Le Forum Catholique
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( 863151 )
Le Cardinal Müller croit le Cardinal Pell innocent par Chicoutimi (2019-03-07 10:01:44)
Un article d'Edward Pentin paru le 6 mars 2019 dans le
National Catholic Register, traduit par le site
Benoît-et-moi, relate les propos du Cardinal Müller qui explique pourquoi les accusations contre le Cardinal Pell sont «absolument incroyables»:
«Il n'y a aucun témoin», a noté le cardinal Müller, disant qu'il ne pouvait pas croire que cela puisse se produire avec «toutes les autres personnes» probablement présentes après la messe.
Le cardinal allemand a déclaré que le crime était «censé avoir eu lieu non pas dans une maison privée, mais dans la cathédrale publique».
«Les accusations contre lui sont absolument incroyables, c'est impossible. Il n'y a aucune preuve, c'est contraire à toute évidence», a poursuivi le cardinal Müller. «S'il n'y a pas de preuve, on ne peut pas condamner une personne à 50 ans de prison dans une forteresse». «C'est une conception de la justice qui remonte à l'époque d'Henry VIII» et qui «montre une corruption du système judicaire dans l'opinion publique dominante».
Pour lire en entier, c'est sur
Benoît-et-moi

( 863152 )
Mgr Bernard Ginoux soutient les Cardinaux Müller et Pell par Chicoutimi (2019-03-07 10:05:08)
[en réponse à 863151]
Sur son compte Twitter, Mgr Bernard Ginoux affirme:
''Merci, Monsieur le cardinal MULLER de votre soutien au cardinal PELL dont l'accusation est invraisemblable.'' (Mgr Ginoux)

( 863157 )
Roberto de Mattei : "ils savent qu'il est innocent" par jejomau (2019-03-07 10:49:08)
[en réponse à 863151]
Interview choc de Roberto de Mattei sur ce
LIEN. Extrait:
- Chère Eglise, cesse d'être "gay-friendly" et redeviens souveraine
En ce qui concerne l'affaire du Cardinal George Pell - qu'en pensez-vous?
« Je pense que lorsqu'il y a des accusations impliquant des hommes d'Église, puisque l'Église a son propre droit canonique, ses propres tribunaux, et qu'elle est capable de mener des enquêtes, elle ne peut pas se contenter de dire: "Attendons les résultats de l'enquête" menée par les tribunaux laïques».
- Devrions-nous ne pas nous en remettre aux tribunaux "laïques" ?
« Je trouve troublante une telle manifestation de confiance dans les tribunaux laïques».
- Pourquoi ?
« Au Vatican, ils sont sous le choc de l'affaire Pell, car ils savent qu'il est innocent. Et ils sont gênés parce que le Pape l'avait nommé préfet au Secrétariat à l'économie. Mais si l'on a décidé de s'en remettre aux tribunaux laïcs, on doit en subir les conséquences...»
- Devrait-il alors incomber à l'Église d'enquêter sur les prêtres abuseurs?
« L'Église qui a sa propre loi pénale et ses propres tribunaux doit avoir le courage de contester le jugement des tribunaux du monde, convaincue que ce n'est pas le monde qui juge l'Église, mais l'Église qui juge le monde. L'Église devrait revendiquer Sa souveraineté».
- L'Église doit-elle aussi devenir souveraine?
« Oui, absolument. Je trouve extrêmement grave que l'Église ait renoncé à sa souveraineté. L'Église est une société souveraine, comme l'État, même si Son objectif, contrairement à l'État, est surnaturel».
- Et alors ?
« Si l'Église est une société souveraine, elle a tous les instruments pour atteindre ses propres fins de justice. Il ne s'agit pas seulement d'un organisme purement éthique, qui se dépouille de sa dimension judiciaire, permettant à l'État de tout décider. La renonciation à la souveraineté est une évolution dangereuse».
- Une évolution dangereuse ?
« Les tribunaux séculiers peuvent même s'en prendre au pape François...».

( 863191 )
Oui mais que faire? par PEB (2019-03-07 17:16:25)
[en réponse à 863157]
Le modèle procédural canonique ne semble pas adapté au traitement de la criminalité de droit commun des clercs parce que c'est bien d'infractions au droit commun dont on parle et non pas de simples manquements aux simples devoirs de charge ou de qualité. Concernant les affaires de mœurs, il y aura toujours deux branches: séculière et ecclésiastique.
A mon avis, il faudrait s'inspirer du droit disciplinaire de la fonction publique. En effet, une censure canonique s'apparente à une sanction administrative: suspension à titre conservatoire, exclusion temporaire, abaissement d'échelon, rétrogradation, révocation, radiation. De la même façon que dans les administrations publiques, les décisions ecclésiastiques ne touchent finalement que l'exercice de certaines fonctions ou droits: gouvernement, enseignement, célébration des sacrements, réception des sacrements et sacramentaux, perception de bénéfices.
Comme en commission administrative paritaire en formation de conseil de discipline, les tribunaux ecclésiastiques se réunissent à huis clos.
Le bras séculier est beaucoup plus coercitif et dispose de moyens d'enquête bien plus puissant et il agit publiquement de façon contradictoire. Mais le temps judiciaire et la carrière administrative n'avancent pas au même rythme. Cependant les sanctions sont volontiers motivées en usant d'une formule exécutoire évoquant telle décision judiciaire désormais définitive.
Plutôt que de se renvoyer la balle dans un jeu stérile, il faudrait trouver un moyen d'articuler les ordres séculiers et canoniques par une coopération active gardant chacun dans ses compétences. On ne peut, en effet, certes pas nié que la qualité cléricale exonère de ses responsabilités devant la loi commune des citoyens.
Sous réserve bien sûr de la qualité de l'état de droit.

( 863245 )
je me retrouve davantage dans cette formulation par Luc Perrin (2019-03-08 10:32:54)
[en réponse à 863191]
PEB que dans celle d'un post précédent au sein d'un autre fil que je trouvais par trop "ponce-pilatique" pour user de ce néologisme.
L'action de la justice civile qui dispose de fait, là vous avez raison, de moyens bien plus considérables ne saurait suffire : il y a une responsabilité propre de l'Église d'autant qu'elle a son droit canonique, ses procédures, ses instances. André a donné une exemple très probant relatif à la Mission de France où le Prélat a agi selon le droit de l'Église.
Il lui incombe d'améliorer ces procédures canoniques : elle a commencé à la faire à la fin du règne de Jean Paul II, puis sous Benoît XVI puis avec François ainsi que les différentes chartes adoptées par les Conférences épiscopales nationales.
Il reste que les procédures romaines laissent à désirer quand la hiérarchie est en cause et que les réformes successives ont ignoré des problèmes majeurs comme le récent honteux Sex Summit et la proposition Cupich n'est que du gangstérisme canonique, nouvelle version de "tu me tiens, je te tiens par la barbichette".
Il est délicat à l'heure des media instantanés d'appeler à pratiquer les vertus chrétiennes quand l'institution ecclésiale n'hésite pas au plus haut à les ignorer et récompenser celles et ceux qui en manquent cruellement.
Ce n'est pas juste en remettant au bras séculier (la justice civile), il faut le faire avec discernement (attention à des Outreau ecclésiaux et JVJ n'a pas tort de souligner les risques à l'égard de prêtres innocents), mais en faisant face à ses propres responsabilités à commencer par les évêques dont c'est la tâche de "surveiller".
Feu Mgr Brand avait déclaré lors de la consécration épiscopale de son successeur à Strasbourg, Mgr Doré, à propos d'un passage évangélique tronqué que la suite mettait en exergue la rude tâche de l'évêque qui n'est pas que de douce communion mais aussi de trancher et de sévir quand c'est nécessaire. J'ai gardé en mémoire cette gentille admonestation que la "Church of Nice" - l'Église de miséricorde mal conçue tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil - peine à admettre.
Sauf quand il s'agit de traquer les affreux "intégristes", les "rigides", et autres identitaires évidemment.

( 863252 )
Je ne suis qu'un humble publicain par PEB (2019-03-08 11:00:51)
[en réponse à 863245]
Et j'ai prêté serment de servir la République, c'est-à-dire les Ponce Pilate de toujours. Ouh la la! je suis démasqué!
Mon raisonnement est que face au droit commun chacun doit exercer ses responsabilités sociales. Le clerc est, comme tous les fidèles, d'abord né citoyen. Il doit, devant l'autorité des hommes, en assumer l'état et tirer, au plan personnel, toutes les conséquences de ses actes.
Parallèlement, l’Église doit veiller à sa discipline pour le bien des âmes. Les censures existent pour sécuriser les fidèles quant aux abus doctrinaux et moraux. Le père de famille doit savoir que s'il envoie ses enfants aux scouts, ils en reviendront grandis et non pas mutilés. Et de cela, les pasteurs en répondront devant Dieu.