Le Forum Catholique
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( 867651 )
République née dans le sang du roi, des princes, des paysans,des chevaliers, des prêtres… par Ewondo (2019-05-12 22:15:37)
République née dans le sang du roi, des princes, des paysans,des chevaliers, des prêtres… des ouvriers. Tu es une imposture. Il n’y a qu’un Royaume : Celui de l’Amour, Celui du Christ, Celui de Dieu
Une civilisation qui élimine les embryons surnuméraires et se débarrasse de ses handicapés est une civilisation barbare. Elles se croit moderne et juge la religion comme une régression.Mais la religion créé des liens, la culture de mort les ...
Pour lire la suite, c'est
ici.
Pierre.

( 867708 )
La République est née dans le sang... par Louisneuf (2019-05-13 12:54:02)
[en réponse à 867651]
... elle disparaîtra dans le sang. "Qui a tué par l'épée périra par l'épée." (Matthieu 26:52)

( 867715 )
certes mais "la république" : laquelle ? par Luc Perrin (2019-05-13 15:54:08)
[en réponse à 867708]
Celle de 1792, an I, est morte avec le Premier empire bien qu'en théorie la forme républicaine reste sur le papier dans la constitution de l'an XII (1804).
Si vous comptez le Premier empire dans la "république", on s'arrête en 1814 de toute façon.
Notre république, elle, prend sa source à travers la IVe dans la IIIe République née officiellement en 1870 : dans le sang si on veut du fait de la défaite des armées impériales mais très pacifiquement le 4 septembre. Le discrédit du régime impérial battu, l'empereur prisonnier, ont suffi.
Plus strictement, on peut dire au plan de l'histoire politique que la république actuelle descend des élections législatives de 1877 complétées par les sénatoriales de janvier 1879 qui donnèrent la majorité parlementaire aux Républicains, majorité qu'aucun scrutin postérieur n'a remise en cause. Bref une naissance assez pacifique ...
On prête au locataire de l'Élysée des ambitions jupitériennes, un goût avéré pour l'autoritarisme et le contrôle (des media spécialement), mais je ne le vois pas fonder un IIIe empire français ni faire la courte échelle à la maison d'Orléans.

( 867718 )
La République commence en ... par Louisneuf (2019-05-13 18:26:37)
[en réponse à 867715]
... 1789. Même si sa Constitution n'est pas écrite, le germe satanique et destructeur est planté. Alors ne jouons pas sur les mots, tout ce qui découle de ce germe est anti-catholique, contre l'Autel et le Trône, depuis 1789 jusqu'à ce que ce germe soit détruit et que le roi choisit par Dieu monte sur le trône de France.
On ne peut être à la fois Catholique et Républicain car comment adhérer à des principes qui détruit notre foi catholique. C'est une méconnaissance de l'Histoire et de la religion Catholique.

( 867781 )
ah Louis XVI et Marie Antoinette ont fondé la "république" par Luc Perrin (2019-05-14 13:46:25)
[en réponse à 867718]
Bah j'ai bien fait de consulter le FC ce jour : un scoop ...

( 867793 )
Et un hussard noir et un ! ... par Louisneuf (2019-05-14 15:04:23)
[en réponse à 867781]
... Vous avez une étrange façon de voir l'Histoire, vous êtes un digne fils de la République, élevé aux mamelles du savoir partial et partiel républicain. Vous devriez vous affranchir du dogmatisme républicain si vous acceptez le dogmatisme de l'Eglise Catholique.
Le 17 juin 1689 à Paray-le-Monial, apparition de Jésus-Christ à Sainte-Marguerite-Marie Alacoque à laquelle est adressé le message suivant :
"Fais savoir au fils aîné de mon Sacré-Cœur (il s’agissait alors de Louis XIV) que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par sa consécration à mon Cœur adorable qui veut triompher du sien, et par son entremise de celui des grands de la terre.
Mon Cœur veut régner dans son palais, être peint sur ses étendards et gravé dans ses armes pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis, en abattant à ses pieds ces têtes orgueilleuses et superbes, pour le rendre triomphant de tous les ennemis de la sainte Eglise."
Malheureusement, aucune de ces demandes ne sera réalisée, que ce soit par Louis XIV, Louis XV ou Louis XVI, et 100 ans jour pour jour plus tard, le 17 juin 1789 à Versailles, le Tiers-état se proclame assemblée constituante, c'est la fin de la monarchie de droit divin et le début de la république... "
(source :https://queteverite.blogspot.com/2017/06/17-juin-1689-message-du-sacre-cur.html)
De "la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen" découle la Constitution civile du Clergé et la loi de 1905 sur la Séparation des Eglises et de l'Etat mais aussi toutes les constitutions et Républiques ou régimes venues par la suite. Depuis 1789, la persécution contre l'Eglise Catholique n'a été que crescendo.
Jésus Christ n'a pas renouvelé, les promesses faites à Marguerite-Marie Alacoque à l'adresse d'un Président, d'un Empereur ou d'un roi des Français. Preuve que tout ce qui découle de 1789 est rejeté par Dieu. La fête du Christ-Roi ne sera jamais remplacée par la "fête du Christ-Président".

( 867735 )
peu importe l'emballage !!! par baudelairec2000 (2019-05-13 22:55:55)
[en réponse à 867715]
pourvu qu'on ait l'ivresse. L'ivresse du sang versé. Je ne saurais trop vous renvoyer à cet ouvrage de Léon Daudet intitulé "Deux idoles sanguinaires : La Révolution et son fils Bonaparte" .
Vous voulez nous faire croire que Napoléon Ier met un terme à la Ière République, que, par là même, il clôt la Révolution ... Vous pensez que le premier Consul, par la conclusion du Concordat et par l'adoption du Code civil, termine une période d'instabilité et de violence?
N'oublions pas que Bonaparte est l'homme de la Convention dès l'automne 1793 à Toulon: il contribue à la reprise de la ville les 17-18 décembre de cette même année; s'ensuivront des représailles présidées par Barras et Fréron. Près de 800 fusillés en moins de 15 jours, 290 suivront. Bonaparte n'assistera pas à la curée, puisqu'il était déjà parti pour Nice, nommé commandant de l'artillerie de l'armée d'Italie. Cela le dédouane-t-il sur le plan moral?
C'est le même qui continue de verser le sang des Français à travers l'Europe pour y répandre le message de la Révolution, jusqu'à la cruelle retraite de Russie: entre 700 000 et 1 million de morts sacrifiés sur l'autel de la Révolution.
Les français, ébahis, pourront ensuite assister à la chute du règne de Charles X (juillet 1830), au renversement du roi des Français, Louis-Philippe en février 1848. Je me garderai bien de m'étendre sur les Journées de juin 1848 qui, à la suite de la fermeture des Ateliers nationaux, se soldèrent par la mort de plusieurs milliers d'insurgés, près de 1500 fusillés et dix mille prisonniers. La IIe République se termina en apothéose: ce fut le coup d'état du 2 décembre 1851. Louis -Napoléon Bonaparte en devenant empereur quelques mois plus tard sauvait la mise aux Conservateurs et aux Bourgeois, lesquels étaient d'ailleurs les mêmes.
"Notre République", elle prend sa source à travers la IVe dans la IIIe", écrivez-vous: Notre République, on vous la laisse. La IIIe est née à la suite du désastre de Sedan: "à la suite de l'invasion du Palais Bourbon, siège du Corps législatif, par une foule d'émeutiers, la République est proclamée le 4 septembre par Léon Gambetta, depuis l’hôtel de ville de Paris." L'épisode de la Commune nous renvoie au "Temps des cerises", nouvel épisode sanglant tant du côté des Communards que du côté de l'Eglise; en effet, l'archevêque de Paris, Georges Darboy, "fut arrêté le 4 avril 1871 selon l’ordre de la Commune de Paris et emprisonné à Mazas. Les efforts de ses amis ne parvinrent pas à le sauver, le gouvernement versaillais de Thiers ayant notamment refusé toutes les propositions d’échange formulées par les Communards, contre le socialiste Blanqui, enfermé dans une prison de Bretagne. Il fut exécuté comme otage pendant la Semaine sanglante, le 24 mai, à la prison de la Roquette. Avec lui périrent en même temps, le président Bonjean, l'abbé Deguerry, curé de la Madeleine, l'abbé Surat archidiacre de Notre-Dame et le journaliste Chaudey."
Vous avez raison, tout cela est assez pacifique. Un pacifisme qu'on ne cessera de déceler dans les mesures anticléricales qui ne cesseront de s'abattre sur l'Eglise catholique depuis les début des années 1880 jusqu'à la fameuse Séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui s'accompagna d'une nouvelle spoliation de l'Eglise.
Je me permets de vous renvoyer à la lecture d'un article de Jacqueline Lalouette, intitulé "Dimensions anticléricales de la culture républicaine (1870-1914)",
article à télécharger sur le site de Persée.
Vous avez raison: les Catholiques ne peuvent que se réjouir des 230 dernières années. 230 années de paix et de quiétude...

( 867784 )
merci de m'apprendre les b-a-ba de l'histoire de France contemporaine par Luc Perrin (2019-05-14 14:01:26)
[en réponse à 867735]
sachant que j'enseigne l'histoire de l'Église moderne et contemporaine et que j'ai un doctorat en histoire contemporaine. Il y a bien longtemps j'avais soutenu un mémoire de maîtrise sur l'Église et la Commune de Paris.
Vous êtes bien bon. (incidemment, vous ne m'avez pas bien lu cela vous aurait économisé les truismes du début).
A mon tour, de vous apporter quelques informations utiles au sujet de la foi catholique et des régimes politiques les plus divers, j'oserai dire le b-a-ba :
"Divers gouvernements politiques se sont succédé en France dans le cours de ce siècle, et chacun avec sa forme distinctive : empires, monarchies, républiques. En se renfermant dans les abstractions, on arriverait à définir quelle est la meilleure de ses formes, considérées en ellesmêmes; on peut affirmer également, en toute vérité, que chacune d’elles est bonne, pourvu qu’elle sache marcher droit à sa fin, c’est-à-dire le bien commun, pour lequel l’autorité sociale est constituée; il convient d’ajouter finalement, qu’à un point de vue relatif, telle ou telle forme de gouvernement peut-être préférable, comme s’adaptant mieux au caractère et aux mœurs de telle ou telle nation. Dans cet ordre d’idées spéculatif, les catholiques, comme tout citoyen, ont pleine liberté de préférer une forme de gouvernement à l’autre, précisément en vertu de ce qu’aucune de ces formes sociales ne s’oppose, par elle-même, aux données de la saine raison, ni aux maximes de la doctrine chrétienne. Et c’en est assez pour justifier pleinement la sagesse de l’Église alors que, dans ses relations avec les pouvoirs politiques, elle fait abstraction des formes qui les différencient, pour traiter avec eux les grands intérêts religieux des peuples, sachant qu’elle a le devoir d’en prendre la tutelle, au-dessus de tout autre intérêt. Nos précédentes Encycliques ont exposé déjà ces principes; il était toutefois nécessaire de les rappeler pour le développement du sujet qui nous occupe aujourd’hui."
(Léon XIII, Au milieu des sollicitudes, encyclique en français, 16 février 1892).
On trouvera un enseignement identique chez tous les papes et depuis les origines du christianisme : "l'Église fait abstraction des formes" prises par les pouvoirs politiques. Fermez le ban, causa finita est.

( 867794 )
J'ai connu ... par Louisneuf (2019-05-14 15:09:11)
[en réponse à 867784]
.. une prof d'histoire au collège qui disait que Jeanne d'Arc était un mythe et au lycée un prof d'histoire qui niait l'existence de Rudolf Hess lors d'un cour sur la Seconde Guerre mondiale...

( 867820 )
tout le monde n'est pas aussi inculte par Luc Perrin (2019-05-14 21:12:27)
[en réponse à 867794]
que les personnes auxquelles vous faîtes référence cher monsieur.
Je vous concède qu'un professionnel avec tous les titres peut, à l'occasion, se tromper. Nul n'est infaillible en tout (pardon BK). Il m'est arrivé de faire une faute de frappe, telle autre erreur sur ceci ou cela quand on écrit un peu vite et sans avoir bien vérifié. Rarement au final.
Je crois toutefois que tout est exact dans mon post à moins de donner aux mots des sens qu'ils n'ont jamais eus. Au demeurant, Venise était une Sérénissime ... République bien avant 1789.
Vous êtes libre de faire de l'histoire-fiction si tel est votre talent littéraire, je me limite à l'histoire académique.

( 867841 )
Vous provoquez et n'argumentez jamais, Luc ? par BK (2019-05-15 08:02:09)
[en réponse à 867820]

( 867872 )
puisque vous le dîtes... par Luc Perrin (2019-05-15 16:10:56)
[en réponse à 867841]
et c'est vous qui parlez de "provocation" dans un fil ici sans rapport avec celui auquel vous renvoyez et pour un sujet pour lequel tous les arguments les plus simples à comprendre vous ont été fournis.
Mais vis-à-vis desquels vous ne savez que répéter des réponses toutes faites sans prise avec l'histoire réelle.
Comme pour baudelairec, le philosophe qui a son langage à lui, vous avez votre pensée circulaire et impossible d'y faire entrer les faits et la réalité historique.
C'est dommage.
ps. mais vous devriez dialoguer avec baudelairec car il ne voit aucune infaillibilité dans le magistère pontifical de Léon XIII, c'est votre sujet. Je sors ...

( 867830 )
L'Eglise ne peut être indifférente aux régimes politiques par The wild rover (2019-05-14 22:34:52)
[en réponse à 867784]
Vous citez un texte de Léon XIII nullement marqué du sceau de l'infaillibilité. On peut donc émettre quelques réserves sur les thèses qui s'y déploient. D'autant qu'il fut en son temps accueilli avec tiédeur par les catholiques français, qui savaient, eux, à quoi s'en tenir face à cette République-là. En France, les origines philosophiques de la République, qui est d'essence démocratique, sont notoirement antichrétiennes. Par conséquent, il me semble impossible, sans tomber dans la contradiction, de souscrire à l'indifférentisme professé dans cette encyclique sur le Ralliement. C'est aussi balayer d'un revers de main la critique de la démocratie contenue dans les écrits d'un Saint Thomas d'Aquin, dont Léon XIII sera pourtant l'ardent promoteur.
Enfin, vous raisonnez en historien, mais non en historien des idées, lorsque vous dites que les régimes politiques ne relèvent que d'une question de forme. A quoi bon s'être creusé la tête pendant des siècles pour distinguer les bons des mauvais régimes?

( 867865 )
j'aurais pu m'amuser à collectionner les textes par Luc Perrin (2019-05-15 15:34:02)
[en réponse à 867830]
Vous avez un raisonnement un peu "wild" ... pour ne pas dire bizarre.
1. "En France" ... Léon XIII s'adresse ici au cas français mais son propos dans l'extrait vaut pour tout pays : c'est explicite.
2. Je n'ai pas connaissance que le Magistère se soit prononcé pour déterminer qu'une forme de régime politique (république, monarchie héréditaire, monarchie élective, dictature, empire, que sais-je ?) soit la seule conforme aux Écritures.
3. Quant à votre conclusion qui semble poser une adéquation parfaite entre une forme de régime et le "bien" tel que vu par l'Église ... faut-il la commenter ? Je pense bien à un auteur français disciple d'Auguste Comte et agnostique comme lui : il n'a pas eu les faveurs du Magistère romain vous le savez comme moi.
L'histoire des idées ne recoupe pas l'histoire des régimes politiques au plan de la forme sauf quand la constitution est marquée par une idéologie et réduit la possibilité de politiques différentes comme pour l'Union européenne dont les traités constitutifs contiennent une politique générale libérale ou autrefois la constitution de l'URSS.
Cela aussi me semble un truisme mais apparemment certains croient que "république" = une politique précise comme si Florence au XVe siècle était l'équivalent de la IIIe République au moment de Combes ou les États-Unis en 1810 ou la "République chrétienne" en Colombie au entre 1890 et 1936 ou ... bizarre, bizarre.
Je suis beaucoup moins "wild" (sauvage) que vous dans ma manière de penser. Désolé.
Un autre texte mais il n'est que de Pie X, une bien petite autorité :
"Ainsi la démocratie seule inaugurera le règne de la parfaite justice ! N’est-ce pas une injure faite aux autres formes de gouvernement, qu’on ravale, de la sorte, au rang de gouvernements de pis aller impuissants ? Au reste, le Sillon se heurte encore sur ce point à l’enseignement de Léon XIII. Il aurait pu lire dans l’Encyclique déjà citée du Principat politique que « la justice sauvegardée, il n’est pas interdit aux peuples de se donner le gouvernement qui répond le mieux à leur caractère ou aux institutions et coutumes qu’ils ont reçues de leurs ancêtres »; et l’Encyclique fait allusion à la triple forme de gouvernement bien connue. Elle suppose donc que la justice est compatible avec chacune d’elle. Et l’Encyclique sur la condition des ouvriers n’affirme-t-elle pas clairement la possibilité de restaurer la justice dans les organisations actuelles de la société, puisqu’elle en indique les moyens ? Or, sans aucun doute, Léon XIII entendait parler non pas d’une justice quelconque, mais de la justice parfaite. En enseignant donc que la justice est compatible avec les trois formes de gouvernement qu’on sait, il enseignait que, sous ce rapport, la Démocratie ne jouit pas d’un privilège spécial. Les sillonnistes, qui prétendent le contraire, ou bien refusent d’écouter l’Église, ou se forment de la justice et de l’égalité un concept qui n’est pas catholique." (Notre charge apostolique, 1910)
Pour Pie X, les différentes formes de gouvernement sont "bien connues" et toutes légitimes. Pas plus que je ne le fais, les papes ne confondent - comme vous ? - la "forme" d'un régime et la politique suivie au jour le jour. Ils n'ont pas approuvé les thèses du penseur et écrivain/journaliste français évoqué ci-dessus.
Votre ami Baudelairec se répandra en imprécations envers cet autre pape qui n'avait rien compris, selon lui Baudelairec... et le malheureux universitaire qui a l'outrecuidance de s'y référer comme à la connaissance historique la plus simplement accessible - sans brouillard philosophique ajouté.

( 867908 )
Réponse à la hussarde par The wild rover (2019-05-16 01:27:01)
[en réponse à 867865]
Vous dites que "l'histoire des idées ne recoupe pas l'histoire des régimes politiques au plan de la forme sauf quand la constitution est marquée par une idéologie".
"Sauf quand la constitution est marquée par une idéologie"? Mais toute constitution est idéologiquement chargée. Même lorsqu'elle est issue de compromis comme le sont les lois constitutionnelles de 1875, on trouve dans toute constitution la marque d'une idéologie dominante. Pour les lois de 1875, l'instauration d'un exécutif puissant découle d'une volonté conjuguée des monarchistes et des républicains, pour des raisons différentes. Les premiers souhaitaient s'en prévaloir pour en faire une lecture propice au rétablissement de la monarchie. Quant aux seconds, ils étaient encore majoritairement convaincus de la nécessité d'un exécutif puissant propre à faire triompher une ligne Thiers/Guizot assez ambigüe certes, mais fruit d'une volonté d'enraciner une République de type orléaniste (c'est assez curieux, mais pas si contradictoire que cela).
Et lorsque Grévy abandonne l'exercice du droit de dissolution en 1879, il fait triompher une idéologie de la souveraineté parlementaire, à l'instar des républicains vainqueurs. Cette "Constitution Grévy" était d'ailleurs conforme aux voeux émis par celui-ci en 1848. Bref, tout cela pour dire que dans les textes comme dans les changements constitutionnels "informels", l'idéologie enfante toujours les constitutions.
Quant à la République, j'aurais sans doute du préciser qu'elle désigne avant tout la Res-publica, c'est à dire la primauté du bien commun, et pas vraiment un régime politique. Ce qui pose problème, c'est plutôt le ralliement de la doctrine sociale à l'idée que la démocratie est un régime parmi d'autres, philosophiquement indifférent, alors que cela n'est manifestement pas le cas. C'est curieux, pourquoi l'Eglise fait-elle depuis des décennies l'apologie de la démocratie alors qu'elle n'accepte pas réellement d'appliquer ce principe à l'organisation ecclésiale?
Par ailleurs, vous dites qu'il ne faut pas confondre la forme d'un régime et la politique suivie au jour le jour. Mais justement, les républiques qui se succèdent depuis 1792 n'ont-elles pas fait preuve d'une certaine constance idéologique?
Enfin, la démocratie telle qu'elle émane de la pensée 1789 n'est-elle pas une négation de la transcendance, et au contraire, l'affirmation d'une souveraineté de l'individu qui malmène considérablement le message évangélique?
Bref, il se fait tard, et la fatigue me dissuade d'aller plus avant dans la discussion. C'est bien dommage, car je dois bien admettre que mes précédents messages n'étaient pas aussi argumentés que les vôtres. Mais après une journée passée à auditionner des candidats pour un poste dans un établissement universitaire, mon cerveau atteint ses limites!

( 867833 )
A môssieur de l'Académie par baudelairec2000 (2019-05-14 23:15:56)
[en réponse à 867784]
Je comprends qu’un pauvre enseignant du Secondaire, même s’il a soutenu deux mémoires de Maîtrise, quand bien même encore aurait-il travaillé sur les relations de l’Eglise et de l’Etat et se serait-il intéressé à l’enseignement politique de Léon XIII, ne puisse pas vraiment faire le poids avec un professeur aussi éminent que vous. Vos qualifications me mettent d’emblée hors-jeu…
C’est sûr, je n’ai pas la chance d’enseigner en Faculté, d’être Docteur en Histoire contemporaine ; en ce qui concerne l’histoire de l’Eglise au XIXe siècle, je n’ai pas vos compétences. Comment ai-je pu avoir l’impudence d’aller vous défier sur votre terrain.
Crime de lèse-majesté…
Car, voyez-vous, vous pouvez vous prévaloir, du haut de votre chaire, d’une quasi-infaillibilité pour me disqualifier ainsi que tous ceux qui doutent des bienfaits et des délicates attentions de la Révolution française pour l’Eglise, l’argument d’autorité « Lucas dixit » n’a sur nous aucune influence, pas plus d’ailleurs que l’enseignement caduc de Léon XIII sur le pouvoir ou encore sa politique du Ralliement.
C’est que, voyez-vous, vous voulez nous faire passer cet enseignement pour infaillible, du moins nous le présenter comme possédant une quelconque autorité. Depuis quand, dans le domaine politique, un pape peut-il imposer ses directives aux Français ? Car, en discréditant à l’avance les catholiques qui auraient voulu mener un combat en dehors des directives de Rome, il avait l’intention de mener lui seul, la chaire de vérité, ce combat. Avec le succès que l’on sait d’ailleurs… 1892, l’Encyclique sur le Ralliement à la République, moins de 15 ans après, la République anticléricale décrète unilatéralement la Séparation de l’Eglise et de l’Etat. Veuillez m’excuser pour ces truismes. C’était bien la peine de faire tant d’histoires pour anathémiser les catholiques désobéissants, coupables, à ses yeux, de semer la division au sein de ce qu’il aurait voulu être un troupeau docile, troupeau auquel, a posteriori, vous vous faites une gloire d’appartenir.
Quelle est la valeur, quelle est l’autorité de cette politique de ralliement en France alors qu’il préconise des directives inverses en Italie ? « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà », me répondrez-vous. Tout le monde ne s’appelle pas Pascal, vous n’êtes pas, et je le regrette bien, philosophe… Il est regrettable aussi que le dogme de l’Infaillibilité pontificale, défini dans les conditions que l’on sait, ait pu être parasité quasi immédiatement, dès le début des années 1888, dès les premiers documents de Léon XIII, par un enseignement politique, pour ne pas dire politicien. Oui, Léon XIII et ses hérauts ont profité du prestige tout nouveau du magistère pontifical pour imposer des directives qui ne relevaient pas de sa compétence : il s’est tout simplement pris pour un chef de parti. Il y a beaucoup trop de catholiques, et vous en faites partie, des catholiques qui ont, sinon exagéré l’infaillibilité pontificale, du moins étendu son champ d’application. Dogmatique et politique ne se recoupent pas.
Par ailleurs, j’ai lu dans Dom Besse, je ne plus exactement où, que le Concordat n’avait pas contribué à christianiser la France. C’est peut-être une perspective que vous pourriez envisager…
Voilà pour le côté bassement polémique de la question. Voilà pour les propos d’un pauvre titulaire d’une maîtrise d’Histoire, bien indigents, je le concède. Sont-ils d’ailleurs plus indigents que ceux de Léon XIII ? Pas sûr, Môssieur le professeur.
Permettez à présent que le titulaire d’un DEA de Philosophie sur le discours social de Pie XI prenne le relais sur le fond, sur les propos ô combien éternels de ce cher Léon XIII.
Reprenons les propos du magistère pontifiant, si vous le voulez bien.
« Divers gouvernements politiques se sont succédé en France dans le cours de ce siècle, et chacun avec sa forme distinctive : empires, monarchies, républiques. En se renfermant dans les abstractions, on arriverait à définir quelle est la meilleure de ses formes, considérées en elles-mêmes ».
Il semble que le pape éprouve quelques difficultés pour appréhender la typologie des différents régimes politiques. Là où on attendrait la notion de régime, il est question de gouvernement ; Léon XIII se permet, ne vous en déplaise, de donner dans le b-a-ba : « divers gouvernements politiques se sont succédé en France » dans le courant du XIXe siècle. Pourquoi préciser « politiques » à propos des gouvernements ? Cela paraît évident. A moins qu’on tienne déjà là une distinction entre politique d’une part et social ou civil d’autre part. Et la suite du texte fait revenir à deux reprises le vocable « social » : « autorité sociale » à la place d’autorité politique, « formes sociales ». Précisons qu’il ne s’agit pas d’une erreur de traduction, puisque le texte fut rédigé directement en français. … il s’agit peut-être d’un détail, mais, comme le fossé ne cessera de se creuser entre politique et social, on peut s’étonner de cet emploi de l’adjectif « social » en concurrence avec l’adjectif « politique », emploi déjà fréquent dans Immorale Dei (1885). Peut-être conviendrait-il de s’intéresser aux textes de Taparelli pour rendre compte de cet infléchissement de la pensée pontificale sous Léon XIII.
Le pape recense en outre deux empires (celui de Napoléon Ier et celui de Napoléon III), des monarchies (règnes de Louis XVIII, Charles X d’une part et règne de Louis –Philippe, le roi des Français, d’autre part) et deux républiques (Seconde et Troisième). Rien n’est plus conforme à l’histoire ; en revanche, quelle est la différence spécifique, si l’on se place au niveau de la philosophie politique, entre l’empire et la monarchie (le terme de royauté répugnerait-il au successeur de saint Pierre ?), entre la république et l’empire.
Et moi, pauvre philosophe, qui pensait, en suivant Platon, Aristote ou bien encore saint Thomas, que les régimes se différenciaient entre régimes justes et injustes selon que leur(s) dirigeant(s) poursuivait (ent) ou non le bien commun. Royauté, aristocratie, politia ou politeia du côté des régimes justes, tyrannie, oligarchie et démocratie pour les régimes injustes. Oui, comme vous pouvez le constater, les Anciens n’éprouvaient pas la moindre difficulté pour distinguer les bons des mauvais régimes. Inutile donc d’avoir recours au conditionnel (« on arriverait ») pour définir chacun des régimes et le qualifier ainsi de bon ou de mauvais.
Le hic, en particulier, avec ce recensement génial de Léon XIII, c’est que l’essence de l’empire et de la république est difficilement perceptible. L’histoire, l’Histoire du Droit en particulier, nous éclaire sur le sens de ces deux derniers mots, et cela nous évite de tomber dans une sociologie descriptive de bas étage, chère à vos prédécesseurs Mayeur et Rémond. Vous semblez en effet préférer l'eau tiède de ces derniers à la pensée plus dérangeante de Jacqueline Lalouettte -ça aurait pu être intéressant d'avoir votre avis sur l'article que je vous soumettais, beaucoup plus intéressant en tout cas que de vous focaliser sur mes médiocres propos.
Chez les Romains, la Respublica n’est pas tant une constitution que l’expression même du bien commun : la chose commune, les affaires publiques. L’empire est selon les empereurs eux-mêmes la continuité de la Respublica, ce régime qui avait succédé à la tyrannie des premiers siècles de Rome. L’empereur ne se fait pas appeler « imperator » (vocable qui convient au général en chef victorieux) mais « princeps ». L’imperium renvoie d’ailleurs à une forme de gouvernement militaire ou à un pouvoir contraignant. Les Romains, bien avant Gélase, se situent dans un contexte où l’on appréhende clairement les notions de « potestas » et d’ « auctoritas ». Sous la Républica, c’est le Sénat qui est détenteur de la seconde, sous l’Empire, le « Princeps » ou « Augustus », cumule les deux pouvoirs. Ces mots ont un sens précis, ils n’ont pas besoin d’être galvaudés, surtout pas par un successeur de Gélase.
Celui qui est familier des documents antérieurs de Léon XIII n’est d’ailleurs pas surpris de cette imprécision dans les termes ; déjà, dans Immortale Dei, Léon XIII ou l’un de ses rédacteurs pouvait écrire :
« Du reste, la souveraineté n'est en soi nécessairement liée à aucune forme politique; elle peut fort bien s'adapter à celle-ci ou à celle-là, pourvu qu'elle soit de fait apte à l'utilité et au bien commun. »
Ce qui censé rendre le latin :
« Jus autem imperii per se non est cum ulla reipublicae forma necessario copula tum : aliam sibi vel aliam assumere recte potest, modo utilitatis bonique communis reapse efficientem. »
Comment peut-on faire intervenir ici un « jus imperiii » et le traduire par la notion de « souveraineté » ? Les mystères d’une terminologie nouvelle -à moins qu’elle ne soit à dessein confuse. Pourquoi ne pas parler tout simplement de pouvoir ? le pouvoir (potestas) pouvant être exercé alors par un ou plusieurs dirigeants s’ancrant dans des formes de régimes bien spécifiques : un roi (rector, rex) dans le cadre de la royauté, les meilleurs dans un régime aristocratique, le peuple ou l’ensemble des citoyens pour une « politeia » ou une « politia ». Et on entretient à dessein la confusion entre cette dernière forme et la démocratie, troisième type de régime injuste. Pour faire passer le ralliement à la démocratie, car c’est cela dont il s’agit, on préfère parler de reconnaissance des autorités républicaines. Respublica = Démocratia.
Voilà quelques considérations, cher maître, des considérations évidemment trop longues, parce que, nous l’espérons, nuancées, pour vous faire savoir que nous ne pouvons pas gober vos bobards et encore moins supporter vos airs supérieurs.
Vive l’impertinence.

( 867852 )
Sur le Concordat par Peregrinus (2019-05-15 13:21:59)
[en réponse à 867833]
Par ailleurs, j’ai lu dans Dom Besse, je ne plus exactement où, que le Concordat n’avait pas contribué à christianiser la France. C’est peut-être une perspective que vous pourriez envisager…
Sans me prononcer sur le reste, je serais vraiment beaucoup plus prudent que vous sur ce point.
Non d'ailleurs que j'ai une sympathie illimitée pour la convention du 26 messidor an IX et pour ses décrets d'exécution, qui ont par un acte d'autorité sans précédent ébranlé la stabilité de l'épiscopat, éteint des Eglises antiques et pour ainsi dire réduit à néant l'ancienne Eglise gallicane. Le Concordat de 1801 était sans contredit très mauvais également dans le sens où il ne reconnaissait pas la religion catholique comme dominante.
Mais l'état de délabrement de l'Eglise de France après dix ans de schismes et de persécutions était bien réel. On lit parfois (je n'ai jamais su quelle était la référence) que Bonaparte aurait tout cédé si Pie VII avait été moins conciliant. Je n'en crois rien. Bonaparte a déjà eu toutes les peines du monde à faire admettre par le Corps législatif le rétablissement de la religion catholique ; comment aurait-il consenti davantage ? Les Bourbons eux-mêmes ont échoué à imposer un Concordat plus favorable en 1817. On peut raisonnablement admettre l'état de nécessité qu'a invoqué Pie VII pour passer par-dessus les règles ordinaires.
La reconstruction concordataire a été limitée, mais réelle. Le schisme constitutionnel a été résorbé. La reprise du recrutement sacerdotal s'amorce dès les années 1810.
Sous la monarchie de Juillet, il a pu être question de rompre le Concordat. Comme l'a bien dit le chanoine Sevrin, les hommages sages ont repoussé un acte de rupture aussi vain que dangereux : cela a été le cas du grand Grégoire XVI à Rome, qui n'a rien négligé qui puisse améliorer les relations avec Louis-Philippe, ou encore de Mgr d'Astros, le très vertueux et remarquable archevêque de Toulouse, qui était pourtant fondamentalement légitimiste. En faveur de la rupture, on trouvait en revanche les irresponsables et les exaltés, Lamennais, Guéranger, tous ces hommes qui selon l'expression de Lacordaire perdraient un empire pour un coup de canon d'il y a cent ans.
En fin de compte, le rapprochement entre l'Eglise et la monarchie de Juillet après 1833 a été bénéfique à la religion et limité les dégâts des trois années d'anticléricalisme militant qui ont suivi la révolution de 1830.
Comme le dit toujours Sevrin, on voit bien ce que l'on a perdu depuis la fin du Concordat : quant à ce que l'on a gagné, c'est beaucoup plus incertain.
Je pense par ailleurs qu'il ne faut pas relire toute l'histoire du Concordat à la lumière des décisions de Léon XIII : on risque alors des anachronismes ou des jugements injustes.
Peregrinus

( 867868 )
historien je suis et je reste : pas philosophe par Luc Perrin (2019-05-15 15:51:35)
[en réponse à 867833]
Vous vous situez dans un autre cosmos mental, avec votre lexique propre, vos concepts.
Je garde les pieds sur cette terre et dans l'histoire de notre humanité.
Désolé de ne pouvoir vous rejoindre derrière le miroir.
Je pense que vous n'avez pas bien lu, emporté par la philosophie d'un auteur dont le journal est à l'Index pour 1927-1939, l'extrait de Léon XIII que je cite. Je n'adhère pas à la philosophie politique de son maître Auguste Comte.
J'ai répondu, sans votre flamme incendiaire et votre goût des attaques ad hominem, à votre ami le Bourlingeur sauvage.
Avec un extrait d'un autre pape qui reprend Léon XIII comme énonçant une connaissance commune du Magistère. Il n'est pourtant pas besoin d'être docteur en philosophie pour la comprendre.
- Venise était une république catholique
- le Saint empereur romain germanique fut couronné longtemps par le pape
- les rois d'Aragon et de Castille étaient dits Très Catholiques.
Les trois formes de gouvernement (régime) auxquelles se réfère Léon XIII de façon évidente.
ps. je n'appartiens à aucune académie au demeurant et j'ai enseigné 5 ans dans le secondaire à une époque où c'était sans doute plus facile qu'aujourd'hui.

( 867828 )
Histoire sélective par The wild rover (2019-05-14 22:15:56)
[en réponse à 867715]
Votre lecture étroitement chronologique de l'histoire comporte une limite ou, pour le dire plus franchement, présente un défaut de jugement. Tout d'abord, vous dites que notre République est née dans la décennie 1870-1880. Mais la naissance idéologique du régime commence bien plus tôt, dès 1789 non? N'y a-t-il pas continuité dans les idées depuis la grande Révolution? Les hommes de 1880 ne revendiquaient-ils pas l'héritage de 1792?
Par ailleurs, lorsque vous dites que, somme toute, l'avènement de "notre" République s'est opéré pacifiquement, vous n'évoquez pas la Commune réprimée par Thiers et sa "République conservatrice" réfugiée à Versailles (la République, ou les républiques, si vous préférez, ont toujours eu besoin de revêtir les oripeaux monarchiques pour paraître en gloire). Quant à la prise de pouvoir des républicains à partir de la crise du 16 mai 1877, vous ne dites pas qu'elle s'est réalisée au moyen d'une politique anticléricale que vous ne pouvez pas méconnaître, au vu des publications dont vous faites état. Cet anticléricalisme s'ouvre par la "déclaration de guerre" de Gambetta, les guillemets pouvant presque être considérés comme superflus, puisque le personnage en question déclarait que le cléricalisme était l'ennemi. Que dire de la répression sourde au moyen des purges administratives qui séviront en 1879, au Conseil d'Etat notamment? Elles frapperont même les plus modérés d'entre eux, puisque Léon Aucoc, catholique plutôt libéral, en fera les frais. Faut-il encore parler de la politique anticléricale de la IIIe?
Enfin, si l'enracinement de la République ne s'est donc pas fait dans le calme, la lutte pour son maintien a autorisé quelques manifestations d'autorité, si j'ai bonne mémoire. Le 6 février 34, directement suivi d'une répression sans précédent (jusqu'à notre époque) de la liberté de réunion par le Front populaire. Que dire de la période consécutive à la Libération?
Comme aimait à le dire un personnage que je ne vous ferai pas l'affront de citer(car j'ai cru comprendre que la fonction universitaire vous montait à la tête), la République se gouverne mal, mais elle se défend bien...

( 867832 )
Quelques éléments par Rothomagus (2019-05-14 22:48:41)
[en réponse à 867651]
En effet, mais tout ce qui est trop binaire doit être écarté. Une civilisation, un peuple peut se condamner, sans que cela ne remette en cause ce qui n'est qu'un mode de fonctionnement institutionnel.
I/ La République Française est née dans le sang, certes. Mais le crime n'est pas la République, le crime est la Révolution. Ce renversement d'un ordre dont la tête était le Roi, sacré. Il faut aller plus loin encore, car la Révolution est certainement le pire épisode de déferlement du Mal qu'ait connu l'humanité toute entière depuis des siècles, et dont les conséquences sont toujours présentes aujourd'hui.
Sans Révolution, certes, pas de République. Mais sans Révolution : pas de déstabilisation de l'Europe entière, pas d'Empire napoléonien. Pas d'Empire, pas de Prussiens qui descendent en 1870. Pas de guerre de 1870, pas de guerre de 14-18. Pas d'Hitler au pouvoir. Pas de seconde guerre mondiale, pas de massacres de masse, de millions de morts. Etc etc... On pourrait ainsi rattacher beaucoup d'événements des deux derniers siècles à la cause première qu'est la Révolution Française.
II/ Les juristes se souviendront sans doute de Jean Bodin, qui au XVIème siècle écrivit (théorisa pour certains) un certain nombre de choses sur le pouvoir politique. Ce n'étaient en fait que des savoirs anciens, des descriptions de ce qui a toujours été su ou perçu. Il nous indique, dans la France de l'époque, que la monarchie est une forme de république. Que l'une n'est pas le contraire de l'autre, mais que la première est une forme de la seconde. La confusion entre la démocratie et la république explique sans doute quelques amalgames actuels.
III/ Enfin, une vérité élémentaire pourtant ignorée de la totalité de la population, et qui changerait beaucoup de choses si elle était sue.
Il aboutit au terme du processus de la Révolution française une situation juridique d'une complexité rare, dont la prémisse est une erreur communément admise :
a/ Ce processus n'a pas conduit à abolir la Royauté en France. La Révolution, et la République, ont scindé ce qui était réuni auparavant : la légalité, et la légitimité.
b/ La légalité est la forme institutionnelle que prend la légitimité, le pouvoir légitime, qui la crée, la transforme et la développe. Cette légitimité, pour le croyant, est issue de l'origine des rois de France, puis de leur sacre. Et nous partons depuis Clovis : son baptême, la loi salique.
c/ Ainsi, la légalité a été distinguée de la légitimité. Nos institutions suivent leur cours, les Constitutions institutionnelles écrites se succèdent.
d/ Mais la légitimité perdure. Aucune institution humaine actuelle n'a le pouvoir de la modifier. Elle est perpétuelle, quand bien même elle serait, pour un temps, non légale. Ainsi, les lois fondamentales du Royaume conservent leur caractère de loi, relèvent du droit non-écrit, et leur caractère institutionnel qui se réfère à la personne du roi continue de s'appliquer. Sans toutefois que cela n'ait une quelconque influence sur la vie quotidienne de l'Etat.
e/ Les règles de dévolution de la Couronne sont inchangées, ne sont ni modifiées ni modifiables. Le Roi est simplement empêché, non-régnant.
f/ Les questions relatives à la querelle dynastique (Bourbon/Orléans) ne sont pas aussi importantes que certains le croient : chez nos anciens jurisconsultes et dans la langue de l'époque, nous en étions, lorsque la Révolution s'est produite, à la "Troisième Race" des rois de France. Il n'est absolument pas exclu de voir une 4ème Race parvenir sur le trône, ce qui, quel que soit le prétendant parmi les deux qui y parviendra, sera dans tous les cas considérée comme telle en son commencement.
g/ Ceux qui évoquent la possibilité de "couronner la république" sont donc loin d'être en torts sur ce point, car cette option ne peut être exclue. Que ce soit cette république ou une autre. Le Bien ne pouvant revenir que dans une restauration de ce qui a été voulu par Dieu ; le roi devant être catholique, et pas seulement de forme.

( 867881 )
Merci Madame Lévy par Eonix (2019-05-15 18:35:31)
[en réponse à 867651]
République née dans le sang du roi, des princes, des paysans,des chevaliers, des prêtres… des ouvriers. Tu es une imposture. Il n’y a qu’un Royaume : Celui de l’Amour, Celui du Christ, Celui de Dieu
Et beaucoup participent à cette grande imposture.
La dernière imposture, Canada dry en est la prophétie.