Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 860541 )le néo-catholicisme est-il une forme d'anglicanisme ? par Luc Perrin (2019-01-22 19:01:55) 

Je soumets cette réflexion à la sagacité des liseurs : cette idée me trotte dans la tête depuis l'annus horribilis 2018 au moins.

Des éléments sont présents dans le catholicisme avant 2013 mais il me semble, certains seront en désaccord sur ce point mais ce n'est pas le débat, que le magistère de Vatican II et post-conciliaire jusqu'à 2013 a défendu une herméneutique de réforme dans la recherche de continuité, en rejetant frontalement et de façon répétitive l'herméneutique de rupture (ceci vaut pour Paul VI, Jean Paul II et Benoît XVI l'allocution du 22 décembre 2005 du dernier ayant formalisé cette orientation).

Une fois encore, ce n'est pas sur cette question largement débattue depuis 40 ans que j'attends vos réactions et propositions.

La dérive "anglicane" moderne - on n'en est plus aux 39 Articles du XVIe -, de l'anglicanisme-épiscopalisme tel qu'il est devenu depuis les années 1970, me paraît caractériser l'herméneutique de rupture actuelle dominante à Rome.

La Communion anglicane en Occident - pas en Afrique - a fait le choix de rallier par étapes les courants prépondérants au sein du libéralisme occidental :
- débat autour du ministère féminin : diaconesses (1987) puis ministres ("prêtresses" en 1994) puis évêques (2014) pour l'Église d'Angleterre
On sait que cette approche a été constamment reprise par les libéraux catholiques depuis les années 1980. Elle est reprise pour la 1ère étape par l'actuel Pontife.

- débat autour de l'homosexualité pour accepter le ministère puis l'épiscopat d'abord pour les candidats homosexuels mais chastes puis pour les candidats vivant en couple : c'est parti de l'Église épiscopalienne américaine. Suivant les Églises locales, on y est parvenu.

- une approche ouvertement moderniste - au sens théologique - quant à la lecture de la Bible. On le voit à l'oeuvre dans le catholicisme au sein des chercheurs en exégèse depuis des décennies.

- une teinture "chrétienne" très sécularisée comme apport aux "valeurs" (qui en fait n'existent que comme des données temporaires en libéralisme) des cultures occidentales séculières libérales.

- une doctrine sociale qui garde l'anti-libéralisme traditionnel dans ses formulations mais qui, en pratique, se satisfait de l'économie libérale version Thatcher-Reagan qui se déploie depuis les années 1980. Laudato Si entre bien dans cette continuité doctrinale mais en pratique, c'est la Papal Foundation de McCarrick-Wuerl, les organes du catholicisme social se sont considérablement affaiblis en Occident. La revendication du "social justice" si combattue aux USA par les milieux catholiques les plus sûrs et orthodoxes tient au fait que cette "social justice" a été "anglicanisée" elle aussi et revient aujourd'hui au féminisme, au multiculturalisme sans frein ni mesure, aux théories du genre les plus farfelues (hystérie sur les transgenres actuelle aux USA).
Sur ce point, le Pape régnant a gardé des attaches avec la D.S.E. classique avec son soutien pour le régime national-communiste du Vénézuela et une méfiance envers l'hyper-libéralisme américain.

- dernier point, la faveur plus apparente que réelle donnée à une vision ecclésiologique kaspérite : la doctrine pourrait varier, comme au sein de la Désunion anglicane, d'un continent à l'autre, d'une conférence épiscopale à l'autre, d'un diocèse à l'autre. Non plus des variations dites "pastorales" mais des lectures doctrinales qui impliquent des pastorales divergentes. Le cardinal Kasper avait apostrophé les prélats africains au Synode de 2014 leur disant qu'ils n'avaient pas à se mêler des affaires européennes. Si "brillantes" il est vrai ...

Au final on aurait une étape de plus dans le grand compromis entre la foi et la Modernité, par un affadissement du sel évangélique, affadissement qui conduit et conduira à une situation de type anglican : désertion des églises, abondance de "vocations" dans les secteurs les plus hétérodoxes (féministes et homocléricaux), dissolution de l'emprise sociale au sein des sociétés, fracturation institutionnelle de plus en plus marquée d'une région à l'autre.

Il y a des différences, je n'établis pas une stricte équivalence, mais il me semble que le néo-catholicisme actuel va dans cette direction.
Qu'en pensez-vous ?
images/icones/neutre.gif  ( 860544 )vers un éclatement catholique ? par Mandrier (2019-01-22 19:36:58) 
[en réponse à 860541]

Votre analyse est convaincante mais va-t-on alors vers un éclatement à l'anglicane de deux (ou trois) églises catholiques qui n'ont plus grand chose à se dire ?

Ce qui est étonnant c'est que cette source d'inspiration n'engage pas les responsables de cette dérive à l'anglicane à en juger les fruits avec 40 ans d'expérience. La pratique dans le monde anglican et épiscopalien est encore plus catastrophique que chez les catholiques et celui-ci est très largement grignoté par les évangélistes, tandis que les conservateurs coupent les ponts avec les autorités historiques. Surtout, si l'idée est d'épouser le monde pour gagner en crédibilité, il suffit de regarder l'Angleterre pour voir que, au contraire, l'Église anglicane ne pèse plus grand chose dans un pays pourtant non laïque comme la France et ne protège en rien les chrétiens qui sont parfois persécutés pour leurs opinions déviantes du libéralisme sociétal ou tout simplement parce qu'ils affichent leurs convictions.
images/icones/neutre.gif  ( 860561 )pas forcément par Luc Perrin (2019-01-22 22:01:59) 
[en réponse à 860544]

je pense, mais ?, que le Pontife régnant, malgré une déclaration sur un possible schisme dont il serait la cause une fois, le Pontife donc cherche à garder les diverses pièces du puzzle catholique dans la même "boîte".

La Désunion anglicane a limité jusqu'à présent par de multiples moyens canoniques un éclatement qui a menacé à plusieurs reprises. L'Afrique a obtenu une autonomie, des paroisses et des diocèses acceptent les ministères féminins et homosexuels ou les refusent : de nombreux mécanismes d'une plomberie sophistiquée ont été imaginés pour faire tenir ensemble les contraires.

Rome peut jouer, elle le fait comme dans les années 1960-1970, sur la culture papimane : elle s'est beaucoup érodée mais elle n'a pas disparu, nous en avons des exemples périodiques sur le FC. C'est un atout que Cantorbéry n'a pas.
L'éclatement officiel n'est donc pas sûr mais l'écart entre un Vigano, un Burke et un Cupich ou un Paglia, déjà considérable, ne peut que s'accroître.

Je pense aussi à un processus de "crise" sur du long terme comme celle du XV-XVIe qui a débouché sur le redressement tridentin. Le pontificat bergoglien, même s'il devait être de durée moyenne et rien ne le dit, sera sûrement suivi par un ou plusieurs autres de même orientation.

L'arche de Noé doit être réfléchie pour un voyage au long cours à moins que le saint Archange ne foudroie, façon orgues de Staline, une grande quantité de prélats et clercs corrompus.

A la grâce de Dieu, de cela nous ne savons rien.
images/icones/neutre.gif  ( 860547 )Le ver est dans le fruit depuis le XIXèmé siècle par Eti Lène (2019-01-22 20:35:32) 
[en réponse à 860541]

Cette dérive que vous décrivez et qui est de plus en plus palpable s'inscrit dans plusieurs faits qui en sont le principe:

- Faire les yeux de Chimène aux autres religions, comme si ces religions étaient vraies ("Ils tiennent pour vraies toutes les religions" dit Saint Pie X parlant des modernistes, et de fait ils les tiennent). Or si ces religions sont fausses elles ne peuvent mener au ciel ou du moins malgré elles.

- Il faut bien que si la tête est corrompue le reste du corps y passe, et c'est pour cela qu'il n'y a plus de problème pour toutes les choses que vous décrivez.

- Saint Pie X parle de l'athéisme comme aboutissement du modernisme. Seulement il est évident que l'homme ne peut se corrompre du jour au lendemain, et que des étapes sont nécessaires pour que la chute soit imperceptible. Il est donc normal de corrompre la morale avant la chute définitive.

De tout ce qui précède, il est de plus en plus évident que la seule attitude deviendra celle de se couper de cette corruption. Cela passe aussi par un renoncement à l'obéissance, certes confortable, mais qui devant cet état de faits, devient impossible si on veut aller au ciel. Du moins si la réalité du monde et de ce que Jésus enseigne a encore un sens. Or ce sens c'est la réalité objective, indépendamment de qui nous sommes, aussi palpable que l'existence des choses.
images/icones/coeurbrise.gif  ( 860950 )Votre tradition n'est pas celle de l'Eglise par BK (2019-01-29 20:17:21) 
[en réponse à 860547]

Saint François de Sales, que l'on fête aujourd'hui, n'hésitait pas à écrire : "bienheureux ceux qui obéissent, car Dieu ne permettra jamais qu'ils s'égarent".
images/icones/ancre2.gif  ( 860550 )Je l'avais bien dit ! par Paterculus (2019-01-22 20:59:51) 
[en réponse à 860541]

C'était .

Bon, sérieusement, je suis bien d'accord avec vous et votre analyse.

Les anglicans se disent "communion anglicane" et je crois que le Souverain Pontife verrait d'un bon œil l'Eglise catholique s'effilocher en diverses Eglises particulières en communion sans lien hiérarchique.
La décomposition de la doctrine que vous décrivez pourrait ainsi aller plus ou moins vite selon les circonstances de temps et de lieu.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 860553 )Oui cher Luc par Aigle (2019-01-22 21:09:43) 
[en réponse à 860541]

Je crains que vous n'ayez raison.
images/icones/bravo.gif  ( 860555 )Selon moi par Aigle (2019-01-22 21:19:19) 
[en réponse à 860553]

Une petite analyse perso qui ne vaut que ce qu'elle vaut.

1- l'Eglise d'Angleterre est soumise au pouvoir politique par sa nature même. Elle adhère donc aux valeurs profondes des dirigeants politique : la Couronne et l'empire hier, les médias et les droits de l'homme écologiques aujourd hui ...elle ne conçoit même pas de se différencier du discours dominant de peur de perdre son identité ...

2- les néo catholiques arrivent au même résultat par un chemin largement différent : ils ne sont pas une Église officielle mais aspirent à convertir leurs contemporains en les séduisant et en leurs faisant croire qu'ils sont des Chrétiens sans le savoir. Vous militez contre le réchauffement climatique ? Excellent vous pensez comme le Pape ...vous êtes donc catholiques sans le savoir...vous êtes contre la peine de mort ? Idem...vous êtes contre la faim dans le monde, pour l'immigration ou contre la guerre atomique ? Idem...

Ce chemin est validé par un autre phénomène : la Charité évangélique est réduite à l'universelle gentillesse sans contenu contraignant ...et converge donc avec l'esprit de molle tolérance qui caractérise la pensée dominante (sauf quand elle se déchaîne contre l'extremisme...évidemment).
images/icones/neutre.gif  ( 860557 )oui Aigle le néo-jésuitisme rahnérien par Luc Perrin (2019-01-22 21:46:21) 
[en réponse à 860555]

tend à cela. On retrouve l'idée du MASDU de feu l'abbé de Nantes.

Au fond c'est le "consensus" des élites "politiquement correct", libéral radical, que le néo-catholicisme cherche à rejoindre pour s'y insérer.

Dans la dimension anglicane/épiscopalienne, religion des élites surtout, par rapport au MASDU, on a le ritualisme, une hiérarchie, un ersatz de spiritualité complètement dévitalisée.

Un peu comme si le Christ avait voulu être un pharisien parmi les autres, un Grand prêtre honoré par Pilate et Hérode.

La crise phénoménale de l'épiscopat américain, avec ses nombreuses ramifications à Rome, comporte une dimension "épiscopalienne" : McCarrick puis Wuerl, dans une moindre mesure O'Malley, maintenant Cupich ont milité pour un alignement sur l'establishment politique "Rep-Dem" (les Répucrates, ceux qui en étant soit républicains, soit démocrates font à 90% la même politique pro-choice, libérale etc.).
McCarrick fut le porte-voix des évêques américains qui refusaient les orientations romaines d'alors de confrontation avec les politicien-nes nominalement catholiques et disposés à donner la communion sans rien dire à des militants pro-avortement etc.

Un catholicisme si inséré dans le "mainstream", si insignifiant, si loin du Christ chassant les marchands du Temple qu'il en a perdu sa raison d'être.
La décatholicisation accélérée des Américains depuis 20 ans - les chiffres ont augmenté un temps uniquement par l'arrivée de nouveaux migrants latinos, nouveaux venus qui soit perdent la foi soit se font attraper par les groupes néo-pentecôtistes - a été masquée mais elle est réelle.
L'effondrement intellectuel des soi-disant "universités catholiques" aux USA vaut celui de l'ex Université catholique de Leuven. C'est un signe de la dévitalisation en profondeur.
images/icones/hein.gif  ( 860574 )Une réserve peut être ? par Aigle (2019-01-23 07:49:26) 
[en réponse à 860557]

L'eglise d Angleterre (comme la monarchie britannique) camoufle son vide intérieur abyssal par des formes prestigieuses alors que les néo catholiques sont tentés par une pseudo pureté et une pauvreté plus proches des calvinistes.
images/icones/neutre.gif  ( 860588 )vous avez raison mais par Luc Perrin (2019-01-23 11:29:54) 
[en réponse à 860574]

les anglicans/épiscopaliens ne sont pas tous "ritualistes" : il y a une tendance très dépouillée, de marque calviniste aussi parmi eux. Les méthodistes par ex. qui sont issus de cette famille et y sont à nouveau associés ne sont pas "Pomp and circumstance".

Ceci posé, le modernisme doctrinal le plus extrême cohabite souvent chez les anglicans avec le maintien de formes rituelles, de titres, de vêtements cléricaux assez traditionnels.

Le néo-catholicisme se range plutôt dans le panorama confessionnel chrétien du côté du maintien de formes plus amples que les protestants radicaux qui pratiquent un dépouillement strict. Pour le moment, ils gardent encore le pape, les évêques, pour le moment.
Mais votre remarque est très pertinente.
images/icones/bravo.gif  ( 860634 )C'est exact par Aigle (2019-01-23 21:25:52) 
[en réponse à 860588]

Je ne pensais pas au courant low Church qui finalement ne cache pas son jeu en effet.
images/icones/livre.gif  ( 860632 )Parallèles troublants par Peregrinus (2019-01-23 21:18:11) 
[en réponse à 860541]

L'anglicanisation me semble effectivement l'un des périls qui guettent l'Eglise, ou plus exactement, l'un des résultats malheureux que risquent de produire les dérives actuelles.

Je reproduis ci-dessous quelques extraits d'un ouvrage sur l'histoire de l'Eglise anglicane (E. R. Norman, Church and Society in England (1770-1970). A Historical Study, Clarendon Press, Oxford, 1976), d'autant plus intéressant qu'il est presque contemporain de certains faits qu'il évoque.


Beaucoup de radicaux d’Eglise crurent qu’ils tiraient leur nouveau radicalisme de leurs études théologiques, mais, comme toujours, l’influence s’exerçait en sens inverse – les études bibliques ont été adaptées de manière à correspondre exactement aux canons moraux de l’humanisme contemporain et de la « culture de la jeunesse » de cette époque. Cela montre également à quel point les principaux penseurs de l’Eglise étaient liés à la société contemporaine, à quel point ils étaient intégrés à l’intelligentsia. Mais après 1960, comme il arriva, les valeurs intellectuelles en vogue promurent une rupture avec la société et ses institutions. Les défenseurs [u radicalisme] parlèrent d’un refus d’accepter des solutions simplistes, de leur rejet des orthodoxies, de « pluralisme » et d’ « ouverture ». Mais en réalité, leurs positions constituèrent une nouvelle orthodoxie libérale – acritique vis-à-vis de son acceptation essentielle des principaux canons de l’humanisme laïc. […]
La séparation de la minorité radicale par rapport aux positions de la plupart des hommes d’Eglise a en fait mené à une situation dans laquelle il est possible de parler de « deux christianismes ». L’expression a été utilisée par le chanoine David Edwards à propos de la Conférence des chefs d’Eglise tenue à Birmingham en septembre 1973. « Conservateurs et radicaux semblaient avoir des conceptions irréductiblement différentes de l’Eglise », notait-il. « L’affrontement théologique mis au jour a été un affrontement entre deux christianismes. » Edwards définit également deux psychologies religieuses – « une psychologie d’ouverture, à l’appui d’une théologie aventureuse », et une « psychologie de révérence et d’humble étude, à l’appui d’un système doctrinal ». (p. 416-417)



Un autre thème connu : le triomphalisme.


Les radicaux ne semblaient pas conscients du point auquel leurs positions étaient devenues l’orthodoxie dans l’élite académique : ils préféraient se voir eux-mêmes comme enfermés dans une bataille contre l’ « establishment » et ses manières de penser. [...]
On constatait partout l’influence de Tillich et de Bonhoeffer ; le rejet du « triomphalisme » ; le désir de prouver la pertinence de la moralité laïque par des instruments d’analyse favorables. (p. 421)



Le passage à l'éthique de situation :


La « nouvelle morale » a été étroitement liée à la « nouvelle théologie ». Il est intéressant de noter que la plupart des défenseurs de l’ « éthique de situation » ont attaqué l’Eglise pour avoir excessivement insisté dans le passé sur la morale sexuelle et pour avoir ainsi encouragé une « déviation chrétienne largement répandue qui fait de la sexualité l’équivalent du péché » (Howard Root, « Ethical Problems of Sex », dans God, Sex and War, Londres, 1963). Et pourtant, eux aussi ont appliqué leur « éthique de situation » exclusivement au comportement sexuel. On a beaucoup écrit sur la nécessité d’abandonner les approches « légalistes » de la morale, de traiter le peuple comme « responsable » et « adulte » : pourtant aucun de ces penseurs n’a suggéré, par exemple, qu’un « homme parvenu à l’âge » pourrait être autorisé à exercer sa propre responsabilité dans des questions morales telles que la discrimination raciale ou la peine capitale. L’ « éthique de situation » n’a en réalité jamais été appliquée à la morale sociale ; en revanche elle a été appliquée d’une manière plutôt exhaustive à la morale sexuelle, à la sphère « privée », où les hommes sont censés être suffisamment responsables pour exercer l’intendance sur le corps des autres sans avoir besoin d’inhibitions légales. « L’obsession pour la sexualité frappera probablement les futurs historiens comme l’une des caractéristiques les plus remarquables de notre époque » (R. H. Fuller et B. K. Rice, Christianity and the Affluent Society, Londres, 1966). (p. 427-428)



Il me reste encore beaucoup de passages significatifs ; mais cela ferait beaucoup pour un seul message.

Peregrinus

images/icones/neutre.gif  ( 860635 )merci ou thank you so much par Luc Perrin (2019-01-23 21:30:10) 
[en réponse à 860632]

vous apportez de l'eau des Highlands à mon petit moulin sur le Tibre.
images/icones/1b.gif  ( 860644 )La Tamise se jette dans le Tibre par Peregrinus (2019-01-24 08:36:36) 
[en réponse à 860635]

Le moins qu'on puisse dire est qu'il en a résulté pour Rome beaucoup de pluie (et pas celle que l'Ecriture associe au don de Dieu) et surtout de brouillard doctrinal, disciplinaire, spirituel et moral.

Voici quelques autres passages du même livre.

Sur le ralliement préventif au sécularisme :


Les universitaires ecclésiastiques, en raison de leur révérence pour les valeurs intellectuelles, ont eu tendance à accepter de manière non critique les analyses sécularistes, et se sont joints à la proclamation générale de la société sécularisée. Cependant la société anglaise avait été « sécularisée » depuis longtemps – au moins dans le sens où des Anglais ordinaires étaient réticents à se rendre à l’église ou à se regarder comme « religieux » dans le sens habituel du terme. Mais la masse de la population anglaise continue à se regarder elle-même comme chrétienne, et c’est une considérable injustice qui est faite à leur sensibilité, lorsque des hommes d’Eglise méprisent leurs instincts religieux plutôt imprécis comme trop dilués pour être pris en considération. L’acceptation de la société comme « sécularisée » est réaliste dans le sens où la référence publique à la sanction ou à la moralité religieuse est devenue inhabituelle ; mais ce critère pourrait ne pas être adéquat. […] Dans ces années, 66% de la population recevaient le baptême anglican, et si l’on y ajoute les rites d’initiation des autres Eglises chrétiennes, on parvient à un chiffre supérieur à 88%. (p. 424)



Sur l'échec des conservateurs :


La théologie radicale est essentiellement une boutique où l’on parle, elle se développe à l’écart du monde réel de l’expérience paroissiale ; elle est intellectuelle, non pratique. [...]
Mais les conservateurs manquaient de chefs, et, à cause de leur nature même, de la volonté de s’organiser et de diffuser leurs vues sur le christianisme à l’intérieur de l’Eglise. (p. 435)



Sur le triomphe des libéraux :


Les discussions sur l’attitude de l’Eglise d’Angleterre face au mariage et au divorce ont fourni le plus fréquemment aux « situationnistes » l’occasion de voir leurs vues adoptées par le gouvernement de l’Eglise. Après une décennie de discussion, le sujet demeura ouvert (1974). Mais l’avancée des positions libérales peut être mesurée par les arguments utilisés dans le débat développé à travers les années. (p. 438)



Peregrinus
images/icones/union-jack.png  ( 860889 )M. l'abbé Richard Cipolla vous répond par Gaspard (2019-01-28 18:36:01) 
[en réponse à 860541]

Le blog Rorate-Coeli a traduit votre question (dubium) et publie la réponse de M. l'abbé Richard Cipolla, qui débute ainsi :

(...) I must confess that I have more than a little interest in the question [professor Luc Perrin] poses, since I am a former Episcopal priest who became Catholic and was ordained a Catholic priest 35 years ago.



Réponse à Luc Perrin sur le blog rorate-coeli (en anglais)