Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=861334
images/icones/nounours.gif  ( 861334 )un nouveau saint ? par jejomau (2019-02-05 22:41:42) 

Ouverture de la cause de béatification du père Pedro Arrupe

Le Père Arupe fut général de la Compagnie de Jésus de 1965 à 1983. "Le cardinal De Donatis souligne aussi comment le p. Arrupe a voulu promouvoir « la redécouverte de la spiritualité ignatienne »

On en parle comme d'un "prophète du renouveau conciliaire" et, par conséquent, comme un amoureux de la Tradition…

Lol à tous..
images/icones/neutre.gif  ( 861340 )Ah oui, il ne manquait plus qu'Arrupe par Meneau (2019-02-06 00:12:45) 
[en réponse à 861334]

Voilà le moyen tout trouvé pour canoniser toute la néo-compagnie de Jésus. Nous voilà bien.

Cordialement
Meneau
images/icones/1d.gif  ( 861393 )De toute façon, Mère Teresa ne convenait déjà pas par BK (2019-02-06 16:36:37) 
[en réponse à 861340]

Voir ici, pour un procès de décanonisation fondé sur des coupures de presse.

Si au moins un jour, il était compris que cette méthode est inepte...
images/icones/hum2.gif  ( 861397 )tout de même par Regnum Galliae (2019-02-06 17:34:43) 
[en réponse à 861393]


aider un hindou à vivre en meilleur hindou, un musulman à vivre en meilleur musulman et un chrétien à vivre en meilleur chrétien, dans le respect de la dignité d’être humain de chacun



Cela vous semble-t-il catholique ? Ce pourrait à la rigueur être un pis aller, mais pas une règle de vie et encore moins un objectif en soi.

Il est certes possible de remettre en doute ce témoignage, ou à tout l moins faudrait-il le mettre en perspective avec d'autres, mais cela illustrerait alors les limites des nouvelles procédures de canonisation avec notamment la disparition de l'avocat du diable. D'où des interrogations quant à l'objectivité ou l'impartialité de la décision...
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 861398 )Tout de même par BK (2019-02-06 17:38:18) 
[en réponse à 861397]

Père, Tu es le seul vrai Dieu, cela vous semble-t-il catholique ?

(Pater, Te, solum Deum verum,...)
images/icones/fleche2.gif  ( 861403 )Oui par Regnum Galliae (2019-02-06 18:37:19) 
[en réponse à 861398]

pas vous ?

images/icones/fleur.gif  ( 861531 )Eh bien alors, pas de problème par BK (2019-02-08 18:04:28) 
[en réponse à 861403]

avec la phrase qui ne vous convenait pas.
images/icones/1n.gif  ( 861406 )Votre tactique : la diversion par Mandrier (2019-02-06 19:24:46) 
[en réponse à 861393]

Je n'arrive pas à voir ce que le fait que certain aient critiqué la canonisation de mère Thérésa justifierait la béatification d'un des plus grands destructeurs de l'ordre Jésuite, promoteur d'une marxisation de l'Église ?

Même en me forçant je ne comprends pas ce qui suscite ce ton réjoui, ni même la défense de concepts avec lesquels je suppose que vous n'êtes pas d'accord à 100%.
Quand on aime l'Église, voir quelqu'un s'amuser par une pirouette de son autoconsumation n'a rien de réjouissant.
images/icones/1y2.gif  ( 861408 )Son univers mental par Jean-Paul PARFU (2019-02-06 19:46:45) 
[en réponse à 861406]

C'est être, par principe et quoiqu'il arrive, toujours d'accord avec les autorités en place.

Il y a deux mille ans, il aurait été d'accord avec le Grand-Prêtre et le Sanhédrin !
images/icones/fleur.gif  ( 861536 )Vous êtes très imprécis, vous caricaturez par BK (2019-02-08 18:18:30) 
[en réponse à 861408]

Ma position est qu'on peut toujours donner un sens catholique aux enseignements du magistère pétrinien.

Au moins ne venez-vous pas me reprocher des coqs-à-l'âne, matière où la fsspx est experte, ressortant le prétendu point de Shiva ou le baiser de Coran à chaque objection sérieuse.
images/icones/1g.gif  ( 864609 )Le fait est... par Pétrarque (2019-03-31 10:28:01) 
[en réponse à 861536]

...qu'il n'y a pas d'objection sérieuse au fait qu'un pape soi-disant saint ait baisé le Coran, livre saint des musulmans.

Ah, si les papolâtres pouvaient effacer quelques traces compromettantes...
images/icones/fleur.gif  ( 861535 )Pas exactement, Mandrier, il y a un lien logique par BK (2019-02-08 18:15:42) 
[en réponse à 861406]

Si Mère Teresa ne convenait déjà pas, il est évident que Romero ou Arrupe ne plairont pas.

Il manque - Meneau s'est là aussi trompé - Camara.
images/icones/neutre.gif  ( 861342 )L'Eglise du Christ est occupée par Tibère (2019-02-06 07:17:17) 
[en réponse à 861334]

Avec à sa tête un pape de plus en plus étranger à la foi catholique. Il est donc logique que les canonisations suivent la même pente.
images/icones/1j.gif  ( 861344 )On est clairement dans la farce par Jean-Paul PARFU (2019-02-06 09:09:55) 
[en réponse à 861334]

Si certains croyaient encore au sérieux des canonisations actuelles, je crois qu'ils ne devraient désormais plus avoir de doutes sur leur instrumentalisation par les Modernistes au pouvoir dans l'Église. On est dans le grand n'importe quoi et cela a pour conséquence une énorme perte de confiance dans l'institution.
images/icones/hein.gif  ( 861345 )A propos de son supériorat par Regnum Galliae (2019-02-06 09:19:08) 
[en réponse à 861344]

Est-ce à lui que l'on doit ce qu'est devenu l'ordre jésuite, bien loin du zèle missionnaire des premiers siècles ? Ou alors la tendance était-elle déjà engagée ?
images/icones/neutre.gif  ( 861357 )affirmatif il a créé les néo-jésuites arrupiens par Luc Perrin (2019-02-06 12:56:48) 
[en réponse à 861345]

Ce sont les "congrégations générales" - les chapitres généraux - qu'il a conduit qui ont posé les bases du néo-jésuitisme actuel.

Son successeur réel, le Père Kolvenbach, bien plus discret a surenchéri dans l'interreligieux en faisant perdre aux néo-jésuites toute vocation missionnaire, de conversion à la foi catholique ce qui était la base d'Ignace et des fondateurs (Lainez, Favre, Canisius ...). Saint François-Xavier n'est pas parti en Extrême Orient pour dialoguer avec les hindouistes et les confucéens ou s'émerveiller des philosophies et religions orientales.

Arrupe a conduit à dévoyer la Doctrine sociale de l'Église : Paul VI et Jean-Paul II ont averti solennellement la Compagnie de ses errements, le second a même démis Arrupe du fait de sa maladie (prétexte) mais a échoué à redresser la barre et rétablir l'esprit jésuite authentique.
Vers 1982 l'arrupisme avait détruit déjà la Société de Jésus ignacienne.

Aujourd'hui le néo-jésuitisme se déploie : homocléricalisme (James Martin et les SJ américains), interreligieux sans mission, hétérodoxie maximale (revue America, Valadier et alii...).

La poule (Arrupe et Kolvenbach) vient toujours d'un oeuf Regnum Galliae ... donc bien sûr Arrupe et Kolvenbach se sont appuyés sur des tendances présentes avant l'élection d'Arrupe en 1965 qui passait au tout début pour traditionnel d'ailleurs. Sa 1ère intervention à Vatican II avait douché la Majorité mais il a été rééduqué ensuite vite fait. La SJ avant 1965, avec les TRP Ledochowsky jusqu'en 1942 et le Belge Janssens 1946-1964 restait orthodoxe et thomiste à sa tête. La gangrène se propageait dans les membres toutefois.

L'école théologique immanentiste (la Revue des sciences religieuses de Paris, Fourvière Valensin, de Lubac etc.), le teilhardisme cosmique déconnecté des Ecritures, Karl Rahner et son délire du christianisme anonyme et dans les années 1945-1960, les jésuites français très impliqués dans un crypto-communisme (mon homonyme prêtre ouvrier etc.), tout cela fait beaucoup d'oeufs qui ont servi à cuisiner l'omelette (indigeste) cuite par Arrupe-Kolvenbach. L'actuel Sosa castriste-chaviste et pour lequel il n'y a pas d'enfer ni de diable, tous les hommes sont sauvés et toutes les religions se valent, combine les élucubrations de ses prédécesseurs.

Le néo-jésuitisme n'est pas même chrétien à mon très humble avis.

Il est une part intégrante de la très lourde croix que l'Église doit porter aujourd'hui jusqu'à ce que l'Archange saint Michel et la Bienheureuse Vierge Marie nous en délivrent.

J'ai depuis une affection toute spéciale pour le pape Clément XIV Ganganelli 1769-1774, 249e successeur de Pierre que Dieu avait peut-être chargé d'une tâche prophétique. Santo subito !

ps. Quelques rares jésuites ont gardé le charisme d'Ignace et de Pierre Canisius comme le P. Fessio et un vieux jésuite qui milite pour la Vie aux USA au risque de poursuites, de prison. Mais en gros 70 à 90% des néo-jésuites sont arrupistes et plus ignaciens du tout suivant les pays.
images/icones/neutre.gif  ( 861347 )Arturo Sosa s.j., le promoteur, et son "sosie" par AVV-VVK (2019-02-06 09:51:04) 
[en réponse à 861334]

Ici
Ici
Un point positif peut-être: le T.R.P. Arrupe portait une soutane, pas toujours. L'actuel supérieur, et son prédécesseur, non plus.
images/icones/neutre.gif  ( 861389 )Un p'tit contrepoids par pacem tuam da nobis, Domine (2019-02-06 16:10:16) 
[en réponse à 861334]

Les réactions attendues, convenues et rebattues sont là: «nous voilà bien», «église […] occupée» – rien de moins –, «farce»…
Forcément, une telle unanimité négative invite à faire entendre une voix discordante, sinon dissidente, ne fût-ce que pour une simple raison d'équilibre.
Voir cet article, évidemment très partial, puisqu'écrit par un jésuite dans une revue jésuite à l'occasion du décès du père Arrupe;
voir l'homélie par le père Jean-Yves Calvez à l'occasion du 25e anniversaire du décès du père Arrupe;
voir l'article Les choix du Père Arrupe, du même Jean-Yves Calvez.
Le père Calvez n'est pas le premier venu, lui qui a su analyser le marxisme sans succomber à ses sirènes – une vraie rareté! –; voir à son propos ceci.
Cordialement.
Pacem tuam da nobis, Domine
P.-S.: Je précise que, comme l'immense majorité des liseurs, je suppose, je ne goûte guère le néo-jésuitisme et que, si je renvoie à ces textes, c'est parce qu'à mon sens, un fil qui annonce l'ouverture d'une cause de béatification ne se réduire aux seules accusations à charge des «avocats du diable».
images/icones/neutre.gif  ( 861390 )Un complément + une correction… par pacem tuam da nobis, Domine (2019-02-06 16:19:25) 
[en réponse à 861389]

Complément
L'ouvrage de Calvez «La pensée de Karl Marx» fut, en un temps où il n'était de bon bec que marxiste, un contrepoids bienvenu aux ouvrages ad maiorem gloriam dei Marx de l'intelligentsia française et européenne. Il y a tout de même des jésuites qui ont rendu des services signalés à l'Église.

Correction
un fil qui annonce l'ouverture d'une cause de béatification ne saurait se réduire aux seules accusations à charge des «avocats du diable»…

images/icones/rose.gif  ( 861413 )pour complément corrigeant la correction par Luc Perrin (2019-02-06 20:52:24) 
[en réponse à 861390]

Le Père Calvez n'a pas sombré dans le marxisme-léninisme à la façon d'un Camillo Torres, c'est un fait. Mais il change le ton de condamnation qui était de mise avant lui.

Son livre de souvenirs, Traversées jésuites (2009), montre son rôle dans l'avènement du néo-jésuitisme, un rôle de premier plan puisqu'il a été l'Assistant du Général Arrupe. Il en décrit sans fard les nouveautés et la volonté de rompre avec l'héritage de la nouvelle Compagnie recréée en 1814.

Lire Calvez, c'est à faire : c'est le plus implacable réquisitoire - involontaire - pour condamner le néo-jésuitisme arrupien.

ps. le livre se lit bien et il n'est pas très épais au demeurant. Lire aussi les admonestations de Paul VI, de Jean Paul II et de Benoît XVI aux différentes congrégations générales. Elles pointent très clairement ce qui ne va pas, là où les papes demandent aux néo-jésuites de ne pas aller et là où bien sûr ils sont massivement allés.

Clément XIV santo subito.
images/icones/neutre.gif  ( 861435 )Et un p’tit supplément… par pacem tuam da nobis, Domine (2019-02-07 12:06:44) 
[en réponse à 861413]

Vous vous méprenez sur le sens de mon message. Il n’est nullement d’exonérer de toute responsabilité le père Arrupe ou le père Calvez – pas plus qu'il n'est de soutenir le néo-jésuitisme[*]. Non, il est tout simplement d’amener un peu d’équilibre dans un fil qui traite de l’ouverture de la cause de béatification d’un prêtre catholique. Excusez-moi de poser brutalement la question: n'a-t-on le droit ici que de dire du mal des catholiques qui ne partagent pas la ligne du forum?
Ne peut-on rappeler que, chez eux aussi, peuvent se trouver des éléments de bien, des actes bons? Est-il vraiment malvenu, sinon coupable, de rappeler aussi, sur un forum qui se qualifie de catholique, les actes de charité du père Arrupe?
De même, un soir d’hiver où parvenaient à Rome des nouvelles des boat people dérivant en mer de Chine, sa réaction fut immédiate : « Et nous, que faisons-nous ? » Quelques minutes après partaient des télex dans le monde entier, déclenchant ce qui est devenu le Jesuit Refugee Service (JRS), une organisation dont on mesure l’importance quand on sait qu’il y avait déjà 15 millions de réfugiés dans le monde (20 millions par la suite, sans compter les 25 millions de personnes déplacées).

Est-il vraiment malvenu, sinon coupable, de rappeler aussi, sur un forum qui se qualifie de catholique, les actes de discernement du père Arrupe?
Il sentait bien le besoin de libération, tout en étant bouleversé par la perspective de la violence. « La violence, a-t-il dit comme Helder Camara, n’est pas un moyen évangélique d’atteindre la libération. On risque, certes, de nous reprocher de battre en retraite au plus vif de la bataille. Il arrive, poursuivait-il, que l’on rencontre en Amérique latine la situation que prévoit l’Évangile, où l’on est invité à “tendre la joue gauche”. »

Ce faisant, je ne cherche nullement à cacher ses ‘faiblesses’ ou ses ‘fautes’ (j'écris ces mots avec prudence: pour accuser autrui, il faut être assuré de bien maîtriser l'art du boomerang, sinon…), je voudrais seulement tempérer les réactions tranchées du fil et montrer que l'ouverture de cette cause de béatification, que l'on peut parfaitement critiquer ou déplorer, n'est pas aussi absurde qu'on se plaît à le dire ou à le faire croire.
Pour ce qui est du père Calvez, il a fait œuvre académique et le rôle d'un ouvrage académique, vous êtes bien placé pour le savoir, n'est pas de condamner, mais d'apporter un point de vue critique et argumenté. Et, en 1970, à l'apogée jours de gloire d'Althusser et de Balibar, Calvez résume ainsi son jugement:
Il est bien difficile de dissocier dans la pensée de Marx l’idéologique du scientifique et au contraire l’idéologique y investit presque toujours le scientifique.

Moins qu'un père Cottier, certes, moins qu'un Patrick de Laubier, sans aucun doute, il a néanmoins fait partie de ceux qui ont donné des arguments pour résister au rouleau compresseur marxiste de l'époque: il faut en tenir compte, lui en savoir gré et lui rendre cette justice. Permettez-moi un souvenir pour illustrer les tensions et les rapports de force de l’époque. C'était dans la très catholique université de Fribourg, le 30 avril 1975 – date qu'il m'a été facile de retrouver, puisque c'est celle de la chute de Saïgon. Parmi un auditoire important, je suivais paisiblement un cours du père Cottier sur l’idéalisme allemand, sauf erreur, quand tout à coup la porte de l'amphithéâtre s'ouvre avec fracas et violence. Entre alors, l'allure triomphante et le visage radieux, le président de l'association des étudiants (un Tessinois à l'époque) accompagné de tout un groupe de camarades qui nous annonce la ‘libération’ de Saïgon et invite tous les étudiants à venir sur le champ et aux frais de l'association estudiantine fêter la victoire communiste sur l'‘impérialisme américain’. Je revois encore le visage atterré du père Cottier, mais que pouvait-il face à cette intrusion soudaine, face également à l’auditoire dont la grande majorité se congratulait déjà et se levait pour aller au pot de la victoire? La violence symbolique de cette scène, l’indécence et le scandale de cette liesse publiquement affichée à l’occasion d’un événement qui – tous ces gens ne pouvaient l’ignorer plus que moi – signait l’arrêt de mort, la lettre de cachet pour des milliers d’innocents, me sont encore toujours vivants au cœur. Gardant en mémoire les intimidations, les pressions de l'époque, je ne suis pas prêt à passer par pertes et profits l’œuvre de ceux qui, fût-ce de peu, n'ont pas succombé au «charme universel d'octobre», pour reprendre le titre d’un chapitre de Furet.
Comment conclure, cher M. Perrin, sinon en vous confiant qu'en ce fil, le mot de l'évangile «à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a» (Matthieu, 13) me paraît un peu trop suivi à la lettre et plutôt illégitimement appliqué? N'est pas le Christ qui veut.
Cordialement.
Pacem tuam da nobis, Domine
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Note
[*] Voir le propos du père Kolvenbach, successeur du père Arrupe à la tête des jésuites, propos rapporté et approuvé par le père Dominique Peccoud SJ, dans son article «Les Jésuites aujourd’hui»: on est assez loin, me semble-t-il, de l’obéissance ignatienne.

Cela me rappelle une anecdote qui m’est arrivée et qui rend bien compte de l’esprit jésuite, en matière de recherche théologique. Lors d’une discussion avec le Père Peter Hans Kolvenbach, notre ancien Père Général, nous parlions d’un jésuite, le Père Jacques Dupuis, qui avait maille à partir avec la Congrégation de la Doctrine de la Foi. Je conduisais alors une étude, dans le domaine du dialogue interreligieux, appuyée sur les résultats de ses travaux. Je demandai donc au Père Kolvenbach : «Combien y-a-t-il de Jésuites en difficulté avec la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ?» Il me répondit, sans une hésitation, d’une voix ferme et bien articulée : « Pas assez, hélas... ! ». Voilà qui est très clair quant au dynamisme de recherche qui doit nous animer, sans nous mettre a priori des œillères sur les yeux pour ne pas voir les questions difficiles. (Saint Pierre Favre, de la Savoie à l’Europe, éditions de l’Académie salésienne, 2015, p. 109)
images/icones/rose.gif  ( 861498 )vous êtes vous-même mépris sur mon addendum par Luc Perrin (2019-02-08 13:23:34) 
[en réponse à 861435]

Vous trouverez chez presque tout le monde un point positif : je suis sûr même que Hitler et Staline et Mao ont fait un bien à X, Y ou Z, recueilli un oiseau ou fait preuve de compassion à l'égard d'une plante, d'un animal ou d'un ou plusieurs êtres humains.

On peut tenter de voir dans le Père Arrupe, c'est votre cas, un saint admirable. Au moins, il n'a pas promu ni pratiqué l'homocléricalisme d'après ce que l'on peut savoir. En 2019, cela devient admirable en effet mais avant l'actuel pontificat, convenez que c'était commun et pas une raison pour être élevé sur les autels.

Au final, si on met à part la sainteté personnelle sur laquelle je n'ai pas d'information, et vous ne prenez pas cela en compte mais comme moi, l'aspect institutionnel, je crois - c'est aussi mon droit que je vous demande de respecter comme je respect le vôtre - que le généralat d'Arrupe a fait grand mal à la Société de Jésus en la transformant en néo-jésuitisme, en ouvrant la voie aux errements plus graves encore du Père Kolvenbach et que si je juge l'arbre aux fruits de 2019 (James Martin etc.), il n'y a pas vraiment matière à gloriole ou glorification du personnage.

La S.J. a-t-elle attendue Arrupe pour s'occuper des pauvres, des nécessiteux ? Le J.R.S. - pas toujours orthodoxe tant s'en faut si on creuse - n'était pas une grosse innovation que de forme. Il me semble que les réductions jésuites en Amérique latine au XVII-XVIIIe ne doivent rien à Arrupe. Pour ne prendre que cet exemple, il y en a bien d'autres.

Le discours de Paul VI à la 32e congrégation générale, qui voit le triomphe d'Arrupe et du néo-jésuitisme - montre bien ce que les néo-jésuites ne sont plus du tout ou plus guère : ensemble, des religieux, des apôtres, des prêtres.
Le Pape souligne au sujet du terme d'apôtre que c'est la caractéristique du jésuite authentique.

"Siete apostoli, inoltre: cioè missionari, mandati in ogni direzione secondo la fisionomia più autentica e genuina della Compagnia: uomini che Cristo stesso invia in tutto il mondo a diffondere la sua santa dottrina, tra gli uomini in ogni stato e condizione (cfr. Ex. Spir. n. 145: cfr. MHSI, vol. 100, Romae 1969, p. 246)"

des hommes que le Christ appelle à défendre sa sainte doctrine dans le monde entier, au milieu des hommes de tout statut et toute condition.

Vraiment les néo-jésuites défendent la sainte doctrine du Christ en 2019 ? Vous le jureriez, preuves à l'appui, au Tribunal céleste ? Bah cher ami, j'ai peur que ce soit une cause perdue... Comme secrétaire du procureur, si j'étais embauché, j'aurais la tâche plus facile pour réunir les multiples dossiers à charge...


La canonisation comme prophète de Clément XIV me semble toujours d'actualité même après votre vibrant et éloquent plaidoyer.

images/icones/neutre.gif  ( 861793 )Je me suis décidément fait vraiment mal comprendre et… par pacem tuam da nobis, Domine (2019-02-11 15:32:04) 
[en réponse à 861498]

Je me suis décidément fait vraiment mal comprendre et j'en suis navré, mais, cher Monsieur, j'ai précisé en termes explicites, du moins je le croyais, le but et le sens de mes messages.

Dans le premier message, en post-scriptum.
Je précise que, comme l'immense majorité des liseurs, je suppose, je ne goûte guère le néo-jésuitisme et que, si je renvoie à ces textes, c'est parce qu'à mon sens, un fil qui annonce l'ouverture d'une cause de béatification ne se réduire aux seules accusations à charge des «avocats du diable».

Dans le deuxième, dans le corps même du texte.
Il [=le sens de mon message] n’est nullement d’exonérer de toute responsabilité le père Arrupe ou le père Calvezpas plus qu'il n'est de soutenir le néo-jésuitisme. Non, il est tout simplement d’amener un peu d’équilibre [*] dans un fil qui traite de l’ouverture de la cause de béatification d’un prêtre catholique.

Pour faire bien sentir qu'à titre personnel, je ne soutiens pas le néo-jésuitisme, j'ai pris la peine de citer en note un extrait d' un article qui montre ses dérives, avec le supérieur général de l'ordre qui se plaint que, dans ses troupes,il n'y ait «pas assez» de jésuites en délicatesse avec la Congrégation de la Doctrine de la Foi. Et j'ai ajouté comme commentaire, qui se voulait de désapprobation, «on est assez loin, me semble-t-il, de l’obéissance ignatienne».

Que vous faut-il de plus?

Que vous faut-il de plus pour comprendre que je ne suis pas, mais absolument pas, un partisan des modernistes, néo-modernistes ou même des jésuites. Pour être franc, dans mon for intérieur, il m'arrive parfois de souhaiter que cet ordre en vienne à disparaître – mésaventure qui lui est déjà arrivée une fois dans son histoire – pour renaître sur des bases nouvelles et saines[**]. Et voilà que je me retrouve dans votre texte sous les oripeaux d'un partisan de sa canonisation!!! «On peut, dites-vous, tenter de voir dans le Père Arrupe, c'est votre cas [le gras est de mon fait], un saint admirable»… «Vous le jureriez, preuves à l'appui, au Tribunal céleste ?» Mais absolument pas, cher Monsieur, mes sentiments étant tout le contraire!!! Soit dit en passant, à cette heure-là, j'aurai assez à faire à défendre mon cas personnel pour ne pas avoir à me préoccuper en sus des affaire d'autrui…
Un des miens amis ne cesse de me bassiner avec son «devoir d'explicitation» et pour être définitivement explicitement explicite, voici donc la raison de mes interventions dans ce fil.
Équilibrer et comprendre
L'ouverture de la cause de béatification du père Arrupe a amené une série de jugements – je les ai cités dans mon premier message – tranchés et péremptoires. Il m'a paru qu'il ne serait pas sans intérêt de chercher également, par souci d'équilibre, à comprendre pourquoi ce qui paraît à certains une ineptie criante semble à d'autres la droite voie. Comme vous, comme d'autres, je suis choqué par beaucoup de propos tenus actuellement dans l'Église, par beaucoup d'actes posés, par la confusion apparemment préférée à la clarté. Mais l'intéressant – pour moi du moins –, c'est de comprendre pourquoi ces propos sont tenus, pourquoi ces actes sont posés, ce qui ne veut nullement dire les approuver: «Non ridere, non lugere, neque detestari, sed intelligere». C'est la raison pour laquelle je suis allé chercher sur le net les éléments qui permettraient de comprendre pourquoi la compagnie de Jésus a demandé l'ouverture de la béatification du père Arrupe. Que j'amène ces liens ne signifie nullement que j'adhère à qui est soutenu dans les pages auxquelles ils renvoient. Mais je leur reconnais cette utilité que de m'avoir au moins fait comprendre combien cet ordre a eu le sentiment d'une refondation en liant la foi et la justice au sens de Matthieu 25, 31–46, combien ce faisant il a eu le sentiment de renouer avec sa vocation missionnaire. Ce qu'il en a été est une tout autre histoire et comprendre ce sentiment de renouveau n'est pas n'acquiescer à l'histoire qui en a découlé.
La délicatesse fraternelle
Nous sommes sur un forum catholique et il me semble que l'adjectif oblige, et qu'il m'oblige à faire l'effort, même envers ceux dont je diverge plus ou moins radicalement à l'intérieur de l'Église une et sainte, de rechercher, par simple délicatesse fraternelle, ce qui peut être dit de bon à leur sujet. C'est tout, et ça ne veut pas dire «vouloir les canoniser». Écrivant tout cela qui relève d'une option personnelle, je ne voudrais surtout pas donner le sentiment de vouloir accuser qui que ce soit d'indélicatesse fraternelle. Puis-je partager un souci? Parfois, ouvrant certains fils du forum, je me demande «mais que dirait, que penserait un non croyant – voire, ô horreur, un croyant progressiste – lisant ce fil?» En ce qui me concerne, je le reconnais volontiers, c'est un souci de pharisien («Ah, mais qu'on respecte au moins les apparences d'une certaine fraternité»), mais peut-être que d'autres, meilleurs que moi, pourraient le reprendre à leur compte en un sens plus vrai et plus profond…

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Notes
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[*] De là mon recours au terme de «contrepoids» dans le titre de mon premier message.
[**] Et à chaque fois, je refrène mon souhait, songeant au ‘marchandage’ entre Abraham et le Seigneur. Chez les jésuites, il se trouvera bien dix justes – sinon bien plus! – qui vaudront à leur ordre d'être sauvé.
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Cordialement.
Pacem tuam da nobis, Domine
P.-S.: Vous affichez des lunettes roses en tête des réponses que vous me faites et l'effet de dérision et de disqualification anticipée de l'interlocuteur que permet cet artifice iconographique ne m'échappe pas: «pauvre niais», semble dire cet émoticône, «incapable que tu es de voir et de supporter les vraies couleurs de la vraie réalité, alors que moi…». Comme tant d'autres, je connais la situation de l'Église dans le pays où je vis. Je revois encore en imagination les belles et nombreuses assemblées de mon enfance, l'église pleine d'adultes, de jeunes et d'enfants, tous fervents, soutenus par l'imposante chorale; je revois encore l'église où, il y a trente ans, je suis arrivé adulte, toujours pleine elle aussi, mais avec moins de jeunes, avec moins d'enfants; et, aujourd'hui, je vois chaque semaine cette même église hélas bien clairsemée, sans jeunes et sans enfants, seulement des têtes chenues, dont la mienne pourtant parmi les plus jeunes. Pensez-vous que j'en sois heureux? Pensez-vous que je ne pose pas la question «Comment se fait-il que nous en soyons arrivés là?» ou «Pourquoi en sommes-nous arrivés là?» Non, mes lunettes ne sont pas roses, loin de là, mais, pour autant, chausser des lunettes noires ne me paraît pas pour autant de meilleur conseil.
PP.-SS: Je ne parviens pas à trouver où, dans mes messages, je vous aurais dénié quelque droit que ce soit…
images/icones/1b.gif  ( 861500 )La ligne du forum ? par Paterculus (2019-02-08 13:30:58) 
[en réponse à 861435]

Quelle est-elle donc ?
Celle de Ion, celle de BK, celle de Rodolphe ?
Elles sont différentes entre elles, et diffèrent encore plus des "lignes" de bien d'autres intervenants.
VdP
images/icones/1b.gif  ( 861794 )Vous m'avez tout l'air de plaisanter, Monsieur l'Abbé! par pacem tuam da nobis, Domine (2019-02-11 15:37:11) 
[en réponse à 861500]

N'importe quel liseur qui fréquente plus ou moins régulièrement le forum catholique sait qu'il a – très légitimement d'ailleurs – une ligne et que cette ligne, ce n'est ni celle de Ion, ni celle de BK.
Et vous savez très bien quelle est cette ligne – la ligne majoritaire, aurais-je dû préciser –, puisque vous en faites partie et que vous en êtes même un éminent représentant!

«Non mais, sans blaaaague!», osa-t-il, au risque d'encourir les foudres du Grand Patron pour crime de lèse-webmestre.

Cordialement.

Pacem tuam da nobis, Domine
images/icones/1f.gif  ( 861409 )le néo- jésuitisme par AVV-VVK (2019-02-06 20:09:33) 
[en réponse à 861389]

(comme d 'autres "néo-ismes" religieux) ne peut être dissocié du concile, je pense.
images/icones/fleche2.gif  ( 864603 )C'est dans les gènes par Rothomagus (2019-03-30 23:31:43) 
[en réponse à 861409]

en particulier chez eux ! (Par exemple un Bugnini chez les lazaristes demeure l'exception.)
Mais interdite une fois, la Compagnie est comme le lierre autour d'un arbre : elle repousse de nouveau, elle s'enroule en montant et montant toujours.

Et quand le lierre arrive en haut du chêne, généralement l'arbre n'a plus long temps à vivre.

Les francs-maçons par exemple n'ont pas eu besoin de chercher bien loin leurs manières : ils ont imité les jésuites, disait-on autrefois.

Bref sans vouloir ni généraliser, ni être injuste, à toutes les époques des jésuites nous on fait des problèmes.
Et leur corporatisme n'aide pas à la transparence. Un pape ne devrait pas être autorisé à lancer la béatification ou la canonisation d'un membre de son ordre ou de son institut. Ca fait mauvais genre ou copinage. même sans règle à ce sujet, le bon sens le plus élémentaire fait que la question ne devrait même pas se poser.

Enfin, à force de canoniser et béatifier à tour de bras, des doutes vont naître chez les fidèles.
C'est comme la légion d'honneur en France, à force de la donner à tout le monde, certains considèrent qu'elle ne vaut plus rien d'autre qu'une reconnaissance que son bénéficiaire à des amis haut-placés.