Le Forum Catholique
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( 866238 )
colloque à Strasbourg sur le fumeux et fameux cléricalisme par JVJ (2019-04-25 10:04:20)
annoncé sur le site en ligne de la fausse croix...
Passage truculent :
"Nous réfléchirons aussi sur la liturgie (avec Michel Steinmetz du diocèse de Strasbourg) comme lieu à la fois de manifestation et de correction du cléricalisme (...) le concept de clerc est plus large que celui de prêtre".
Et le concept de la bêtise est plus petit que votre entretien.
Ces gens sont immondes. "Clerc" n'est pas un "concept", mais l'appartenance à un ordre, il faudrait le dire à ces intellos du dimanche. Il faudrait aussi leur dire que le concile a supprimé des degrés dans l'ordre, et que leur rêve de clerc marié, en dehors des diacres, appartient à d'autres temps...
Ils ne veulent plus de prêtres catholiques et se sentent soutenus en très haut lieu. Si Mgr Ravel pouvait les remettre d'aplomb... On dirait des catholiques des années 70 ou des protestants des années 1530.
Quand Benoît XVI nous dit que la crise de la Foi vient de la messe massacrée et détournée...
Ces bonnes gens feraient-ils une critique acerbe de Vatican II qui a produit la liturgie que nous voyons depuis soixante ans ? Ah ben mince alors ! S'ils trouvent que le prêtre est sur-sacralisé par la messe actuelle, eh ben... Ils sont capables de nous dire que le choeur est une chose odieuse, qu'il faut mettre l'autel dans une fosse...
Ils invitent qui ils veulent, mais un programme s'oriente très facilement... Je n'ai aucune raison d'incriminer ceux que je ne connais pas, dont cet abbé Steinmetz qui m'a l'air fort sérieux ou une Nicole Lemaitre (sans circonflexe !), Professeur des Universités émérite qui connaît très bien l'Eglise des XVe-XVIe siècles (et qui est catholique). En raison du caractère éclaté du programme, cela va tomber dans des banalités pour servir une thèse très contemporaine. Je connais des universitaires en activité qui se seraient fait une joie de calmer tout ce beau monde et de les renvoyer à leurs études, mais je ne crois pas qu'ils auraient voulu se compromettre avec la fausse croix et une Université d'Etat catholique...
Mgr Minnerath aurait pu aussi les crosser un bon coup. Luc Perrin n'est pas invité non plus, or il est de la puissance locale...
Les maniaques du bordel organisé n'ont rien trouvé mieux, après le Pape, de trouver le mot magique "cléricalisme" !
L. Perrin a bien écrit ce qu'il fallait en penser.
Je crois que la dame de la fausse croix Isabelle de G. est aussi de la sauterie. On précisera qu'elle n'est pas universitaire ni docteur en quoi que ce soit.
Qu'ils se méfient de l'effet boomerang, car je vais me mettre à couper les gestes et les paroles des prêtres qui font n'importe quoi à la messe, ou tel "chantre", comme à la messe de Pâques de cette année dans ma paroisse, qui, tout étant habillé de rouge sans cravate, nous a imposés des chants lamentables, pas un poil de latin, chanta tout seul ou presque le Gloire à Dieu, nous a souhaité un bon dimanche... Envie de ficher dehors ce genre de personnes, qui par ailleurs chante très mal et faux, jamais dans la tessiture d'un homme qui a mué, qui sourit sauce Jésus-reviens du fameux film... Il n'y a pas plus cléricaux que ces laïcs qui ont leur petit pouvoir et qui entendent bien le conserver. Mon curé en soutane était parfait à la messe comme à son habitude et avait bien du mérite. Grâce à trois baptêmes, il a pu nous faire chanter deux mots de latin. Il m'avait dit, avant la messe, que celle-ci allait être "folklo" : il parlait des baptêmes et des familles... Je n'ai pas eu le temps de lui dire qu'ayant déjà vu qui allait faire le sémaphore au micro, le folklore était déjà affiché, et j'en demandais pardon à mes enfants par avance in pectore. Les familles du baptême se sont d'ailleurs plutôt bien comportées et les parleurs des premiers rangs habituels étaient inaudibles pour une fois.

( 866272 )
première journée intéressante par Luc Perrin (2019-04-25 20:03:20)
[en réponse à 866238]
Je ne suis pas contributeur, je ne peux pas être partout et ne le souhaite pas, mais je suis venu m'instruire. Ce sont des journées interdisciplinaires et canonistes, théologiens en systématique, éthicienne, exégètes, historien-nes pour Antiquité-Moyen Âge-époque moderne ... c'est un beau panel, il faut en convenir.
Belle intervention, courte, structurée, courageuse de Mgr Ravel qui a cité les Notes de Benoît XVI récentes. Du discours convenu aussi bien sûr mais Mme Thiel a osé dire une demi-évidence en l'atténuant bien sûr que le pape régnant pourrait être une exacte illustration de ce "cléricalisme" nouveau modèle qu'il prétend combattre jusqu'à sa lettre aux catholiques chiliens de mai 2018 où, dit-elle, il aurait pris conscience du problème. Un chemin de Damas à Santiago du Chili ? Sauf que un mois après démarrait l'été de la Honte avec McCarrick - dont personne n'a encore prononcé le nom sauf moi dans les pauses !
Monsieur de Reims, programmé avant sa récente élection à la CEF, a fait un exposé ciselé, astucieux, bien mené mais plaçant les "pasteurs mercenaires" (citation) sous le tapis de la bergerie ecclésiale en terminant, en réponse à une question, par un plaidoyer pour l'unité épiscopale, sacerdotale et ecclésiale. Sauf que McCarrick était aussi "unitaire", "modéré", bien dans la norme épiscopale américaine : moins original tu meurs. En somme l'évêque "idéal" ... mais le monstre justement qu'on cherche à éviter. Mgr l'archevêque devra trouver mieux, à mon humble avis, si on veut rétablir un peu de crédibilité dans l'épiscopat.
On a beaucoup ciblé les prêtres d'ailleurs et pratiquement pas les ... évêques qui sont pourtant LE problème à ce stade : la défaillance des évêques est un moteur puissant dans la décadence actuelle. La fidélité des évêques, à l'inverse, caractérise toujours les phases de dynamisme de l'Église.
Passionnant exposé de mon éminent collègue patrologue Michele Cutino sur l'idée sacerdotale telle que saint Ambroise de Milan la développe.
Il y avait déjà au IVe siècle les mêmes qu'aujourd'hui pour prôner l'égalité absolue des baptisé-es, l'élection d'hommes mariés et si possibles riches comme évêques etc. Et oui les viri probati de Rigal déjà au IVe : comme quoi les mêmes erreurs reviennent en boucle. Chose aussi remarquable, l'exaltation du sacerdoce est un mouvement au IIIe-IVe siècle qui accompagne les liens qui se tissent de plus en plus entre l'empire romain finissant et le christianisme. Plus la singularité des premières communautés diminuent, plus l'accent sur le prêtre et l'évêque est mis.
Moralité : dans un contexte de sécularisation brutale comme le nôtre, il vaut donc mieux suivre Saint Ambroise de Milan que Sr Margron.
Evidemment ni le P. Borras venu de Belgique ni Mme Thiel ne seront de cet avis.
Les interventions seront mises en ligne sur la chaîne de KTO en streaming je suppose.

( 866283 )
Merci beaucoup, continuez par JVJ (2019-04-25 22:04:38)
[en réponse à 866272]
de rendre compte !
Mgr Ravel sauve l'honneur, cela ne m'étonne pas. Il fut ordonné évêque (sacré ?) à Notre-Dame de Paris n'est-ce pas.
Le président de la conférence épiscopale de France se doit d'être consensuel, sous des abords austères, et puis il est un évêque titulaire tout jeune qui n'ose peut-être pas jouer du billard à trois bandes à l'endroit de têtes plus chenues. Entre lui et un cardinal Decourtray, il y a une marge et c'est normal. En revanche, que de temps perdu depuis le cardinal à cette présidence...
Et à Reims, Mgr hérite d'un diocèse qui n'a plus que son passé pour pleurer... Reims, ce n'est plus rien. Rien, plus les Ardennes, cela fait toujours rien. Et ce n'est pas en absorbant un jour Châlons que le verre sera à moitié plein...
Tant mieux si vous arrivez à tenir moralement et si le ver n'est pas totalement dans le fruit. Seulement, la cinquième colonne existe bel et bien, jusque dans le collège cardinalice et naturellement dans l'épiscopat. Je ne vois pas pourquoi la corruption de certains individus aurait disparu avec le XXe siècle.
A votre sauterie, il manque Danièle Hervieu-Léger, Jean-Pierre Sueur, Christiane Taubira, le Père Dagens et un avocat socialiste no borders qui paie l'ISF.
J'aimerais voir aussi la tête du public dans la salle.
Je crois qu'il se trouve un prêtre de la FSSPX à Strasbourg qui est deux fois docteur, historien et théologien. L'ouverture ne fonctionne toujours que dans un sens...
J'attends la video avec mes banderilles.

( 866291 )
Hum, hum... par Signo (2019-04-25 23:44:46)
[en réponse à 866238]
Ces bonnes gens feraient-ils une critique acerbe de Vatican II qui a produit la liturgie que nous voyons depuis soixante ans ? Ah ben mince alors ! S'ils trouvent que le prêtre est sur-sacralisé par la messe actuelle, eh ben...
Euh... vous pouvez argumenter s'il vous plaît?
Par exemple me citer des passages du Concile qui avalisent d'une manière ou d'une autre "la liturgie que nous voyons depuis soixante ans" dans nos paroisses NOM sinistrées?
Avez-vous seulement déjà lu
Sacrosanctum Concilium?

( 866317 )
en fait une intervenante célèbre auprès de la CEF par Luc Perrin (2019-04-26 12:47:28)
[en réponse à 866291]
s'est plaint hier que les évêques ne font que célébrer la Messe quand ils se rendent sur le terrain au contact des fidèles. Elle n'est pas liturgiste il est vrai et n'a pas médité le passage pourtant fameux de Sacrosanctum concilium au n°10 :
"Toutefois, la liturgie est le sommet vers lequel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu. Car les labeurs apostoliques visent à ce que tous, devenus enfants de Dieu par la foi et le baptême, se rassemblent, louent Dieu au milieu de l’Église, participent au sacrifice et mangent la Cène du Seigneur.
En retour, la liturgie elle-même pousse les fidèles rassasiés des « mystères de la Pâque » à n’avoir plus « qu’un seul cœur dans la piété [26] » ; elle prie pour « qu’ils gardent dans leur vie ce qu’ils ont saisi par la foi [27] » ; et le renouvellement dans l’Eucharistie de l’alliance du Seigneur avec les hommes attire et enflamme les fidèles à la charité pressante du Christ. C’est donc de la liturgie, et principalement de l’Eucharistie, comme d’une source, que la grâce découle en nous et qu’on obtient avec le maximum d’efficacité cette sanctification des hommes, et cette glorification de Dieu dans le Christ, que recherchent, comme leur fin, toutes les autres œuvres de l’Église."
Evidemment ce passage de Vatican II, et bien d'autres, est à mille années lumière de la vision fonctionnaliste adoptée par certain-es.
Quand Mgr Doré venait célébrer en Forme extraordinaire, il avait un échange et une rencontre avec une partie des membres de la communauté. Célébrer la Messe n'est pas exclusif d'une rencontre avant et après.
Je crois que ce qui isole les évêques du peuple, ce n'est pas la liturgie mais la camarilla de laïcs-ques encarté-es qui font écran à un contact plus en profondeur. Ils et surtout elles sont certes nécessaires mais la difficulté pour l'évêque, s'il veut sortir de cette bulle au langage convenu décalque de La Croix, de Duquoc op, de Rigal etc.
La belle formule : certains chérissent les causes des maux qu'ils dénoncent, a été citée. Elle est ô combien vraie pour la théologie et l'ecclésiologie néo-modernistes.

( 866321 )
Je regrette par Yves Daoudal (2019-04-26 13:09:21)
[en réponse à 866317]
d'avoir à vous dire que je ne lirai plus vos interventions, bien qu'elles soient souvent intéressantes. A cause de votre utilisation désormais systématique du soi-disant langage "inclusif", qui est une insulte à la langue française.
S'il faut
se réfugier en Hongrie je le fais volontiers:
En reconnaissance et remerciement de son engagement en faveur de la langue française et du renforcement des relations franco-hongroises, Mme Katalin Novák, Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et à la Famille, a été décorée le 28 janvier en la Résidence de France, de l’insigne de Chevalier de la Légion d’honneur par le Général d’armée Benoît Puga, Grand Chancelier de Légion d’honneur, venu spécialement pour l’occasion à l’invitation de l’Ambassadeur de France, Madame Pascale Andréani.
Et comme tous les sectateurs de cette infamie, vous ne savez pas vous en servir. Dans votre novlangue on n'écrit pas
laïcs-ques encarté-es
mais
laïc·que·s encarté·e·s.

( 866324 )
Je pensais exactement la même chose, mais... par Sursum corda (2019-04-26 13:23:47)
[en réponse à 866321]
Je n'osais pas en parler... Il fallait, pour cela, quelqu'un de plus important que moi, et... voilà, ça y est ! Merci, cher Yves Daoudal !
SC

( 866340 )
C'est quoi ce complexe ? par Yves Daoudal (2019-04-26 15:57:13)
[en réponse à 866324]
Je ne suis ni plus important ni plus qualifié que vous.

( 866357 )
J'ai failli m'étouffer... par Sursum corda (2019-04-26 17:49:43)
[en réponse à 866340]
De rire !!!
Votre modestie vous honore, mais si, vous êtes bien plus important et bien plus qualifié que moi, oh là là !
Et j'ajoute qu'en outre, vous êtes aussi plus jeune que moi -et là, vous ne pouvez plus protester !
Et en passant, j'ai un gros faible pour votre blog, sur lequel j'apprends beaucoup (ben oui !).
SC

( 866341 )
J'avais abordé ce point à l'automne par JVJ (2019-04-26 16:15:03)
[en réponse à 866324]
Trouvant dommage qu'un universitaire si peu grégaire se sente obligé d'un seul coup de passer sous les fourches caudines de certaines féministes.
Et l'intéressé m'avait répondu.
Cela dit, je continue de lire Luc Perrin, plus que jamais.
Le jour où il pensera qu'il vaut mieux pour lui lire, prier ou préparer ses cours, ce sera aussi triste que le dernier message de Nemo.
Le "Françaises, Français", même dans la bouche du Général, annonce déjà nos abandons.
"Chers frères et soeurs"...
Et les sans genre, hein ?!
Je connais des conservateurs et des procureurs, femmes, qui ne veulent pas féminiser leur fonction.
En ce moment, je suis un mâle, mais demain, qui sait ?
On parle aussi de droits humains, pour éviter de dire "de l'homme". Voilà comment nos incultes et apatrides nous dressent, par le langage. Orwell et d'autres l'avaient prédit. Et l'Eglise de France ne sera jamais en retard d'une réforme sociétale (sic).

( 866356 )
prier et préparer mes cours et participer à ma tâche de chercheur par Luc Perrin (2019-04-26 17:44:16)
[en réponse à 866341]
soyez assuré que je m'y emploie aussi, pas d'inquiétude sur ce point.
Je me suis astreint à assister à ces journées malgré bien d'autres obligations : la question débattue a, je pense, un écho direct pour les préoccupations des liseurs du Forum.
Maintenant il est sûr que quand la querelle du point virgule vient faire obstacle au débat sur les questions de vie et de mort de l'Église, c'est quelque peu décevant. Ou quand la contribution première tient à noter un t au lieu d'un d ou vice versa, d'un accent oublié ici ou d'un s ajouté par mégarde... qu'on fasse remarquer telle erreur récurrente : oui c'est de bonne pédagogie et merci d'avance.
Mais qu'on y mette aussi quelques grammes de réflexion et de matière grise surtout quand on est au coeur de ce qui afflige l'Église.
J'ai comme vous JVJ beaucoup regretté les posts précis, cinglants parfois et toujours intéressants et cultivés de Nemo. Je le lui avais dit d'ailleurs quand il avait choisi de ne plus suivre le FC.

( 866326 )
Quant à moi par Pierre Marciani (2019-04-26 13:44:01)
[en réponse à 866321]

( 866345 )
LOL et LMAO de la novlangue par Luc Perrin (2019-04-26 16:52:37)
[en réponse à 866321]
personne n'est contraint de me lire cher Monsieur et chacun met "l'infamie" où il veut.
Votre post tient vraiment du célèbre proverbe chinois ... à mon humble avis.

( 866364 )
LMAO ? par XA (2019-04-26 19:31:18)
[en réponse à 866345]
Kezako ???

( 866376 )
= MDR par Sursum corda (2019-04-26 20:54:31)
[en réponse à 866364]
Tout est dans le titre !
SC

( 866381 )
Sûrement mais... par XA (2019-04-26 21:48:07)
[en réponse à 866376]
Pourquoi LMAO ?
XA

( 866383 )
Parce que ... par Cath...o (2019-04-26 22:21:50)
[en réponse à 866381]
"Laughing My Ass Off" …
Je vous laisse le soin de la traduction ...

( 866505 )
c'est en effet l'équivalent - archi banal - de "mdr" en anglais par Luc Perrin (2019-04-28 12:15:59)
[en réponse à 866383]
LOL est le rire et LMAO l'explosion rabelaisienne du rire dans la novlangue anglaise d'internet.
On pense à Pantagruel se tenant les côtes.
merci pour le traducteur et la traductrice.
ps. non que je sois d'humeur à éclater de rire dans un banquet rabelaisien en observant la situation présente de l'Église. Les liseurs le savent mais au cas où il y ait un doute, je précise. bon Dies Domini à tous et toutes.

( 866354 )
la partie finale (pour ceux et celles qui peuvent encore lire en dehors du magyar et de la langue pure de Ronsard et Victor Hugo) par Luc Perrin (2019-04-26 17:30:45)
[en réponse à 866238]
Je n'ai pu suivre que deux interventions ayant aussi bien d'autres obligations professionnelles.
Un canoniste a tenté de fragiliser le canon 207-1 sur la distinction simple mais gênante dans la perspective d'une "synodalité" paritaire, diversifiée et démocratique qui est le projet sous-jacent aux contempteurs des ministres ordonnés et du sacerdoce. La thématique d'une désacralisation, mettre le "sacré" en question et sous suspicion, a été aussi un fil rouge chez plusieurs orateurs. C'est l'écho de la vague de désacralisation/déclergification des années 1965-1980 par de plus jeunes, ayant lu les mauvais livres. Là encore l'idée est de ravaler le ministre ordonné à une fonction de type sociale comme un employé dans une entreprise : on flirte constamment avec le sacerdoce universel protestant. Pour tenter de guérir un mal, on sombre dans un mal plus grand, la dérive protestante et fonctionnaliste.
L'exposé a débuté par un exercice délicat qui revenait à mettre en cause l'institution divine de l'Église afin de la rendre "réformable" ce qui semble être le souverain bien pour l'intervenant : on retrouve notre ami Alfred Loisy à la racine. Conscient qu'il s'appuyait sur un principe loisyste, notre ami a multiplié les circonvolutions et les exercices de voltige oratoire pour ne pas sombrer dans le modernisme avoué. Y-est-il parvenu ? Pas sûr.
Mme de Gaulmyn m'a en partie agréablement surpris : elle est sortie du discours convenu que tient son journal partiellement. Elle seule en 2 jours a noté :
- l'attention s'est focalisée sur "le prêtre" mais comme je l'écrivais hier, le gros maillon faible ce sont les évêques et les papes a-t-elle ajouté, sans langue de buis
- elle a relevé la faillite des procédures internes existantes du droit canonique qui n'est pas utilisé ou mal mis en oeuvre ou insuffisant.
- elle a noté la nécessité d'une plus grande transparence desdites procédures, ce qui implique que d'une manière ou d'une autre des laïcs soient partie prenante à certains stades pour garantir qu'on sorte de l'entre soi criminogène
- elle a osé employé le mot tabou (même dans son journal et plus encore pour le Pape) en H - homosexualité : relevant que tout de même les abus sont à plus de 80% sur des garçons et des adolescents (les jeunes adultes séminaristes n'ont pas été mentionnés) et que cela doit interroger.
Pour le reste, les points qu'elle a soulignés sont convenus : synodalité, oecuménisme, les femmes au pouvoir etc. Air connu.
ps. elle a indiqué, ce que j'ignorais, avoir été personnellement impliquée dans l'affaire Preynat car elle a fréquenté son presbytère et a connu, à l'époque, des garçons qui ont été ses victimes. L'un d'eux lui ayant dit plus tard : "on voyait bien sur votre visage que vous saviez ce qui se passait". Cela donne une gravité nouvelle à ce qu'elle a pu écrire récemment quant à sa tentation de quitter son journal.
Tout de même, preuve que les consignes de silence du pape François ont été bien intégrées, PAS UN INTERVENANT (allez je vais tout taper pour les Magyarophones mais je ne le ferai pas toujours par simple gain de temps), PAS UNE INTERVENANTE, aucun auditeur/aucune auditrice dans la grande salle, n'a prononcé en deux jours le nom infâme - pour le coup l'adjectif est employé à bon escient - de Théodore McCarrick.
Comme quoi la "liberté académique" capitule vite devant les injonctions "chut-chut" ...

( 866358 )
Vous devriez tenir une chronique dans La Croix par JVJ (2019-04-26 17:49:54)
[en réponse à 866354]
Tel le P. Wenger qui rendait compte du concile, Luc Perrin nous écrivait depuis le synode des réformateurs de Strasbourg, cinq siècles après d'autres excités au même endroit...
Merci beaucoup.
Même avec des féminisations systématiques, je vous lirai.
L'ICP va se sentir doublé sur sa gauche et va devoir y aller aussi de son colloque entre amis.
Vous auriez dû pousser la pénitence à inviter Mme de G. à prendre un café pour qu'elle vous interroge dans ses colonnes.
Un journaliste biographe de Jean-Paul II dont le patronyme commence par la lettre "L", m'a dit à Blois en octobre dernier, alors que je lui disais ma honte de voir la dame invitée dans les médias, que celle-ci était moins bête que Caroline P., et même plutôt honnête. BL pense vraiment que la dame connaît son monde et peut se dire catholique.
Dans un de mes messages de la semaine dernière, je redisais que votre journaliste avait pondu un livre sur le prêtre lyonnais qu'elle avait bien connu, sans jamais le dénoncer ! Elle l'a souvent dit, histoire de vendre sa prose. Elle devrait avoir l'honnêteté de dire que personne, dans l'Eglise ou à l'école, n'allait porter plainte ou n'écrivait au Procureur. Même aujourd'hui, je ne crois pas que tous les Français remuent ciel et terre pour signaler un extrémiste ou un parent violent. C'était encore moins le cas il y a cinquante ans...