Traduction d'une partie d'un article publié par
La Croix international:
La fiction derrière l'idée de ''pape émérite''
23/04/2019
par Massimo Faggioli
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Benoît XVI et une brisure avec le passé
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L’office actuel de "pape émérite" a été structuré par Benoît et son entourage dans les semaines qui ont suivi l'annonce de sa démission et le jour où il a démissionné.
Cela n'était pas étranger au rôle de l'archevêque Georg Gänswein, que Benoît a nommé préfet de la maison pontificale en décembre 2012, quelques semaines à peine avant d'annoncer sa démission de la papauté.
C'était pour "protéger" Gänswein lors du prochain pontificat. Mais cela limitait également la liberté du nouveau pape qui serait coincé avec un préfet nouvellement nommé que Benoît voulait clairement qu’il puisse continuer bien au-delà de sa propre démission, le 28 février 2013.
On peut comparer la situation à l’institution baroque mal famée du «neveu cardinal». Avant d'être abolis en 1692, les papes faisaient de leur protégé un cardinal. Le chapeau rouge lui donnait de la stature une fois qu’il serait forcé de quitter la scène et de faire de la place pour le nouveau pape et sa famille.
Une élection papale pouvait apporter un changement de fortune pour un cardinal-neveu, voire provoquer un conflit avec le nouveau pape. Mais cela n’est pas arrivé à Mgr Gänswein après la démission de Benoît XVI.
Une nouvelle situation qui nécessite une nouvelle législation
Le népotisme dans la curie romaine avait certains avantages qui font défaut au népotisme contemporain.
La situation actuelle est plus compliquée. C'est le produit du mélange d'une bureaucratie moderne et d'une cour papale de la Renaissance, reflétant les côtés négatifs des deux systèmes, avec seulement quelques-uns de leurs côtés positifs. Ce n'est pas simplement un problème de structures curiales. C'est aussi un problème théologique.
Ecclésiologiquement, du moins dans l’Église occidentale, le titre de «pape» revient à l’évêque de Rome. Sur le plan institutionnel, la présence d'un "émérite" depuis mars 2013 montre qu'il n'est pas possible de concevoir l'ancien évêque de Rome de la même manière que les anciens évêques d'autres diocèses.
La démission de Benoît XVI a mis fin à de nombreuses fictions dans l’Église catholique. Entre autre, l'institution de la papauté, dans l'Église et dans le monde, qui ressemble à celle d'un évêque diocésain. En toute honnêteté, nous devons évaluer le problème soulevé par la démission de Benoît, notamment en examinant certaines de ses premières décisions alors qu’il envisageait de se retirer.
Premièrement, le poste de "préfet de la maison pontificale" doit être aboli. Ensuite, l'ancien pape devrait s'appeler "Évêque émérite de Rome" et non pas pape émérite. Il devrait également cesser de porter du blanc.
De plus, ses relations avec les médias ne doivent pas être laissées à la discrétion de ses secrétaires personnels, qui peuvent avoir tout intérêt à étendre son influence au-delà de ses limites.
Les médias officiels du Vatican doivent traiter toutes les déclarations et autres communications que l'ancien pape souhaite faire. Et ce n'est qu'un début.
Le prochain 150e anniversaire de Vatican I (1869-1870) est une bonne occasion d'aborder cette question. Il est peut-être trop tard pour le pontificat actuel, mais certainement pas pour l'avenir de la papauté.''
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