Le Forum Catholique
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Notre-Dame de la Bienveillante Falsification ... par Ewondo (2018-12-12 10:57:58)
Un très beau film que j'ai regardé une nuit passée, se passant pendant la seconde guerre mondiale en France.
Un épisode relate le passage de la sinistre ligne de démarcation. Un groupe réussissent à franchir les contrôles allemands avec de faux papiers.
Parmi eux des Juifs renommés : Albert pour Abraham, Nicolas pour Nathan etc., noms de famille d'origine yiddish falsifiés et surtout fiches d'état civil "arrangées" et surtout certificats de baptême.
Le tout remarquablement calligraphié par des religieuses d'un couvent proche de la ligne, côté occupé, de l'ordre de Saint Benoît. Magnifique travail de ... bénédictines !
C'est donc comme dans le titre qu'ainsi les passeurs avaient surnommé le couvent ... L'histoire est fondée sur des faits réels.
Ce qui m'a rappelé un épisode vécu dans la première moitié des années 40 en Lorraine (Meuse) non seulement occupée mais déclarée "zone occupée" par le IIIème Reich (juste avant une annexion pure et simple).
Dans le village voisin de celui de ma grand-mère (qui m'a raconté cette histoire qui l'avait enchantée) vivait une vieille dame veuve et très riche propriétaire foncière dans une grande maison.
Elle affichait une santé chancelante et sa plus jeune soeur, religieuse dans un couvent voisin, avait demandé à la mère supérieure l'autorisation d'aller s'installer chez sa soeur pour la soigner.
La mère supérieure avait accepté. Il faut dire que la "chère soeur" - c'est ainsi que l'on appelle les religieuses en Lorraine - n'était non plus très jeune et, disons-le selon les adjectifs lorrains : brève (petite, cf. Pépin le Bref) et fort vétuste.
Tout se passait bien dans une vie aussi ordinaire que possible sous la chappe de l'occupation nazie.
Au tout début 1945, la région fut enfin libérée et comme partout, une grande fête fut organisée au village.
Et là, grande surprise. La religieuse présente fut appelée par le maire et un officier britannique.
Elle reçut la Légion d'Honneur et une médaille de guerre décernée par la Couronne du Royaume-Uni ! La chère soeur avait abandonné son rôle de composition de petite vielle voûtée-frippée pour apparaître bien droite et rayonnante.
Pendant tout son séjour elle était la coordinatrice de la Résistance pour la récupération des parachutistes britanniques dans le secteur. La nuit, dans des champs appartenant à sa soeur et bien connus des alliés, elle allait allumer des torches pour baliser le terrain et, avec l'aide des résistants, récupérait les parachutistes britanniques.
Ceux-ci étaient logés dans les caves et greniers de la vaste maison de sa soeur. Les britanniques, tous "fluently French speaking" recevaient des vêtements civils et de faux papiers français. Leurs parachutes de soie blanche étaient utilisés pour des vêtements liturgiques ou vêtements civils, chemisiers et bas féminins (la diversité est amusante !).
Les réseaux de la Résistance s'en occupaient ensuite pour les aider à s'infiltrer.
Le rôle des ecclésiastiques catholiques dans cette sombre période fut souvent déterminant pour la Résistance !
Pierre.

( 858584 )
Juste avant? par Mingdi (2018-12-12 12:57:40)
[en réponse à 858579]
Juin 40 - Novembre 42 : deux ans et demi tout de même

( 858591 )
Magnifique... par Glycéra (2018-12-12 13:36:19)
[en réponse à 858579]
J'ai entendu de ces dires, discrets, mais présents dans les coeurs encore 20 ans plus tard, en Lorraine.
Ah les "chêêêêres soeurs !" et les "très chêêêres mères" qui ont bercé mes années d'écolières (avec l'accent indécollable plusieurs années !)
Quel régal que vos récits...
que je collectionne avec plaisir.
Avec mes bonnes salutations
Glycéra

( 858601 )
Ma chêêêre Dâââme par Ewondo (2018-12-12 15:20:04)
[en réponse à 858591]
L'accent meusien m'est également resté, du pays des godêêêlles (Les vaches pies) et des bousêêêilles, n'êêêm'ďôôôn (n'est-ce pas ?).
Pierre.

( 858594 )
Excellent une fois de plus par Donapaleu (2018-12-12 13:47:30)
[en réponse à 858579]
sauf peut être les parachutes en soie...pas très crédible mais c'est un détail.

( 858600 )
Mais si pour les parachutes ... par Ewondo (2018-12-12 15:11:19)
[en réponse à 858594]
Ma mère témoignait que lors du débarquement américain à Alger, les parachutistes étaient particulièrement courtisés par ces dames à la recherche de parachutes endommagés et irréparables par l'armée ... En effet, elles les récupéraient et tiraient des fils de soie (il faut des yeux de microscope pour cela mais la soie se coud avec de la soie sinon elle frippe !) et confectionnaient des bas et toute sorte de lingerie féminine fort prisée.
Pierre.

( 858604 )
Parachutes en soie ou nylon / polyester ? par Ewondo (2018-12-12 16:16:37)
[en réponse à 858600]
Voici une réponse plausible :
http://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?t=11893
En 1943 et jusqu'en 1945 les anglo-saxons avaient des stocks suffisants.
Pierre.

( 858609 )
Quel luxe ! par Donapaleu (2018-12-12 17:34:20)
[en réponse à 858604]
mais je m'incline !

( 858649 )
Un ancien légionnaire parachutiste par Donapaleu (2018-12-13 22:34:23)
[en réponse à 858600]
M'a confirmé pas plus tard que ce matin la soie des parachutes !