Le Forum Catholique
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( 869014 )
La commission Sauvé prétend imposer un inventaire des archives par JVJ (2019-06-03 22:41:34)
liées aux accusations et crimes vrais ou supposés...
Je lui souhaite bon courage et à supposer que les congrégations et les ordres souhaitent s'abandonner à cette commission. Les statuts de ces communautés ont une législation en matière de communication d'archives. Et les diocèses !
C'est aussi le cas pour toutes les archives civiles en France. Pas de lois d'exception chaque semaine !
Va-t-on, comme en Belgique récemment, mettre une caméra dans le caveau des archevêques de Paris pour y trouver des dossiers qui n'existent pas ? Et pourtant, cela a été fait.
Ce n'est pas parce qu'un papier sur lequel un vicaire général a griffonné quelques lignes au sujet de l'abbé X et de crimes supposés (et jamais instruits par la justice de l'Eglise ou celle des hommes), que ce papier est en lui-même une archive pour cette commission. Même une lettre avec moult détails peut résulter de l'imagination malsaine de quiconque.
M. Sauvé est tout sauf un amateur, mais là, les membres de cette commission prouvent leurs grandes limites.
Le mythe des archives et la soif de mettre son nez partout, pour faire croire que le peigne est passé partout.
Je lis cela dans l'entretien que M. Sauvé à donné La Croix (en ligne, en date du 3 juin 2019).
"Nous lançons également en ce début de semaine un questionnaire pour faire l’inventaire des archives des diocèses et des instituts religieux. Les évêques et supérieurs majeurs auront quatre mois pour le remplir. Cet inventaire nous permettra d’établir une cartographie des abus sexuels et des modalités de leur prise en charge."
Et la cartographie ! C'est du Cuchet mal assimilé ! La déléguée épiscopale orléanaise préposée à la traque du clergé déviant ne dit-elle pas qu'il existe 5 à 10 % de criminels dans le clergé ?! Des chiffres, des cartes. J'espère qu'on fera de jolies cartes, mises en relation avec la présence du bocage qui facilite les unions illégitimes ou subreptices (j'ai entendu des historiens modernistes dauber là-dessus).
Par ailleurs, si un évêque refuse de remplir ce questionnaire à l'allure comminatoire ?!
Aura-t-on une cartographie des diocèses qui ont refusé de transmettre à ces gens ? Les lecteurs de La Croix se frottent les mains : ils verront les évêques qui ont des choses à cacher, évidemment !
J'aimerais bien connaître la réaction du canoniste Mgr Minnerath...
Va-t-on exiger de l'archiviste diocésain de fouiller partout (comme s'il existait des cartons aux archives diocésaines avec pour étiquette "crimes du clergé 1960-1965" !).
Et tel évêque va-t-il remuer encore la vase si tel dossier ouvert à tort en 1990 n'est pas transmis ?
Un inventaire peut tout dire ou ne rien dire. On peut y mettre deux lignes ou un roman...
J'espère que ces gens savent que les éditeurs (des historiens chercheurs des plus sérieux) qui travaillent à éditer les registres médiévaux de la pénitencerie apostolique jurent sur les Evangiles, en 2019 encore, de ne pas transcrire et divulguer les péchés couchés par écrit qui résultent de la confession faite aux pénitenciers majeurs et mineurs ?!
Ces éditions peuvent donc être caviardées, même 500 après les faits.
Et les éditeurs français et allemands n'y trouvent rien à redire.
Qu'on laisse fantasmer ceux qui ont toujours cogité devant le sigle des ASV (archives secrètes du Vatican, secrètes, car privées et propriétés de la Sainte Eglise).
Nous connaissons tous des histoires pénibles (et vous mettrez tous les adjectifs que vous voudrez) d'un prêtre retiré du ministère parce qu'il a fait des choses atroces ou indignes, mis dans la maison de retraite diocésaine des prêtres.
Eh bien, va-t-on faire le procès de tous les évêques qui depuis les années 70 (par exemple) qui ont pratiqué de la sorte, au su et au vu de tous ?! Cela va être plaisant.
Et à la rigueur, sans craindre les anachronismes et les changements radicaux de pratique (y compris dans l'évolution du droit civil), tout le monde est complice. Ces prêtres n'ont pas été jugés, mais tout le monde savait : l'évêque, les prêtres, le maire, les familles concernées, le procureur, etc. Mais à cette époque, cela ne faisait pas l'objet d'un passage en justice civile, et, il est vrai (c'est ce qui me gêne, et pas qu'un peu...), pas même d'un passage devant un tribunal ecclésiastique.
Depuis les années 60, le droit canon est très mal considéré dans l'Eglise en France. C'est une science poussiéreuse... Et pourtant !
La Mère d'un carmel ne va tout de même pas enquêter sur le passé sexuel de toutes ses soeurs, même des défuntes !
Et dans les séminaires...
C'est la porte ouverte à tous les ragots.
Je rappelle qu'un jeune curé s'est suicidé dans le diocèse d'Orléans l'an dernier, après dénonciation calomnieuse de catholiques de la paroisse et avant une homélie misérable de l'évêque (qui n'est pas allé jusqu'au cimetière sans doute à cause du froid et de la pluie...).

( 869016 )
Et un tribunal impose à un évêque de transmettre à une victime le dossier d'un prêtre ! par Sacerdos simplex (2019-06-03 23:20:48)
[en réponse à 869014]
Pour des faits remontant aux années
1960 !
C'est dingue !
Imaginez une entreprise, un salarié poursuit un directeur pour harcèlement (30 ou 40 ans après les faits) et exige qu'on lui remette la totalité du dossier de ce directeur ?...
Selon l'AFP :
La justice a ordonné mardi pour la première fois à un évêque de communiquer le dossier religieux d'un prêtre condamné pour pédophilie à une victime qui le réclamait, dans le cadre d'une action engagée au civil contre l'Église.
Statuant en référé, le tribunal de Bourg-en-Bresse a ordonné à l'évêque du diocèse de Belley-Ars (Ain), Mgr Pascal Roland, de communiquer, dans un délai de 15 jours, à Jean-Yves Schmitt, un retraité de 67 ans qui vit dans le département, "l'intégralité du dossier concernant Félix Hutin détenu par l'évêché".
Cet ancien prêtre de 86 ans avait été condamné au civil, en juillet 2015, par le juge de proximité de Nantua qui l'avait reconnu responsable des agressions sexuelles subies par M. Schmitt durant son enfance dans un lycée de Bourg-en-Bresse, où le religieux officiait comme aumônier dans les années 60. Les faits sont prescrits depuis longtemps sur un plan pénal.
La suite ici :
https://actu.orange.fr/france/un-eveque-somme-de-communiquer-le-dossier-d-un-pretre-pedophile-a-une-victime-CNT000001g2nCf.html
C'est absolument dingue !
Le coupable a déjà été condamné au civil : qu'est-ce qu'on veut de plus ?
Et le dossier - le dossier
intégral !... - d'un prêtre, même coupable, a un caractère confidentiel évident. Pas besoin de communiquer tous ses démélés avec son évêque, ou l'évêque du diocèse d'à côté, tous ses litiges avec ses confrères, ses démélés avec le fisc, avec son éditeur, avec sa gouvernante, avec ses paroissiens, avec tel fournisseur, telle banque, etc !... Qu'est-ce que cela pourrait apporter - pour des faits déjà prescrits et déjà jugés au civil ?
C'est vraiment une "chasse au sorcières" absolument insupportable !

( 869029 )
D'accord, mais... par Meneau (2019-06-04 08:12:28)
[en réponse à 869016]
Je suis évidemment aussi indigné que vous face à cette décision de communiquer l'intégralité du dossier à un particulier.
Mais il semble qu'à l'audience, Félix Hutin ne se soit pas opposé à la communication de son dossier. Cela affaiblit considérablement la défense de l'évêché, qui ne peut plus arguer de la protection de la vie privée, tout au moins de celle du coupable.
Cordialement
Meneau

( 869047 )
décision très étrange du juge des référés par Luc Perrin (2019-06-04 15:07:17)
[en réponse à 869016]
maintenant si le prêtre incriminé est d'accord ...
Je reste surpris, pour ne pas dire stupéfait, que des pièces à conviction potentielles puissent être livrées non pas à la police ou au procureur de la République mais à un particulier, lui-même condamné si j'ai bien compris pour des faits de pédophilie.
Je ne savais pas qu'on dispersait ainsi des pièces dans le public : ça me paraît exorbitant du droit commun mais peut-être que Me Parfu ou d'autres juristes du FC pourraient dire s'il y a des précédents.
Aux USA ou à Lyon ou en Belgique, c'est la police qui perquisitionne et opère des saisies pour les besoins de l'enquête.

( 869055 )
L'action civile ne s'éteint pas par PEB (2019-06-04 18:36:25)
[en réponse à 869047]
Le responsable principal a payé. Certes.
Mais le particulier veut sans doute invoquer la responsabilité civile incidente du clergé en tant que personne morale. Les pièces demandées devraient permettre d'établir une éventuelle faute inexcusable du diocèse.

( 869019 )
que pour les catholiques bien sûr par jejomau (2019-06-03 23:55:15)
[en réponse à 869014]
pas de pédophiles dans l'islam ni chez les juifs ou les protestants..
Hitler a fait exactement la même chose en ciblant une catégorie de la population et une seule..
Mais bon, tant qu'aucun évêque ne tapera du poing sur la table, les loups entrés dans la bergerie peuvent s'en donner à cœur joie!

( 869032 )
« Va-t-on faire le procès de tous les évêques qui etc.» Ben oui, évidemment par Gaspard (2019-06-04 09:09:49)
[en réponse à 869014]
Je ne comprends pas bien votre indignation.
Bien évidemment, il y a dans les archives diocésaines des dossiers personnels des prêtres "à problèmes".
Bien évidemment, le grand juriste qu'est M. Sauvé ainsi que l'équipe de haut niveau qu'il a recrutée (coût : plusieurs millions d'euros dit-il, merci le Denier de l'Eglise) ne va pas confondre un graffiti avec une preuve.
Quand le dossier de l'abbé X comprend une unique lettre d'accusation très floue, il ne sera pas traité de la même façon que celui qui en comprend vingt circonstanciées. Etc.
Il y aura des malhonnêtes pour détruire les archives: cela fera un scandale dans le scandale, comme en Allemagne.
Mais que tous les évêques qui ont caché les dossiers à la justice canonique et civile soient poursuivis, ou au minimum nommés si les faits sont prescrits, alors ça me paraît évident.
Faire le ménage, un vrai ménage, c'est le but de cette commission - qui pour mémoire a été mise en place à cette fin par les évêques eux-mêmes.
Bonne journée

( 869034 )
N'importe quoi par JVJ (2019-06-04 10:35:43)
[en réponse à 869032]
Le moindre papier peut être exploité et vos dossiers plus épais ne signifient que les faits soient graves.
Vous êtes aussi contre la prescription : chapeau !
L'honneur de l'épiscopat selon Libé (l'évêque d'Orléans) a lui aussi tardé à dénoncer ce qui devait se savoir. Au gnouf tout le monde dans ces conditions !
On comprend mieux ensuite son obsession morbide pour le sujet, qui accessoirement a causé directement le suicide d'un jeune curé.
Vous allez juger à titre posthume, bravo !
Et votre équipe de haut niveau !
Il ne manque plus que la supérieure en civil des religieuses de France.
M. Sauvé a été aussi choisi parce qu'il donne des garanties, car il relève des cathos de gauche ou de centre-gauche pour dire vite.
Ses anciennes fonctions font de lui un homme intouchable, mais il fallait demander alors à Roland Dumas ou attendre que Fabius quitte son poste. Ou à F. Hollande...
L'Eglise n'a pas été capable de traiter cela avec son propre droit.
Et l'Eglise de France n'existe pas, à moins d'être gallican ou nationaliste.
Le jour où un Mgr Minnerath produira un texte très sec et bref pour désavouer tout ce cirque, cela fera mal.
Il s'est embarqué dans un truc infaisable et, dans son existence même, contraire à toute l'histoire de l'Eglise, et accessoirement au droit canon.
Un évêque n'a aucun compte à rendre à ces gens, comme le provincial des Dominicains ou moi !
C'est une opération diversion, non pas pour enterrer le problème, mais pour donner des garanties à la doxa et aux médias, à ceux qui veulent faire exploser le peu de hiérarchie et de droit canon qui restent.
Lisez-moi bien : tolérance zéro pour tout déviant sexuel, surtout avec les enfants. De l'évêque au fidèle. Mais il faudra hiérarchiser entre un baiser volé et un viol chronique, entre des propos et des violences physiques. Bref, c'est sans fin.
Et l'ambiance morbide et inquisitoriale de ce truc plaît à ceux qui ne pensent qu'à cela ou au sexe sous toutes les coutures.
Pour moi et quelques amis prêtres, l'obsession de certains évêques et journalistes prouvent que pour certains d'entre eux ne sont pas nets sur ce sujet pour eux-mêmes.

( 869036 )
tout ça , c'es tpipeau et compagnie pour nuire à l'Eglise catholique par jejomau (2019-06-04 11:05:28)
[en réponse à 869032]
Dans le diocèse de Saint-Etienne, le Père Peyrard a été condamné pour abus sexuels après la révélation des faits par une des victimes.
Cette victime a souligné au procès qu'elle avait porté plainte auprès des forces de l'ordre il y a quelques années sur les indications de l'évêque en place à l'époque. La plainte n'a pas été prise en compte à ce moment. Au tribunal , le juge s'est d'ailleurs excusé pour la Justice…
Cette commission Sauvé va-t-elle mettre en cause le diocèse parce qu'elle n'a "rien fait à l'époque" ???
Cette commission va-t-elle lancer une grande enquête sur la Justice ?
Combien de faits de la sorte ? Cette commission les mettre-t-elle en lumière ?
Pensez donc ! Tout ceci est fait pour nuire à l'Eglise… CATHOLIQUE seulement ! Dans son ensemble.

( 869048 )
LOL ... pour information jejomau par Luc Perrin (2019-06-04 15:22:52)
[en réponse à 869036]
la Commission Sauvé a été instituée par la CEF : c'est une commission interne à l'Église catholique qui meurt en France.
Je pense que le souci est plutôt d'éviter que des "jejomau épiscopaux", salva reverentia, ne continuent la politique d'omerta et de camouflage et de dénégation et réassignation après quelques mois ou années de congé pour raison de santé de prêtres/religieux ou laïcs en mission notoirement prédateurs.
Maintenant je redoute que, comme aux USA, derrière la façade Sauvé, ne reviennent vite les jejomau épiscopaux : vivons cachés vivons heureux et abusons tous en choeur. Avec les détournements de fonds qui vont souvent avec car si cette commission a un coût, les sommes dues pour indemnités et les frais de justice peuvent atteindre des sommets.
Aux USA c'est colossal.
Un ex. de jejomau épiscopal, Mgr Malone, nommé par Benoît XVI à Buffalo (New York) a camouflé autant q'il a pu quantité de prêtres prédateurs : c'est à échelle américaine, industrielle, pas les petits bras lyonnais.
Il y a eu un prêtre qui s'est "suicidé" à la soviétique la veille de faire des révélations sur la camarilla de l'évêque. La police a conclut au "suicide" en 5 minutes malgré les invraisemblances hurlantes du cas. C'est dire que le réseau de Buffalo inclut une part des autorités civiles.
Mieux le recteur du grand séminaire, l'abbé Gatto, qui avait été suspendu pour quelques mois à la suite de relations homosexuelles avouées dont certaines constituant des abus d'autorité, vient d'être réinstallé comme recteur !!!
Comme quoi à Buffalo avec Mgr Malone, on ose tout et au grand jour. Il semble que la collecte pour l'Église y soit en chute libre ... il finira par y avoir une justice quand le portefeuille sera vide.
Mgr Malone aurait dû mettre une autruche plutôt qu'un bison sur son blason.

( 869051 )
Et Mgr Gaillot par JVJ (2019-06-04 17:21:16)
[en réponse à 869048]
n'a-t-il pas accueilli le P. Vadeboncoeur, canadien ?
C'est public.
La conférence épiscopale de France panique, dans ses structures, mais un évêque n'est-il pas encore libre de faire ce qu'il veut chez lui ? Et a fortiori des ordres religieux dont le supérieur vit à Rome !
La presse de divers horizons a multiplié les articles sur le prêtre accueilli par Mgr Gaillot depuis 2000, et qui a récidivé en France. Il suffit de chercher. Je me rappelle Laurent Gerra s'en moquer sur RTL.
Que la curée commence avec cet évêque.
On ne peut pas avoir une vision rétroactive de la "gestion" de ces prêtres, avec nos réactions et notre expérience de 2018-2019, sans quoi saint Jean-Paul II est aussi complice d'une longue liste de choses : le dossier du P. Maciel est déjà éloquent.
Une video montre un journaliste demander des comptes au sujet de ce prêtre au cardinal Ratzinger, c'est d'ailleurs la seule fois où l'on peut voir, je crois, le cardinal se fâcher et taper sur le bras de son interlocuteur.
Moi-même, je fus témoin, à l'école primaire de brimades physiques et sans doute plus sur une camarade. L'institutrice se disputait souvent avec le père. Tout le village le savait. Ma camarade est entrée plus tard en hôpital psychiatrique, avant de se suicider à 19 ans. J'ai porté son cercueil. La famille lui avait tourné le dos. Sa tombe est aujourd'hui sous deux plaques de carrelage et une petite croix, sans nom. On aurait beau jeu de dire que l'institutrice et les voisins ont été complices. Croyez-moi, je n'ai pas bonne conscience.
Et nous avons tous des affaires similaires en pagaille, y compris d'incestes ou de violences faites à des femmes ou des enfants.
Aux yeux du droit canon et de la correction fraternelle, ai-je le devoir de dénoncer à l'évêque un curé qui reçoit chaque nuit une dame ? Je crois que oui, et pourtant, je ne le ferais pas et pour les cas portés à ma connaissance, je ne me suis pas érigé en délateur. De même avec un Dominicain dont tous les frères savent qu'il dort avec son compagnon dans un appartement. Et le P. de Certeau dont la compagne s'est toujours érigée en protectrice de sa mémoire, le (cher) P. Bruckberger qui assumait sa vie de bâton de chaise...
Comment on finit l'affaire des ballets roses ? Les accusations de Luc Ferry au sujet d'un ministre poissé au Maroc ? Les promotions de la sexualité avec les enfants par les écologistes et écrivains de tous les bords, jusqu'à des Peyrefitte (que j'ai pourtant lu avec plaisir), Gide et consorts toujours vivants ?
J'entends bien que, POUR UN CATHOLIQUE (en principe...), toucher à un enfant est aujourd'hui comme hier un crime, surtout s'il vient du clergé, sans minimiser les faits si cela venait d'un laïc. Je suis un peu embêté, je ne veux pas hiérarchiser.
Les prêtres accusés à tort seront salis à vie, et le rétablissement par l'évêque sera toujours suspect, aux yeux de la société et même ad intra.
Les archives n'existent pas en elles-mêmes, tout dépend ce qu'on veut y trouver.
Ce sont des sujets complexes.
Je n'ai jamais entendu par ailleurs la prière universelle demander des prières pour la conversion des prêtres et des évêques fautifs ou criminels. Du pire salopard peut sortir un saint, pour dire vite.

( 869063 )
archives : c'est en fait très simple par Luc Perrin (2019-06-04 20:45:13)
[en réponse à 869051]
La chancellerie d'un diocèse dispose, en principe, d'un dossier individuel comme pour une administration ou une entreprise.
J'en avais consulté il y a longtemps pour des clercs défunts. C'était assez succinct. En gros une fiche signalétique, naissance, famille, études, formation cléricale, les différents ministères, retraite, décès.
Les congrégations religieuses ont la même chose : j'avais consulté le dossier personnel de Mgr Lefebvre, celui de Mgr Graffin et quelques autres.
L'essentiel est ailleurs.
En revanche, cela permet de repérer où le clerc a été, s'il a été envoyé dans une maison de santé spécialisée ou a été mis en congé pour santé. Dans le cadre d'une enquête, ce peut être utile. En 2002, comme raconté dans Spotlight, les journalistes avaient tracé des prédateurs "en congé" sur les états diocésains.
Pour savoir si l'évêque a entretenu une correspondance ou a été averti de tel fait vrai ou supposé, là c'est tout autre chose.
On peut par ailleurs communiquer fort vite les dispositions règlementaires prises localement s'il y en a, outre les chartes générales adoptées par la CEF comme d'autres conférences épiscopales (cf. la charte de Dallas 2002 rendue célèbre par McCarrick qui en avait été l'architecte).

( 869140 )
pour élargir le débat par Regnum Galliae (2019-06-06 09:52:56)
[en réponse à 869063]
Il est une chose que je ne m'explique pas : l'Eglise catholique romaine ayant hérité de l'efficacité juridico-administrative de l'Empire romain, comment se fait-il que ses archives ne remontent pas jusqu'aux temps apostoliques ? Je trouve par exemple invraisemblable que l'on soit incapable de remonter la succession épiscopale au-delà du XVIè siècle avec ce fameux cardinal Scipione Rebiba. A la limite, mis à part la promesse divine d'indéfectibilité de l'Eglise, qui nous dit que la succession apostolique n'a pas été interrompue à un moment ou à un autre ?

( 869143 )
Merci pour le rire par JVJ (2019-06-06 10:04:41)
[en réponse à 869140]
Je crains que vous n'écriviez qu'au premier degré...
Si c'était du sixième degré, merci de le dire.

( 869054 )
oui... un beau et magnifique "lol" pour votre post ! par jejomau (2019-06-04 18:34:12)
[en réponse à 869048]
Cher Luc
Je vous lis toujours. Toujours, parce que je vous trouve interessant par vos grandes connaissances dans bien des domaines et en particulier dans celui de toutes ces affaires d'ailleurs..
Bon, je vous ai passé la pommade, maintenant … Lol : je vais un peu plus loin !
Je pense que le souci est plutôt d'éviter que des "jejomau épiscopaux", salva reverentia, ne continuent la politique d'omerta
le mot "omerta" a une signification plutôt précise que, souvent, les ennemis de l'Eglise utilisent car il signifie que le clergé est une sorte de mafia organisée cherchant à cacher, occulter, camoufler.. volontairement… des faits extrêmement répréhensibles
Vous pensez que le clergé catholique pratiquerait une omerta ? Vous pensez qu'il existe un réseau organisé concernant l'ensemble du clergé ?
Je veux admettre qu'il existe une sorte de mafia quelque part mais elle ne concerne que quelques membres du clergé (le lobby pro-LGBT et homosexuel assez bien ciblé maintenant) détraqués . Cependant, doit-on parler systématiquement d'omerta quand on parle de nos prêtres, de nos évêques, et des fidèles catholiques par la même occasion ??
Ceci dit, là où vous faites surtout complètement erreur - et ceci est dû à une trop grande bonté inhérente aux catholique souvent , à une sorte de naïveté étrange qui ne leur fait absolument pas percevoir ce qui en réalité saute aux yeux - c'est que vous croyez que cette commission a été instaurée dans le but que "cette politique (d'omerta) " cesse.
Là, je ris. Je le répète donc : cette commission a été instauré pour qu'on parle des catholiques et de leur clergé en mal et pour les faire passer pour des pédophiles dans leur ensemble. C'est le seul but depuis maintenant une dizaine d'années : chaque année qui passe voit une association lambda déverser son flot d'horreurs, voit des témoignages sortir ciblant souvent d'ailleurs tel ou tel membre du clergé tout en laissant bien de côté le fauteur de troubles (ex. Père Preynat toujours pas jugé) , mettant en accusation un prêtre ou un autre de telle sorte qu'on relance le processus du bla-bla-bla sur les médias… Donc là, "on" trouve un moyen génial de faire parler de cette sale Eglise catholique pédophile toute une année , en continu, dans tous les médias…
Voilà. Comprenez que cela n'a rien à voir avec les "les jejomau épiscopaux : vivons cachés vivons heureux et abusons tous en choeur."!
Car ne vous faite pas d'illusions cher Luc. Vous êtes catholique. A chaque fois que vous aurez quelque petite cochonnerie qui viendra se répandre sur les ondes de manière répétée, inlassablement, ceci martelé consciencieusement sur les ondes pour dire quelques horreurs sur un prêtre : c'est vous (comme moi, nous tous) qui sommes visés très exactement pour nous jeter à la vindicte comme… pédophile caché !
Oui, c'est le seul but! En effet : il faut bien saisir que vous aurez toujours quelque part, un prêtre qui fera une faute même légère.. DU FAIT DE SA NATURE HUMAINE.
TOUJOURS.
Même dans 50 ans vous pourrez relancer une commission Sauvé number two : vous retrouverez des zigots de curés qui auront eu la main baladeuse!!
Il est évident que toutes ces affaires médiatisées n'ont strictement rien à voir avec la Justice . Elle sont là QUE pour atteindre notre Eglise. Vous Atteindre. Nous atteindre.
Non pas qu'il faille nier l'existence de tel faits mais pour cela il existe :
- des forces de l'ordre envers qui il suffit d'aller porter plainte.
- Et une Justice
Vous me citez par exemple le cas de cet "Un ex. de jejomau épiscopal, Mgr Malone, nommé par Benoît XVI à Buffalo (New York) a camouflé autant qu'il a pu quantité de prêtres prédateurs"
Mais cher Luc : ils sont des centaines dans ce cas là dans l'éducation nationle, le monde du sport, les maisons de l'enfance et de le jeunesse où les jeunes sont violés, abusés tous les jours par les éducateurs (et) (ou) d'autres enfants, dans l'islam en France, etc.. etc... SANS QUE QUASIMENT AUCUN MEDIA N'EN PARLE !!! Sans qu'aucune commission ne s'émeuve, sans que …. Rien ne soit fait ! . Bien sûr , c'est dramatique. Je remarque , moi, qu'il n'y aq ue l'Eglise catholique qui interesse les médias, les commissions, les associations...
Ca peut durer longtemps, non ?

( 869058 )
Tout simplement par MG (2019-06-04 19:04:26)
[en réponse à 869054]
Parce que tous attendent que les membres de l'Eglise soit exemplaires.
Alors oui il y a des affaires un peu partout mais dans l'Eglise cela a, forcément, de par sa nature un retentissement plus grand.
Vous ne pouvez pas comparer ce qui n'est pas comparable : l'education nationale et l'Eglise n'ont rien en commun (relisez Bossuet ".
"l'Eglise, c'est Jésus-Christ répandu et communiqué
.
Alors oui l'Eglise comme Notre Seigneur sera toujours plus attaqué qu'un club sportif ou une secte quelconque.

( 869061 )
au risque de choquer, je suis plus concerné par les clercs et évêques et cardinaux prédateurs par Luc Perrin (2019-06-04 20:29:40)
[en réponse à 869058]
abuseurs ou complices actifs de prédateurs que pour des entraîneurs de clubs de football même féminin.
Pour les premiers qui ont une responsabilité éminente quant au salut, si on est croyant, les évêques Ponce Pilate au mieux, Judas au pire - souvent ayant aussi accumulé des richesses à usage personnel -, ils ont une tâche plus essentielle que les seconds.
Mais c'est affaire de foi évidemment.
Je suis moins rationaliste que notre ami jejomau, ce doit être pour cela que je suis encore heurté d'apprendre que tel évêque ou cardinal est plus au service du diable que de Dieu. Lui est blasé ... et ne voit plus malice nulle part.
Qu'il se rassure alors, le Pape régnant fait tout pour que la Seconde Pornocratie continue à "prospérer", si je puis dire, et au grand jour.
Il n'y a que les vieux ronchons comme moi qui croient encore dans la Révélation et ont l'audace de croire qu'il n'est rien de neuf que de la Tradition qui l'incommodent.
C'est ce qu'il vient de dire lors d'une visite en Roumanie : nous remuons les cendres, paraît-il.

( 869086 )
un mot cher ami par Luc Perrin (2019-06-04 23:34:08)
[en réponse à 869054]
"omerta" : je maintiens, les cas sont trop nombreux, les procédés toujours les mêmes et dans tous les pays de complicité active ou passive dans la hiérarchie. Il y a des pratiques mafieuses dans l'Église : c'est horrible mais le fait est.
Je n'ai pas beaucoup d'illusions sur la Commission Sauvé : je lui laisse le bénéfice du doute à ce stade et je ne préjuge pas de ses actes ni de sa probité.
Que son but soit avant tout cosmétique, on peut le craindre : je reprenais le but officiel énoncé par la CEF.
Quand bien même, aux USA ou en Belgique, il est malgré tout sorti quelques informations de ces commissions "indépendantes" pour la forme. L'image déjà bien sombre de feu le cardinal Danneels, un grand admirateur du Pape qui l'admirait de même presque à la hauteur du Borromée bergoglien, Donald Wuerl, en est sortie carbonisée pour qui s'informe.
Vous vous méprenez aussi sur ma grande inquiétude qui ne porte pas tant sur les prêtres que sur l'épiscopat et le Sacré Collège. McCarrick, Danneels, Wuerl, Dolan, Maradiaga etc. des cardinaux vous vous souvenez. Les évêques, "successeurs des Apôtres" vous vous souvenez aussi.
J'ai longtemps été comme vous : sur la défensive, incrédule, par réflexe pavlovien. Toute accusation ne peut que venir des loges et être lancée pour nuire ... c'est d'ailleurs ce que dit le Pape actuel qui peste contre "le grand Accusateur" et déplore que vraiment de bien méchantes gens mettent à jour les infâmes turpitudes de ses cardinaux et évêques.
Mais, contrairement à vous, j'ai changé et pris la mesure du désastre. La putréfaction de la tête est si avancée que c'est la foi elle-même qui est en péril. Laisser la décomposition agir sans réagir ne me semble pas une voie chrétienne.
Ni Ponce Pilate ni l'autruche ne sont loués dans la bible.

( 869139 )
la sombre réalité chaque semaine, un cas de plus par Luc Perrin (2019-06-06 09:12:16)
[en réponse à 869054]
Cette fois, c'est à nouveau, le cardinal DiNardo, archevêque de Galveston-Houston (Texas) et président en titre de la Conférence épiscopale des Etats-Unis qui est en cause.
L'affaire est relatée par de multiples media même le
New York Times et
Lifesitenews.
Si les faits sont vérifiés, ils ont été partiellement avoués partiellement seulement mais la plaignante - par exception il s'agit cette fois d'un cas hétérosexuel - a fourni des documents qui étayent ses dires, ce cas illustrerait un haut niveau de camouflage épiscopal.
En cause l'ancien Vicaire général du diocèse : Mgr Rossi. Il était conseiller conjugal en plus de ses autres ministères et de fil en aiguille serait allé beaucoup plus loin (attouchements selon lui, relations sexuelles selon elle) avec une femme mariée. En parallèle, il obtenait du couple fortuné de très grosses donations (2 millions de $ en 9 ans) pour sa paroisse et divers projets ecclésiaux. Le diocèse répond que des chantiers (entreprise de construction) ont été confiés à la société du couple pour 12 fois ce montant en chiffre d'affaires.
Mais ce qui est
le plus significatif et non contesté, c'est l'attitude suivie par le diocèse quand les faits ont émergé une première fois. On y retrouve la technique classique en deux temps :
- Mgr Rossi fut mis à l'écart dans un centre de réhabilitation pour gérer ses pulsions, déclaré réinsérable sans souci au bout de quelques mois
- déplacé dans un diocèse voisin (Beaumont) et mis à la tête d'une grosse paroisse sans que l'évêque de Beaumont soit avisé du cadeau qui lui était fait par son confrère l'archevêque.
L'évêque de Beaumont vient juste de suspendre le prêtre du fait du scandale.
Au fond quand le Pape accepte la démission d'un évêque argentin (Zanchetta) abuseur et accusé de malversations financières, le met au vert quelques semaines puis lui redonne une fonction haut placée, il ne fait que suivre la coutume, presque "la procédure", habituelle.
Le cas Rossi est raconté
ici et
là.
On mesure à quel point la procédure de jugement interne par les archevêques métropolitains instituée par le pape François récemment -
Vos estis lux mundi - pour les évêques est une facétie pontificale. Il est vrai que ce sont les maîtres du camouflage, les cardinaux Wuerl et Cupich, qui l'ont inventée.

( 869145 )
Y a-t-il un terrain américain ? par JVJ (2019-06-06 10:11:15)
[en réponse à 869139]
Vous ne parlez jamais de l'Espagne, de la France, de la Belgique...
Nos évêques et vicaires généraux seraient-ils exemptés de par leur nationalité ?
Est-ce l'argent en masse qui corrompt les moeurs ? Comme nos diocèses sont pauvres ou dans le rouge...
J'avais posé une question sur la situation canonique d'un ancien évêque de Nice, parce qu'en matière d'hypocrisie. Les raisons de santé ont bon dos.
On peut louer ses services pour une conférence, si l'on aime les personnes qui portent une écharpe sur leur photo...
Louis Sankalé
Autre question sans rapport avec ce qui précède, mais sait-on jamais...
Mgr Doré a quitté Strasbourg pour des raisons de santé, vraiment ?
Il se porte comme un charme.
Les contributeurs des volumes de la Nuée bleue ont reçu cette semaine une lettre encore signée de lui, annonçant qu'il avait changé de maison d'édition (lettre rédigée pour noyer tous les poissons du Rhin, d'ailleurs).
Si un évêque trouve qu'il ne faisait pas l'affaire et qu'il préférait ses livres d'étude, il ne fallait pas accepter.
Quand on est malade, on est malade, non ?

( 869151 )
oui et non : McCarrick est américain non ? par Luc Perrin (2019-06-06 10:51:45)
[en réponse à 869145]
Faut-il revenir sur Lyon, sur Malines-Bruxelles (Danneels) et Bruges, sur Orléans - vous en parlez souvent non ? - sur feu l'évêque de Bayeux-Lisieux, sur les cas argentins (je parle ci-dessus de Zanchetta), sur tout l'épiscopat chilien (j'en ai traité y compris les liens avec Mgr Barros Chilien soutenu mordicus par le pape François), j'ai évoqué déjà le cas d'un évêque de l'Inde poursuivi en justice ...
On ne peut pas dire que je ne parle que de la putréfaction de la hiérarchie américaine. J'ai évoqué celle de la hiérarchie allemande, celle de l'Autriche, j'ai commenté Martel pour la Curie et le Sacré Collège ...
Soit vous ne lisez pas mes posts, soit votre mémoire défaille cher ami.
Les raisons de santé peuvent être de multiples natures. Les démissions d'évêque arrivent aussi pour cela sans que cela soit un camouflage ; parfois c'en est un c'est exact. Dans le cas que vous citez, je ne suis au courant de rien de répréhensible : changer d'éditeur est un droit non ?
Quand un évêque est las, qu'il démissionne avant l'âge me paraît au contraire une sage décision. La tâche est lourde, il y faut une énergie certaine si on ne veut pas se borner à gérer les affaires courantes, ce qui n'était pas le tempérament de Mgr Doré. Dois-je mentionner le "pape émérite" ?
Plus profondément sur la question initiale qui est pertinente et sérieuse, y-a-t-il un terrain américain ?
- non en ce sens que, je l'écris dans ce fil en réponse à jejomau et dans ce post ci-dessus, LES PROCÉDÉS SONT LES MÊMES partout (lire post ci-dessus). L'omerta, les pratiques mafieuses, le commerce du sexe et de l'argent, les maisons médicales qui servent à faire oublier les prédateurs un temps avant recyclage, les écrans de fumée médiatiques, les motu proprio en trompe l'oeil et autres "sommets" bidons, les "rapports" ... tout cela est observé partout.
- oui il y a un enjeu américain particulier in fine : le catholicisme américain est comme Trump à côté de Macron (France, Belgique, Luxembourg ...), nettement plus grand, plus lourd en poids financier. L'Église américaine est riche comme l'Église allemande : entre Mgr Pontier et le cardinal Cupich ou le cardinal Marx, le premier est dans les poids plumes, les 2 autres dans les super lourds. C'est une créature de McCarrick, le cardinal Farrell, que le Pape vient de désigner comme Camerlingue de la Sainte Église romaine.Après le Français Tauran (+2018) dont F. Martel parle abondamment.
L'enjeu américain tient aussi au fait que la dénonciation des abus sexuels a connu dans ce pays un retentissement énorme en 2002. Là aussi entre l'affaire Preynat-Barbarin et tout ce qui est apparu depuis 2002 aux USA, notre Église fait presque très bonne figure.
Enfin le catholicisme était en forte croissance aux USA à l'inverse de ce qui s'observe dans le cimetière chrétien européen.
A l'échelle de l'Église "catholique", universelle, le catholicisme américain et son avenir pèsent mille fois plus que le Belge en état de quasi-mort cérébrale, le Hollandais défunt, le Suisse sous perfusion, le Français qui est en clinique pour soins palliatifs depuis 20 ans au moins ...
L'avenir de l'Église est hors d'Europe, c'est une évidence aveuglante.

( 869153 )
Je lis chacun de vos posts, il faudrait par JVJ (2019-06-06 11:56:27)
[en réponse à 869151]
d'ailleurs les imprimer pour mes archives, et les relire comme du bon pain...
Et entre autres supériorités que vous disposez sur moi, vous avez des antennes en pays anglo-saxons et vous avez lu Sodomia (ce que je ne ferai pas), car l'auteur, lui-même militant de la cause, joue au billard à trois bandes : je suis incapable de trier quand Landru milite contre les bouchers. Je peux aussi faire croire que j'ai parlé à trente cardinaux sous couvert d'anonymat et que tel évêque met un pijama rose parce qu'il n'est pas genré. Le titre est déjà d'une telle vulgarité qu'il ferait tache sur mes rayons avec les bouquins de NNSS Deniau, Dagens et Dalloz (je cite les bouquins hérités que je ne risque pas de lire, mais que je ne veux pas encore donner au tri sélectif : si jamais un clochard voulait lire deux pages de ces bouquins dans une poubelle, je m'en voudrais à vie).
Vous avez souvent écrit, à juste titre, que le mutisme des cardinaux au sujet de l'indulgence du pape à l'égard de bien des évêques américains (du Chili aux Grands lacs) est assourdissant. Les cardinaux parlent-ils encore librement en consistoire privé ? Si le cardinal Burke est si attaqué dans le bouquin susdit (avec des élucubrations d'inculte sur sa cappa magna), c'est sans doute aussi parce qu'il ouvre un peu sa bouche. Rome paraît vraiment pourrie jusqu'à l'os, quand on songe aussi aux trahisons subies par Benoît XVI jusque dans sa Maison, aux travaux pharaoniques de son Secrétaire d'Etat... Benoît XVI a dû étouffer plus d'une fois la nuit.
Le cardinal Barbarin me paraît payer pour ses prédécesseurs et avec des lunettes rétroactives. La révolte qui concerne son diocèse en ce moment, agrémentée de votes, ne me dit rien qui vaille. Ce ne doit pas être très évident à vivre pour lui. J'ai dit plusieurs fois qu'Isabelle de G. savait, a publié un bouquin, mais n'a jamais écrit au procureur ou à l'archevêque. Et des dizaines de familles devaient aussi savoir. Autre temps, autres moeurs ! Après, il est facile de revenir jouer les Cassandre et la vierge (!) effarouchée.
Toute une ville provençale savait que tel évêque dormait avec une dame puis quitta son diocèse pour cause de maladie (une grosse fatigue, je peux comprendre...), mais l'Eglise ne dit pas la vérité à son sujet. Et pour ceux qui pensent que je dénonce dans le vent, je le tiens d'un ancien magistrat au moment des faits, témoin de la duplicité et du culot épiscopal (je n'en dirai pas plus). La Vérité vous rendra libre, ah ah ah !
La mort de Mgr Riobé et du cardinal Daniélou a trouvé de brillants défenseurs, désolé de n'en rien croire. Bruckberger, que j'adore, était moins hypocrite, même si je suis toujours mal à l'aise pour n'en penser que du bien...
Moi aussi je pars en vacances sur une plage surlouche, sans le dire à mon entourage. Ma peau aime le soleil, que voulez-vous.
Petite blague de Mauriac à qui on lui demandait s'il était "vraiment" homosexuel :
"si je l'avais été, j'aurais adoré" (recto tono)
Si non è vero...
En revanche, le menu fretin presbytéral, lui, peut s'en prendre plein la figure, être démis du jour au lendemain, surtout quand il est accusé à tort ou doit subir des mesures de précaution (cas du curé de Cahors qui intéresse beaucoup la presse locale, et tout mon respect à l'évêque de Cahors par ailleurs, comme à ce curé valeureux)... (je ne suis pas richériste).
Les laïcs feraient bien aussi de ne pas se prendre plus vertueux qu'ils ne le sont dans le domaine privé, et je m'inclus dans la remarque.
Nos évêques français paraissent effectivement des poids plumes, financièrement, mais y compris dans le cv, en dehors de tel archevêque bourguignon par exemple.
Un évêque Doktor allemand en impose plus qu'un "habilité à diriger je ne sais quoi" (notice du cardinal Ricard dans l'annuaire de l'Eglise de France), une périphrase qui veut certainement dire "a eu une licence ou un DEA qui l'a autorisé à s'inscrire en thèse sans jamais la soutenir".
Je ne suis pas un maniaque des diplômes, mais il serait bon aussi que des clercs en imposent aux autres, notamment aux ennemis de l'Eglise, par leur formation, leurs publications, leurs titres. Avec des titres obtenus à Fribourg ou à Rome plutôt qu'à Paris...
On ne peut pas avoir que de dociles vicaires généraux ou à d'anciens enseignants dans un séminaire diocésain. Les professeurs du séminaire de la Communauté St-Martin ont une vraie colonne vertébrale, comme les Dominicains de Toulouse. Tel professeur de latin (chercheur au CNRS) fut finalement vidé d'un séminaire parce qu'il faisait cours en se servant de manuscrits médiévaux appelés missels... On le remplaça par une dame mariée, tenue de ne faire que du latin "biblique". Il ne faudrait pas que les séminaristes prennent intérêt avec la forme extraordinaire et le latin liturgique !
Vous me direz que les doctorats obtenus dans les années 30 ou 60 à Rome me paraissent finalement bien légers quand on y songe, comme au XVe siècle à Paris. J'aimerais bien lire des choses là-dessus.
Des prêtres enchaînaient licence, puis doctorat de philosophie l'année d'après, et re-doctorat en théologie deux ans après. La soutenance en latin devait être éprouvante, mais après, c'était particulièrement light.
Je n'ose pas vous parler des licences strasbourgeoises en théologie obtenues par correspondance ou presque...
Au XVe siècle, le doctorat obtenu sur recommandation était monnaie courante.

( 869157 )
la licence d'Etat de théologie catholique à Strasbourg par Luc Perrin (2019-06-06 13:22:54)
[en réponse à 869153]
en EAD - enseignement à distance - est très sérieuse.
Je pense plus rigoureuse que bien des diplômes des universités pontificales romaines.
C'est très exigeant en travaux à rendre et examens, très complet aussi, à un coût très raisonnable. Moi qui corrige de nombreux travaux et copies, j'en sais quelque chose !
Ce n'est pas neuf : l'abbé Elchinger qui avait fait Strasbourg, de la grande époque avant 1939, et la Grégorienne à Rome a écrit combien il avait été déçu par ... la jésuite Grégorienne.
Puisque vous m'amenez à faire de la publicité pour mon employeur ...
ps. j'ai parcouru des thèses de doctorat en théologie et droit canonique des années 1920 à 1960, en effet, elles sont étonnamment brèves et modestes comparées aux thèses d'aujourd'hui. Rares sont celles qui seraient acceptées de nos jours comme répondant aux exigences académiques. Autre temps, autres moeurs.

( 869158 )
L'habilitation à diriger des recherches par PEB (2019-06-06 13:26:41)
[en réponse à 869153]
L'habilitation à diriger des recherches « de par sa conception, n'est pas et ne doit en aucun cas être considérée comme un second doctorat, de niveau supérieur, comme l'était auparavant le doctorat d'État par rapport au doctorat de troisième cycle. » Elle permet notamment au titulaire d'encadrer des thésards et à être rapporteur d'autres impétrants. Elle est un préalable au professorat des universités.

( 869160 )
Le cardinal Richard n'est pas HDR ! par JVJ (2019-06-06 13:56:33)
[en réponse à 869158]
Je sais bien faire la différence... Et l'expression est récente.
Si je prends par exemple le Guide 2006 de l'Eglise catholique en France, p. 49, il est écrit à la ligne "diplômes" : "licence de théologie et habilitation au doctorat".
J'ai lu de près ces notices...
Je respecte le cardinal Ricard et je le crois bienveillant avec le clergé traditionnel, mais je ne le félicite pas pour l'évêque auxiliaire qu'il est censé avoir formé et qu'il nous a envoyé à Orléans...
En se disant "habilité au doctorat" en vertu d'une expression qui n'a aucun sens, c'est une manière très maladroite de faire croire qu'on se situe au-dessus de la licence, donc le doctorat dans un contexte romain ou ecclésial, sans avoir... ledit doctorat.
Et à l'instant, pris sur le site de son diocèse :
"1965-1970 : Études de théologie à l'Institut Catholique de Paris : licence de théologie (1969) et habilitation au doctorat (1970)".
Mgr Brunin se disait aussi en 2006 habilité au doctorat en théologie. Je veux qu'on m'explique ! J'avoue ne pas bien connaître les moyens d'obtenir le doctorat en théologie après 1520.
Mgr Bagnard, autre évêque fort estimable, déclinait roujours en 2006 deux DEA et une "préparation de thèse de philosophie (Sorbonne)". Quand on ne soutient pas sa thèse au bout de trois, cinq ou dix ans, il vaut peut-être mieux arrêter de dire qu'on prépare un diplôme. Et à supposer qu'on soit encore inscrit à chaque début d'année académique...
Au regard du courant anti-intellectualiste de l'épiscopat français et des catholiques français en général, j'en ai plein les yeux...
On me dira que Mgr Dagens est peut-être normalien et agrégé, cela ne fait pas de lui un Père de l'Eglise, même de l'Eglise de France... On peut être un excellent évêque sans aucun diplôme, mais ce n'est pas une raison ensuite pour pondre des bouquins sur le tri sélectif ou l'amour des marginaux : qui osera dire à l'évêque d'Orléans que ses livres contribuent à dépeupler les forêts ?! Et je voudrais connaître parmi ceux qui ont obtenu une dédicace, le nombre de ceux qui sont allés jusqu'au bout du pensum pour changer radicalement de vie et adhérer aux toilettes sèches.
Ces vrais-faux diplômes sont une manière de se hausser du col (romain)...
Je suis habilité à faire du sport le dimanche par mon cardiologue, c'est certain.
On peut appeler un instituteur ou un prof de lycée "Monsieur le Professeur" avec une majuscule, cela n'en fera jamais un Professeur des Universités.
Tous les veufs sont habilités à entrer au séminaire...

( 869161 )
deux chiffres qui donnent le vertige par Luc Perrin (2019-06-06 14:21:50)
[en réponse à 869145]
entre l'été 2017 et l'été 2018, donc avant le scandale McCarrick, le nombre de plaintes a DOUBLÉ aux USA envers les prêtres/évêques prédateurs-complices.
300 millions de $ ont été payés pour cette seule année en compensation aux victimes, souvent en échange d'un accord pour ne pas poursuivre les prédateurs.
A ces sommes, il faut ajouter les frais d'avocats et hommes de loi.
On imagine les chiffres pour été 2018 - été 2019 après l'explosion atomique McCarrick.
nb. tout cela grâce aux dons des fidèles, aux ventes de biens achetés il y a parfois des décennies grâce aux ancêtres des mêmes fidèles. En gros, l'argent de la quête sert pour payer le lupanar de l'homocléricalisme américain.