Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 866199 )Benoît XVI accusé de népotisme par Massimo Faggioli par Chicoutimi (2019-04-24 14:01:40) 

Traduction d'une partie d'un article publié par La Croix international:

La fiction derrière l'idée de ''pape émérite''

23/04/2019

par Massimo Faggioli

'' (…)

Benoît XVI et une brisure avec le passé

(…)

L’office actuel de "pape émérite" a été structuré par Benoît et son entourage dans les semaines qui ont suivi l'annonce de sa démission et le jour où il a démissionné.

Cela n'était pas étranger au rôle de l'archevêque Georg Gänswein, que Benoît a nommé préfet de la maison pontificale en décembre 2012, quelques semaines à peine avant d'annoncer sa démission de la papauté.

C'était pour "protéger" Gänswein lors du prochain pontificat. Mais cela limitait également la liberté du nouveau pape qui serait coincé avec un préfet nouvellement nommé que Benoît voulait clairement qu’il puisse continuer bien au-delà de sa propre démission, le 28 février 2013.

On peut comparer la situation à l’institution baroque mal famée du «neveu cardinal». Avant d'être abolis en 1692, les papes faisaient de leur protégé un cardinal. Le chapeau rouge lui donnait de la stature une fois qu’il serait forcé de quitter la scène et de faire de la place pour le nouveau pape et sa famille.

Une élection papale pouvait apporter un changement de fortune pour un cardinal-neveu, voire provoquer un conflit avec le nouveau pape. Mais cela n’est pas arrivé à Mgr Gänswein après la démission de Benoît XVI.

Une nouvelle situation qui nécessite une nouvelle législation

Le népotisme dans la curie romaine avait certains avantages qui font défaut au népotisme contemporain.

La situation actuelle est plus compliquée. C'est le produit du mélange d'une bureaucratie moderne et d'une cour papale de la Renaissance, reflétant les côtés négatifs des deux systèmes, avec seulement quelques-uns de leurs côtés positifs. Ce n'est pas simplement un problème de structures curiales. C'est aussi un problème théologique.

Ecclésiologiquement, du moins dans l’Église occidentale, le titre de «pape» revient à l’évêque de Rome. Sur le plan institutionnel, la présence d'un "émérite" depuis mars 2013 montre qu'il n'est pas possible de concevoir l'ancien évêque de Rome de la même manière que les anciens évêques d'autres diocèses.

La démission de Benoît XVI a mis fin à de nombreuses fictions dans l’Église catholique. Entre autre, l'institution de la papauté, dans l'Église et dans le monde, qui ressemble à celle d'un évêque diocésain. En toute honnêteté, nous devons évaluer le problème soulevé par la démission de Benoît, notamment en examinant certaines de ses premières décisions alors qu’il envisageait de se retirer.

Premièrement, le poste de "préfet de la maison pontificale" doit être aboli. Ensuite, l'ancien pape devrait s'appeler "Évêque émérite de Rome" et non pas pape émérite. Il devrait également cesser de porter du blanc.

De plus, ses relations avec les médias ne doivent pas être laissées à la discrétion de ses secrétaires personnels, qui peuvent avoir tout intérêt à étendre son influence au-delà de ses limites.

Les médias officiels du Vatican doivent traiter toutes les déclarations et autres communications que l'ancien pape souhaite faire. Et ce n'est qu'un début.

Le prochain 150e anniversaire de Vatican I (1869-1870) est une bonne occasion d'aborder cette question. Il est peut-être trop tard pour le pontificat actuel, mais certainement pas pour l'avenir de la papauté.''

Source
images/icones/fleche2.gif  ( 866200 )les modernistes ne comprennent rien à rien par jejomau (2019-04-24 14:33:43) 
[en réponse à 866199]


Premièrement, le poste de "préfet de la maison pontificale" doit être aboli. Ensuite, l'ancien pape devrait s'appeler "Évêque émérite de Rome" et non pas pape émérite. Il devrait également cesser de porter du blanc.

De plus, ses relations avec les médias ne doivent pas être laissées à la discrétion de ses secrétaires personnels, qui peuvent avoir tout intérêt à étendre son influence au-delà de ses limites.


Ce n'est pas parce qu'ils auront supprimé le titre de "pape" émérite, enlevé la couleur blanche de la soutane, restreint les libertés personnelles, ou fait quelque autre mesquinerie qu'ils empêcheront les fidèles du monde entier de continuer à considérer avec un immense respect celui qui s'est comporté envers eux comme un… Vrai pape quand il était en fonctions.

C'est bien parce que leur François n'apparait que comme un pâle reflet de ce que devrait être un pontife soucieux de toute l'Eglise catholique, plus soucieux de défendre des intérêts particuliers que ceux de l'Eglise Universelle que le peu de choses exprimées par Benoît XVI est immédiatement ressenti par le peuple des fidèles tout entier comme ce qu'aurait dû dire un Souverain Pontife.

Mais là, ils ne comprendront jamais rien à rien à tout ça…
images/icones/4b.gif  ( 866203 )le calamiteux M. Faggioli n'ose pas aller au bout par Luc Perrin (2019-04-24 15:18:59) 
[en réponse à 866200]

son modèle (sic), c'est Boniface VIII qui fit emprisonner Célestin V pour être débarrassé de son encombrant saint prédécesseur.

Voici ce que dit la notice Wikipedia :

" Le 24 décembre, le cardinal Caetani est élu pape sous le nom de Boniface VIII et fait placer l'ancien pontife sous surveillance au motif qu'il pourrait être enlevé par ceux qui contestent la licéité de la renonciation. Célestin V s'enfuit à Sant'Onofrio, puis à San Giovanni in Piano, avant de tenter de partir pour la Grèce. Il est arrêté en chemin et transféré à Anagni, puis au château de Fumone dans le sud du Latium sur l'ordre de Boniface VIII. L'ancien pape y meurt de mort naturelle le 19 mai 1296, à l'âge de 86 ans".

Autrement le seul point valable dans l'article de Faggioli est celui qui conteste le titre : "pape émérite" est une innovation ratzinguérienne aussi dangereuse que biscornue. Le titre d'évêque émérite de Rome est le bon.

On voit bien la fureur des bergoglianistes radicaux à l'idée que l'évêque émérite de Rome puisse remuer encore un doigt. Sans être interné comme saint Célestin V, Benoît XVI en résidant au Vatican est tout de même sous résidence très surveillée et je note qu'il n'a pratiquement guère voyagé depuis 2013.

Enfin rappelons que Faggioli fut l'un des premiers à tenter - pitoyablement - de discréditer le rapport Vigano en 2018, rapport dont les mois qui suivent ont attesté de la véracité. On pourrait envoyer au Dr Faggioli une copie de la conférence de McCarrick de 2013, dans sa propre université !, et un exemplaire du F. Martel.
images/icones/neutre.gif  ( 866207 )Plusieurs choses par Tibère (2019-04-24 16:00:59) 
[en réponse à 866203]

Pour Boniface VIII, comme vous le savez, le risque de schisme était grand, et ce d'autant que les Colonna, après avoir voté pour Caetani, commençaient à regimber. Par ailleurs, pour saint qu'il fût incontestablement, Célestin V (je rappelle qu'il a été baptisé sous son nom religieux et pas sous son nom de pape) a été un pape calamiteux, jouet de son entourage, et incapable de gouverner. La seule chose qu'on lui doit est le rétablissement de la constitution de Grégoire X sur les modalités de l'élection pontificale.


Sur le pape émérite, je vous rejoins. Ce statut est bancal. Le Cardinal Brandmüller avait montré sa nocivité en même temps qu'il regrettait la renonciation de Benoît XVI.

Je me demande tout de même si la meilleure solution canonique n'est pas le retour à la charge de cardinal.

Ce qui est sûr ce que la confusion règne avec ce statut de pape émérite : la soutane blanche, le titre "Sainteté".
images/icones/bravo.gif  ( 866208 )totalement d'accord sur le pape émérite par JVJ (2019-04-24 16:44:48) 
[en réponse à 866207]

Tibère est un sage.

On verra si François sort une constitution à la mort de son prédécesseur pour recadrer les choses, dans son sens...

Il est étrange qu'un Ratzinger, si érudit et si précis sur tant de choses, a voulu garder la soutane, la calotte blanche... et même rester au Saint-Siège. Le cardinal Brandmuller, historien pur et dur, était pourtant très proche du pape, à qui il doit le cardinalat dans une fonction qui n'appelait à cela.
Je crains, et je l'ai déjà écrit, que le bien-aimé Benoît XVI n'ait pas renoncé uniquement pour ce qu'il a dit. Ce qui m'afflige à chaque fois que j'y pense. Il était un peu tout seul, au milieu des loups, des traitres, d'un Secrétaire d'Etat plus que douteux.

Il y a un malaise certain à voir deux papes en blanc se serrer la main, et pourquoi pas trois demain, si François Ier voulait renoncer.

Ensuite, les faits sont là et il faut faire avec. On ne peut pas taxer Benoît XVI d'agir avec légèreté.

Jean XXIII, après avoir été déposé par un concile, a négocié sa sortie et a retrouvé un titre cardinalice. Son épitaphe indique qu'il a été Jean XXIII.

Ce que l'on sait du premier millénaire des papes est souvent obscur, et il n'est pas certain que tout soit bien clair-clair. Lin n'a certainement pas existé, celui du Canon... Les chronologies de bien des papes reposent sur peu de choses.

Mon fils s'appelle Benoît, pour Benoît XVI, et porte Lin dans ses prénoms. Je dis cela pour ne pas subir un procès en crime de lèse-Benoît XVI...

Un Jean Raspail pourrait écrire l'Anneau du pêcheur le Retour : un pape jésuite tient emprisonné le seul pape légitime... Ce ne serait qu'un roman...
Pape jésuite, il fallait tout de même oser. J'aurais préféré un pape chartreux, tant qu'à faire. Et jésuite sauce second XXe siècle, pas sauce XVIIe siècle.

Qu'on ne me dise pas que la Providence a veillé : qu'on laisse le St-Esprit là où il doit être... Les cardinaux négocient, discutent, comptent les voix, tractent, font du billard à trois bandes depuis toujours, comme lorsque les chanoines élisaient les évêques.
images/icones/neutre.gif  ( 866211 )Totalement d'accord... par Eudoxie (2019-04-24 17:02:39) 
[en réponse à 866208]

avec votre analyse. Mon frère aussi s'appelle Benoît à cause de Benoît XVI. C'est sûr que cette situation est délicate. Mais voyez-vous, je me dis qu'au moins, en soutane blanche, Benoît XVI veille au grain. Il ne se laissera pas faire. Et il sera notre phare pour encore quelques années. Remercions Dieu qu'il soit toujours aussi lucide. D'ailleurs, plus il vieillit, plus il l'est! Dieu merci, il demeure parmi nous.

Eudoxie
images/icones/1d.gif  ( 866209 )Faggioli, ou le Christophe Barbier du Vatican par Regnum Galliae (2019-04-24 16:45:35) 
[en réponse à 866199]

Dans les deux cas, nous avons un journaliste à la botte du pouvoir, qui explique de manière péremptoire la manière dont le monde doit tourner et s'érige ainsi en donneur de leçons, tel un roquet qui irait direct à la niche s'il n'était protégé par ceux dont il est le laquais.

Un détail : fagiolo (pluriel fagioli) signifie haricot, donc fayot. Une référence qui ne dira rien à nos amis italiens si vous voulez parler d'un leccapiedi (littéralement lèche-pieds), mais pour un Français, c'est assez bien trouvé !
images/icones/info2.gif  ( 866216 )amusant et bien vu mais le Dr Faggioli par Luc Perrin (2019-04-24 18:57:55) 
[en réponse à 866209]

est titulaire d'un doctorat en histoire religieuse et il est professeur de théologie et sciences religieuses à l'Université Villanova (celle qui honorait McCarrick !). Il est un tenant des plus radicaux de l'École de Bologne.
Ses activités "journalistiques" sont annexes : Commonweal est une revue néo-moderniste extrême.

Voici son CV sur le site de Villanova :

"Massimo Faggioli is full professor the department of theology and religious studies at Villanova University (Philadelphia) and contributing writer to Commonweal magazine.
He received his PhD in Religious History from the University of Turin in 2002. He has carried our scientific research at the “Foundation for Religious Sciences Giovanni XXIII” of Bologna from 1996 to 2008 and has arrived at St. Thomas in September 2009.
His books and articles have been published in eight languages. His recent publications include: “Vatican II: The Battle for Meaning” (Paulist, 2012); “True Reform: Liturgy and Ecclesiology in Sacrosanctum concilium” (Liturgical, 2012); "Sorting Out Catholicism. A Brief History of the New Ecclesial Movements" (Liturgical, 2014); "Pope Francis: Tradition in Transition" (Paulist, 2015); "A Council for the Global Church. Receiving Vatican II in History" (Fortress, 2015); "The Rising Laity. Ecclesial Movements since Vatican II" (Paulist, 2016)."

C. Barbier est un docteur en écharpe rouge et en flagorneries envers les Puissants : ce sont là ses principaux "titres". A côté il a une maîtrise d'histoire et un diplôme de l'Ecole supérieure de Commerce de Paris.

images/icones/5b.gif  ( 866226 )Presque d'accord avec M. Faggioli par Rothomagus (2019-04-24 22:27:33) 
[en réponse à 866199]

Il souligne toute la difficulté de traiter le "Pape émérite" comme n'importe quel autre évêque émérite, et propose de dissocier les qualités de pape et d'évêque en matière d'éméritat.

Mais plutôt que de chercher midi à quatorze heures, la solution n'est-elle pas déjà toute trouvée ?
S'il ne peut y avoir de pape émérite comme il le souhaite : le pape ne peut donc renoncer à son ministère.
S'il ne pouvait démissionner : il est donc toujours Pape en exercice.
S'il est toujours en exercice : François Ier est un Pape certes élu, mais en latence.
Le Ciel nous donnerait presque raison si l'on en juge par la foudre qui est tombée sur Saint Pierre de Rome la nuit de la démission du Pape, comme si cela ne se pouvait.

Avec des raisonnements à la Faggioli, Benoît XVI pourrait finalement retrouver son trône. Mais il n'est pas sûr que ce soit l'idée première de M. Faggioli, que l'on peut néanmoins remercier de nous souffler de si bonnes idées !