours attendu... Mais au final c'est ce qu'il y a de plus aisé techniquement. C'est du gateau ! Si on veut bien s'en donner la peine.

L'erreur stratégique est celle de la coexistence des calendriers. L'organisation du temps liturgique post V2 est certainement la réforme la plus utile qui fut (j'excepte bien évidemment la purge extrême des saints dans le calendrier). Ceci ayant été accepté par tous, des solutions auraient pu alors être trouvées pour les oraisons, pièces grégoriennes supprimées ou que sais-je encore. Un dimanche est un dimanche, qu'il soit avant ou après telle ou telle fête ou dans le temps ordinaire a une importance limitée, cela aurait pu s'arranger dans la continuité. Mais on ne peut avoir la septuagesime d'un côté et pas de l'autre ! Par exemple. Et tout cela n'a rien à voir avec la Messe. C'est le calendrier qui détraque tout. Jusque pour l'office divin. C'est là qu'il faudrait faire preuve d'autorité.
Donc Benoît XVI a été très accommodant et a fait simple, mais les modalités retenues étaient-elles vraiment toutes judicieuses ?
images/icones/fleche3.gif  ( 871460 )Le problème... par Signo (2019-07-14 15:29:08) 
[en réponse à 871454]

...est que si Benoit XVI avait imposé d'autorité une fusion des deux missels (1962 et 2002), étant donné la situation actuelle il n'aurait fait que créer une troisième forme du rite qui n'aurait été suivie que par très peu de monde.

Dans 90% des paroisses diocésaines (je parle pour la France) l'esprit liturgique traditionnel a totalement disparu. La liturgie y est aux mains de gens totalement incompétents qui n'auraient jamais suivi une fusion qu'ils auraient interprété comme "un inacceptable retour en arrière".

Les communautés ED se seraient accroché à 1962 par principe, parce que pour elles l'absence d'esprit liturgique vraiment traditionnel doit être compensé par un respect scrupuleux des formes pré-conciliaires (comme si ces formes étaient traditionnelles, ce qui est faux). Par ailleurs cette mentalité de blocage et de réaction (qui ne fait que dissimuler une profonde inculture liturgique) les aurait conduit à considérer toute évolution (même limitée) comme dissimulant une tentative de leur faire "avaler" la soupe progressiste.

Bref, une fusion n'aurait été suivie par personne ou quasiment. Il valait donc mieux tenter la solution "contamination réciproque" et laisser la pratique des deux rites se rapprocher par la base.
images/icones/fleche2.gif  ( 871474 )Le problème de la CEF par Rothomagus (2019-07-14 17:28:27) 
[en réponse à 871460]

est qu'elle ne joue pas son rôle de coordinatrice et de courroie de transmission en la matière. Ça pourrait pourtant tout changer. Il faudrait qu'ils planifient et recrutent des laïcs compétents !

Le site sur la liturgie catholique est indigent sur certains sujets :
- on ne trouve rien sur les textes officiels de la conférence épiscopale sur les normes post Vatican II.
- le calendrier romain + fêtes françaises à jour est introuvable : comment veut-on que les diocèses et les paroisses par suite complètent le calendrier comme il se doit ?
- aucune page sur les usages français, pourtant nombreux
- en faisant une recherche récemment, j'ai trouvé qu'ils se félicitaient presque de bénéficier d'un indult qui permet de décaler la Fête-Dieu au dimanche. Ils ne se posent pas de question.

Grosso modo, il semble qu' ils ne travaillent pas à autre chose que le quotidien.

Cela reflète sûrement l'absence de capacité visionnaire de nos évêques. Mais il est vrai qu'ils sont mal préparés.
Il faudrait un jour créer un séminaire pour les évêques. On prépare les prêtres pendant des années, mais les évêques, eux, sont propulsés du jour au lendemain, sans avoir toujours conscience de leurs obligations et rôle canoniques. Ce sont pourtant les pasteurs de nos pasteurs !

Concernant les deux formes du rite, cela paraît irréductible aujourd'hui, mais souvenez-vous il y a 15 ans... une pichenette du pape aurait suffi pour expédier définitivement hors de l'Eglise la Messe traditionnelle et le clergé qui va avec. L'option de l'uni-formité dans le rite romain, avec une messe à modules tradis intégrés dans l'ordo missae n'a jamais été préparée techniquement. Cela aurait conduit à la création d'un seul missel "tout compris", à l'exclusion de tout autre.
images/icones/neutre.gif  ( 871486 )Je crois que vous avez mal compris par Meneau (2019-07-14 20:52:26) 
[en réponse à 871460]


parce que pour elles l'absence d'esprit liturgique vraiment traditionnel doit être compensé par un respect scrupuleux des formes pré-conciliaires (comme si ces formes étaient traditionnelles, ce qui est faux). Par ailleurs cette mentalité de blocage et de réaction (qui ne fait que dissimuler une profonde inculture liturgique) les aurait conduit à considérer toute évolution (même limitée) comme dissimulant une tentative de leur faire "avaler" la soupe progressiste.



Le fixisme dont vous parlez n'est pas dû à un blocage de principe, mais au fait que plus personne n'est là pour encadrer l'évolution organique de la liturgie, puisque Rome ne se préoccupe que de la forme ordinaire et ce avec le succès et l'efficacité qu'on peut constater dans les paroisses...

On respecte les formes pré-conciliaires car ce sont les dernières validées par l'Eglise avant la grande débâcle, et qu'on n'a pas autorité pour faire des évolutions par soi-même.

Mais je vous l'accorde, une fusion n'aurait été suivie par personne.

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 871507 )Blocage de principe par Signo (2019-07-15 00:13:50) 
[en réponse à 871486]

Question: si Rome imposait aux communautés ED et à la FSSPX le passage du missel de 1962 à celui de 1965, vous croyez vraiment qu'elles obéiraient? Moi je ne pense pas. Donc on est bien dans un "blocage par principe" qui exprime une frilosité (compréhensible) due au chaos des années 1970-1980.

Le missel de 1965 est utilisé à Fontgombault et cela se passe très bien.

Dans ma paroisse (VOM), des aménagements ont été faits de sorte que le peuple et le prêtre restent debout durant le Kyrie, le Gloria et le Credo... conformément à la Tradition. Et là aussi, cela se passe très bien.

Donc des solutions existent et sont déjà mises en oeuvre avec fruit là où les pasteurs ont la souplesse d'esprit, l'intelligence et le sens de la liturgie.
images/icones/bible.gif  ( 871518 )Un scénario de sortie de crise pourrait être... par Candidus (2019-07-15 10:35:42) 
[en réponse à 871507]

... dans un premier temps, la permission d'utiliser sans aucune limitation, le missel de 1965 qui pourrait être célébré indifféremment en latin ou en vernaculaire.

Pour la masse des fidèles partisans du NOM, totalement ignorants en matière liturgique, le fait que le vernaculaire ne soit pas contesté pourrait les aider à avaler la pillule. Pour eux, le VOM, c'est la "messe en latin", le NOM, la "messe en français".

La seconde étape consisterait à annuler Summorum Pontificum tout en rendant le missel de 1965 obligatoire pour tous.

Eventuellement, des indults pourraient être accordé pour la célébration du missel de 1962 et de 1969 (en attendant que la solution biologique fasse son oeuvre).

La FSSPX pourrait difficilement rejeter un missel qui en son temps fut loué par son fondateur qui l'a longtemps utilisé.
images/icones/carnet.gif  ( 871597 )Un document ad hoc par AVV-VVK (2019-07-16 13:08:57) 
[en réponse à 871518]

Ici Une lettre du R.P. Bugnini. A lire.
images/icones/bible.gif  ( 871613 )La phrase qu'il faut souligner par Candidus (2019-07-16 16:56:50) 
[en réponse à 871597]

Parlant de la présence du verset antienne Introibo ad altare Dei dans le missel de 1965, Mgr Bugnini écrit :

... il serait vraiment déplaisant que dans la restauration finale cette petite perle ait disparu de l'Ordo Missae.

Lorsque le missel de 1965 paraît, il est décrit comme étant l'aboutissement, la réalisation de la réforme voulue par les Pères conciliaires et définie par Sacrosanctum Concilium.

Hypocrisie diront certains ? Mais qu'est-ce qui obligeait Bugnini a écrire cette phrase ? Il pouvait se dispenser de cette précision, le missel de 1965 n'en aurait pas moins été universellement accepté.

Il faut sans cesse le rappeler, le missel de 1965 est le missel voulu et attendu par les auteurs de la constitution sur la liturgie de Vatican II. Il était le couronnement du mouvement liturgique dans tout ce qu'il avait de meilleur. Tout ce qui a suivi ce missel a été le résultat de la dynamique révolutionnaire qui s'est emparée de la société civile et religieuse dans les années 60.
images/icones/fleche2.gif  ( 871626 )D 'autre part, une étude sur le nouveau missel par AVV-VVK (2019-07-16 20:11:52) 
[en réponse à 871613]

apparue en 1978, ne parle absolument pas du missel de 1965 et met le lien direct entre le missel tridentin de 1570 et le missel de "Paul VI" de 1970, répondant pleinement à la constitution liturgique "Sacrosanctum Concilium". Lisons également la constitution apostolique (3 avril 1969).
Evidemment la réalité chaotique fait rêver, peut nous rendre nostalqiques.
images/icones/neutre.gif  ( 871609 )"Participation active des fidèles" par Regnum Galliae (2019-07-16 16:15:19) 
[en réponse à 871518]

Pour ma part, j'étais plus passif du temps où je m'ennuyais à la messe dominicale Paul VI du coin que maintenant que je profite de la belle liturgie traditionnelle. Celle-ci permet d'entrer plus profondément dans le mystère célébré par un prêtre qui tient vraiment le rôle d'un pasteur menant son troupeau devant Dieu, alors que le rite réformé me rappelle plus une AG de copropriétaires où il faut vraiment faire un effort personnel pour intérioriser ce qui se passe. Ce qui suppose une bonne formation doctrinale.

Quant à 1965, il ressemble à ce que serait le résultat d'un enrichissement mutuel. A l'époque il était vu a posteriori et à raison comme une étape vers 1969, lui faisant donc perdre sa valeur intrinsèque. Aujourd'hui, 1965 serait plutôt vu comme un "retour en arrière" (youpi !) par rapport à 1969.