Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=868794
images/icones/fleche3.gif  ( 868794 )Menaces sur le secret de la Confession : le dessin à faire... par Sacerdos simplex (2019-05-29 22:27:19) 

De divers endroits ressurgissent des menaces au sujet du secret de la confession.
En Californie, projet de loi : trahison, ou bien incarcération du prêtre :

Ils sont loin les temps où, en 1813, comme le rappelle USA Today dans son édition du 29 avril 2019, la Cour fédérale de New York protégeait en ces termes le secret de la confession : « obliger un prêtre à briser le sceau de la confession équivaut à déclarer qu’aucune pénitence n’est possible, ce qui revient à annihiler un pan important de la religion catholique romaine ».
Plus près de nous, la Cour suprême déclarait dans le même sens en 1980, que « la relation privilégiée entre le prêtre et le pénitent se fonde sur le besoin humain de pouvoir tout révéler à un conseiller spirituel ». Il faudrait ajouter que, d’institution divine, le sacrement de pénitence est inviolable…


http://www.libertepolitique.com/Actualite/Coup-de-projecteur/La-Californie-menace-le-secret-de-confession

La France n'est pas en reste :
https://www.famillechretienne.fr/politique-societe/politique/abus-sexuels-le-senat-encourage-l-eglise-mais-remet-en-cause-le-secret-de-la-confession-255990

Dans un rapport rendu public le 29 mai, la mission d’information parlementaire sur les violences sexuelles commises sur les mineurs a estimé que la crise des abus au sein de l’Eglise catholique ne se résumait pas à des « dérives individuelles » mais revêtait « une dimension systémique » liée à son organisation et son mode de fonctionnement. Saluant « l’ensemble complet et cohérent » des mesures prises depuis 2016 par l’Eglise de France et le Saint-Siège, la mission émet, à la lumière des auditions et des travaux menés depuis près de six mois, quatre propositions, sur les 38 du rapport, uniquement à destination de l’Eglise catholique.
Les parlementaires suggèrent d’abord « un renforcement de la formation initiale et continue des ministres du culte sur la question des violences sexuelles et de la pédocriminalité ». Elle estime nécessaire que soient intégrés des modules « portant sur l’obligation de signalement, les sanctions pénales prévues en cas de non-dénonciation » et rappelle la primauté du droit français sur le droit canonique (proposition n° 28).


Et on soulève aussi la question d'indemnisations financières des victimes. C'est une idée envisageable, mais on peut craindre le pîre quand on connaît la situation financière des diocèses. Parce que ce n'est probablement pas dans l'épargne des vieux prêtres qu'on va puiser.

Quant à la primauté du droit français sur le droit canonique, on peut se poser des questions.
Je sais bien que la France s'est presque totalement déchrtistianisée, et que l'Eglise n'est plus considérée que comme une simple association au même titre que la fédération française des pêcheurs à la ligne, mais est-ce suffisant pour affirmer la primauté d'un droit qui ne reconnaît même pas le droit naturel, c'est-à-dire qui est ...autoréférenciel.
Et d'origine purement humaine.
(Le seul motif d'obéir aux lois - humaines - de la république, c'est que le droit naturel en fait un devoir ! Nier le droit naturel, c'est s'enfermer dans une situation inextricable...)

Donc à mon avis, on pourrait discuter de cette "primauté".
Mais en ce qui concerne le secret de la confession, là on n'est plus du tout dans le même registre : c'est un conflit entre le droit divin et le droit humain.
Conflit qui à mes yeux est réglé définitivement par cette sentence :
"Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes" (Actes, 5, 29).

Ces braves socialistes qui prétendent réglementer le sacrement de la Confession, qu'est-ce qu'ils y connaissent ? Se sont-ils jamais confessés ?... Ont-ils vu récemment comment se passent les confessions ?
Ces dispositions sont absurdes.

Il faudrait faire ce dessin :
un confessionnal ultra-baroque, avec des quantités de petites sculptures d'angelots etc. Devant, une demi-douzaine de dames très âgées qui attendent. Le pénitent, grand, la trentaine, dont les vêtement légers laissent voir une musculature impressionnante, sort en courant du confessionnal, imité par le prêtre, frêle, de 70 ans, vêtu d'une soutane avec surplis et étole qui crie : "Appelez la police ! Monsieur est pédophile !..."

Ces crimes horribles sont inacceptables, certes, mais il faut bien réfléchir avant de prendre des lois absurdes, injustes, et inappliquables.




images/icones/neutre.gif  ( 868816 )Et une présentation très légèrement différente... par Sacerdos simplex (2019-05-30 16:56:59) 
[en réponse à 868794]

...faite par Aleteia ; globalement, c'est bien la même chose, mais avec des accents un peu différents, de très légères nuances :
https://fr.aleteia.org/2019/05/29/infractions-sexuelles-sur-mineurs-le-senat-avance-plusieurs-pistes/

Ceci étant dit, les sénateurs demandent à l’institution catholique de mettre en place un « mécanisme d’indemnisation financière » pour les victimes de prêtres. Ils regrettent également « le décalage entre le droit pénal français, qui aménage le secret professionnel lorsqu’un mineur est victime d’agressions sexuelles, et le droit canonique, qui ne prévoit aucune exception au secret de la confession, pose une difficulté évidente en ce qu’il place les confesseurs au centre d’injonctions contradictoires », soulignent-ils. « La mission ne saurait donc qu’inviter l’Église à ouvrir une réflexion sur une possible évolution de ce secret afin d’ouvrir une option de conscience qui permettrait à un clerc de s’affranchir du secret dans l’intérêt supérieur de la protection de l’enfant ».


Comme je l'ai dit, ici ce n'est pas un conflit entre le droit canonique et le droit français, mais il s'agit du droit divin du sacrement.
Et il est clair que si on commence à prévoir des cas où le secret ne serait plus absolu, d'une part on ouvre la porte à toutes les dérives (et pourquoi pas obliger le confesseur à dénoncer les fraudes fiscales ? et les infractions routières ? et les délits contre l'Association Catholique Chinoise Patriotique ?...), d'autre part le résultat concret serait que les coupables cesseraient de se confesser, à supposer qu'ils le fassent.
Il est d'ailleurs peu probable qu'un clerc pédophile "habitudinaire" se confesse de ses fautes.

images/icones/1h.gif  ( 868818 )Confusion entre secret sacramentel et professionnel par PEB (2019-05-30 20:57:27) 
[en réponse à 868816]

Le secret sacramentel est attaché à la confession et, par extension, à l’accompagnement spirituel. Touchant au for interne, il est inviolable, car tel est le bien essentiel à préserver: l'intimité de la conscience. Tout le monde ici défend fermement la liberté du pécheur pénitent face à son Rédempteur miséricordieux.

En revanche, au for externe, le secret professionnel est relatif. On peut y inclure, par exemple, les actes de direction d'un diocèse, d'un séminaire, d'un monastère. Sous certaines conditions - d'objet et d'investigation proportionnés notamment, rien n'interdit un partage d'information avec les autorités compétentes selon les règles protégeant ordinairement le secret professionnel. L'exercice de ce droit de communication doit se faire conformément aux procédures canoniques et séculières.
images/icones/neutre.gif  ( 868822 )Oui - mais justement, "ils" parlent bien d'attaquer le secret de la confession ! par Sacerdos simplex (2019-05-30 21:56:37) 
[en réponse à 868818]

S'il y a une confusion, ce sont "eux" qui la font.

Pas de problème donc pour partager ce qu'on peut savoir "au for externe", c'est-à-dire ce qu'un supérieur, ou un tiers, peut savoir par des sources qui n'ont rien à voir avec la confession.

Mais là, d'après les textes cités, il s'agit bel et bien d'attaquer explicitement le secret de la confession.



images/icones/1n.gif  ( 868820 )Ce que j'ai du mal à comprendre par Philippilus (2019-05-30 21:44:49) 
[en réponse à 868794]

C'est que par principe, seul le confesseur et le pénitent sont au courant. De plus, le confesseur ne connaît pas forcément l'identité de son pénitent, et enfin, sauf erreur de ma part, le confesseur ne peut pas être le supérieur hiérarchique du pénitent. Comment donc savoir pour le tribunal qu'il y a eu confession?

Le seul cas envisageable menaçant le prêtre serait celui ou le pénitent criminel venait pendant son procès à expliquer qu'il s'était au temps jadis confessé de son forfait à tel prêtre. Pour quelle raison le ferait-il?

Évidement, s'il explique alors au tribunal que le prêtre lui a répondu: "Les petits enfants, c'est pas mon truc, moi c'est plutôt les séminaristes, mais vous savez, tout les goûts sont dans la nature et d'ailleurs, qui suis-je pour juger?", certains anti-cléricaux à l'esprit malveillant pourrait en conclure que le Prêtre a joué un rôle dans tout cela. Mais est-ce bien réaliste?

Philippilus
images/icones/neutre.gif  ( 868823 )En effet ; mais il y a eu un cas... par Sacerdos simplex (2019-05-30 22:14:58) 
[en réponse à 868820]

...vraiment très biscornu.
Je ne sais plus comment ça s'était passé ; peut-être (simple supposition) que le coupable avait dit à un proche qu'il s'était confessé à l'abbé Untel, lequel a admis la chose - ce qu'il n'aurait jamais dû faire, à cause du secret de la confession.
Bref, un cas particulièrement compliqué.

Effectivement, la plupart du temps, on ne connait pas l'identité du pénitent ...d'autant plus que les criminels ne sont généralement pas des pratiquants très réguliers : leur visage est donc inconnu du confesseur, sauf exceptions.


Le seul cas envisageable menaçant le prêtre serait celui ou le pénitent criminel venait pendant son procès à expliquer qu'il s'était au temps jadis confessé de son forfait à tel prêtre. Pour quelle raison le ferait-il?


Dans ce cas, le confesseur pourrait dire que c'est faux ; et - à supposer que le prêtre veuille donner des détails, ce qu'à mon avis il n'a pas à faire, tout cela étant couvert par le secret de la confession - ...et qu'à supposer que le fautif en ait parlé, le confesseur n'avait pas compris qu'il s'agissait de mineurs, ou que le pénitent était déjà passé à l'acte (croyant que le pénitent parlait de tentations), ou encore que le confesseur s'était probablement assoupi à ce moment-là...
C'est donc parole contre parole.

Bref, loin de moi l'idée de tolérer ces crimes, mais là on va beaucoup trop loin dans la "chasse aux sorcières" (expression sur laquelle il y aurait beaucoup à dire).


images/icones/fleche2.gif  ( 868836 )Autrement dit par Philippilus (2019-05-31 10:00:54) 
[en réponse à 868823]

Les scandales actuels dont on nous parle tant, avec en première ligne médiatique "l'affaire Barbarin" n'ont rien à voir de près ou de loin avec le secret de la confession.

La question légitimement posée est de savoir si un supérieur en général, et pas seulement religieux: Pourquoi pas le président de l'amical Laïque ou du club de foot, ou le proviseur du Lycée est pénalement condamnable s'il ne dénonce pas à la justice ce qu'il sait et a appris dans l'exercice de ses fonctions, et n'a pas le devoir de sanctionner.

La ou cela devient difficile, c'est que pour sanctionner, il faut preuve de culpabilité, et donc procès. Or c'est une caractéristique de notre belle justice Républicaine de vouloir garder le monopole de la justice, sans laisser à des "corps intermédiaires" (horresco referens) le soin de faire le ménage chez eux.

Philippilus
images/icones/iphone.jpg  ( 868832 )Dans ce cas comment feront-ils ? par Amora (2019-05-31 06:29:09) 
[en réponse à 868794]

supposent-Ils que ces crimes soient uniquement commis par ceux qui se confessent?
Alors comment feront-ils pour les juifs, les musulmans, les autres religions, et ceux prétendant, pour ne pas avouer qu’ils sont juifs ou musulmans, qu’ils sont laïcs?
Ils vont les obliger à se confesser pour connaître la vérité ?

Et ceux qui avouent à la télévision leur crime en toute impunité ?
Qu’ont ils fait? les ont ils poursuivis?
Sont-ils entrain d’organiser une discrimination religieuse d’état?
Favorisant une fois de plus les cousins, juifs et musulmans?
Comme pour le racisme?
Là le vocable, le gentilet, (qui n’a pas de sens par ailleurs, fruit de la peur de paraître) judéo-chrétien s’efface.
Que vont-ils faire pour les politiciens ? Lever, le secret d’état, le secret défense?
Qui est à la manœuvre derrière ces menées anti chrétiennes?

Leurs lois mêmes avoueraient-elles la supériorité de la religion chrétienne ?




images/icones/1v.gif  ( 868837 )Discrimination ? Les voleurs qui courent vite sont moins arrêtés que... par Sacerdos simplex (2019-05-31 10:10:29) 
[en réponse à 868832]


...ceux qui courent lentement, ou sont moins intelligents, ou ne savent pas lire : mais on ne peut pas parler de discrimination...



Ah, une question pour les juristes :
supposons que la révélation à la Justice d'un délit de ce genre tombe dans le domaine du "Secret Défense" ou du "Top Secret".
Que doit faire le militaire ? Trahir le secret défense ? Laisser courir le délinquant ?