Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=865238
images/icones/mitre4.png  ( 865238 )Benoît XVI fait une sortie contre les abus sexuels... par Chicoutimi (2019-04-11 06:44:29) 

et accuse la libération des mœurs des années 60 avec vigueur.

Le texte du pape émérite est très long, et a été traduit en anglais par Life Site News. En espérant qu'il y ait éventuellement une traduction française de ce texte, voici quelques passages en français de cette lettre de Benoît XVI:


'' (…)

Parmi les libertés que la révolution de 1968 cherchait à défendre, il y avait cette liberté sexuelle totale, liberté qui ne concédait plus aucune norme.

L'effondrement mental était également lié à une propension à la violence. C’est la raison pour laquelle les films sexuels ne sont plus autorisés dans les avions parce que la violence éclaterait au sein de la petite communauté de passagers. Et comme les vêtements de cette époque provoquaient également l'agressivité, les directeurs d'école ont également tenté d'introduire des uniformes dans le but de créer un climat d'apprentissage.

Une partie de la physionomie de la révolution de 68 était que la pédophilie était également diagnostiquée comme autorisée et appropriée.

Pour les jeunes de l'Église, mais pas seulement pour eux, ce fut à bien des égards une période très difficile. Je me suis toujours demandé comment les jeunes dans cette situation pouvaient aborder le sacerdoce et l'accepter, avec toutes ses ramifications. L'effondrement considérable de la prochaine génération de prêtres au cours de ces années et le nombre très élevé de laïcisations sont une conséquence de tous ces développements.

En même temps, indépendamment de ce développement, la théologie morale catholique a connu un effondrement qui a rendu l'Église sans défense contre ces changements de la société. Je vais essayer de décrire brièvement la trajectoire de ce développement.

Jusqu'au Concile Vatican II, la théologie morale catholique était largement fondée sur le droit naturel, tandis que la Sainte Écriture n'était citée que pour des raisons de base ou de justification. Dans l'effort du Concile pour une nouvelle compréhension de la Révélation, l’option de la loi naturelle a été en grande partie abandonnée et une théologie morale entièrement fondée sur la Bible a été exigée.

(…)

La crise de la justification et de la présentation de la morale catholique a atteint des proportions dramatiques à la fin des années 80 et 90. Le 5 janvier 1989, la «Déclaration de Cologne», signée par 15 professeurs de théologie catholique, fut publiée. Celle-ci s'est concentrée sur divers points de crise dans la relation entre le magistère épiscopal et la tâche de la théologie. Les réactions à ce texte, qui au début n’allait pas au-delà du niveau habituel de protestations, se transformèrent très rapidement en un tollé contre le Magistère de l'Église et rassemblèrent, de manière audible et visible, le potentiel de protestation mondial contre les textes doctrinaux attendus de Jean-Paul II.

Le Pape Jean-Paul II, qui connaissait très bien la situation de la théologie morale et la suivait de près, a commandé une encyclique qui remettrait ces choses en ordre. Celle-ci fut publiée sous le titre «Veritatis splendor» le 6 août 1993 et ​​a déclenché des réactions violentes de la part de théologiens moraux. Avant cela, le «Catéchisme de l'Église catholique» avait déjà présenté de manière convaincante, de manière systématique, la moralité proclamée par l'Église.

Je n'oublierai jamais comment l'un des têtes dirigeantes de la théologie morale allemande - Franz Böckle - qui, après son départ pour la Suisse lors de sa retraite, avait annoncé qu'il envisageait de prendre des décisions qui devaient toujours et en toutes circonstances être classées comme mauvaises, il qu'il relèverait le défi avec toutes les ressources à sa disposition.

Ce fut Dieu, le Miséricordieux, qui lui évita de mettre sa résolution à exécution; Böckle décéda le 8 juillet 1991. L'encyclique a été publiée le 6 août 1993 et ​​comprenait en effet la détermination qu'il y avait des actions qui ne peuvent jamais devenir bonnes.

(…)

Le processus de dissolution de la conception chrétienne de la moralité, longtemps préparé et en cours, a été, comme j'ai essayé de le montrer, marqué par un radicalisme sans précédent dans les années soixante. Cette dissolution de l'autorité de l'enseignement moral de l'Église devait nécessairement avoir un effet sur les divers domaines de l'Église. Dans le contexte de la réunion des présidents des conférences épiscopales du monde entier avec le Pape François, la question de la vie sacerdotale, ainsi que celle des séminaires, revêt un intérêt particulier. En ce qui concerne le problème de la préparation au ministère sacerdotal dans les séminaires, la forme précédente de cette préparation est en train de s'effondrer.

Des cliques homosexuelles ont été mises en place dans divers séminaires, en agissant plus ou moins ouvertement et elles ont considérablement modifié le climat dans les séminaires. Dans un séminaire situé dans le sud de l'Allemagne, des candidats à la prêtrise et des candidats laïcs à la pastorale vivaient ensemble. Aux repas communs, les séminaristes et les spécialistes de la pastorale mangeaient ensemble, les mariés parmi les laïques parfois accompagnés de leurs femmes et de leurs enfants et parfois de leurs petites amies. Le climat dans ce séminaire ne pouvait fournir un soutien pour la préparation à la vocation sacerdotale. Le Saint-Siège était au courant de ces problèmes sans être informé précisément. Dans un premier temps, une visite apostolique de séminaires aux États-Unis a été organisée.

(…)


À la fin de mes réflexions, je voudrais remercier le pape François pour tout ce qu’il a fait pour nous montrer encore et encore la lumière de Dieu, qui n’a pas disparu, même aujourd’hui. Merci, Saint Père!''



Benoît XVI


Source
images/icones/fleche2.gif  ( 865239 )Le pape Benoît XVI met en cause le modernisme par jejomau (2019-04-11 07:10:58) 
[en réponse à 865238]

dans le texte que vous nous proposez. En effet le modernisme a épousé la révolution sexuelle des années 60 comme en témoigne l'exemple caricatural de la mise en cause du Père Preynat pour sa conduite envers de jeunes enfants sur Lyon. ("La crise de la justification et de la présentation de la morale catholique a atteint des proportions dramatiques à la fin des années 80 et 90.")

De facto, le pape Benoît XVI écarte le cléricalisme comme principal facteur :

Le processus de dissolution de la conception chrétienne de la moralité, longtemps préparé et en cours, a été, comme j'ai essayé de le montrer, marqué par un radicalisme sans précédent dans les années soixante. Cette dissolution de l'autorité de l'enseignement moral de l'Église devait nécessairement avoir un effet sur les divers domaines de l'Église.


On appréciera l'expression visant les modernistes évoluant aujourd'hui sous le pontificat de François:

Des cliques homosexuelles ont été mises en place dans divers séminaires


images/icones/hein.gif  ( 865273 )Et si c'était une commande par André (2019-04-11 19:50:00) 
[en réponse à 865239]

du pape François pour contenter son aile conservatrice ? Benoît XVI est resté dans la réserve jusqu'ici, ça ne lui ressemble pas de faire ça de son propre chef.
images/icones/info2.gif  ( 865405 )Non, il était destiné aux évêques réunis à Rome ! par Sursum corda (2019-04-14 04:28:17) 
[en réponse à 865273]

Explication :

BXVI destinait son texte aux évêques des conférences épiscopales réunis à Rome récemment, mais Bergoglio ne lui a pas donné suite. Suite à cela, BXVI a signifié à Parolin et Bergoglio son intention malgré tout de le rendre public.

Cela me rappelle furieusement la manipulation de l'autre Vigano en 2018, Comme par hasard, BXVI sort encore de son silence pour, de nouveau, pointer du doigt la mise au point, face au relativisme moral, de l'encyclique Veritatis Splendor, par laquelle, JPII et lui avaient clairement affirmé: il y a des actes qui sont intrinsèquement mauvais; la fin ne justifie pas tous les moyens. A l'inverse, les petits copains relativistes moraux de Bergoglio n'ont à opposer à la pédophilie que le concept vague de "cléricalisme".


Cf Post-scriptum en italien de Sandro Magister (absent de sa traduction belge), que je vous traduis:


"Quant à la genèse de la publication du texte, il est utile d'ajouter à ce que le même Ratzinger dit dans les paragraphes d'introduction cette information ultérieure de Massimo Franco sur le "Corriere della Sera" (journal italien) du 13 avril:

"Benoît a envoyé les dix-huit pages et demi sur la pédophilie "pour connaissance courtoise" au secrétaire d'Etat, le cardinal Pietro Parolin, avant la réunion globale des conférences épiscopales, pour les faire connaître aussi à François. Et par une lettre après ce sommet, il a fait savoir aux deux qu'il voulait les mettre dans le domaine public, recevant [en retour] une "voie libre"."

Il reste à expliquer pourquoi François n'aurait pas consenti que le texte de Ratzinger soit remis à tous les participants du "sommet", pour lesquels il avait été initialement conçu."


http://magister.blogautore.espresso.repubblica.it/2019/04/11/joseph-ratzinger-sugli-abusi-sessuali-nella-chiesa-%e2%80%9cin-ultima-analisi-il-motivo-sta-nell%e2%80%99assenza-di-dio%e2%80%9d/


Écrit par : Peter Butler 18h08 - samedi 13 avril 2019


Relevé dans le blog de Yves Daoudal
images/icones/hum2.gif  ( 865406 )Le lien ! par Sursum corda (2019-04-14 04:43:41) 
[en réponse à 865405]



http://yvesdaoudal.hautetfort.com/archive/2019/04/13/cardinal-sarah-6143664.html#article-comments
SC
images/icones/3b.gif  ( 865327 )A côté de la plaque, regardez les chifres de 1960-1962 par baudelairec2000 (2019-04-12 23:41:20) 
[en réponse à 865239]

Dans toutes les affaires qui souillent l'Eglise catholique depuis des mois, sinon des années, le pape François dénonce le cléricalisme à l'oeuvre. Une stupidité de plus pour le premier jésuite élevé sur le trône de Saint Pierre: cet ordre des Jésuites n'a pas encore fini de sévir à l'intérieur de l'Eglise...

Quant au pape émérite, il rattache les abus sexuels des prêtres et religieux à l'esprit de libération des années 60. Pourquoi pas? Encore faudrait-il que ces abus ne soient pas répertoriés avant le début des années 60.

On nous cite dans ce post l'ouvrage de Guillaume Cuchet; je me permettrais de citer un ouvrage passé inaperçu dans nos milieux, celui de Martine Sevegand, vers une église sans prêtres. La crise du clergé séculier en France (1945- 1978), ouvrage paru aux Presses Universitaires de Rennes en 2004.

Cette étude se réfère notamment aux études du chanoine Boulard.

"Le rapport de 1962 constate, à partir de l'étude de 400 dossiers, que 'la très forte majorité des départs se fait entre 30 et 39 ans'. Constatant une courbe identique des divorces en France, le rapport conclut qu'il s'agit sans doute, pour les uns et pour les autres, d'une crise de maturité.

Les rapports de 60 et 62 s'intéressent aussi à l'âge de l'ordination. ce tableau révèlent l'influence néfaste des ordinations d'hommes trop jeunes.

Si l'on regarde de plus près le rapport des "cas douloureux" dans 21 diocèses pour les années 1960-1962, voilà ce qu'on peut observer:

L'on remarquera d'entrée de jeu qu'il met en parallèle les difficultés qui ont abouti à des défections et celles qui ne débouchent pas sur l'abandon du ministère.

Sur 421 prêtres qui ont abandonné le ministère:

310 l'ont fait pour avoir contracté un mariage civil,

19 parce qu'ils sont homosexuels,

33 pour fornication,

65 pour concubinage

26 pour alcoolisme

38 pour désobéissance.

le total des "Contra mores" atteint 85,2% des abandons et celui des homosexuels 4.5%.

Celui des prêtres problématiques qui n'ont pas abandonné le ministère offre des résultats encore plus intéressants:

325 cas recensés dont

58 alcooliques

157 cas d'homosexualité (en 1960 le rapport précise que 103 cas, "surtout pédérastie mais 31 avec adultes"; le tout représente 48,3 % des cas "douloureux" restés dans l'Eglise !!!

109 cas de fornication (33,5 % de l'ensemble)

3 concubinaires

Le total des "Contra mores" s'élève dans la catégorie des prêtres qui n'ont pas abandonné leur ministère 80%.

Conclusions de l'auteur:

" La prépondérance des problèmes d'ordre sexuel est éclatante (82,9 % des cas sans distinction d'abandon ou non); mais il est bien intéressant de constater les conséquences différentes selon la nature du "délit". Tandis que le concubinage débouche toujours sur le mariage civil et l'abandon du ministère, l'homosexualité et la fornication s'accompagnent dans la plupart des cas d'un maintien dans la fonction cléricale."

Les cas d'homosexualité "représentent, si l'on additionne abandon et sans abandon, 23,5 % des prêtres recensés en difficulté. L'homosexualité est donc un véritable fléau , d'autant plus lourd dans le clergé que, dans 89,2 % des cas, il n'y a pas abandon. ce qui signifie aussi que, dans la plupart des cas, l'homosexualité n'est pas sanctionnée par la hiérarchie catholique, du moins pas par une exclusion du ministère. On notera aussi que le classement adopté par les enquêteurs ne distingue qu'en note, et dans le seul rapport de 1960, entre homosexualité avec adultes et pédérastie pour, d'ailleurs, signaler la prépondérance de cette dernière: 31 cas seulement avec adultes d'au moins 16 ans sur 116 comptabilisés en 1960...

Le souci de conserver le plus grand nombre de prêtres possible apparaît ainsi comme la préoccupation dominante. A contrario, la pédérastie serait donc moins douloureuse puisqu'elle ne débouche pas sur une rupture juridique ! la logique ecclésiastique a des raisons que la morale ordinaire ne connaît pas.

Le chanoine Boulard s'est intéressé aux fonctions de ces prêtres homosexuels. sur 106 cas déterminés, il relève 20 professeurs, 16 vicaires de ville, 51 curés de petites paroisses...

Si l'on s'intéresse maintenant à l'âge des prêtres qui s'adonnent aux délits 'contre mores', on constate que l'âge dominant se situe entre 30 et 39 ans mis, dans les cas de pédérastie, puisqu'il n'y a que très peu d'abandon, la crise se prolonge entre 40 et 49 ans.

De surcroît, Boulard note, dans son rapport de 1960, un accroissement, au fil des ans, des cas d'homosexualité (et pédérastie) ainsi que de fornication" (p. 93-96).


"Déjà en 1956, Mgr de Bazelaire, évêque de Chambéry et responsable du Secours sacerdotal, organisme qui se proposait de venir en aide aux prêtres en difficulté - soit en les mettant en règle, soit en évitant qu'ils ne fassent scandale - énumérait dans l'ordre: les prêtres ayant des relations avec des femmes, les alcooliques, les 'prêtres victimes d'habitude de pédérastie ou d'homosexualité' (on notera ici que ces prêtres sont des victimes !!!), les prêtres au jugement faux qui sont plus ou moins ne rébellion contre l'autorité de leur évêque, enfin les prêtres ayant perdu plus ou moins la foi qui troublent celle des fidèles.

A travers les recommandations données apparaissent deux grandes préoccupations de la hiérarchie catholique: éviter le scandale public et atténuer la responsabilité du prêtre mis en cause. En cas de délit, on recommandait d'abord, en effet, de 'poser en principe que le coupable a agi sous l'empire de la démence', qu'il faut donc, en première précaution, le faire examiner sur le plan psychiatrique et, par conséquent, le faire entrer dans une maison de santé; ensuite, il était recommandé de prendre contact avec le Parquet ' pour voir s'il y des possibilités d'arranger l'affaire'; enfin, 'quand quelqu'un est arrêté, il faut en toute hypothèse demander un examen mmental qui puet permettre de trouver des raisons d'atténuer sa responsabilité et peut-être même une excuse absolutoire" (p. 71 de l'ouvrage cité).

A quoi bon continuer? Les chiffres parlent d'eux-mêmes, les constats qui sont faits en 1956, en 1960 et 1962 sont limpides: l'homosexualité et la pédérastie ne sont pas un fruit du concile Vatican II, pas plus que le résultat d'un esprit de libération des années 60. Un fruit du modernisme ? Vous plaisantez ! jejomeau; je l'espère. S'il faut voir dans ces abus sexuels une conséquence du modernisme, comment expliquer que les communautés traditionnelles, pourtant à l'abri du poison moderniste, ont connu un certain nombre de cas d'homosexualité et, ce qui est encore plus grave, de pédophilie... Et, là, certains vont crier au complot, à la dénonciation calomnieuse.

















images/icones/fleche2.gif  ( 865340 )Toujours le même malentendu par Jean-Paul PARFU (2019-04-13 10:41:06) 
[en réponse à 865327]

On ne dit pas qu'avant le concile Vatican II il n' y avait pas de problèmes de moeurs dans le clergé ou qu'il n'y en a pas aujourd'hui dans des sociétés traditionalistes.

Ce qu'on vous dit, c'est que ces problèmes ont explosé à partir des années 60 et surtout sont devenus la règle dans certains séminaires et ont même été justifiés. Il y a tout un courant de clercs aujourd'hui qui défend l'homosexualité, qui explique que ce n'est pas un péché, que c'est une différence, qu'on doit l'accepter, que si on ne l'accepte pas, on est au mieux un réactionnaire, au pire que l'on doit être condamné pénalement et qu'en tout état de cause, c'est tout à fait compatible avec l'état ecclésiastique.

Voyez les réactions à l'article de Benoît XVI, article qui ne casse pourtant pas 3 pattes à un canard.
images/icones/neutre.gif  ( 865364 )Fernand Boulard par André (2019-04-13 16:52:40) 
[en réponse à 865327]

Ces chiffres ont été compilés par le chanoine-sociologue Fernand Boulard, décédé en 1977. Autrement dit, l'Eglise est au courant depuis plus de 40 ans.

Merci beaucoup pour cette référence. Le fait que déjà à cette époque la tendance ait été de se séparer des prêtres hétéros pour garder les homos et pédocriminels explique beaucoup de choses.
images/icones/bravo.gif  ( 865417 )Très intéresant par Turlure (2019-04-14 15:55:29) 
[en réponse à 865327]

Merci pour ces extraits.
images/icones/fleche2.gif  ( 865240 )Je m'y mets par Jeanne Smits (2019-04-11 07:54:23) 
[en réponse à 865238]

Une petite rectification : le texte de Benoît XVI a été publié en anglais par Catholic News Agency (en lien avec EWTN), traduit, vraisemblablement, depuis l'allemand.

Amitiés
Jeanne Smits
images/icones/fleche2.gif  ( 865253 )Traduire à partir de l'allemand par Johanis (2019-04-11 11:29:40) 
[en réponse à 865240]

A la lecture, il me semble que ce texte anglais comporte plusieurs contre-sens. Il faudrait repartir de l'allemand. Je comprends l'anglais mais pas l'allemand et je n'ai pas trouvé l'original allemand.
images/icones/hein.gif  ( 865258 )Réponse et demande à Johanis par Jeanne Smits (2019-04-11 12:22:33) 
[en réponse à 865253]

Merci Johanis pour cette remarque fondée. J'ai en effet relevé déjà des incohérences apparentes que j'ai corrigées, là où j'en suis.

Le texte allemand est ici.

Je ne maîtrise pas suffisamment l'allemand pour faire la révision avec toute la précision nécessaire, même si je vais m'y essayer.

Si vous trouvez des erreurs ou des approximations à corriger lorsque j'aurai mis ma traduction en ligne – très vite j'espère – je vous serais vraiment très reconnaissante de me les signaler pour que je rectifie.

Amitiés
Jeanne Smits
images/icones/1n.gif  ( 865259 )Vous avez sur le forum par Jean-Paul PARFU (2019-04-11 12:44:44) 
[en réponse à 865258]

des germanophones ou des "germanistes".

Par ailleurs, je crois que la réflexion de Johannis avait moins pour but le soucis de la perfection de la traduction que de mettre le doute sur le contenu des propos réels tenus par le Pape émérite, parce que ces propos sont clairement contraires au discours des hommes d'Eglise actuellement en poste, de Mgr de Moulins-Beaufort jusqu'au pape en passant par le Secrétaire d'Etat et le cardinal Marx !
images/icones/vatican.gif  ( 865261 )Avoir une traduction exacte par Johanis (2019-04-11 13:34:40) 
[en réponse à 865259]

Mes remarques ne visaient pas l'écart du contenu du texte du pape émérite avec les explications "ecclésialement correctes". Mais il y a dans la traduction anglaise quelques phrases qui relevent du contresens, soit au point de vue de la simple cohérence du texte, soit du point de vue de la théologie la plus assurée.
Pour le reste, le texte de Benoît XVI est manifestement seulement inspiré de sa propre compréhension profonde des choses.En particulier, il n'y a nulle référence au cléricalisme, et il dénonce ce à quoi on assiste, c'est-à-dire au nom des abus la remise en cause de la nature du Sacerdoce et de l'Eglise.
images/icones/neutre.gif  ( 865262 )Merci, on va y arriver... par Johanis (2019-04-11 13:38:29) 
[en réponse à 865258]

Merci pour le lien.Je suis moi-même trés démuni face à l'allemand.
Mais d'accord pour regarder si je vois des problèmes dans votre traduction.

Mais appel au secours aux germanophiles !
images/icones/vatican.gif  ( 865242 )Excellent ! par Aigle (2019-04-11 08:12:38) 
[en réponse à 865238]

Merci Très Saint Père !
images/icones/1a.gif  ( 865243 )Ce qui est amusant par Jean-Paul PARFU (2019-04-11 08:37:59) 
[en réponse à 865238]

C'est que l'analyse du pape émérite n'a rien à voir avec celle du pape en fonction. C'est même un réquisitoire contre l'attitude, les choix, les déclarations et les actes du pape actuel depuis mars 2013.

Pourtant, cette analyse se termine par un remerciement envers le pape actuel, lequel aurait dit et fait sur le sujet tout ce qu'il fallait ???!!!
images/icones/1v.gif  ( 865246 )sauf si par Adso (2019-04-11 09:44:24) 
[en réponse à 865243]

les remerciement sont à prendre au second degres...
images/icones/1i.gif  ( 865291 )Du jamais vu ! par Rothomagus (2019-04-11 23:59:20) 
[en réponse à 865243]

Du moins dans les siècles récents. Donc cette lettre a une importance considérable. On sent un recul et une hauteur de vue qui manquent ailleurs...
En creux, sa simple existence est un signe évident des carences du pape François. C'est de lui qu'aurait du venir un texte sur la question.
images/icones/neutre.gif  ( 865292 )Ce qui est frustrant néanmoins... par Candidus (2019-04-12 01:40:29) 
[en réponse à 865291]

... c'est que si Benoît XVI est capable d'écrire un texte de cette qualité 6 ans après son abdication, on se demande ce qui l'empêchait vraiment de continuer à exercer sa charge.

Il se sentait trop faible pour voyager ? La belle affaire, quantité de papes avant lui n'ont jamais quitté le Vatican.

Il aurait pu se dégager de nombreuses activités qui ne sont pas essentielles : les audiences du mercredi, la célébration des cérémonies les plus fatigantes, et il aurait pu se concentrer sur les nominations d'évêques, la réforme de la réforme, la composition d'un syllabus suggéré par Mgr Schneider pour corriger les interprétations hétérodoxes du concile, etc. Cela nous aurait évité le cauchemar actuel.

Une rumeur court selon laquelle Benoît XVI aurait rédigé un ouvrage qui serait publié après sa mort. Si c'est vrai, espérons que ce soit pour lui l'occasion de corriger d'une manière plus explicite les déviations bergogliennes. Il nous le doit bien dans la panade où il nous a mis.
images/icones/fleche2.gif  ( 865293 )Benoît XVI a démissionné par Jean-Paul PARFU (2019-04-12 07:57:51) 
[en réponse à 865292]

1) parce qu'il n'était plus soutenu, ne dirigeait plus rien !

Il fut un excellent collaborateur de Jean Paul II, mais il n'a pas su s'entourer. Bertone fut une catastrophe et Sodano qui avait été remercié, leur mettait des battons dans les roues.

Je me souviens d'un reportage télé où l'on voyait le cardinal Bertone rendant visite à Benoît XVI en vacances dans le Tyrol du Sud et le pape visiblement agacé par les manières de Bertone qui avait posé ses affaires sur une table. Cela m'avait surpris et ne donnait pas une bonne impression.

Le discours de Ratisbonne, son rapprochement avec le Traditionalisme, la levée des excommunications, lui ont coûté très cher : au sein de l'Eglise d'abord, le cardinal Lévada par exemple, n'en faisait qu'à sa tête, et vis-à-vis des associations juives ensuite notamment qui ont exigé et obtenu sa démission, notamment via le blocage des terminaux bancaires du Vatican ! Le lendemain de l'annonce de sa démission, les terminaux bancaires fonctionnaient à nouveau.


2) Benoît XVI est un théologien, mais n'a pas d'autorité, contrairement à François qui n'est pas un théologien, mais qui a de l'autorité et est un politique. Je me souviens d'un pélerinage de Benoît XVI à St Jacques de Compostelle. Le leader espagnol de l'opposition s'est présenté au pape dans la sacristie de la cathédrale et le pape était perdu, ne savait manifestement pas à qui il avait affaire. Il s'agissait du futur Premier-Ministre Mariano Rajoy !

Benoît XVI ne sentait donc pas trop cette fonction de pape, ce primat de juridiction, qui demande d'abord de l'autorité et le goût de la politique, au sens large du terme. Les difficultés rencontrées par lui sont donc tombées sur un terrain favorable à la démission. Cette tentation de la démission ou d'un pontificat avec démission et retraite, il y pensait avant même d'être pape, au moins dès les dernières années du pontificat précédent, celui de Jean Paul II. Une chose est positive selon moi, cependant : avoir un peu démystifié la fonction contre tous les BK qui font du pape et de la papauté une semi-idole.
images/icones/fleche2.gif  ( 865294 )Un autre souvenir par Jean-Paul PARFU (2019-04-12 08:06:44) 
[en réponse à 865293]

Il s'agissait d'une cérémonie à St Pierre de baptêmes d'adultes, peut-être à Pâques.

Je crois que ces adultes ont en même temps fait leur confirmation et leur première communion.

Après le baptême, les nouveaux baptisés revenaient donc vers le pape pour être confirmés. Le pape a confondu le parrain ou la marraine de confirmation avec le confirmand lui-même qu'il venait pourtant de baptiser, sachant que les personnes en question n'étaient que six, je crois. Les assistants lui ont discrètement montré la personne à confirmer.

Visiblement, le pape n'était pas vraiment présent.
images/icones/iphone.jpg  ( 865296 )Comment reprocher aux journalistes par XA (2019-04-12 09:08:13) 
[en réponse à 865294]

de ne pas citer leurs sources ou de relater des faits imprécis, si nous-mêmes tombons dans de tels travers ? Votre façon de raconter cette « anecdote «  est digne d’un scribouillard de la Pravda.
images/icones/find.gif  ( 865249 )Le pape émérite par Jean-Paul PARFU (2019-04-11 10:52:56) 
[en réponse à 865238]

insiste d'abord sur la date de la crise : "les années soixante", comme le répétait sœur Lucie de Fatima, et cite essentiellement deux causes au phénomène de masse de la délinquance sexuelle des prêtres :

- Mai 68 et sa culture délétère ;

Et

- "En même temps, indépendamment de ce développement, la théologie morale catholique (qui) a connu un effondrement (et) … a rendu l'Église sans défense contre ces changements de la société …"

Pour le pape émérite, en effet :

- "jusqu'au Concile Vatican II, la théologie morale catholique était largement fondée sur le droit naturel, tandis que la Sainte Écriture n'était citée que pour des raisons de base ou de justification. Dans l'effort du Concile pour une nouvelle compréhension de la Révélation, l’option de la loi naturelle a été en grande partie abandonnée et une théologie morale entièrement fondée sur la Bible a été exigée...",

Ce qui aurait conduit à une crise de la justification de la morale, notamment sexuelle, et de la discipline ecclésiastique.

D'où la nécessité de bien distinguer les ordres naturel et surnaturel, et ce qui relève de l'un ou de l'autre. En un mot, la pédérastie n'est pas d'abord mauvaise parce que l'Ecriture ou l'interprétation de l'Ecriture par la Tradition sont contre, mais parce que elle est contraire à l'ordre naturel, à l'ordre cosmique, aux lois de la nature et finalement à la loi morale naturelle !
images/icones/fleche2.gif  ( 865254 )Au passage, un "aveu" "incroyable" de Benoît XVI ? par Scrutator Sapientiæ (2019-04-11 11:41:28) 
[en réponse à 865249]

Bonjour Jean-Paul PARFU,

Je cite : "Dans l'effort du Concile pour une nouvelle compréhension de la Révélation, l’option de la loi naturelle a été en grande partie abandonnée et une théologie morale entièrement fondée sur la Bible a été exigée..."

"Dans l'effort du Concile pour une nouvelle compréhension de la Révélation"...

Quelqu'un peut-il dire de quel droit, ou "en quel honneur" un Concile peut être légitimement constitutif ou porteur d'un "effort", "pour une nouvelle compréhension de la Révélation" ?

Par ailleurs, s'agit-il seulement d'une compréhension renouvelée de la Révélation, ou ne s'agit-il pas avant tout, dans les faits, d'une rénovation de la compréhension de la Révélation, c'est-à-dire, de facto, d'une transformation de la compréhension de la Révélation ?

Mais où est donc passée l'herméneutique du renouveau dans la continuité, si son initiateur fait un tel constat de discontinuité, un constat de discontinuité qu'il aurait dû ou devrait pouvoir faire, au demeurant, avant tout en théologie dogmatique, et non seulement en théologie morale ?

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/bravo.gif  ( 865264 )C'est en effet une condamnation sans appel par Philippilus (2019-04-11 14:05:01) 
[en réponse à 865254]

de l'herméneutique de la continuité par celui-la même qui en est à l'origine.

Dès lors il est difficile de voir dans cette "herméneutique" autre chose qu'une ultime "pieuse" tentative pour raccrocher à la Tradition un Concile qui par ses orientations a résolument fait le choix de s'en écarter.

Cet écart vient avant tout du primat revendiqué du pastoral sur le dogmatique. C'est encore cette voie du primat de l'action (pastorale) qui sert de boussole à notre Pape actuel.

Comment alors de pas se souvenir de Goethe?


Il est écrit : « Au commencement était le Verbe ! » Je butte ici déjà ! Qui m’aidera à poursuivre ? Je ne peux nullement porter si haut le Verbe, Je dois traduire autrement,...M’aide l’Esprit ! J’y vois clair soudain !
Et écris confiant : au commencement était l’action !



et de ce qui s'ensuit:

Comme mon barbet vient de se gonfler ! Il se lève avec effort, ce n’est plus une forme de chien. Quel spectre ai-je introduit chez moi ? Il a déjà l’air d’un hippopotame, avec ses yeux de feu et son effroyable mâchoire. Oh ! je serai ton maître ! Pour une bête aussi infernale, la clef de Salomon m’est nécessaire.





Philippilus
images/icones/1f.gif  ( 865314 )Relire pour éviter caricature et contresens par Ph.M (2019-04-12 15:43:55) 
[en réponse à 865264]

Réduire son discours de 2005 à une formule 'herméneutique de la continuité " est un contresens.

Le terme exact est" herméneutique de la réforme, du renouveau dans la continuité de l' unique sujet-Eglise."

Et cela introduit le constat d'une certaine discontinuité malgré la continuité des principes.

Ce texte n'est pas encore vraiment reçu, croirait-on.
images/icones/1d.gif  ( 865315 )Tout ce qui est inspiré, génial et prophétique par Jean-Paul PARFU (2019-04-12 16:51:25) 
[en réponse à 865314]

a du mal à être reçu par le vulgaire. Il faut parfois plusieurs siècles !!!
images/icones/1a.gif  ( 865310 )Benoît XVI a des loisirs par Sénéchal (2019-04-12 14:21:17) 
[en réponse à 865254]

On dirait que ces derniers temps il en a profité pour (re)lire "L'hérésie du XXème siècle" de Jean Madiran, dont une bonne âme lui avait envoyé la récente réédition par Via Romana. En particulier son "préambule philosophique (pages 35 à 67).
images/icones/fleche2.gif  ( 865255 )L'allusion à Cologne 1989 a une signification quasiment "anti-inclusiviste". par Scrutator Sapientiæ (2019-04-11 11:57:01) 
[en réponse à 865238]

Bonjour Chicoutimi.

Je cite :

"La crise de la justification et de la présentation de la morale catholique a atteint des proportions dramatiques à la fin des années 80 et 90. Le 5 janvier 1989, la «Déclaration de Cologne», signée par 15 professeurs de théologie catholique, fut publiée. Celle-ci s'est concentrée sur divers points de crise dans la relation entre le magistère épiscopal et la tâche de la théologie. Les réactions à ce texte, qui au début n’allait pas au-delà du niveau habituel de protestations, se transformèrent très rapidement en un tollé contre le Magistère de l'Église et rassemblèrent, de manière audible et visible, le potentiel de protestation mondial contre les textes doctrinaux attendus de Jean-Paul II.

Le Pape Jean-Paul II, qui connaissait très bien la situation de la théologie morale et la suivait de près, a commandé une encyclique qui remettrait ces choses en ordre. Celle-ci fut publiée sous le titre «Veritatis splendor» le 6 août 1993 et ​​a déclenché des réactions violentes de la part de théologiens moraux. Avant cela, le «Catéchisme de l'Église catholique» avait déjà présenté de manière convaincante, de manière systématique, la moralité proclamée par l'Église.

Je n'oublierai jamais comment l'un des têtes dirigeantes de la théologie morale allemande - Franz Böckle - qui, après son départ pour la Suisse lors de sa retraite, avait annoncé qu'il envisageait de prendre des décisions qui devaient toujours et en toutes circonstances être classées comme mauvaises, il qu'il relèverait le défi avec toutes les ressources à sa disposition.

Ce fut Dieu, le Miséricordieux, qui lui évita de mettre sa résolution à exécution; Böckle décéda le 8 juillet 1991. L'encyclique a été publiée le 6 août 1993 et ​​comprenait en effet la détermination qu'il y avait des actions qui ne peuvent jamais devenir bonnes."

Il est "virtuellement" impossible que cette allusion à Cologne 1989 et à ses suites soit dépourvue d'une signification "anti-inclusiviste", ce qui, dans le contexte de ce pontificat, constitue une manifestation d'indépendance, voire d'irrévérence, face au "miséricordisme".

Encore une fois, on peut se réjouir de la lucidité de Benoît XVI, mais on peut aussi déplorer qu'il n'aille pas jusqu'au bout de se lucidité, et qu'il ne remonte pas des "origines secondes" de la "crise de l'Eglise", situées dans le domaine de la théologie morale, aux "origines premières" de cette "crise de l'Eglise", situées dans celui de la théologie dogmatique.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/nounours.gif  ( 865269 )ajoutons que le cardinal Schönborn ô ironie par Luc Perrin (2019-04-11 17:19:19) 
[en réponse à 865255]

fut l'architecte ou le chef de travaux de cette encyclique !

Quand on le voit aujourd'hui et les positions hyper néo-catholiques LGBTQ et j'en passe qu'il défend, cela ne manque pas de sel.

Je ne crois pas, à la différence de l'évêque émérite de Rome, que Vatican II ait répudié en quoi que ce soit de façon explicite "la loi naturelle" comme il l'écrit.
Le Magistère post-conciliaire a eu recours à la loi naturelle. J'ai été surpris par cette assertion.

images/icones/neutre.gif  ( 865319 )A mon avis par Eti Lène (2019-04-12 20:08:00) 
[en réponse à 865269]


Je ne crois pas, à la différence de l'évêque émérite de Rome, que Vatican II ait répudié en quoi que ce soit de façon explicite "la loi naturelle" comme il l'écrit. Le Magistère post-conciliaire a eu recours à la loi naturelle. J'ai été surpris par cette assertion.



A mon avis, Benoît XVI affirme que la théologie morale telle qu'elle a été enseignée après Vatican II ne s'est plus appuyée sur la loi naturelle, sans dire que le Magistère ne s'est pas appuyé sur celle-ci. Je cite Benoît XVI à partir de la traduction de Jeanne Smits :


Jusqu’au concile Vatican II, la théologie morale catholique était dans une large mesure fondée sur la loi naturelle, tandis que l'Ecriture sainte n’était citée que pour fournir un contexte ou une confirmation. Dans les efforts du Concile en vue d’une nouvelle compréhension de la Révélation, l'option de la loi naturelle fut largement abandonnée, et on exigea une théologie morale fondée entièrement sur la Bible. Je me rappelle encore que la faculté jésuite de Francfort permit à un jeune père extrêmement doué (Bruno Schüller) de développer une morale entièrement fondée sur l'Ecriture sainte. La belle dissertation du P. Schüller constitue un premier pas vers la construction d'une morale fondée sur l’Ecriture. Le P. Schüller fut alors envoyé en Amérique pour faire des études supplémentaires ; il en revint en reconnaissant qu’en partant de la seule Bible, la morale ne pouvait être présentée de manière systématique. Il tenta alors d'établir une théologie morale plus pragmatique, sans pour autant parvenir à apporter une réponse à la crise de la morale. Finalement, c'est dans une large mesure l’hypothèse selon laquelle la morale devait être exclusivement déterminée en vue des fins de l'action humaine qui devait prévaloir. La vieille expression « la fin justifie les moyens » n’était certes pas affirmée sous cette forme grossière, mais la manière de penser qui y correspond était devenue déterminante. Par voie de conséquence, plus rien ne pouvait désormais constituer un bien absolu, pas plus qu'il ne pouvait y avoir quelque chose de fondamentalement mauvais, mais seulement des jugements de valeur relatifs. Le bien n’existait plus, mais seulement le mieux relatif, dépendant du moment et des circonstances.

images/icones/neutre.gif  ( 865324 )cela prend en compte le Magistère dans son texte par Luc Perrin (2019-04-12 21:46:14) 
[en réponse à 865319]

Par deux fois, le changement est référé à Vatican II.

- 1er renvoi : "Jusqu’au concile Vatican II, la théologie morale catholique était dans une large mesure fondée sur la loi naturelle, "

- 2ème renvoi : "Dans les efforts du Concile en vue d’une nouvelle compréhension de la Révélation, l'option de la loi naturelle fut largement abandonnée,"

Il cible certes les élaborations des théologiens, sans valeur magistérielle de soi, mais il évoque ensuite la préparation de Veritatis splendor donc d'un document magistériel comme étant en rupture avec cette tendance théologique.

Or, je diverge là-dessus avec l'évêque émérite de Rome, je ne trouve aucun rejet explicite de la loi naturelle dans les textes de Vatican II. On y a infusé non pas tant de la Bible, elle est partout avant 1962 il suffit de lire un texte, mais le personnalisme qui se déploie depuis le début du XXe siècle et qui a fortement marqué beaucoup d'auteurs dont le futur Jean Paul II et une tentation immanentiste venue des héritiers de Maurice Blondel, contenue toutefois dans les textes de Vatican II, du fait du poids de la néo-scolastique que les théologiens de la Majorité n'ont pas pu évacué autant qu'ils l'auraient aimé. La Minorité et la Curie, Paul VI aussi parfois, veillaient.

images/icones/fleche2.gif  ( 865325 )Une autre interprétation par Rothomagus (2019-04-12 22:31:26) 
[en réponse à 865324]

de la tournure de sa phrase en allemand est indiquée par le f. Jean-Miguel Garrigues o.p., dans Famille Chrétienne :

L'expression allemande "Bis hin zum", que le français traduit par "jusqu'au", n'exige pas - pas plus que la locution conjonctive française d'ailleurs - d'être comprise comme excluant le Concile. Le plus souvent elle a le sens inclusif de "jusqu'au Concile Vatican II compris". La phrase suivante, si on a lit attentivement, explicite d'ailleurs cela. Le concile Vatican II a "lutté pour une compréhension nouvelle de la Révélation". Comme nous venons de le dire, dans les documents du Concile cette compréhension n'excluait pas mais incluait la Loi naturelle. Ce n'est pas le Concile mais ces théologiens dont Benoît XVI parle immédiatement après qui, croyant servir la Sainte Écriture comme "âme de toute la théologie" (Vatican II), ont "réclamé une théologie morale entièrement basée sur la Bible".

images/icones/fleche3.gif  ( 865265 )TRADUCTION FRANCAISE par Johanis (2019-04-11 14:46:07) 
[en réponse à 865238]

ICI et 2e Partie
images/icones/fleche3.gif  ( 865267 )Ma traduction française sans "traducteur automatique" par Jeanne Smits (2019-04-11 16:41:32) 
[en réponse à 865265]

Voici ma traduction du beau texte de Benoît XVI, d'après le texte anglais mais revérifiée et sur-vérifiée en regard du texte allemand, sans recours à un quelconque traducteur automatique.

Vous la trouverez ici.

Comme dit plus haut je serai reconnaissante à qui me signalerait d'éventuelles erreurs, il me semble que ce texte mérite d'être exactement restitué, sans charabia ni à peu près.

J'y ai joint quelques réflexions que m'inspire l'entrée de Benoît XVI dans l'arène.

Amitiés
Jeanne Smits

images/icones/1e.gif  ( 865268 )Nicolas Senèze a des "dubia" par Jeanne Smits (2019-04-11 17:09:30) 
[en réponse à 865267]

Dans “La Croix”, Nicolas Senèze fait une lecture très critique du texte de Benoît XVI qu'il achève sur ces mots :


Au Vatican, où l’on confirme que le pape actuel a bien été mis « au courant » de la publication, – ce qui ne signifie pas qu’il l’a approuvée –, on rappelle aussi qu’il s’agit là de « réflexions qui n’ont aucune valeur magistérielle ».

Certains vont toutefois jusqu’à mettre en doute la paternité d’un texte dans lequel ils ne reconnaissent pas la plume habituelle de l’ancien pape qui, à 92 ans la semaine prochaine, leur apparaît plus que jamais sous la coupe de son entourage.



Tout cela est assez réjouissant !

Amitiés
Jeanne Smits
images/icones/1i.gif  ( 865270 )Contrairement à ce que dit Senèze par Jean-Paul PARFU (2019-04-11 17:36:30) 
[en réponse à 865268]

On reconnaît, au contraire, même au travers des différentes traductions, le style du pape émérite, aussi bien dans la forme que sur le fond.

Ce Senèze, qui reprend les méthodes autrefois utilisées par les communistes : calomnies, dénigrements, (vieil homme jouet et caution d'un entourage réactionnaire et même fascisant) est vraiment un petit mec !
images/icones/1d.gif  ( 865460 )Mais Nicolas Senèze est un géant! par PEB (2019-04-15 16:40:50) 
[en réponse à 865270]

Nicolas ne fait pas loin de deux mètres de haut! Regardez comment il se plie dans l'avion lorsque Sa Sainteté daigne le saluer.



Je l'ai bien connu à l'aumônerie de la Catho de Lille, dont il a été un président bien-aimé.

images/icones/vatican.gif  ( 865271 )L'Homme nouveau par Jeanne Smits (2019-04-11 18:59:36) 
[en réponse à 865267]

L'Homme nouveau a repris ma traduction :

c'est par ici.
images/icones/bible.gif  ( 865279 )La passage sur le diable est intéressant par Jean-Paul PARFU (2019-04-11 20:30:13) 
[en réponse à 865267]

D'un côté, le diable veut prouver à Dieu qu'il s'est trompé en décidant de s'incarner et accuse les hommes ;

De l'autre, le diable tente d'expliquer aux hommes que Dieu est un tyran et qu'il faut lui désobéir pour être libre. Il veut les faire pécher.
images/icones/neutre.gif  ( 865281 )Un détail par AVV-VVK (2019-04-11 21:21:24) 
[en réponse à 865238]

mais quand l' auteur parle d' une servante d'autel il ne s' en étonne pas ou il ne désapprouve pas cette déviation.
images/icones/neutre.gif  ( 865295 )L’église avait suivi la société 68 qui n’avait pas du tout suivi la morale chrétienne ! par Minger (2019-04-12 08:59:11) 
[en réponse à 865281]


Dans un premier temps , une normalisation de la pédophilie pour les uns , une marginalisation mais dans le SILENCE , pour les autres …

Mais ensuite !
Extraits : « Le pape Jean-Paul II, qui connaissait très bien la situation de la théologie morale et qui la suivait avec vigilance, commanda des travaux en vue d'une encyclique qui remettrait ces choses à l’endroit. Elle fut publiée sous le titre Veritatis splendor le 6 août 1993, et provoqua de vives contre-réactions de la part de théologiens moraux. Auparavant, le Catéchisme de l'Eglise catholique avait déjà présenté de manière convaincante et systématique la morale proclamée par l’Eglise ».
« Je n'oublierai jamais comment le théologien moral allemand le plus reconnu à l’époque, Franz Böcke, qui était retourné dans sa Suisse natale pour sa retraite, déclara au vu des choix possibles de l’encyclique Veritatis splendor, que si cette encyclique devait affirmer que certaines actions doivent toujours et en toutes circonstances être qualifiées de mauvaise, il élèverait la voix contre elle avec toute la force dont il disposait ».

« C’est Dieu qui dans sa bienveillance lui épargna la mise en œuvre de cette résolution ; Böcke mourut le 8 juillet 1991. L'encyclique fut publiée le 6 août 1993, et elle comporta en effet l’affirmation selon laquelle il existe des actions qui ne peuvent jamais devenir bonnes ».

Nb : Sa Sainteté Jean Paul II , a tardé et il s’est attaqué tard voir bien trop tard à ce fléau ! Comme son prédécesseur Paul VI …C’est une très grande faute pour les deux !
C’est quand même Sa Sainteté Benoît XVI qui dès le début de son pontificat , n’a pas tergiversé …
Le Silence de ces prédécesseurs est lourd de conséquences
images/icones/neutre.gif  ( 865306 )Je crois que l'Eglise avait initié 68 par Ewe (2019-04-12 13:05:12) 
[en réponse à 865295]

Je me souviens d'un texte de Monseigneur Lefebvre (ou à propos de lui) concernant son arrivée au séminaire. Apparemment la révolution de 68 avait déjà commencé. L'ouverture du concile de Vatican II fut le déclencheur. Il raconte que tout était contestable et qu'il fallait tout contester.
images/icones/neutre.gif  ( 865308 )Sujet très étudié par Guillaume Cuchet par Turlure (2019-04-12 13:59:59) 
[en réponse à 865306]

Dans Comment notre monde a cessé d'être chrétien (que j'ai lu récemment, avec beaucoup d'intérêt).

D'abord, on ne peut pas dire (comme le fait Mgr Lefebvre d'après ce que vous rapportez) que les causes de mai 68 se trouvent dans l'Eglise catholique. Certaines peut-être mais certainement pas l'essentiel. Les causes de ces événements sont avant tout sociales et politiques, plus que religieuses.

D'après Cuchet, il y a en effet un moment datable avec une certaine précision en 1965 ou 1966, où se produit une forme de déclic massif dans les mentalités catholiques françaises (puisque son étude se concentre sur la France). Il décrit les symptômes les plus brutaux de cette révolution mentale :
- Abandon beaucoup plus rapide et massif par rapport aux années précédentes de la pratique par les adolescents après leur communion solennelle ou profession de foi (l'auteur rappelle ici que durant tout le XXe siècle, la classe d'âge qui pratique le plus sont les enfants de neuf à douze ans),
- Effondrement de la pratique de la confession régulière qui concernait un grand nombre de laïcs,
- Crise dans le clergé avec de nombreux départs de séminaristes, prêtres et religieux (mais celle-ci est il me semble un peu postérieure, vers 1968-1970, alors que la baisse du nombre de vocations est antérieure : années 1950)

Pour lui, la cause de la fin du catholicisme de masse dans la société française n'est ainsi ni mai 68, ni Humanae Vitae, qui sont en quelques sortes les deux données d'un divorce consommé entre l'Eglise et la société.

En clair (en simplifiant beaucoup), un catholicisme largement fondé sur l'autorité et l'obligation se serait retrouvé comme périmé du jour au lendemain au moment où la tête de l'Eglise (les Pères conciliaires) ont semblé, dans les esprits, s'ouvrir à l'idée que le monde puisse enseigner des choses nouvelles à l'Eglise.
images/icones/bravo.gif  ( 865461 )Déréliction morale générale par PEB (2019-04-15 17:05:32) 
[en réponse à 865308]

1695-1968, c'est l'époque où la jeunesse née sur les ruines d'Auschwitz et de Hiroshima a eu vingt ans, jeunesse dont les parents virent le jour au lendemain de Verdun de Petrograd.

La transmission et la tradition ne pouvaient que se rompre: d'où peux-tu me faire la morale, génération meurtrière et sauvage? Tu me parles de sacrifice mais pour quoi faire, ô toi complice des crimes les plus abjects? Nous voulons d'abord vivre par, en, pour et avec nous-mêmes. Tu me fais la leçon mais es-tu vraiment exemplaire de ton côté?

Toutes ces accusations étaient bien légitimes. Et c'est ainsi qu'un chancelier allemand reçut une cuisante gifle accusatrice. Le magistère de la démocratie chrétienne s'est peu à peu figée en droite conservatrice "Lequesnoy". Et le christianisme qui n'avait pu empêcher toutes ces horreurs totalitaires fut durablement discrédité.

Car, ce n'est pas l’Église seulement en tant qu’institution mais le message chrétien que nos parents rejetèrent en un tsunami formidable.