Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=858906

( 858906 )
Zachée et vous par XA (2018-12-20 20:50:44)
Chers liseurs,
Dans le cadre d’une réunion
Domvs, il nous a été donné de réfléchir sur la conversion de Zachée.
Le personnage était assimilé dans mon esprit aux jeunes années de mon catéchisme. J’en conservais l’idée d’un drôle de personnage que l’on m’avait appris à dessiner, minable, en haut de son sycomore.
Cette
lectio divina m’a appris à connaitre un personnage
attachant, bien au-delà de ce piètre collecteur d’impôts à la sauce
macronienne prête à faire se lever une foule de gilets de toutes les couleurs.
Je me demandais si le personnage réveillait en vous quelque souvenir de catéchisme ou pas du tout. Et quoi qu’il en soit ce que vous retiriez de ce passage d’évangile (Lc 19, 1-10), que je soumets à votre (re)lecture :
1 En ce temps-là,
Jésus, entré dans Jéricho, traversait la ville. 2 Or il y avait un homme appelé Zachée ;
c’était un chef de publicains, et il était riche ; 3 il cherchait à voir qui était Jésus,
mais il ne pouvait pas à cause de la foule,
car il était de petite taille.
4 Alors il courut en avant,
et il monta sur un sycomore pour voir Jésus,
qui devait passer par là. 5 En arrivant à cet endroit, Jésus leva les yeux et le vit.
Il lui dit :
« Zachée, descends vite :
aujourd’hui il faut que je demeure dans ta maison ». 6 Vite, il descendit, et il le reçut avec joie.
7 En voyant cela, tous murmuraient et disaient :
« Il est allé loger chez un pécheur ! » 8 Mais Zachée, debout, dit au Seigneur :
« Voici, Seigneur,
je vais donner aux pauvres la moitié de mes biens, et tout ce que j’ai pu extorquer,
je le rends au quadruple ».
9 Et Jésus lui dit :
« Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d’Abraham.
10 Car le Fils de l’homme est venu
pour chercher et pour sauver ce qui était perdu ».

( 858907 )
Zachée dans la Tradition par Jean-Paul PARFU (2018-12-20 21:57:10)
[en réponse à 858906]
A lire
ici
Votre réaction, très saine, prouve aussi que les prêtres devraient, lors de leurs prédications, davantage commenter les Evangiles ou l'Ecriture de façon plus générale.
Dimanche dernier, dans l'église que je fréquente, alors que l'Evangile du jour concernait St Jean-Baptiste et sa mission, l'un des plus beaux évangiles de la période de l'Avent, le prêtre s'est contenté de nous parler de 3 enfants qui allaient faire leur première communion.
Comme déjà indiqué sur le Forum, la prédication devrait se concentrer essentiellement sur l'Ecriture et non sur des évènements quotidiens ou de la morale un peu primaire.

( 858914 )
Parfu, changez d'air ! par baudelairec2000 (2018-12-20 22:34:17)
[en réponse à 858907]
si les sermons que vous entendez le dimanche dans votre église ne vous conviennent pas - ce qui, pour moi, dénote un esprit caractéristique de révolte contre le magistère le plus authentique - venez trouver refuge, mon cher Parfu, dans une de nos petites chapelles de Versailles. Je peux vous en fournir la liste et les adresses.
bonne fête de Noël à vous.
baudelairec2000

( 858925 )
Oui maître par Aigle (2018-12-21 12:17:45)
[en réponse à 858907]
Cher maître
C'est même une demande du concile Vatican II.
Résultat : en forme ordinaire les homélies sont aujourd hui des paraphrases vagues et insipides des lectures tandis qu en forme extra bien des prêtres font justement des sermons sans lien avec les lectures par esprit de contradiction. Il y a heureusement des exceptions.

( 858928 )
¨Oui Aigle ! par Jean-Paul PARFU (2018-12-21 13:12:01)
[en réponse à 858925]
Vous avez très bien résumé le problème.
Et après on s'étonne de la désaffection des fidèles ! Combien m'ont dit qu'ils n'allaient pas à la messe parce que les sermons étaient nuls. Ils ont tort : on doit, bien entendu, aller à la messe, même si les sermons sont nuls, car il y a la vertu de justice qui doit nous fait rendre à Dieu le culte qui lui est dû, sermon ou pas, bon sermon ou pas et il y a toute la vie de la grâce. C'est donc souvent une excuse facile, mais il y a quand même une réalité.
Il y a trois raisons au problème évoqué :
1) beaucoup de prêtres n'ont tout simplement pas le niveau ;
2) les autres prennent les fidèles pour des imbéciles, parce que les seuls fidèles qu'ils connaissent, qui les fréquentent, sont : a) les petites grenouilles de bénitier, et b) les nobliaux à chevalières qui pensent avoir le monopole de la relation avec le prêtre, prêtre qu'ils prennent un peu pour le chapelain du château ;
3) une dérive janséniste ou "jansénisante" qui tend à faire du christianisme une simple morale ou un puritanisme. Cette dérive est dangereuse parce qu'elle est une dérive, parce qu'elle est fausse et aussi parce qu'elle est difficile à combattre.
Fausse d'abord parce que le christianisme est d'abord une religion surnaturelle, parce qu'il invite d'abord à connaître et à aimer le vrai Dieu, la Ste Trinité, et non d'abord à ne pas pécher. Cette insistance sur la morale a aussi pour but d'avoir les fidèles sous contrôle.
Difficile à combattre ensuite, parce que les défenseurs du discours moral se font passer pour des super-catholiques, parce que, vous l'avez compris, lorsque l'on tient un tel discours, on est immédiatement suspecté de s'opposer à la morale, d'être immoral, etc ….
Au final, on a des fidèles qui ne connaissent pas le Nouveau Testament, notamment les épîtres, les évangiles et les actes des Apôtres, lesquels évangiles sont seulement plus ou moins discutés à l'occasion de cours de rattrapages, en semaine, pour fidèles assidus.

( 858937 )
C'est peut-être un peu plus compliqué... par Sacerdos simplex (2018-12-21 15:25:58)
[en réponse à 858928]
Et les causes sont peut-être un peu plus profondes.
Quels sont les objectifs ultimes que se propose le prédicateur ? Une vision surnaturelle des choses, en vue de l'éternité,
ou bien au contraire la foi est-elle au service du caritatif, de l'humaniste ? (...ce qui se conclue ordinairement par l'accueil de l'étranger, en passant par toute une liste de clichés : "des femmes et des hommes d'aujourd'hui..." ).
Prêtres qui n'ont pas le niveau ?
Cela dépend peut-être du niveau en quoi : à quel point de vue ?
Ils prennent les fidèles pour des imbéciles ? Non, je pense qu'il les prennent pour des gens qui ont de grosses lacunes en matière religieuse.
Peut-être veulent-ils, de temps en temps, passer pour brillant orateurs ? Possible.
les seuls fidèles qu'ils connaissent, qui les fréquentent, sont : a) les petites grenouilles de bénitier, et b) les nobliaux à chevalières qui pensent avoir le monopole de la relation avec le prêtre, prêtre qu'ils prennent un peu pour le chapelain du château ;
Gardez-vous de juger et de mépriser les "grenouilles de bénitier", nous n'avons pas à les juger, peut-être certaines vous semblent telles alors qu'aux yeux de Dieu il en va différemment. Quant aux nobliaux à chevalières, ils sont à mon avis d'un nombre pas du tout significatif (hormis Versailles et deux ou trois banlieues de ce genre) - mais vous semblez faire une fixation sur eux.
Insistance sur la morale ? En dehors de l'accueil de l'étranger et du plus faible, je ne crois pas que les prédicateurs en parlent beaucoup ni souvent. Et en lisant votre réaction, on peut se dire qu'ils n'en ont pas parlé de manière suffisamment explicite, explicative.
"On" répète en boucle que l'Eglise ne parle "que" de certains sujets de morale, mais je n'en ai pas entendu parler en chaire depuis des décennies !
Ou alors vous choisissez exprès vos lieux de culte ?...
Quant à moi, j'essaye de ne pas prendre un ton de grand orateur, je prends un ton normal, souriant (avec un discret zeste d'humour), et j'explique un maximum de choses, avec des comparaisons aussi claires que possible. Et les gens comprennent. Et ils apprécient ou non, ça c'est un autre problème : comme dit Dieu à un de ses prophètes,
"annonce ma parole, qu'ils écoutent ou qu'ils n'écoutent pas". "Et ne tremble pas devant eux, sinon c'est moi qui te ferai trembler."

( 858942 )
Oui Monsieur l'abbé ! par Jean-Paul PARFU (2018-12-21 16:55:29)
[en réponse à 858937]
Vous avez raison : je vise plutôt un certain milieu tradi, tandis que votre expérience est celle du prêtre dans une paroisse "normale" et de prêtres diocésains qui ont parfois tendance à répéter dans leurs sermons les discours à la mode.
En tout état de cause, et je ne dis pas cela par politesse, je ne vous vise pas vous, car je suis certain que vous prêchez très bien !

( 858960 )
N'exagerons rien par Aigle (2018-12-22 08:21:00)
[en réponse à 858928]
Cher maître
La fréquente médiocrité des homélies ordinaires m'a été expliquée par un évêque : volonté du prêtre ordinaire post concile (plutôt de gauche, moderniste) de ne pas choquer des fidèles restés pré conciliaires. D'où un discours mou.
Elle peut s expliquer aussi par une formation peu rigoureuse dans les séminaires qui ne prédispose pas à un langage clair et cohérent.
Chez les tradis, la qualité de l'expression est souvent excellente, reflet d'une pensée claire et d'une formation philosophique et littéraire de bonne qualité. Mais c'est un peu pour prendre le contre pied des orientations conciliaires que certains sermons s'éloignent (pas toujours) du commentaire d l'Ecriture pour devenir des conférences théologiques ou morales.
D'un autre côté comme les mêmes lectures reviennent chaque année, le commentaire deviendrait vite répétitif ...

( 858966 )
Conférences théologiques ? par Jean-Paul PARFU (2018-12-22 10:12:31)
[en réponse à 858960]
Ce serait bien !

( 858995 )
Exemple par Aigle (2018-12-23 16:07:33)
[en réponse à 858966]
Ce dimanche l'Evangile portait sur Saint Jean Baptiste et le sermon s'est centré sur les fins dernière et en particulier la description du Paradis.
Très bien. Mais sans lien avec les lectures .

( 858997 )
Je trouve que si par Meneau (2018-12-23 19:08:45)
[en réponse à 858995]
Les fins dernières ont un rapport évident avec l'Epitre non ?
Cordialement
Meneau

( 858977 )
Un point de vue lu dans Famille Chrétienne par Paterculus (2018-12-22 17:23:19)
[en réponse à 858907]
Famille Chrétienne avait publié au début de l'été un dossier sur la prédication.
Dans le numéro suivant a été publié le courrier d'un prêtre. Voici.
(...) Je pense qu'on ne doit pas opposer homélie et sermon. Une homélie est d'autant plus profitable qu'elle est davantage catéchétique : commenter l'Ecriture avec les mots de l'Eglise, de son catéchisme par exemple, est un bon moyen pour le curé de faire ce que l'Eglise lui demande dans le droit canon - instruire ses fidèles des vérités de la foi par l'homélie et le catéchisme (canon 528).
Par ailleurs on oublie fréquemment que l'homélie doit porter sur les textes de la messe, qu'ils soient scripturaires ou non. La Révélation ne se limite pas à la Bible, et un prêtre qui voudrait, par exemple, faire une homélie sur une préface ou une oraison serait parfaitement en conformité avec ce que l'Eglise demande. De même il peut faire une série d'homélies sur le Credo, sur le Pater, sur la prière eucharistique, etc.
Une précision : l'Eglise définit sa position sur le sujet de l'homélie aux paragraphes 65 et 66 de l'institution générale du missel romain (forme ordinaire, 2002). On y lit entre autres :
Sit oportet explicatio aut alicuius aspectus lectionum sacrae Scripturae aut alterius textus ex Ordinario vel Proprio Missae diei, ratione habita sive mysterii, sive peculiarium necessitatum auditorum.
C'est à dire :
Il faut qu'elle (l'homélie, ndt) soit une explication soit de quelque aspect des lectures de l'Ecriture Sainte ou d'un autre texte tiré de l'Ordinaire ou du propre de la messe du jour, compte tenu soit du mystère soit des nécessités particulières des auditeurs.
(Il s'agit sans doute du mystère célébré ce jour-là, lors des fêtes du Seigneur par exemple).
VdP

( 858910 )
Merci par Diafoirus (2018-12-20 22:23:50)
[en réponse à 858906]
à Domus.
Zachée m'a toujours ému.
Prions pour réagir comme lui à l'appel du Seigneur.
Mais ce n'est que tardivement que j'ai connu ce personnage, en me posant une question toute simple : qui sont les apôtres?
En cherchant on trouve.
Me Parfu a raison : un peu d'explication des évangiles serait très utile, pendant les sermons.Mais il ya tellement de choses à dire!
Merci cher XA de votre remarque.

( 858911 )
Dieu n'exige pas par Eti Lène (2018-12-20 22:27:28)
[en réponse à 858906]
Lorsque quelqu'un a manqué une messe le dimanche d'aller deux fois à la messe le dimanche suivant, alors même que manquer la messe sauf contrainte extérieure, est un manquement grave.
Au contraire Dieu exige que l'homme qui a volé restitue. Car Dieu peut plus pardonner à l'homme, et ne pas rendre reviendrait en fait à priver les hommes de pardon possible entre eux, car la justice entre les hommes précède la miséricorde alors que Dieu fait précéder sa miséricorde de sa justice tellement Il nous aime. À noter que Zachée ne rend pas seulement ce qu'il a pris mais en rend le quadruple car il a compris en voyant Jésus quˋimiter Dieu revient à être très généreux. Là où le péché a abondé la grâce surabonde. Le fait de voir la bonté de Dieu en un instant permet de tels prodiges car il n'est pas simple pour un homme de se défaire de sa fortune même mal amassée.

( 858916 )
[réponse] par jejomau (2018-12-21 06:54:30)
[en réponse à 858911]
la miséricorde ne peut-elle pas tout ? Dieu exige que l'homme qui a volé restitue. dites-vous... Mais si l'homme pardonne désormais tout aux mauvais que pourra Dieu désormais ?
Qui suis-je pour juger ?

( 858927 )
Dans ce cas par Eti Lène (2018-12-21 12:50:04)
[en réponse à 858916]
Evidemment le voleur est démis de sa dette, et il y a un autre passage de l'évangile qui l'encourage, car tous ont péché, et remettre toute une dette permet d'obtenir miséricorde.
Mais personne ne peut forcer le pardon à être donné. La nature humaine est trop fragile pour ressembler en tout temps à Dieu, et cela serait contraire à l'ordre public et en fin de compte à la paix civile, si la miséricorde prenait le pas sur la justice. En fait on ne le voit que trop aujourd'hui où les juges sont trop cléments avec les racailles, cette "miséricorde" n'en est pas une.
La justice passe d'ailleurs toujours avant la miséricorde si on regarde bien, car Dieu s'est fait justice Lui-même par son sacrifice pour nos péchés afin que nous profitions de sa miséricorde. Nous voyons en premier la miséricorde qui nous est donnée, puisque Dieu remplit 99,99999999 pour cent de la justice qui est due, mais en fait il faut bien que justice soit faite, sinon le ciel n'est pas possible. Un minimum de participation à cette justice nous est demandée sinon ce serait trop facile et en fait il n'existerait aucune justice puisque le mérite n'existerait pas si Dieu réalisait 100 pour 100 du salut. L'inclination du cœur à la contrition est nécessaire. Et en fait la justice vis-à-vis de Dieu et vis-à-vis du prochain ne sont pas séparables. Plus on médite sur le caractère mauvais du péché et sur la bonté de Dieu à notre égard, plus on comprend ce qu'il faut faire. Zachée a rendu le quadruple, il n'était pas obligé mais le dommage qu'il a causé à son prochain comparé avec la bonté incroyable de Dieu a produit cette prise de conscience et cette générosité.

( 858965 )
Pourquoi le quadruple ? par l'Hermitte (2018-12-22 09:09:14)
[en réponse à 858927]
Si mes sources sont fiables (Bible Crampon), le droit romain exigeait de rendre le quadruple pour un vol avéré (furta manifesta).
On retrouve une seule fois cette notion dans la loi juive dans Ex21 37.

( 858970 )
Le triple. par Yves Daoudal (2018-12-22 12:09:53)
[en réponse à 858965]
Crampon n'est pas plus fiable que d'autres.
Selon les spécialistes, le furtum manifestum est celui où le voleur est pris en flagrant délit, en tout cas avant qu'il ait pu planquer son magot. Le furtum nec manifestum est le fait de trouver chez quelqu'un le produit d'un vol. Celui-là (même s'il n'est pas le voleur) doit restituer le triple.

( 858978 )
Miséricorde et justice, cela me rappelle quelque chose par Paterculus (2018-12-22 17:28:24)
[en réponse à 858927]
C'était mon point de vue
là.
VdP

( 858943 )
Zachée se convertit au moment où il monte dans l'arbre par Paterculus (2018-12-21 17:02:43)
[en réponse à 858906]
Son désir de voir Jésus était réel.
Mais ce n'était pas qu'une simple curiosité.
Cela devient manifeste quand Zachée abdique tout respect humain en montant dans l'arbre.
C'est d'autant plus méritoire qu'on peut soupçonner chez lui de gros complexes.
Il est un petit homme et se veut un grand personnage : n'est-il pas le chef de la fonction publique à Jéricho, importante ville commerciale, où il fréquente les plus hauts fonctionnaires romains et où il a pouvoir sur les plus riches ? Et pourtant il est rejeté par les siens comme un infidèle impur. Et on peut même trouver une circonstance atténuante à Zachée si justement il exploite certains à cause de la haine qu'ils lui vouent.
Pourtant il n'est pas foncièrement mauvais. C'est vrai qu'il a dû escroquer plusieurs personnes : il parle de leur restituer ce qu'il leur doit en justice. Mais il parle de leur restituer quatre fois plus ! C'est dire que sa fortune n'est pas fondamentalement d'origine malhonnête. Surtout si l'on considère qu'il rembourse au quadruple après avoir donné la moitié de ses biens aux pauvres.
Si l'on fait le calcul en admettant qu'il garde dix pour cent de sa fortune pour lui-même, si l'on tient compte qu'il en donne cinquante pour cent aux pauvres, on voit qu'il lui reste quarante pour cent pour rembourser au quadruple ceux qu'il a escroqués, et donc que cette escroquerie n'est à l'origine que de dix pour cent de sa fortune.
Bien sûr ces calculs ne sont pas à prendre au pied de la lettre.
Donner la moitié de ses biens est une expression proverbiale, comme quand Hérode promet à Salomé de lui donner jusqu'à la moitié de son royaume ; l'expression signifie qu'on peut faire du bénéficiaire son égal.
En tout cas l'origine de la fortune de Zachée n'est que marginalement malhonnête.
La conversion de Zachée n'est donc pas une conversion de la malhonnêteté à l'honnêteté. C'est plutôt une conversion à l'esprit de pauvreté, au sens où Jésus parle du bonheur des pauvres.
Surtout c'est une conversion à Jésus.
C'est la conversion spirituelle, le fait de se tourner vers Jésus, de désirer le voir, de grimper dans l'arbre pour cela, et donc de reconnaître au moins que Jésus vient de Dieu, qui fait que Zachée peut accomplir aussi sa conversion morale.
Un homme bien sympathique, oui !
Votre dévoué Paterculus

( 858947 )
Une interprétation par Jean-Paul PARFU (2018-12-21 17:40:05)
[en réponse à 858943]
Merci Monsieur l'abbé pour votre commentaire intéressant. C'est vrai qu'XA demandait moins qui était Zachée dans la Tradition, que de savoir quelle est l'interprétation donnée de cet épisode des Evangiles par la Tradition.
J'ai lu également
ceci

( 858948 )
Une autre interprétation par Jean-Paul PARFU (2018-12-21 17:55:42)
[en réponse à 858947]
puisque le lien précédent ne fonctionne pas.
Elle est issue d'un site protestant, mais elle est intéressante. Je ne pense pas qu'elle soit hérétique.
"Jésus entre à Jéricho. Cela peut paraître banal, mais pour les contemporains de Jésus, ce n'est pas banal qu'un prophète aille à Jéricho. Ce n’est pas banal, parce que cette ville est un symbole.
Sur le plan géographique, déjà. Elle est la ville d'en bas, par rapport à Jérusalem située sur la montagne. Il y a plus de 1000 m de dénivelé entre les deux. Jérusalem est à, environ, 700 m d'altitude, alors que Jéricho est à – 384 m au-dessous du niveau des mers. C'est la ville la plus basse de toute la terre. Les habitants de Jéricho sont donc : ceux d’en bas.
Sur le plan historique, aussi, cette ville n’est pas neutre. C'est elle qui barrait la route aux Israélites arrivés d'Egypte pour envahir Canaan. Et il a fallu que ses murailles tombent pour permettre l'entrée des Hébreux. Depuis, c'est une ville maudite, selon la parole de Josué (Jos 6, 26) : Maudit soit … l'homme qui se lèvera pour rebâtir cette ville, Jéricho. C'est au prix de son aîné qu'il l'établira, au prix de son cadet qu'il en fixera les portes. 1 Rois 16, 34 nous apprend que cette prophétie s'est réalisée, du temps du roi Achab, lorsque Hiel de Béthel a fortifié Jéricho.
Jéricho n'est donc pas une bonne ville pour un prophète. Or Jésus entre et traverse Jéricho. C'est que le Seigneur vient au plus bas pour y chercher ceux qui sont perdus. Et il va y trouver le plus méprisé de tous : Zachée.
Luc nous présente ce personnage.
Zachée est riche. Le terme est péjoratif, dans le texte, car ce sont les collaborateurs des Romains, les publicains (collecteurs d'impôts) qui sont riches à l'époque. D'ailleurs Zachée est le chef des publicains de Jéricho. Pensez donc, Zachée est le patron des collabos. Une situation qui représente tout un ensemble de malédictions.
Zachée est petit de taille. Il n'a vraiment rien pour lui. Méprisé à cause de sa fonction, il l'est aussi à cause de sa taille. Il est facile d'imaginer qu'on l'appelle alors, tout simplement, le petit ; ce qui est finalement une disqualification morale.
Zachée est un misérable pécheur, reconnu comme tel dans la ville méprisée de Jéricho.
Or, Zachée veut voir Jésus. C'est pour cela que Luc parle de lui.
Tout part de là et c'est ce qui le sauve. Encore que le vrai point de départ de cette histoire, c'est la venue de Jésus à Jéricho. Si Jésus n'était pas passé par là, Zachée n'aurait pas cherché à le voir. Si Dieu ne s'était pas incarné en Jésus, les êtres humains ne chercheraient rien en dehors d'eux-mêmes, et ils n'auraient pas d'espérance.
Zachée veut voir Jésus, mais il ne sait pas comment le voir. A cause de sa petite taille, il est perdu et aveugle dans la foule. Il va donc chercher à s'élever. C'est l'image de l'homme qui s'imagine qu'il peut s'approcher de Dieu par ses propres moyens, notamment par une certaine élévation sociale ou morale. Il croit qu'il faut s'élever pour être reçu par Dieu. Il n'a pas compris que Dieu est descendu vers l'homme.
Zachée court et monte sur un sycomore.
L'indication du nom de cet arbre n'est pas neutre. Dans la Bible, de nombreux arbres ont une signification : de l’arbre de la connaissance en Eden à l’arbre de vie dans l’Apocalypse, en passant par la fable des arbres qui voulaient un roi en Juges 9, et tous les textes qui parlent de la vigne, du figuier ou de l’olivier. Sans parler des critiques des prophètes à l’encontre des cultes sous les arbres verts.
Le sycomore est une sorte de figuier originaire d'Egypte. Or, dans l'imaginaire hébreu, tout ce qui vient d'Egypte est forcément négatif. Ainsi le sycomore symbolise ce qui est malingre, petit, ridicule ; surtout par opposition au cèdre majestueux qui symbolise la gloire.
En 2 Chr 1, 15 il est dit que Salomon rendit l'argent et l'or aussi commun que les pierres, et les cèdres aussi communs que les sycomores. Dans la symbolique hébraïque, il y a autant d'écart entre le cèdre et le sycomore qu'entre l'or et la pierre.
Quand le prophète Amos, en toute humilité, ne revendique pas l'honneur dû aux prophètes, il dit qu'il cultive des sycomores (7, 14).
Le prophète Esaïe critique l'orgueil de ses contemporains : ils disent, en effet, nous remplacerons les sycomores par des cèdres (9, 9). Mais parler ainsi, c'est reconnaître qu’on est un sycomore, c'est-à-dire rien, croyant être quelque chose. C'est la situation des hommes qui croient s'être élevés pour recevoir Dieu comme Zachée, et qui sont ridicules comme ce petit homme riche perché dans un arbre. Ce sont les enfants qui grimpent dans les arbres, par les hommes adultes.
Vous imaginez les quolibets, les moqueries de la foule, à l'égard de Zachée. Oui, Zachée est ridicule, mais il l'accepte, parce que son désir de voir Jésus est le plus fort. Malgré sa richesse et sa fonction, Zachée est un enfant.
Alors, Zachée, il est orgueilleux ou humble ? Les deux à la fois, comme nous tous.
Jésus passe et veut aller chez Zachée, comme il veut venir chez nous.
C'est une nécessité : il faut que je demeure dans ta maison, dit Jésus. Sans cette présence du Christ, il n'y a pas de salut.
Mais l'homme élevé ne peut recevoir Jésus, puisqu’il croit être déjà au sommet. C'est pourquoi Jésus dit à Zachée de descendre, et de se hâter de le faire. Jésus lève même les yeux pour le lui dire. C'est plein d'ironie : Jésus, le Seigneur, lève les yeux pour regarder un homme. Il est descendu plus bas que les hommes pour les sauver. Surtout lorsque les hommes s'imaginent s'être grandis par leurs mérites. En quelque sorte, Jésus dit à Zachée : Arrête de faire le malin à t'élever comme ça devant tout le monde, ta place est en bas pour me recevoir.
Et Zachée descend de son piédestal. Il est remis à sa place et il l'accepte avec joie. Cette joie caractérise la conversion. Il faut beaucoup d'humilité pour accepter d'être remis à sa place, et les fruits d'amour qui en découleront vont le manifester.
Bien sûr, les critiques fusent. Les gens disent : Jésus est allé loger chez un pécheur (v. 7). Jésus n'a jamais dit le contraire. Il en profite pour déclarer (v. 10) qu'il est venu chercher et sauver ce qui était perdu. Il sait s'abaisser aussi.
Jésus habite chez ceux qui se reconnaissent pécheurs, c'est-à-dire ceux qui s'abaissent.
Les gens de Jéricho n'ont pas compris que Zachée s'était humilié. On ne croit jamais les autres capables de faire ce qu'on ne peut pas faire soi-même.
Les gens de Jéricho n'ont pas compris que Zachée s'était humilié, parce qu'ils le méprisent. A leurs yeux, il ne peut pas descendre plus bas que ce qu'il est.
En Luc 14, 11, Jésus termine une parabole en disant : quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé. Le quiconque montre que cette vérité est d'ordre général. Tout le monde est tenté de s'élever au-dessus des autres pour soi-disant atteindre Dieu. De même tout le monde doit faire l'expérience de l'abaissement volontaire. Si nous restons sur nos sycomores, nous ne rencontrerons pas le Seigneur, car lui s'est abaissé au-dessous de cette pseudo élévation.
Jésus est à notre porte et il frappe. Il nous dit : Il faut que je demeure aujourd'hui dans ta maison. Descendons de notre sycomore pour le recevoir."

( 858949 )
les Pères de l'Eglise à propos de Zachée par baudelairec2000 (2018-12-21 21:11:26)
[en réponse à 858906]

( 858950 )
Périphérie ? par Aigle (2018-12-21 21:24:50)
[en réponse à 858949]
Zachee symbole de la périphérie mais pas des pauvres
Saint Ambroise
Zachée était monté sur un sycomore, l'aveugle était assis le long du chemin; le Seigneur attend l'un pour le guérir, il honore l'autre en daignant descendre dans sa maison: « Jésus étant entré dans Jéricho, traversait la ville », etc. C'est par un dessein particulier de Dieu que nous voyons paraître ici un chef de publicains; car qui pourra désespérer de son salut, puisque cet homme, dont les richesses venaient en grande partie de la fraude, a cependant trouvé grâce devant Dieu? Il était fort riche, pour vous apprendre que tous les riches ne sont pas nécessairement des avares.

( 858952 )
symbole de la périphérie ? par jejomau (2018-12-21 22:41:46)
[en réponse à 858950]
Donc Zachée serait L'archétype du Gilet Jaune ?

( 858959 )
Loin de là par Aigle (2018-12-22 08:15:30)
[en réponse à 858952]
Riche et malhonnête ...plutôt un banquier d affaires ...qui vote EM