Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 867179 )Femmes diacres: ''pour le moment, ça ne va pas'' dit le Pape François par Chicoutimi (2019-05-08 06:09:08) 

Voici l'extrait de la conférence de presse accordée dans l'avion par le Pape François, lors du retour de son voyage apostolique en Bulgarie et en Macédoine, et dans laquelle il a abordé la question du diaconat féminin:


Joshua McElwee, du National Catholic Reporter : ''En Bulgarie, vous avez visité une communauté orthodoxe qui a cultivé une tradition d'ordination de diacres femmes pour proclamer l'Évangile. Dans quelques jours, vous allez rencontrer l'Union internationale des Supérieures générales : qu'avez-vous appris du rapport de la commission sur le ministère des femmes dans les premières années de l'Église ? Avez-vous pris des décisions au sujet du diaconat féminin ?''

Pape François: «La commission a été créée, elle a fonctionné pendant presque deux ans. Ses membres étaient tous différents, chacun pensait différemment, mais ils ont travaillé ensemble et se sont mis d'accord jusqu'à un certain point. Chacun d'entre eux a alors sa propre vision, qui n'est pas en accord avec celle des autres et là ils se sont arrêtés en tant que commission. Sur le diaconat féminin : il y a une façon de le concevoir d'une manière différente du diaconat masculin. Par exemple, les formules d'ordination diaconale trouvées jusqu'à présent ne sont pas les mêmes que pour l'ordination du diacre masculin, et ressemblent plutôt à ce qui serait aujourd'hui la bénédiction abbatiale d'une abbesse. Voilà le résultat. D'autres disent non, c'est une formule diaconale... Il y avait des diaconesses au début. Mais leur ordination était-elle sacramentelle ou non ? Ils m'ont aidé. Par exemple, dans la liturgie des baptêmes, qui étaient par immersion, quand une femme était baptisée, les diaconesses aidaient... Puis on a trouvé un document où l'on voyait que les diaconesses étaient appelées par l'évêque quand il y avait une dispute matrimoniale pour la dissolution du mariage. Les diaconesses étaient envoyées pour examiner les contusions du corps de la femme battue par son mari. Mais il n'y a aucune certitude que leur ordination avait la même forme et le même but que l'ordination masculine. Certains disent : il y a un doute. Continuons à étudier. Mais pour le moment, ça ne va pas. Ensuite, il est curieux que là où il y avait des diaconesses, il y avait presque toujours une zone géographique, surtout en Syrie... J'ai reçu toutes ces éléments de la commission, on a fait du bon travail et cela peut servir à avancer et à donner une réponse définitive par un oui ou un non. Maintenant, personne ne le dit, mais certains théologiens d'il y a 30 ans disaient qu'il n'y avait pas de diaconesses parce que les femmes étaient à l'arrière-plan dans l'Église et pas seulement dans l'Église. Mais c'est curieux : à cette époque il y avait beaucoup de prêtresses païennes, le sacerdoce féminin dans les cultes païens était à l'ordre du jour. Nous en sommes à ce stade et chacun des membres étudie sa thèse».



Source
images/icones/neutre.gif  ( 867183 )Faut reconnaître , il a bien répondu … par Minger (2019-05-08 08:51:05) 
[en réponse à 867179]


Rappel :
« C'est dans les Actes des Apôtres (6:1 et suivants) qu'il est fait mention pour la première fois d'hommes ordonnés pour le service de leurs frères. Le diacre est alors un homme choisi par les chrétiens et qui, après l'imposition des mains par l'un des apôtres, est appelé à s'occuper des plus démunis de la communauté. Rapidement, les diacres seront appelés »

Mais ! « Car dans l'Église originelle, il y avait également des diaconesses dont le rôle et le statut étaient différents de ceux du diacre. Paul de Tarse ou saint Paul, portant aussi le nom juif de Saul qui se prononce « Shaoul » dans son Épître aux Romains (16, 1-2) recommande « Phoebé, notre sœur, qui est diaconesse de l'Église de Cenchrées »

Et… le motu proprio Omnium in mentem , du 26 octobre 2009, par lequel Benoît XVI modifie l'article du Code de droit canonique (1983) concernant le sacrement de l'ordre, a de nouveau reposé ces questions. Dans ce texte en effet, le pape précise que les fonctions d'enseignement, de sanctification et de gouvernement « en la personne du Christ chef » sont désormais réservées aux seuls évêques et prêtres. Il s'agit en clair de rompre avec une tendance à assimiler le ministère de diacre avec celui de prêtre, au nom de l'unité du sacrement de l'ordre, et de recentrer le diaconat sur la mission de service, conformément aux intuitions du Concile.
Mais ! Paradoxalement , le ministère diaconal des femmes existe maintenant …Elles n’ont pas l’ordre mais la fonction diaconale !

En pratique de fait, aujourd'hui:

Elles ont la charge souvent ,aumônières dans les hôpitaux , de porter la communion aux malades et aux mourants, lectures saintes aux fidèles , la catéchèse , c’est quand même instruire et exhorter le peuple, de présider des cérémonies et à la prière des fidèles, de présider aux rites funèbres et à la sépulture.

Donc , il n’est pas rare de constater des prédications , encensement s , bénédictions…Par Dame non diacre en titre mais en fonction quand même …Appelons diacre un diacre donc !
Bref , si nous enlevons le second degré du sacrement de l'ordre … Baptêmes …
L’hypocrisie et le paradoxe de l’église , elle donne la fonction sans le titre….

En cette période du féminisme néophyte acerbe , le Pape François nage entre les eaux troubles et c’est pas forcément de sa faute…

Il voudrait bien mais ne peut point...
images/icones/hum2.gif  ( 867259 )il voudrait par AVV-VVK (2019-05-08 21:15:34) 
[en réponse à 867183]

Mais que de concret faut-il conclure de ses paroles "aériennes"?
images/icones/radioactif.gif  ( 867186 )cette manie historicisante et archéologisante par JVJ (2019-05-08 10:50:25) 
[en réponse à 867179]

de demander une commission pour examiner le premier siècle (les premiers siècles ?), en faisant fi de la Tradition au long cours...

Pourquoi ne ferait-on pas une commission pour vérifier l'application du dernier concile, hein ?
les catholiques sont censés connaître par coeur des passages entiers de la messe en latin, les orgues sont les instruments par excellence de la musique sacrée, sans parler du reste.

Les travaux du P. Bouyer sur l'architecture des églises dans le passé, dépendaient de ses connaissances à lui (nécessairement limitées), ont pourtant servi aux pères du concile et aux conférences épiscopales pour faire à peu près tout et son contraire.
Personne ne pourrait citer ses travaux historiques, édités ou pas, dans une bibliographie scientifique, alors qu'on peut encore citer le P. Congar ou le P. Jungmann (à défaut de mieux) pour ses études sur la messe.

Je respecte le P. Bouyer comme théologien et critique de l'évolution de l'Eglise, mais comme historien des églises, c'est zéro.
Et pourtant, ses travaux serviront d'argument d'autorité à plus d'un évêque et à plus d'un théologien de la Catho de Paris pour faire passer la pilule.

Donc, toute commission peut se manipuler ou être constituée de charlots (on le voit dans la plupart des commissions diocésaines d'art sacré).

Comme st Pierre était marié et ne portait pas le titre de pape, eh bien, que le pape renonce à ce titre et que le prochain se marie.

Si on veut tomber dans le fondamentalisme biblique, on y va.

Les Amish du premier siècle (pour autant qu'on connaisse ce siècle
avec ce qu'on a, c'est-à-dire pas grand'chose).
Lire en dernière date l'ouvrage du P. Edouard Cothenet, exégète, du diocèse de Bourges, ancien professeur à l'Institut catholique de Paris (Communautés chrétiennes du Ier siècle, Salvator, 2015).
Et il y a beaucoup de choses qu'on ne saura jamais.
Le catholique n'a pas que les Evangiles et le Nouveau Testament !

Et ce n'est pas parce qu'un chose a été faite au premier siècle, qu'il faut la perpétuer.

Les apôtres ne se déplaçaient pas en voiture et ne portaient pas lunettes, que je sache.
Est-ce que les premiers chrétiens parlaient Français ou Turc ?
Non. Eh bien que la commission susdite nous ramène illico à la pureté du premier siècle...

Trouvez-moi les paroles de la messe au Ier siècle...

Supprimons toute architecture, réunissons-nous dans des taudis-synagogues, des catacombes, des maisons.

On est chez les cinglés. On utilise l'histoire quand on veut faire passer quelque chose, ce n'est qu'un relativisme de plus... la mitre, la crosse, le septénaire, tout a une histoire !!!!! Sans rapport avec le premier siècle et même le deuxième...

Fuyez aussi ceux qui vous bassinent avec le célibat sacerdotal imposé au XIe siècle. C'est bien plus compliqué. Et quand bien même serait-ce, neuf siècles, ce n'est pas si mal.

images/icones/1v.gif  ( 867188 )absolument d'accord avec vous à 100% par jejomau (2019-05-08 11:05:40) 
[en réponse à 867186]

Il est d'ailleurs incompréhensible que François (et ceux qui l'entourent) ne se fonde pas sur la Tradition (en grande partie non écrite) . Il manifeste son doute.

Il ose même parler d'un éventuel sacrement (oublié ou perdu) des diaconesses. Il ne doit pas savoir ce qu'est un sacrement s'il ne sait pas ce que le Christ Lui-même transmet dans les Evangiles ?

Manque de foi ? Ou absence de Foi ?

images/icones/bravo.gif  ( 867193 )Bien d'accord avec vous et jejomau par Signo (2019-05-08 12:29:11) 
[en réponse à 867186]

Je trouve extrêmement inquiétant que les responsables chargés de "réfléchir" sur ces questions semblent totalement faire fi de la Tradition pérenne de l'Eglise, ce qui est déjà en soi une énormité et une catastrophe.

Celui qui ne prend en compte que la Bible sans son lien essentiel (et non pas accessoire) avec la Tradition, ou qui ne se base que sur les données fournies par la "science" historico-critique n'est déjà plus catholique, il est déjà sorti de l'Eglise, de la pensée catholique. On est déjà dans un protestantisme qui ne dit pas son nom.

La "science" historico-critique ne peut en aucun cas remplacer la référence à la Tradition. Tout au plus peut-elle apporter quelques éclairages limités sur tel ou tel point, mais dans tous les cas c'est la Tradition qui reste la norme.
Les données fournies par la science historico-critique sont par essence limitées, changeantes, non absolument fiables, pour la simple et bonne raison qu'elles ne reflètent que les connaissances d'une époque donnée, connaissances amenées à être corrigées ou complétées par des découvertes ultérieures. Que d'innovations néfastes n'a t'on pas acceptées sous prétexte de prendre en compte les découvertes historico-scientifiques, avant de s'apercevoir quelque temps plus tard que ces connaissances étaient partielles et que l'interprétation que l'on en a donné était complètement fausse!
On ne peut louer la sagesse de Pie XII qui condamna l'archéologisme.

Rappelons que le R.P. Bouyer, grand théologien conciliaire, fustigeait déjà en son temps cette ineptie absolue, ce non-sens liturgique total que fut la généralisation de la messe dite "face au peuple", qui, loin d'être une réintroduction d'une pratique de l'Eglise primitive (ce que l'on sait faux aujourd'hui, les premiers chrétiens ayant toujours célébré ad orientem), est au contraire une innovation totale, rompant brutalement avec 20 siècles de tradition liturgique chrétienne, et même pré-chrétienne.
images/icones/1n.gif  ( 867260 )Vous avez écrit : par Sursum corda (2019-05-08 21:30:19) 
[en réponse à 867193]


On ne peut louer la sagesse de Pie XII qui condamna l'archéologisme.



Ne vouliez-vous pas plutôt écrire :
"On peut louer..." ou "On ne peut que louer..."

Non ?

SC
images/icones/heho.gif  ( 867338 )On ne peut QUE louer, bien sûr. par Signo (2019-05-09 19:26:40) 
[en réponse à 867260]

Désolé pour l'erreur.