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Les saintes voies de la Croix du Vénérable Mr Henri-Marie Boudon par ami de la Miséricorde (2018-12-11 08:10:21)
[en réponse à 858487]
CHAPITRE VII
Qu'il faut porter sa croix avec toutes ses dimensions
La parfaite croix en la personne de la séraphique sainte Thérèse
(...) Ô mon Dieu, que vos voies sont éloignées des voies des hommes ! Ô sagesse, ô prudence humaine, que deviens-tu ici ? Mais enfin l'esprit de mon Dieu est toujours le même ; tous ses plus grands desseins ne s'établissent que par les plus grandes croix.
N'attendez jamais de grands coups de grâce où vous ne remarquerez pas des oppositions extraordinaires. Les desseins où tout le monde applaudit, qui ne donnent que de l'honneur et de l'approbation à ceux qui les entreprennent, ne marquent pas de grands effets d'esprit divin. Assurez-vous que l'enfer ne s'oubliera pas s'il redoute puissamment quelque chose. Croyez que le monde sera toujours le monde, c'est-à-dire opposé à ceux qui lui en veulent véritablement, ne se souciant que de Dieu seul.
Eh bien ! Thérèse est destinée pour former un grand nombre de maisons religieuses. La prudence humaine dit que cela ne se peut pas sans beaucoup d'argent ; elle n'a pas un denier, elle est réduite dans l'extrémité d'une pauvreté qui fait peur. Cette prudence dit qu'elle a besoin d'une réputation qui ne soit pas combattue, particulièrement voulant réformer, non-seulement des filles, mais des hommes, son honneur est mis en compromis de toutes parts ; elle est le sujet des railleries des compagnies.
Cette prudence juge au moins qu'elle doit être fortement soutenue pour la mettre à couvert de ces opprobres, et donner lieu à l'exécution de ses desseins ; partout elle ne trouve que contradictions des prélats, de ses supérieurs, de ses religieux, de ses religieuses, de ses amis, de ceux qui lui sont contraires, des grands du monde, enfin de toutes sortes de personnes ; et ceux qui lui étaient les plus opposés étaient ceux qui étaient les plus goûtés.
Le prélat Sega persista opiniâtrement dans la croyance qu'il fallait empêcher la réforme, condamnant, emprisonnant et bannissant avec une très grande rigueur ceux qu'il pensait lui pouvoir résister ; ordonnant, sous peine de plusieurs censures, à ceux qui y travaillaient, de n'y plus penser, et de ne plus traiter aucune affaire. Ceux qui persuadèrent au Père général de faire une étroite défense à la sainte de ne s'en plus mêler s'imaginèrent par là rendre cette réforme impossible, et laisser cette glorieuse réformatrice dans un ennui extrême.
Mais que les hommes se trompent dans leurs mesures ! Celui qui habite dans les cieux se moque bien de tous leurs efforts, qui ne sont rien devant sa majesté très adorable. Toute la sagesse se trouve dévorée en sa divine présence. Il prend plaisir à rompre toutes les voies dont ils se servent pour combattre ses desseins, pour les établir avec plus de force.
C'est la manière dont le Tout-Puissant triomphe des plus sages du siècle, conduisant toutes choses à leurs fins par des moyens qui, selon toute la prudence humaine, ne sont propres qu'à les détruire. Oui, ô mon Seigneur et mon Dieu, vos plus grands ouvrages se font dans le néant, vos plus magnifiques édifices ne s'élèvent que sur des ruines qui font peur. Les pierres vives qui les composent, ce sont celles que le monde jette aux ordures, et qu'il juge inutiles et de nulle valeur.(...)
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde