Le Forum Catholique
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( 866520 )
Non bénédiction de l'enfant à la communion par Aétilius (2019-04-28 18:04:04)
Salut à tous,
Je viens de visionner de bout en bout le témoignage de Charles à L'Emmanuel, qui m'a intéressé, mais aussi un peu agacé (à quand des témoignages d'ex musulmans, d'ex juifs, d'ex LGBT repentis, où là il y a risque de représailles...?), de car le côté entre-soi chic, comme le notent d'autres liseurs.
Comme beaucoup, j'en connais plusieurs qui, passés par l'Emmanuel, s'en sont lassés, voyant tout le bien qu'il peut y avoir (une certaine joie extérieure, une certaine charité fraternelle, mais encore une fois, à l'intérieur d'un certain milieu, très délimité sociologiquement, sorte de réseau catho de gens bien, l'importance de la gestuelle dans la prière, et de la communauté), mais aussi tous les défauts, et trouvant enfin la paix dans un cadre traditionnel, loin de tout sentimentalisme niaiseaux, et de tout déracinement par rapport au catholicisme d'avant Vatican II.
En tout cas, est réel le problème du manque de charité et de chaleur humaine dans le cadre des paroisses traditionnelles, déjà entre fidèles, mais aussi envers un nouveau venu, point à travailler absolument, le problème étant que, pour survivre en tant que catholique aujourd'hui, il faut forcément se blinder un minimum au monde, et donc se raidir.
Par ailleurs, pour pouvoir s'inviter à l'issue de la messe, quand on est deux familles de plus de 3 enfants, il faut pour cela disposer d'un grand logement, et donc être riche, ce qui freine je pense nombre personne dans le fait de faire venir à leur table dominicale d'autres fidèles du coin.
En tout cas, question, concernant la communion.
J'ai cru remarquer qu'à la FSSPX, la plupart des prêtres ignorent l'enfant pré-communiant, passant devant lui comme s'il n'existait pas, pour donner l'hostie au suivant, extrême inverse de la communion "moderno", où tous sont invités à s'avancer, bras en croix, enfants non communiants et adultes ne pouvant communier, tout le monde étant beau et gentil.
Un juste milieu me semble être la bénédiction de l'enfant pré-communiant, surtout pour les enfants en bas âge dans les bras de leur parent.
A l'heure où de plus en plus la loi et la mentalité moderne dénie à l'enfant non né, voire juste né le droit de vivre, lui refusant sa qualité d'être humain, cela me paraît un beau témoignage du fait que l'enfant, même s'il n'a pas encore communié, a été créé à l'image de Dieu, étant en plus le temple du Saint-Esprit si baptisé.
D'où vient ce refus de bénir l'enfant donc à ce moment ? Et est-ce traditionnel ?
Je remarque pour finir que dans beaucoup de liturgies byzantines, au moment de la procession solennelle des offrandes, qui traverse l'assemblée, les parents tendent leur enfant au diacre, qui pose sur sa tête le calice et le pain non encore consacrés.`
En tout cas, bénir l'enfant n'ayant pas encore fait sa première communion me rappelle la parole du Christ sur le fait de laisser venir à lui les petits enfants...
Un juste milieu ne pourrait-il pas être que de 0 à 2 ans, l'enfant est béni à ce moment, tandis que de 2 à 7 ans, il ne l'est pas, pour lui donner l'envie de pouvoir être comme les grands ?

( 866522 )
Non-communiants : ce qui est traditionnel... par Sacerdos simplex (2019-04-28 18:29:41)
[en réponse à 866520]
C'est que les adultes qui ne communient pas restent à leur place.
Et il y a une bénédiction à la fin de la messe pour tout le monde !
Donc il me semble inutile de venir encombrer la table de communion.
Il m'est arrivé d'avoir toute une série de gens qui ne communiaient pas.
Y compris des servants de messe, qui viennent tous autour de l'autel : il y en avait dix, seul le 10° communiait !
Pour les bébés (et tous ceux qui se présentent), ce que je fais, aussi bien en forme extra qu'en forme ordinaire, je bénis en faisant un (grand) signe de croix de la main droite, avec le pouce et l'index collés (même en forme ordinaire), dans le souci de sensibiliser les fidèles à la question des parcelles.
(...Le problème, c'est que si le petit enfant regardait mes pieds, il ne voit pas le signe de croix, et a l'impression de ne pas avoir été béni.)
C'est pourquoi je suis un peu contrarié quand je vois "mon" diacre, en N.O.M., inviter tous les gens en venir en rangs serrés à la communion, quitte à croiser les avant-bras ; et faire des mamours aux enfants et leur mettant la main (en particulier pouce et index compris) sur le front, le visage et les cheveux, au risque de récupérer un maximum de sébum, pellicules, graisse et sueur. Beurk.

( 866526 )
Naivement, peut-etre... par Pol (2019-04-28 19:38:35)
[en réponse à 866522]
....je viens vous avouer que vous etes le tout premier pretre que je 'rencontre' qui célèbre en N.O.M. et qui dit aussi la messe de toujours.
Puis-je etre indiscret et vous demander quel a été le premier rite que vous avez adopté? Et comment cela se passe-t-il, là je suis très
interessé de comprendre et de m'imaginer le Pretre disant les deux messes. Peut-il arriver que vous disiez une messe N.O.M. suivie de la Messe Tridentine, disons le meme matin ? Comment cela se passe-t-il, pour vous, le Pretre? Vous pouvez imaginer mon étonnement et je vous pose ces questions sans aucune malice.

( 867090 )
La vie d'un prêtre "bi-forme" par Sacerdos simplex (2019-05-06 23:00:10)
[en réponse à 866526]
Bonjour,
Il est clair que j'ai mes préférences, qui me semblent fondées sur des faits objectifs : la forme extra contient beaucoup plus de gestes de respect, de recueillement, d'adoration, d'humilité (voir par exemple toutes ces prières que le célébrant dit à voix basse : Et quamvis indignus accedo... Placeat tibi... Que ce sacrifice que j'ai offert, malgré mon indignité, vous soit agréable...).
Le N.O.M. en sens inverse semble beaucoup plus accomodant : avec des rubriques du genre : "le prêtre pourra dire ces paroles ou d'autres semblables", au point qu'on a pu résumer ces rubriques en une seule : "On fera comme on voudra, à moins qu'on ne fasse autrement".
Mais c'est en grande partie une apparence : le N.O.M. supprime autoritairement et obligatoirement ces gestes de respect, de recueillement, d'adoration, d'humilité.
D'où cet aspect de manque.
Je pense que le N.O.M. n'est pas intrinsèquement mauvais, il est comparativement, relativement mauvais en ce sens qu'il interdit ces choses.
Si un des douze Apôtres avait vu ce rite, sans jamais avoir vu le rite séculaire qui l'a précédé, il me semble qu'il ne trouverait pas grand chose à redire.
Ma préférence, quant au rite, est donc claire.
Mais je suis d'abord et avant tout soucieux du bien de l'Eglise et du salut des âmes (et de la gloire de Dieu, cela va sans dire).
Je suis donc obligé de prendre les ouailles au niveau où elles sont.
Si je déclare un beau dimanche matin que désormais la messe sera exclusivement en forme extra, en latin et "tournés vers le Seigneur", je vous laisse imaginer la réaction et les conséquences.
Donc je fais de mon mieux pour mettre un maximum de recueillement, pour parler des choses du Ciel, du salut éternel, de l'état de grâce, de la confession (déjà là ça fait grincer des dents !...).
Pour les amateurs de N.O.M.
Et puis je célèbre les deux formes, il m'est arrivé de célébrer les deux le même matin et dans la même église.
C'est évidemment une souffrance.
(J'ajoute que sur le plan de la doctrine, je ne pense pas enseigner la moindre erreur...)
Mais c'est, compte-tenu de mon âge, de mon parcours, de la situation du diocèse et de l'Eglise, ce qui devrait produire le plus grand bien possible.
Au passage, faites attention à ne pas juger trop vite les prêtres qui sont passés au clergé diocésain, les accusant de chercher à faire carrière ou d'avoir je ne sais quel avantage.
Peut-être sont-ils arrivés à la conclusion que c'est dans cet état bancal et douloureux qu'il pourront faire un maximum de bien aux âmes et à l'Eglise universelle.
Ah, autre chose : le clergé est quand même impressionné de voir le nombre de personnes, et surtout d'enfants, à ces messes "extra".
Plus il y aura de monde, et plus cela fera réfléchir...
Certains prêtres diocésains de ma région ont appris à célébrer la forme extra.
Et ils avaient tellement peu de demande qu'ils ont fini par renoncer.
Un autre la célèbre de temps en temps, assez rarement.
Donc : demandez et vous recevrez.
Tout cela pour répondre à votre question. Sans chercher à polémiquer : je cherche plutôt à promouvoir et favoriser la paix.
***
Par ailleurs, on m'a posé une question au sujet des vocations tardives : le mieux est d'en parler aux bons prêtres de votre région. Je peux difficilement aborder de telles questions sur un Forum, même aussi extraordinaire que le FC...
Un simple prêtre.

( 867096 )
Merci beaucoup .... par Pol (2019-05-07 06:42:13)
[en réponse à 867090]
...cher Père, d'avoir pris votre temps pour repondre a mes questions.
Je comprends ce que vous ecrivez et que la plus importante question, c'est le salut des ames.Que le Bon Dieu vous garde precieusement et je vous souhaite de voir le rétablissement progressif de la messe de toujours, partout dans le monde.En tout cas, son sens du sacré, la liturgie simple et tellement riche, c'est ce qui attirera les fideles vers le beau. Le combat cependant sera long et dur, le Bon Dieu decidera de la suite. Sa Volonté, toujours.
Je vous souhaite bonne continuation et santé.

( 866597 )
Chez les maronites par PEB (2019-04-29 16:08:02)
[en réponse à 866522]
La patène est imposée sur la tête de l'enfant afin de marquer que c'est Jésus-Hostie Lui-même, présent dans son Corps eucharistique, qui agit.
Quand il m'arrive de distribuer la Communion (par délégation extraordinaire) selon les usages rénovés, je reprends ce geste auquel j'ajoute la parole: "Jésus te bénit." Je ne me vois pas faire une bénédiction sacerdotale et, de toute façon, le porteur doit s'effacer devant le trésor.
Fais-je bien?

( 866645 )
Entierement d'accord avec votre premier paragraphe... par Pol (2019-04-30 06:12:45)
[en réponse à 866522]
....j'aimerais bien avoir vos vues sur la question des deux messes, en pratique,comment gerez-vous cette situation surprenante?

( 866524 )
Faire guiliguili à bébé ... par Philippilus (2019-04-28 18:41:09)
[en réponse à 866520]
C'est très gentil, mais cela n'a rien à faire, ni jamais eu rien à faire dans le rituel de la communion.
Il y a quelques années la FSSPX avait mis le hola sur cette pratique qui avait tendance à se développer, et que certains parents commençaient à prendre pour un droit. Il y a un temps pour tout: le renouvellement du Sacrifice de la Croix ce n'est pas la garderie.
Et puis, le prêtre distribue le corps de NSJC: il a autre chose à faire, avec de plus pouce et index joint en ce moment, ce qui ne facilite pas les choses.
Il peut à l'occasion y avoir une bénédiction des enfants à la fin de la messe.
A tout hasard, il faut aussi rappeler que l'assistance à la messe avant l'âge de raison n'est pas une obligation, et qu'il y a même un devoir à l'éviter par respect pour la cérémonie quand les enfants (ceux des autres) sont habituellement turbulents. C'est aussi une forme de charité chrétienne et de délicatesse que de permettre aux autres d'assister à la messe dignement.
Philippilus

( 866534 )
Entièrement d'accord par Rothomagus (2019-04-28 22:09:55)
[en réponse à 866524]
On n'a jamais vu ça de faire de la queue et de repartir ! Comme une sorte de pied de nez au Christ et une gène pour le prêtre.
Pour les enfants impropres à se tenir, c'est ingérable ! Les parents sont responsables de la perturbation de la Messe qu'il créent par leur inaction et leur désinvolture. A mon sens c'est un péché de leur part, qui peut friser le sacrilège. Ils seront moins mauvais chrétiens à communier par intention devant une messe télévisée plutôt qu'à détraquer le culte d'une paroisse entière.
Il faut leur dire, et ne pas se plier aux menaces du genre "si c'est comme ça on ne reviendra plus". Il y a plus de personnes qui changent d'église à cause de ces perturbateurs qu'on ne s'imagine.
De toute manière on ne peut même pas parler avec eux ils s'en fichent, ils ont toujours un "oui mais on ne peut pas faire autrement" ou "vous n'aimez pas les enfants" etc. Et nous, comment on fait ? On ne vous envahit pas avec notre gestion familiale, bon sang !
Evidemment dans ces moments-là, la charité en prend en coup.

( 866540 )
A Philippilus, sur le fait de ne pas amener à la messe avant 7 ans les enfants... par Sixte (2019-04-28 23:30:21)
[en réponse à 866524]
Cher ami,
Lisant votre message, les bras m'en sont tombés.
En 2019, dans une société complètement déchristianisée, si vous n'amenez pas vos enfants en bas âge à la messe, vous augmentez les chances de les voir ne jamais y mettre les pieds après l'âge de raison, puisqu'à 7 ans, ils auront beau jeu de vous dire qu'ils ne veulent pas y aller, ayant pris l'habitude de tout faire le dimanche matin sauf prier Dieu.
Après, l'Esprit-Saint peut toujours toucher celui grandit ainsi un jour, mais ce sera malgré son parcours, pas grâce à...
Pour le reste, à moins d'être très riche, cela fait qu'un seul des parents peut se rendre à la messe. Autrement, il faut payer une baby-sitter, que l'on empêche au passage de sanctifier son dimanche.
Par ailleurs, sauf dans certaines grandes villes (je parle des messes traditionnelles), il n'y a souvent qu'une seule messe le dimanche, le prêtre devant ensuite aller célébrer loin ailleurs. Bref, celui qui resterait à la maison avec les enfants (et bonjour pour l'unité familiale, et déjà entre conjoints) serait privé de messe.
Mis à part certains offices très tardifs, où l'enfant avant l'âge de raison dort, terrassé par le sommeil, et où, si l'on peut, on peut envisager de laisser les enfants à la maison, le mieux est surtout d'apprendre à l'enfant à bien se tenir.
Dans l'a-liturgie moderne, je reconnais que c'est peine perdue, tout étant souvent le souk, entre les parlottes incessantes des uns et des autres à l'ambon, les déplacement de laïcs dans le choeur, la désinvolture avec laquelle les gens se tiennent...
Au contraire, la traditionnelle, malgré ses défauts, aide l'enfant à comprendre qu'il se passe quelque chose de sacré, qui l'élève au-dessus de l'ordinaire, amenant le respect.
Pour ma part, voir tant d'enfants dans les messes traditionnelles est une belle semence d'espoir, car les enfants (bien élevés par leurs parents, et tous les adultes qui les entourent), c'est l'avenir.

( 866555 )
je rejoins totalement par Pueri Dominum (2019-04-29 09:35:28)
[en réponse à 866540]
Sixte dans son intervention.
La première Messe VOM est à près d'une heure de route de chez nous le dimanche à 9h00... Nous n'avons pas d'autres option(s). Comment faire ? Laisser notre petit dernier de 10 mois seul à la maison ? Nous priver de la Messe une fois sur deux avec mon épouse pour garder notre bébé ?
Par ailleurs, je pense que plus les enfants prennent tôt l'habitude d'aller à la Messe; plus cela leur devient naturel... C'est en tout cas ce que j'ai constaté avec ma famille.
Il est certes compliqué de garder les enfants totalement calmes pendant toutes la durée de la Messe, mais nous faisons toujours en sorte de sortir de l'église quand nous sentons que la gêne est trop importante pour les fidèles et de revenir quand bébé est calmé.
Nous avons par ailleurs dans notre paroisse une famille dont un des enfants (10/12 ans je pense) est atteint d'un trouble (autistique) du comportement qui provoque régulièrement quelques pleurs et hurlements et très honnêtement cela ne perturbe pas le déroulé de la Messe, car tout le monde est maintenant habitué et fait preuve de charité. S'il ne devait y avoir que des enfants sages à la Messe, ce pauvre enfant ne pourrait donc jamais y assister ?
"Et Jésus dit: Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent." (Matthieu 19:14)

( 866665 )
C'est mon avis... par NLC (2019-04-30 12:13:55)
[en réponse à 866540]

( 866556 )
Je suffoque en vous lisant par Manu95 (2019-04-29 09:39:50)
[en réponse à 866524]
Les enfants de moins de 7 ans et les nourrissons peuvent recevoir à la messe des grâces, des bénédictions, des protections.
Je suis entièrement d'accord avec Sixte qui parle des bonnes habitudes à prendre dès le plus jeune âge. Mes enfants (5,5 ans et 4 ans) chantent les chants qu'ils ont entendus à la messe, dessinent des messes avec prêtres et fidèles et demandent à faire la prière le soir.

( 866560 )
Grosse responsabilité des parents par Adso (2019-04-29 10:10:17)
[en réponse à 866556]
Je suis parfaitement d’accord avec vous ! Les parents doivent enseigner les bonnes attitudes à leurs enfants, et essayer de les intéresser à ce qui se passe devant. C’est ainsi que nous avons fait avec notre fils et les seules fois où il a été insupportables à la messe c’est parce qu’il ne voyait pas ce qui se passait devant nous. Et de grâce qu’on ne vienne pas me dire qui ne sont pas capables de comprendre un minimum de choses ! Je trouve par ailleurs insupportable les parents qui laissent les enfants vaquer à leurs propres occupations sous prétexte qu’ils ne peuvent rien comprendre vu leur âge et qui refuse de sortir en vous ressortant à tout bout de champ la phrase de Jésus « laisser venir à moi les petits enfants »

( 866559 )
Faire guiliguili à bébé très chrétien et traditionnel (quid, Yves Daoudal ?) par Aétilius (2019-04-29 10:06:51)
[en réponse à 866524]
Cher Philippilus,
Apparemment, cela vous agace, mais que faites-vous du christique "laissez venir à moi les petits enfants", lesquels, encore relativement purs du péché, surtout ceux des adultes, sont plus proches du Royaume des cieux que beaucoup d'entre nous ?
Pour le reste, ayant assisté chez des Syriens, des Grecs et des Russes à de divines liturgies, ancrées dans les premiers siècles chrétiens, et n'ayant quasiment pas bougé depuis 1000 ans, l'orthodoxie ne pouvant plus se mettre d'accord que sur l'existant, encore une fois, durant la procession des offrandes (qui n'est donc pas encore la communion), le diacre pose le calice et le pain non consacrés sur la tête des enfants qu'on lui présentait.
Cela semblait traditionnel, mais peut-être Yves Daoudal, qui semble bien connaître la liturgie byzantine, pourrait nous éclairer là-dessus.
Si c'est une innovation moderne, inspirée par le sentimentalisme occidental, cela me semblait bien réussi en tout cas...

( 866562 )
Que je sache, par Philippilus (2019-04-29 10:18:09)
[en réponse à 866559]
"Laissez venir à moi les petits enfants", ce n'était pas soir du jeudi saint, ni sur le chemin de la crucifixion, ni au Calvaire. Si l'on s'offusque à juste titre de l'absence des apôtres dans ces moments, je n'ai encore vu personne s'en prendre aux mères de famille de l'époque pour ne pas être venues avec leurs enfants.
Que la Messe ne soit pas une garderie, c'est déjà jugé et décidé par l’Église.
Pour le reste, je vous invite, ainsi que mes contradicteurs indignés à relire attentivement mon message, et objecter si besoin à ce que je dis, et non à ce que je ne dis pas.
Philippilus

( 866567 )
Non, le banc de communion n'est pas le lieu pour ça par Meneau (2019-04-29 10:43:48)
[en réponse à 866559]
Le moment de la communion est réservé à la communion. Sauf cas particulier il n'y a donc pas lieu qu'une personne qui ne reçoit pas la communion s'avance au banc. Sans parler des risques inhérents aux mouvements imprévisbles d'un très jeune enfant : j'attrappe le ciboire ou je fais sauter le plateau de communion... Si certains prêtres bénissent les enfants au banc de communion, ça n'en fait pas un dû.
Certes NSJC a dit "laissez venir à moi les petits enfants", mais il n'en a invité aucun à la dernière Cène le Jeudi Saint.
Et je doute qu'un prêtre refuse de bénir un enfant après la messe par exemple.
Pour le reste, il y a à mon avis un juste milieu à trouver : exclure complètement les enfants n'est pas une bonne chose (ils n'apprennent pas l'assistance à la Messe) et de plus n'est pas toujours possible (il n'y a pas toujours une salle télé chauffée à côté). Mais refuser de sortir quand le gamin fait le cirque ou pleure à perdre haleine au point que le prêtre ne s'entend plus prêcher n'en est pas une non plus. Donc à chacun d'y mettre un peu du sien, les aigris d'accepter qu'il y ait quelques dérapages ponctuels, et les parents qu'ils doivent éduquer leurs enfants. Tout ça c'est du bon sens.
Enfin, deux anecdotes personnelles qui montrent que les enfants sont parfois plus manipulateurs qu'on ne le croit.
- l'une de mes filles avait systématiquement envie de faire pipi au milieu de la messe, ce à quoi nous nous pliions de trop bonne grâce jusqu'à ce qu'un autre paroissien (liseur ici qui se reconnaîtra peut-être) nous fasse gentiment remarquer que ce n'était peut-être pas toujours si urgent que ça et qu'un enfant même à 4 ou 5 ans n'est pas forcément incontinent. Et il avait raison : après refus, ça tenait très bien jusqu'à la fin de la messe. Après deux ou trois Dimanches avec refus, il n'y avait plus de besoin (sauf bien entendu cas particulier, ça peut arriver)
- un enfant, même quand il n'est pas encore en âge de parler, est parfaitement capable de caprices. Nous avions eu une période où c'étaient cris et pleurs à tue-tête à chaque messe, alors que l'enfant était bien nourri, bien langé et a priori pas malade, nous obligeant à sortir régulièrement de la chapelle. Jusqu'au moment où nous avons eu l'idée de laisser l'enfant pleurer dans une salle attenante, en surveillant sans se faire voir de temps en temps. Après 2 ou 3 séances de pleurs tout seul dans une salle vide, c'était fini, le bébé était sage comme une image pendant toute les messes (bon, là aussi il y a toujours des exceptions, surtout chez les enfants en bas âge).
Cordialement
Meneau

( 866590 )
Puisqu'on m'interpelle... par Yves Daoudal (2019-04-29 15:32:18)
[en réponse à 866559]
je réponds.
Surtout parce que c'est la première occasion pour moi de dire que j'ai découvert cette pratique avec stupéfaction en revenant à la messe latine après trois décennies de liturgie byzantine. Franchement je trouve cela tout simplement absurde ces enfants qui vont à la communion... pour ne pas communier.
Je n'ai donc jamais vu rien qui ressemble à cela dans la liturgie byzantine. C'est d'ailleurs tout bonnement impossible dans les Eglises qui respectent la tradition : les sacrements de l'illumination sont donnés tous les trois en même temps, donc tout bébé baptisé a fait sa première communion.

( 866611 )
Sérieusement ??? par Jacques (2019-04-29 18:11:37)
[en réponse à 866524]
Cher ami je ne sais pas si vous avez des enfants, mais si tel est le cas je les plains beaucoup!
Ne pas emmener ses enfants à la messe, c'est les priver des grâces qui ne manqueront pas de rejaillir sur eux à cette occasion, c'est se priver de l'occasion de rendre cela naturel chez eux, c'est les priver de la belle pédagogie de l’Église (en particulier dans la messe de toujours), laquelle est accessible même pour des petits de moins de 7 ans (évidemment à leur niveau).
Nous avons la chance d'avoir une chapelle desservie par 3 chanoines de l'ICRSP, près d'une grande ville, laquelle est en même temps attachée à une école, gérée par ces mêmes chanoines. Ils ont pris l'habitude d'accepter au service de l'Autel les petits à compter de la petite section de maternelle. Notre petit dernier de 4 ans sert donc la messe depuis quelques mois, depuis en fait que nous sommes arrivés dans cette ville et cette école. Et bien il ne manquerait pas un dimanche pour un empire et est très fier de revêtir sa soutanelle le dimanche. Il est d'une nature assez turbulente et bien depuis qu'il est dans le chœur il se tient très bien.
Alors évidemment les parents doivent veiller à ce que leur progéniture n'importune pas toute l'assemblée, mais il me semble que non seulement il suffit parfois de gentiment le leur dire, mais encore que l'on peut aussi avoir une certaine marge de tolérance.
Et à suivre votre raisonnement on commencerait à amener les enfants juste avant leur première communion?? comment leur donner l'envie de recevoir le Bon Dieu si l'on s'est contenté de le leur montrer dans la Miche de Pain?? Pensez-vous que certains grands saints auraient obtenu une dérogation pour faire leur première communion à 5 ans si leurs parents avaient choisit de ne pas les conduire à la messe?
Alors oui certains parents manquent de délicatesse en laissant brailler leur chérubins, mais mon expérience maintenant un peu élargie sur trois paroisses tradis dans trois villes différentes (diocèse, FSSP et ICRSP) me fait dire que les enfants y ont leur place

( 866618 )
Très sérieusement, je vais donc développer par Philippilus (2019-04-29 19:30:15)
[en réponse à 866611]
Tout d'abord, le sujet est tranché par l’Église: pas d'obligation d'assistance à la messe avant l'âge de raison. C'est défini, et clair, non ? La pression émotionnelle et affective pour que Bébé aille absolument à la messe, est soit du sentimentalisme à rejeter. Laurence Pernoud ne fait partie ni des pères, ni des mère de l’Église.
J'ai osé dire ensuite que la messe n'était pas une garderie. Cela vous gêne? J'ai dit aussi qu'il ne fallait pas amener à la messe les enfants qui dérangent les autres paroissiens. Ais-je dit qu'il ne fallait jamais amener d'enfants à la messe?
Si vous plaignez mes enfants, je plains sincèrement vos prêtres et autres paroissiens, obligés de subir ce que vous leur imposez avec des enfants qui se tiennent mal, puisque c'est ce que vous sous-entendez.
Au cas ou, j'ai eu six enfants rapprochés, dont quatre encore mineurs et tous pratiquants et ravis d'aller à la messe. Pendant leurs plus jeunes années, j'ai fait mon possible pour ne pas les amener régulièrement, pour les laisser au maximum dans des garderies, pour ne pas les imposer aux autres, pour alterner les messes avec ma femme en restant garder les petits. Je garde de très bon souvenirs de ces moments du dimanche ou j'étais seul avec eux. L'assistance régulière vient ensuite progressivement en fonction de l'âge de l'enfant.
Pardon, mais quand on a quatre enfant en dessous de l'âge de raison, c'est tout bonnement ingérable -je sais de quoi je parle- : On ne peut pas en sortir un sans déranger la moitié de l’Église, surtout si on est au premier rang, et puis si on sort les autres petits crient ou s'agitent parce que Papa (ou maman) s'en va. Ils savent aussi très bien comment s'y prendre quand ils ont envie de sortir. Pour les parents, au lieu d'assister à la messe, c'est un exercice permanent pour occuper ou essayer d'empêcher de crier lesdits enfants, gérer les toilettes, etc, .... Dans certains cas, il vaut mieux certains dimanche rester chez soi, et l’Église le permet, même si les quelques rappels en chaire sur ce sujet déclenchent des indignations, faute d'une formation suffisante des parents.
Pour vous donner un exemple, là ou j'assiste à la messe, le fond de la chapelle (petite) est transformée en garderie, les enfnats jouent entre eux, on n'y entend même pas le sermon: Tous ces parents indélicats, privent donc en grande partie les autres de leur précepte dominical.
Qu'il y ait des cas ou ne puisse pas faire autrement, bien sûr; mais ne transformez pas une tolérance en exigence: La messe, c'est le Calvaire, pas un goûter d'enfants du mercredi.
Et puis, sachez qu'une assistance irrégulière mais progressive augmente l'intérêt de l'enfant pour la cérémonie, et donc qu'il y sera d'autant plus sage.
Si toutefois votre enfant de quatre ans se tient bien, il a toute sa place, mais je serais intéressé d'avoir l'avis du cérémoniaire sur le sujet, puisque c'est en final lui quoi doit gérer, et accessoirement, s'occuper du service de l'autel quand son rôle de baby-sitter le lui permet.
Philippilus

( 867093 )
Parmi d'autres exemples par Leopardi (2019-05-07 01:57:27)
[en réponse à 866611]
La maman de St Dominique Savio n'a commencé à l'amener à la Messe qu'à l'âge de 5 ans. Ça ne l'a pas empêché de devenir saint.
Comme quoi c'était courant autrefois.

( 866624 )
Une solution alternative par Rothomagus (2019-04-29 21:05:14)
[en réponse à 866524]
Le Suisse dans l'église ! Le costume et surtout la hallebarde impressionnent les plus jeunes.
Mais c'est pareil j'ai l'impression qu'il y en a de moins en moins. Alors que... il n'y a juste qu'à le faire ce n'est pas compliqué. Mais nos curés n'ont plus le sens de l'organisation.
Quoique j'ai vu l'année dernière un garde en costume tout neuf dans le journal qui relatait je ne sais quelle procession.
Là quand il s'approche, les enfants ne mouftent pas ! Sa seule présence suffit à discipliner tout le monde.

( 867268 )
En 2006, j'avais écrit... par Paterculus (2019-05-08 23:23:05)
[en réponse à 866520]
... le petit texte suivant.
L’usage de bénir les enfants au moment de la communion s’est répandu à peu près dans toute la France. Cette expansion, notons-le, n’est pas en soi un gage d’authenticité catholique. Notre pays en effet est en très net décalage par rapport à l’esprit de la liturgie tel qu’il est défini à Rome par les autorités compétentes. Par exemple, des maux sévissent, comme les absolutions collectives, ou la prédication de pasteurs protestants pendant la messe. Et dans combien de diocèses a-t-on entendu parler de la suggestion de Jean-Paul II dans « Mane nobiscum, Domine » au § 17, de faire étudier les normes générales du missel romain par les équipes liturgiques des paroisses ?
L’expansion d’une habitude liturgique en France n’est donc pas un gage d’orthodoxie ni d’orthopraxie, au contraire. Il est même possible que l’usage en question relève de l’interdiction faite par « Redemptionis Sacramentum » (§ 11) reprenant « Ecclesia de Eucharistia » : « Le mystère de l’Eucharistie est trop grand ‘pour que quelqu’un puisse se permettre de le traiter à sa guise en ne respectant ni son caractère sacré ni sa dimension universelle.’ » Introduire un usage par initiative personnelle brise l’unité du rite romain.
En effet, Redemptionis Sacramentum au § 96 réprouve l’usage suivant : distribuer pendant ou avant la célébration de la sainte messe des hosties non consacrées ou d’autres choses comestibles ou non, à l’instar de la communion. La bénédiction dont nous parlons relève peut-être de cette réprobation.
Un autre élément montre qu’il faut avoir la plus grande prudence vis à vis de cette bénédiction. C’est que le ministre de la distribution de l’Eucharistie la donne en faisant une croix sur le front de l’enfant avec le pouce. Or ceux qui ont eu à exercer cette fonction savent par expérience qu’on a toujours de la poudre d’hostie sensible sur les doigts. Il y a donc là un très grand risque de profanation. L’Eglise y est extrêmement attentive, comme en témoigne encore « Redemptionis Sacramentum » (§ 93) qui prescrit l’utilisation du plateau de communion.
On signale encore que des parents s’interrogent sur le droit qu’ont les laïcs distribuant la communion de bénir les enfants.
On voit donc que la prudence est de mise quant à l’adoption de cet usage de bénir les enfants pendant la communion. On devrait le suspendre tant que Rome ne l’aura pas explicitement approuvé. Il m’arrive de ne pouvoir pas refuser la bénédiction quand des parents me placent leur enfant devant le visage. Je le fais mais avec l’extérieur de l’angle formé par l’index replié sur le pouce. Une autre solution, adoptée par certains confrères, est de faire le geste de la bénédiction à l’aide du ciboire.
Le souhait des parents relève d’une intention droite, même si elle s’exprime peut-être mal. Ils veulent que leurs enfants soient auprès du Christ. Ils rejoignent en cela les parents juifs qui voulaient que Jésus touchât leurs enfants, et Jésus leur a donné raison. La solution que je préconise est la suivante : réserver aux parents la possibilité de faire bénir leur enfant par le prêtre après la messe. Ainsi on a la possibilité de leur dire un mot qui les met en attente de leur première communion.
Abbé Bernard Pellabeuf.
Votre dévoué Paterculus