Le Forum Catholique

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images/icones/3b.gif  ( 859891 )Contradiction profonde du dialogue inter religieux par Aigle (2019-01-13 18:55:24) 

Au risque d être un peu simpliste, je vois dans le dialogue inter religieux une contradiction profonde.

Les catholiques ouverts vers l autre sont en effet ouverts vers des religions dont ils ne semblent absolument pas mesurer que les dogmes, les pratiques et l éthique sont souvent très éloignées des dogmes, des pratiques et des prescriptions morales promues par les tenants du nouveau paradigme. Voire leurs sont quasiment contraires.

Par exemple comment promouvoir le dialogue avec l Islam et dans le même temps condamner la peine de mort, etc ...

Et les mêmes qui se réjouissent de leurs échange avec les musulmans se refusent quasiment à dialoguer avec les traditionalistes ?

images/icones/fleche2.gif  ( 859892 )Vous avez tout compris par Jean-Paul PARFU (2019-01-13 20:17:44) 
[en réponse à 859891]

Ce dialogue est donc un mensonge.

Il correspond à l'esprit de ceux qui sont pour le féminisme, pour l'homosexualité et en même temps pour l'immigration et l'islam.

En réalité, la position de ces gens s'explique par l'anti-christianisme et l'immense vague qui nous vient de l'humanisme, de la Réforme, de l'esprit des Lumières, de la Modernité anti-chrétienne, et plus spécialement, anti-catholique de manière générale et selon laquelle, :

1) il faut être immoraux parce que l'Eglise est pour la morale ;

2) il faut être avec tous ceux qui s'opposent à l'impérialisme blanc.

3) et ceci, quoiqu'il en coûte et donc même s'il y a contradiction entre ces objectifs. L'important est de combattre l'Occident chrétien. Cela s'appelle de la bêtise et de la méchanceté et de la trahison !

Cette haine de soi n'existe qu'en Occident.
images/icones/fleche2.gif  ( 859902 )Le "dialoguisme" ne se réduit pas à de l'anti-occidentalisme. par Scrutator Sapientiæ (2019-01-14 06:53:44) 
[en réponse à 859892]

Bonjour Jean-Paul PARFU,

Je ne suis pas sûr que vous soyez nuancé.

Que je sache, Jean-Paul II, qui a été LE pape du dialogue interreligieux, en ce qu'il a été le premier pape qui s'est consacré aussi pleinement au dialogue interreligieux, au point d'aller, dans cette direction, infiniment plus loin que Paul VI, n'était ni pour le féminisme, ni pour l'homosexualité, ni pour l'immigrationnisme, ni pour l'islam.

Par ailleurs, ce n'est pas parce que les courants "anthropologico-civilisationnels" que vous citez ont précédé l'apparition du "dialoguisme" qu'ils ont tous contribué, d'une manière équivalente et intentionnelle, à son apparition ultérieure, dans l'histoire du christianisme et dans celle l'Occident.

Le "dialoguisme", me semble-t-il, est à la fois anti-impérialiste et anti-occidentaliste (ou anti-suprémaciste et anti-triomphaliste), depuis les débuts de la décolonisation, juste après 1945, mais il ne se réduit pas à cela.

Le "dialoguisme" découle aussi de l'adhésion de bien des clercs à telle philosophie de la religion et à telle théologie relative aux religions non chrétiennes qui tendent à légitimer, à valoriser, un genre ou une sorte de "panchristisme postmoderne", comme on le voit chez Jean-Paul II.

Ce "dialoguisme" est la conséquence d'une actualisation, ou plutôt la résultante d'une extrêmisation, souvent aussi imprécise qu'imprudente, de ce que l'on a appelé la "théologie de l'accomplissement", que l'on trouve chez Daniélou et de Lubac.

Si j'étais sévère, je dirais que c'est la moindre des choses qu'une arnaque intellectuelle ait débouché sur une utopie relationnelle, mais ce n'est pas parce que, dans ce domaine, nous sommes souvent en présence d'une arnaque et d'une utopie que l'une et l'autre découlent avant tout, ou seulement, de la haine de soi ou de la honte de soi que vous décrivez.

Croyez-vous que les penseurs et les acteurs, présents dans le débat public, qui s'en remettent le plus à cette haine de soi ou à cette honte de soi, aient avant tout besoin (ou envie !) de prendre appui sur l'un ou l'autre des éléments constitutifs de l'histoire de notre civilisation (ou de notre décivilisation...), ou sur telle philosophie de la religion et sur telle théologie des religions non chrétiennes, pour pouvoir s'exprimer comme ils le font ?

Je crois pour ma part que nous sommes ici en présence de phénomènes, tels que le festivisme narcissique et le globalisme nihiliste, qui me font penser à une "idéologie" à la fois anti-intellectualiste et philo-adolescentiste, qui a commencé à se déployer à partir du début des années 1980, notamment dans le cadre de "l'anti-racisme".

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/1a.gif  ( 859950 )Quelques nuances par Arthur (2019-01-14 18:15:58) 
[en réponse à 859892]

L'humanisne n'est pas anti-catholique loin de là il suffit de lire More et Erasme.
Pour ce qui est de la haine de soi je pense qu'au contraire elle est très répandu en Afrique, au Moyen Orient et aux Amériques. Voyez le complexe d'infériorité qu'ont ces autres peuples vis à vis de l'occident. Ils ne se définissent que par rapport à la civilisation occidentale.
images/icones/fleche2.gif  ( 859900 )Ce n'est pas une contradiction, puisqu'elle est "bien intentionnée". par Scrutator Sapientiæ (2019-01-14 06:12:29) 
[en réponse à 859891]

Bonjour Aigle,

Avec les années, j'ai acquis la conviction suivante : du point de vue des partisans et des promoteurs du dialogue interreligieux, la contradiction que vous pointez du doigt n'est pas une contradiction, ou, en tout cas, n'est pas une contradiction dramatique, puisqu'elle est "bien intentionnée".

Après tout, en d'autres temps, il s'est bien trouvé des clercs catholiques qui étaient à la fois non opposés à la conception libérale de la liberté religieuse et non opposés à la montée en puissance du communisme...

Or, si le communisme l'avait emporté, que serait devenue la conception libérale de la liberté, notamment en matière religieuse, et que seraient devenus les partisans de la conception libérale de la liberté ?

En fait, bien des catholiques qui se consacrent au dialogue interreligieux

- ne sont pas avant tout en dialogue avec telle ou telle religion non chrétienne, telle qu'elle se manifeste réellement,

mais

- sont avant tout en dialogue, le plus souvent acritique (c'est-à-dire en pactisation et en partenariat),

a) avec telle philosophie non réaliste de la religion,

et

b) avec théologie catholique, plus ou moins post-exclusiviste, relative aux religions non chrétiennes.

Dans le meilleur des cas, ou dans le moins mauvais des cas, cet abandon amoureux collectif de ces catholiques, en présence de tel courant de pensée philosophique propice à de l'idéalisme, à de l'immanentisme, à de l'inclusivisme, à de l'inductivisme, à de l'intersubjectivisme ou à du phénoménologisme, en présence des religions non chrétiennes, débouche sur une certaine forme de consensualisme, dans le domaine de la morale.

Et dans le pire des cas, ou dans le plus mauvais des cas, ce phénomène d'abandon amoureux collectif des mêmes catholiques, en présence de l'un ou l'autre de ces courants philosophiques, débouche sur un certain type de confusionnisme, dans celui de la religion.

Je viens d'essayer de vous apporter quelques éléments de réponse, et je termine ce message en vous précisant que, d'une manière générale, et que l'on soit ou non un catholique traditionnel, il est difficile de dialoguer, dans l'acception non "conciliaire" de ce terme, avec des personnes qui considèrent grosso modo que plus on essaie d'être réaliste, sur un certain nombre de sujets (en politique, en religion, etc.) et plus on s'expose au risque de ne pas avoir "un regard d'amour" et à celui de ne pas tenir "un discours d'amour", en l'occurrence en direction des croyants non chrétiens.

Ce qui est souvent exclusivement sentimental s'est substitué à ce qui devrait pouvoir être toujours essentiellement théologal.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 859971 )Oui mais par Aigle (2019-01-15 05:47:58) 
[en réponse à 859900]

Merci cher Scrutator pour votre réponse.

Je suis d'accord avec vous sauf sur ceci :

"Dans le meilleur des cas ... cet abandon amoureux collectif de ces catholiques, en présence des religions non chrétiennes, débouche sur une certaine forme de consensualisme, dans le domaine de la morale."

Il me semble au contraire que les dialoguistes laissent absolument de côté les questions morales car ils auraient tendance à promouvoir dans l'Eglise un laxisme éthique très éloigné des règles morales traditionnelles qui dans les autres religions sont au moins aussi strictes que celles de la morale catholique traditionnelle.

La répudiation admise par l Islam et le judaïsme , par exemple, est certes différente du mariage catholique indissoluble mais très très éloignée du divorce par consentement mutuel de notre législation laïque et qui est plus ou moins la référence implicite des catholiques "nouveau style" ( style AL).
images/icones/1b.gif  ( 859904 )À mon avis, non pas contradiction du dialogue inter-religieux par BK (2019-01-14 08:28:22) 
[en réponse à 859891]

mais contradiction des gens qui 'font' du dialogue inter-religieux.

Cela dit, ce n'est pas plus incohérent que de refuser la liberté au nom de la liberté, de se dire catholique contre le pape, ou d'expliquer qu'il faut un grand débat libre mais excluant certains sujets.