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images/icones/fleche2.gif  ( 863697 )une Compagnie de Jésus devenue méconnaissable par jejomau (2019-03-15 11:26:44) 

La Compagnie de Jésus sous les feux des projecteurs … Analyse réaliste faite par un de ses membres ...

« Parallèlement au soulèvement soudain de 1968 et sans aucun lien avec ce dernier, a eu lieu la transformation de l’Église imaginée à la suite du Concile. Mais l’augmentation de liberté qui en a découlé a eu des conséquences désastreuses pour les étudiants jésuites de la Compagnie.

J’ai très mal vécu à cette occasion l’évolution ou la transformation de notre mode de vie. La rébellion des scolastiques me semblait absurde. Je restai convaincu que la Compagnie avait les nerfs plus solides et une force intérieure en mesure de surmonter la crise sans rien céder sur l’essentiel. Mais le résultat n’a pas été celui que j’espérais.

Grâce à Dieu, l’esprit s’en est sorti mais le corps de l’esprit, la lettre, a souffert durablement. C’est une dure épreuve qui a été infligée aux jésuites de ma génération, à la génération précédente et à celle qui a suivi. Peut-être s’agit-il d’un manque de flexibilité, d’une manque de capacité d’adaptation mais ceux-ci ne reconnaissent plus dans le style de vie décontracté qui s’est instauré, ils ne se reconnaissent plus dans l’ordre qui les avait accueilli autrefois.

Les congrégations générales ont pris acte des changements qui se sont produits dans les comportements, de la volonté d’indépendance de leurs membres de la permissivité issue de la société civile qui s’est répandue chez nous. Ils ont mis de côté le trésor des règles, la priorité des priorités n’est plus la vie religieuse communautaire qui a volé en éclats mais la préoccupation pour la justice et l’option préférentielle pour les pauvres. De beaux idéaux qui risquent cependant fort de se réduire à de simples mots et d’être en grande partie irréalisables. »


le P. Tilliette dit avoir vu s’évaporer au sein de la Compagnie jusqu’au primat des « intellectuels » :

« J’ai passé mon existence de jésuite dans des charges traditionnelles de directeur et de professeur de collège, de rédacteur de revues, d’écrivain et de professeur d’université. J’ai rempli ces charges austères convaincu que l’humanisme jésuite était primordial et que les intellectuels étaient la pupille des yeux de la Compagnie. Mais il semble qu’à présent ce ne soit plus le cas et que l’on donne la préférence aux ministères directement apostoliques.

Je crois qu’on fait de la nécessité une vertu : la pénurie de recrutement ne permet plus de maintenir un haut niveau d’études et les supérieurs ne disposent plus de membres en mesure de combler les trous au fur et à mesure qu’ils se creusent. De ce point de vue, l’avenir de la Compagnie est plutôt obscur. On ferme les maisons et on regroupe les vieux dans des résidences dotées de personnel médical. C’est sans doute la seule solution. Mais il serait préférable que ce repli inévitable ne soit pas accompagné des sempiternels discours de circonstance qui évoquent l’annonce d’une défaite en temps de guerre ».


En faisant ce bilan, le P. Tillette dresse un portrait bien sombre de la société actuelle, notamment à cause du silence des « supérieurs » :

« Parvenu à l’âge où les ombres s’élèvent sur le chemin, je me sens le devoir de confesser une désillusion que je partage avec beaucoup. J’ai infiniment moins changé que le contexte de vie qui m’entoure et c’est une souffrance que de se sentir déphasé, antimoderne et, pire, complice, puisque l’influence du milieu autour de nous est trop forte. Je ne veux jeter la pierre à personne mais à certains moments, il a manqué une parole ferme de la part des supérieurs. La mentalité matérialiste règne et s’étend sans être combattue par la conscience collective. Dieu est absent des cœurs. L’innocent et la victime valent moins que le coupable. Une société qui remue ciel et terre contre la peine de mort et qui, dans le même temps, justifie et encourage la libéralisation de l’avortement se trouve au point le plus bas sur l’échelle de la perversion ».

LIEN

images/icones/1b.gif  ( 863752 )Un peu d ' espoir ? par AVV-VVK (2019-03-16 20:54:10) 
[en réponse à 863697]

Un jésuite, un scolastique (?) reçoit les ordres mineurs. Néanmoins j'aurais voulu obtenir plus de détails concernant le contexte. Ici
images/icones/neutre.gif  ( 863760 )"avenir obscur" : les Supérieurs ont comparu ou par Luc Perrin (2019-03-17 01:14:26) 
[en réponse à 863697]

vont comparaître devant leur Juge, qui est le nôtre.

Le bon Père porte un constat presque gentil.

Ses supérieurs n'ont pas lourdement péché que par le silence : les Arrupe, Kolvenbach et le présent Préposé général ont agi, parlé en s'engageant dans ce dialogue amical avec Satan dont on voit aujourd'hui le résultat dans l'enseignement hétérodoxe du Père James Martin sj qui dirige la revue America et est une coqueluche au Vatican et dans les diocèses américains.
Le Père Martin sj est bavard, prolixe, intarissable, il vaudrait mieux en effet qu'il découvre la vertu du silence et remette en cause toute sa théologie complètement faussée.

Il n'est pas exact de dire que la Société de Jésus arrupiste, les néo-jésuites, n'ont pas été avertis de leurs errements, mis en garde, admonestés : chaque Pape lors des "congrégations générales" - les chapitres généraux - l'a fait et avec fermeté dans les mots de Paul VI, Jean Paul II à Benoît XVI. Les trois ont crié aux néo-jésuites caveat !
Jean Paul II a même tenté de les remettre sur le droit chemin de saint Ignace en 1981-1984 mais avec mollesse et a complètement échoué. Il n'a pas eu la volonté de Clément XIV hélas.

Quand la corruption et la dévitalisation spirituelle atteint ce degré, la dissolution est encore la solution la plus adaptée.

La grande bulle Dominus ac Redemptor de 1773, un texte prophétique ici en version française.