Le Forum Catholique

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images/icones/ancre2.gif  ( 861172 )Texas : les diocèses publient trois cents noms... par Paterculus (2019-02-03 13:14:13) 

... de prêtres accusés de pédophilie depuis 1950.
20 minutes
Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 861174 )"Accusés de pédophilie" ?!!! par Candidus (2019-02-03 13:46:45) 
[en réponse à 861172]

Nous sommes en pleine dérive ; n'importe qui peut accuser n'importe quel prêtre d'acte pédophile et l'accusé se trouve ipso facto stigmatisé.
images/icones/1n.gif  ( 861179 )Il y a un autre problème par Signo (2019-02-03 15:50:54) 
[en réponse à 861174]

A mon avis il ne faut pas se contenter de donner le nombre de prêtres soupçonnés d'actes pédophiles, il faut aussi donner le nombre total de prêtres ayant exercé sur la période dans cet Etat pour avoir une idée assez juste de la part que représente le problème dans le presbyterium de l'Etat en question.

Sinon on annonce des chiffres impressionnants qui laissent à penser qu'une part énorme du clergé s'est livré à la pédophilie, alors qu'en réalité par rapport à la masse totale du clergé le phénomène n'est peut-être numériquement pas si important que cela (j'ai bien dit numériquement, quelque soit la part des pédophiles dans le nombre total de prêtres cela ne change rien au caractère scandaleux de ces crimes et aux conséquences désastreuses pour les victimes, évidemment).
images/icones/ancre2.gif  ( 861197 )Et puis... par Paterculus (2019-02-03 20:07:12) 
[en réponse à 861174]

... s'il faut surveiller ces prédateurs, et ne pas les mettre en situation de récidiver, faut-il pour autant les marquer ainsi, leur enlevant toute possibilité d'une vie sociale normale ?
Ferait-on pareil avec d'autres catégories d'anciens détenus ?
VdP
images/icones/info2.gif  ( 861200 )c'est une pratique légale aux USA pour tous par Luc Perrin (2019-02-03 20:44:58) 
[en réponse à 861197]

les fichiers de condamnés sont publics pour la plupart des états. On peut les consulter sur internet, identité, crime, peine, prison.

Les délinquants sexuels, suivant les états, font même l'objet de signalements particuliers dans leur quartier de résidence, écoles etc. après leur libération. Un point qui se discute et qui est jugé par certains comme extrême.

Rien de spécial donc.

Ce point répond à des cas particulièrement scandaleux de prêtres prédateurs avérés (ayant avoué ou ayant été condamnés) qui ont été réaffectés tranquillement quelques années plus tard dans le même diocèse ou souvent dans un autre diocèse sans que l'évêque (sa chancellerie) se soucie de prévenir qui que ce soit.

Il y a des cas de prédateurs logés dans des familles avec enfants, familles laissées dans la plus totale ignorance.

Donc oui ce fichier public est un progrès tellement l'étendue et la gravité du scandale sont inimaginables aux USA, au Chili, en Argentine aussi semble-t-il de plus en plus d'affaires sortent.

Il va évidemment de soi que si un prêtre est accusé sans preuve, il n'a rien à faire sur une telle liste. La justice américaine est à même de poursuivre une diffamation d'une telle ampleur et de préserver l'innocence du prêtre. Un diocèse risquerait sans doute gros en dommages et intérêts à diffamer un prêtre et je suppose que la liste a dû être établie avec grand soin au plan du droit.

A quand la liste des évêques coupables directs ou trop fréquemment complices et parfois sur une longue durée comme le cardinal Mahoney et le cardinal Wuerl en Pennsylvanie.

D'emblée des catholiques de bonne foi et de Tradition sont prompts à défendre le prêtre : c'est un réflexe qui se comprend SI et seulement SI il s'adresse à l'innocent. Quand ce réflexe tend à chercher à excuser les pires abus à l'égard de mineurs ou de majeurs, il est détestable et fait beaucoup de mal au sacerdoce en général, à l'Église dans sa crédibilité. In fine les crimes cachés reviennent comme un boomerang dévastateur. Sur ce point saint Jean-Paul II avait tort et Joseph Ratzinger-Benoît XVI raison, bien qu'il ne soit pas allé assez loin par ex. avec McCarrick.

Saluons donc plutôt les efforts de salubrité des évêques du Texas ici et espérons que ces efforts seront conduits ailleurs à commencer par la Curie romaine pour qu'elle ressemble moins à celle d'Alexandre VI Borgia et plus à celle de Léon XIII.
images/icones/1n.gif  ( 861180 )[réponse] par jejomau (2019-02-03 16:09:48) 
[en réponse à 861172]

j'espère que le diocèse a des biscuits et qu'il sait ce qu'il fait. De simples accusations ne suffisent pas : ce qui compte c'est que la Justice, une fois passée, a dit. Sinon, n'importe laquelle de ces personnes jetée à la vindicte publique peut se retourner contre le diocèse, et avec l'aide d'un avocat, demander réparations..
images/icones/neutre.gif  ( 861181 )Et rien sur L’Église baptiste américaine et aussi au Texas , beaucoup de cas de pédophilie… par Minger (2019-02-03 16:42:17) 
[en réponse à 861180]

https://www.books.fr/leglise-baptiste-paradis-des-pedophiles/

Extrait : « Violée par un pasteur dans son enfance, une avocate américaine raconte son calvaire et son combat contre la principale Église baptiste américaine, qui refuse de créer une base de données sur les pasteurs convaincus de pédophilie ».

« La crise qui secoue l’Église catholique après des décennies d’abus sexuels dans ses rangs a masqué une histoire similaire, mais beaucoup moins médiatisée : le refus, par la plus importante Église protestante américaine, la Convention baptiste du Sud (CBS) (1), de créer une base de données sur ses pasteurs convaincus d’actes pédophiles ou accusés de façon crédible. Ce refus contribue à faire des 44 000 Églises de la CBS un « véritable paradis pour les prédateurs sexuels », explique Christa Brown, une avocate en vue d’Austin, au Texas. Les preuves accablantes qu’elle a savamment rassemblées dans le récit de son propre calvaire suggèrent que la distinction entre homme de Dieu et violeur a souvent, au sein de la CBS, l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette. Par ses descriptions saisissantes des abus dont elle a été victime et de leurs suites – crises de folie, relations amoureuses gâchées et perte de la foi –, l’auteur montre à quel point sa descente aux enfers est conforme au parcours typique des victimes des Églises baptistes du Sud. Sous prétexte d’offrir un accompagnement spirituel à l’enfant qu’elle était, écrit-elle, un pasteur la viole, tout en récitant les Écritures, rejette la faute sur elle, et obtient de son Église qu’elle étouffe le crime. Trente ans après les faits, Christa Brown a finalement réussi à mettre un nom sur ce qui lui était arrivé ; et la maternité lui a fait comprendre l’urgence de porter plainte. Alors que la CBS prétendait n’avoir aucune trace de son agresseur, l’avocate l’a retrouvé en 2004, toujours au service d’une Église ayant pignon sur rue. Le 18 janvier 2006, en échange de la suspension des poursuites, l’Église où il exerçait autrefois a reconnu les faits par écrit. La CBS avance deux arguments pour justifier son refus de tenir une liste des prédateurs sexuels : 1. Chacune des Églises membres…ect.

C'est comme l'inquisition calviniste d'après la loi-code de Calvin, qui était similaire à celle du Sinaï:
Peines de mort à volonté!
Et il n'y a pas plus d'esprit que donne la vie; il y a seulement la lettre qui tue disait un prêtre§

L'église catholique a fait beaucoup de fois " MEA Culpa " par contre rien du côté des réformés ...Et les autres?

C'est une volonté que les protestantes veulent sciemment , éviter ces cruelles vérités...



images/icones/neutre.gif  ( 861190 )A n'en pas douter par André (2019-02-03 18:45:01) 
[en réponse à 861181]

Dans le monde protestant francophone, il y un pasteur-psychothérapeute connu (un baptiste, justement) qui s'appelle Jacques Poujol et qui a écrit plusieurs bouquins sur le sujet.

De ce que je comprends, un cas assez classique serait le pasteur qui abuse de sa propre fille et l'emprisonne ainsi doublement vis-à-vis de sa famille et de la communauté.

Et puis comme dans tout milieu associatif, il y a aussi des abus qui peuvent être commis par des laïcs en mission pastorale. Chez les témoins de Jéhova c'est endémique et il y a une volonté farouche d’étouffer systématiquement: il existe un documentaire sur le sujet, "les sales du royaume".
images/icones/neutre.gif  ( 861201 )évidemment et vous donnez vous-même la réponse par Luc Perrin (2019-02-03 21:05:07) 
[en réponse à 861180]

La diffamation est un délit aux USA comme chez nous : peu poursuivie cependant il faut le reconnaître. Ainsi l'accusatrice affabulatrice Christine Blasey-Ford qui a prétendu que le juge Kavanaugh l'avait violée, sans preuve - contre les témoins cités - et en se contredisant comme en multipliant les imprécisions, n'a pas été poursuivie ni jugée. 83 plaintes avaient été déposées contre le juge, toutes ont été annulées par les tribunaux depuis. Les accusatrices que sont-elles devenues ?

Il est bien ici précisé que ces accusations sont jugées crédibles soit à la suite d'un jugement, soit d'un aveu, soit d'une accumulation de faits concordants.

Même pour le cas de prêtres décédés, les familles peuvent se pourvoir en justice si elles jugent qu'il y a diffamation.

Enfin il y a un contexte :
- aux USA, le perte de crédit des évêques est immense: devant l'inaction imposée par le Pape en novembre 2018 et consentie par 70% des évêques par vote, je suppose que c'est un moyen de tenter de se dédouaner de cette impuissance volontaire et complice
- au Texas le cardinal-archevêque de Houston est le cardinal DiNardo, président sans consistance de l'USCCB. Il est lui-même sous le coup d'une enquête du procureur de l'État et ses bureaux ont été perquisitionnés par la police fin 2018
- fin février une réunion parodique a été prévue à Rome pour escamoter la question et le Pape a déjà prévenu qu'il ne fallait pas en attendre grand chose : avec Cupich aux commandes c'est évident.

Bref les évêques texans doivent s'inquiéter pour leurs finances à terme et tentent de redorer un peu leur blason bien terne.