Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 868875 )Absolutions générales au Portugal au XVème siècle par Paterculus (2019-05-31 21:47:33) 

J'ai été bien surpris en lisant ce qui suit.
Il y a eu une absolution "générale" avant le départ de Vasco de Gama pour l'Inde, le 8 juillet 1497.

Le Vicaire donna l'absolution à la confession générale des assistants, rite que D. Henrique, Maître du Christ, avait par bulle obtenu jadis pour ses navigateurs aux heures des grands départs.


(Francis Gutton, La chevalerie militaire au Portugal, Dessain et Tolra, 1981, p. 63s.)

Quelques explications sont nécessaires.
Le Vicaire dont il s'agit ici est le dignitaire ecclésiastique ayant une sorte de juridiction sur l'Ordre de la Milice de Notre Seigneur Jésus-Christ. Le roi Diniz du Portugal, en effet, avait créé cette milice pour y incorporer tous les Templiers qu'il avait refusé d'emprisonner lors de la dissolution de leur ordre, et afin de conserver à sa disposition un ordre de chevaliers pouvant aider à la Reconquista.
D. Henrique n'est autre que le roi Henri le Navigateur, qui avant d'être roi avait été Maître de cette milice, laquelle s'était en partie spécialisée dans les expéditions le long des côtes de l'Afrique.

Malgré le flou des termes employés par l'auteur de ce texte, il me semble bien qu'on ait eu là des absolutions collectives. Les marins en effet n'auraient pas forcément la possibilité de se confesser avant longtemps, alors que les conditions de la navigation à l'époque les mettait fréquemment en danger de mort.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/fleur.gif  ( 868891 )Cochin et Cochinchine ... par Ewondo (2019-06-01 11:00:36) 
[en réponse à 868875]

De fil en aiguille je comprends enfin le nom "Cochinchine, donné à l'extrême sud du Viet Nam par les Portugais : Cochin pour la ville de l'Inde où s'acheva le voyage de Vasco de Gama et Chine pour la Chine. Nom devenu traduit par les Français "Indo Chine".

Depuis la 7ème à l'école je me posais la question ! Certes, elle ne m'empêchait pas de dormir ;-) !

Très grand merci.

Pierre.
images/icones/hein.gif  ( 868894 )Curieux. par Rémi (2019-06-01 11:46:48) 
[en réponse à 868875]

Si un prêtre embarqué n'était pas forcément toujours possible, bien que souhaitable, qu'est-ce qui empêchait les marins de se confesser individuellement avant le départ ? Les prêtres disponibles ne manquaient certes pas au Portugal à cette époque ! La première expédition de Vasco de Gama compte deux-cents hommes sur quatre navires, c'est relativement nombreux, mais est-ce le bout du monde à confesser vingt-quatre heures avant le départ, entre curés, vicaires, moines et religieux de ... tous ordres ?


Par ailleurs si l'on voit bien ce qu'est une absolution collective, "confession générale" sonne curieusement.
images/icones/neutre.gif  ( 868896 )[réponse] par Yves Daoudal (2019-06-01 12:39:57) 
[en réponse à 868894]

Juste avant les grandes batailles, notamment, ou surtout ? contre les Turcs, il était habituel que l'aumônier donne l'absolution à toute l'armée à genoux (cf. Lépante, Khotin, Vienne...)

Je ne pense pas qu'il s'agisse d'absolution au sens sacramentel du terme, mais plutôt d'une absolution comme celle du confiteor au début de la messe. (Il n'y a pas de confession.)

Pour le départ de Vasco de Gama, l'absolution fut donnée parce qu'on considérait que le risque de mourir pendant le voyage était aussi grand, voire bien plus grand, que celui de mourir dans une bataille décisive.
images/icones/bravo.gif  ( 868897 )Oui mais par Rémi (2019-06-01 12:51:10) 
[en réponse à 868896]

si les aumôniers sont peu nombreux présents aux armées, et que l'urgence est là car la bataille s’annonce, les prêtres le sont moins dans les ports et villes portugais de ce temps, tandis que la date du départ est sue bien à l'avance.


Toutefois si ce n'est pas sacramentel on entend mieux. Et précisément avant un voyage considéré comme extrêmement risqué on a tout intérêt à faire une vraie belle confession bien sérieuse et fouillée ! Je gage que les pieux marins en ces temps forts croyants ne s'en privaient pas.

images/icones/neutre.gif  ( 868898 )J'entends bien, par Yves Daoudal (2019-06-01 13:03:25) 
[en réponse à 868897]

et je me suis peut-être montré trop affirmatif. Il n'est pas impossible qu'un pape ait décidé que dans ces cas-là l'absolution collective était sacramentelle (sous condition évidemment). C'est ce qui expliquerait le cas Vasco de Gama, où les 200 (j'ai vu aussi 160) hommes avaient clairement la possibilité de se confesser.

Il faudrait avoir l'avis d'un historien de l'Eglise (qui sache ce qu'est un sacrement).

Le droit actuel de l'Eglise dit:

Can. 961 - § 1. L'absolution ne peut pas être donnée par mode général à plusieurs pénitents ensemble, sans confession individuelle préalable, sauf: 1 si un danger de mort menace et que le temps n'est pas suffisant pour que le ou les prêtres puissent entendre la confession de chacun des pénitents; 2 s'il y a une grave nécessité, c'est-à-dire si, compte tenu du nombre de pénitents, il n'y a pas assez de confesseurs disponibles pour entendre comme il le faut la confession de chacun dans un temps convenable, de sorte que les pénitents, sans qu'il y ait faute de leur part, seraient forcés d'être privés pendant longtemps de la grâce sacramentelle ou de la sainte communion; mais la nécessité n'est pas considérée comme suffiante lorsque des confesseurs ne peuvent pas être disponibles pour le seul motif du grand afflux de pénitents, tel qu'il peut se produire pour une grande fête ou un grand pèlerinage.