Le Forum Catholique

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images/icones/1a.gif  ( 857460 )Deux saintes religieuses chantant dans un camion de soldats pendant la révolution espagnole... par Sacerdos simplex (2018-11-23 21:01:27) 


En pleine guerre civile espagnole, Lucie de Fatima (à l'époque, Soeur Dores) chantant à tue-tête dans un camion de soldats... :

Cependant, on ne trouvait pas de moyen de transport, pour cause de révolution, et tous les jours sœur Dores, accompagnée par la sœur Rosa, allait voir s’il y avait un véhicule, mais elle recevait toujours la même réponse négative. La mère provinciale était aussi très préoccupée par la situation des sœurs de Pontevedra, n’ayant pas de nouvelles d’elles, et elle désirait beaucoup y aller pour pouvoir enfin savoir comment elles allaient. À la fin, le 9 octobre, elles trouvèrent une camionnette de marins [soldats] qui se préparait à partir explorer les routes. Comme elle était déjà fatiguée de la situation, la sœur Dores s’entendit avec sa compagne, et les deux décidèrent d’affronter le danger et de partir en compagnie des soldats qui applaudirent le courage de ces sympathiques compagnes de voyage. Elles rencontrèrent en route divers obstacles, des arbres abattus en travers de la route, des groupes d’hommes voulant les obliger à s’arrêter, ou des soupçons d’explosifs. Tout cela obligeait à s’arrêter, mais tout se résolut pacifiquement. Ce fut un voyage très long – normalement il se faisait en trois heures, cette fois-là il fallut douze heures et demi, arrivant à Pontevedra à 20 h 30.
Les soldats profitèrent des habits des deux religieuses pour cacher deux valises [...]. La sœur Dores, profitant de ce temps et ne voulant pas perdre l’occasion de faire du bien à ces hommes, invita la patrouille à prier en chantant le rosaire du matin [rosario da aurora]. Ils chantèrent deux chapelets ! Comme ils avaient l’habitude de chanter durant les voyages pour passer le temps, ce fut seulement une différence de texte. Et la Pastourelle fut très heureuse d’avoir amené ces hommes à prier la Vierge.
La peur régnait partout, les gens gardaient donc les fenêtres bien fermées. En entendant le chant qui s’élevait de ce véhicule, une mélodie qui n’était pas utilisée par les soldats et encore moins en ces temps troublés, les gens moitié par peur et moitié par curiosité ouvraient au minimum les fenêtres, pour voir ce qui arrivait. Ils étaient loin de penser qu’au milieu de ces sonores voix d’hommes chantait aussi à pleins poumons la Pastourelle de Fatima !
Arrivés à Pontevedra, où on ne voyait personne dans les rues, le commandant du détachement de soldats, en envoya deux accompagner les sœurs au collège, les remerciant pour la bonne compagnie dont ils avaient profité. Il fut difficile de se faire ouvrir la porte. Elles avaient beau frapper et crier, aucune sœur ne se risquait à répondre. À la fin une sœur ouvrit un petit orifice dans une fenêtre, regarda d’abord en silence ce qu’elle pouvait voir et ensuite demanda qui c’était. Il lui semblait voir des habits familiers, mais elle ne voulait pas y croire, voyant aussi des uniformes de soldats. La sœur Lucie, résolue, avec sa voix forte et décidée, cria à celle qui regardait depuis la fenêtre et ne se décidait pas à ouvrir :
– Sœur, ouvrez la porte !
D’en haut, l’autre sœur répondit :
– Qui est-ce ?
– Je suis la sœur Dores.

Un chemin sous le regard de Marie
Biographie de Sœur Lucie de Fatima
(Sœur Marie Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé)

publié par le Carmel de Coimbra, aux éditions du Parvis

images/icones/1a.gif  ( 857483 )C'est très étrangement le style ... par Ewondo (2018-11-24 09:26:06) 
[en réponse à 857460]

... des mémoires de Sainte Maravillas de Jésus dont je suis très friand !

Existe-t-il donc un style humoristique carmélitain avec un certain regard sur le cocasse des situations paradoxales ?

Merci Monsieur l'abbé.

Pierre.
images/icones/coeur.gif  ( 857492 )Excellent ! Merci Monsieur l'abbé ! par Glycéra (2018-11-24 10:50:52) 
[en réponse à 857460]


Quand la prudence est une vertu ...

Traduction :
Quand l'élévation de vue est une force !

Merci de votre récit...
Il en dit long !
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 857497 )Quand un Evêque sert une Bière à une Sainte par Ewondo (2018-11-24 11:50:54) 
[en réponse à 857460]



Mère Maravillas de Jesus (1891 – 1974), carmélite déchaussée, a été canonisée par le Pape Jean-Paul II. Son œuvre en Espagne fut extraordinaire, avec sa résistance pendant la guerre civile aux exactions républicaines puis la fondation de nombreux couvents.

L’anecdote se passe en juillet 1947, lors de la fondation du couvent de Duruelo, et je me permets de vous livrer ici un extrait de l’ouvrage « Si tu le laisses faire, Mère Maravillas de Jesus » aux éditions Résiac :

« Les religieux et les prêtres ont été nombreux à venir à l’inauguration de Duruelo, attirés sans doute par la pure ferveur sanjuaniste. Mais, chez l’un ou l’autre, il se peut qu’une certaine curiosité de savoir quel genre de moniale est cette Mère Maravillas, se mêle à ce sentiment.

L’un d’eux, missionnaire arrivé de l’Inde depuis peu, ne sait à quoi s’en tenir. Il a beaucoup entendu parler de la sainteté de la Mère, mais il voudrait le voir de ses propres yeux.

Il entre au réfectoire où, par cette brûlante journée de juillet, les moniales ont préparé des rafraîchissements pour apaiser la soif des Pères et des invités. Quant à elles, préoccupées de prendre soin de chacun, elles ont mangé comme elles ont pu à quatre heures de l’après-midi, et elles ne prennent rien maintenant.

Monseigneur l’évêque de Salamanque, qui a officié à la cérémonie de l’après-midi, est assis à la table priorale entouré de quelques prêtres, et il dit à la Mère de s’asseoir à ses côtés. Elle le fait en toute simplicité.

De la porte, le Père missionnaire observe. L’évêque dit à la Mère de prendre une bière, qu’il lui sert lui-même ; sans se faire prier, elle prend le verre et le boit avec le plus grand naturel. Le jugement jaillit spontanément des lèvres du religieux sceptique : « La grande dame et la grande sainte !» Et dès lors, il devient le plus fervent de ses admirateurs. »

Mère Maravillas, depuis le ciel, opère aujourd’hui de nombreux miracles.

UDP. Pierre.

P.S. : si je puis ajouter qu'il y avait là toute la grande classe d'une aristocrate d'Espagne, son père, le marquis de Pidal, avait été ambassadeur auprès du Saint-Siège.

images/icones/1b.gif  ( 857500 )Mère Maravillas au Radio Téléphone par Ewondo (2018-11-24 11:59:26) 
[en réponse à 857460]

Sans doute la plus drôle de tout son ouvrage !

Mère Maravillas de Jesus (1891 – 1974), carmélite déchaussée, a été canonisée par le Pape Jean-Paul II. Son œuvre en Espagne fut extraordinaire, avec sa résistance pendant la guerre civile aux exactions républicaines puis la fondation de nombreux couvents.

La scène se passe en 1961, dans un couvent que la Mère vient de fonder à Aldehuelas, et la relation radiophonique qui doit s’établir avec le couvent principal nommé « la Colline ». Voici un extrait du texte tiré de l’ouvrage sur sa vie « Si tu le laisses faire, aux éditions Résiac » :

« Ce couvent [Aldehuelas], qui est très retiré, a bien peu de facilités de communication, les premières années, où il n’y a pas encore de téléphone. Il y avait des commissions urgentes, pour les malades, auprès de médecins, etc.

On lui parle d’un appareil de radio avec lequel on communique beaucoup aujourd’hui, et elle est enchantée, car elle pense que ce pourrait être une bonne solution. On lui en fait alors cadeau, pour elle et pour la Colline ; puisque la Colline a le téléphone, elles pourront ainsi transmettre toutes les commissions à Madrid.

Immédiatement, elle baptise l’ « émetteur » du nom de « Sainte Marie », et celui de la Colline du nom de « Cœur de Jésus ».
Ce n’est pas très rapide pour établir la communication … Parfois, on entende la Mère, dans son office : « Cœur de Jésus ! Cœur de Jésus ! … Ici Sainte-Marie ! Ici Sainte-Marie ! »

Un jour, il y a une interférence. Une dame pieuse, branchée sur un autre appareil dans une propriété voisine, croit certainement à une communication céleste, et elle répond dévotement : « J’ai confiance en Vous, j’ai confiance en Vous ! »

Comme la Mère riait en racontant ensuite l’incident à toutes ses filles ! ».

Anecdote incompréhensible pour touts les accros du téléphone portable aujourd’hui car ces postes de radio autrefois bien utiles ont aujourd’hui disparu … Mais pas l’exemple hors norme que nous laisse la vie intense et la haute spiritualité de la sainte Mère Maravillas de Jesus.

UDP Pierre (allergique au téléphone).
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 857549 )En Odeur de Sainteté par Ewondo (2018-11-24 18:35:24) 
[en réponse à 857460]

Un souvenir de Lourdes m'est revenu tout à l'heure. C'était en 2008 à Noël j'y étais allé pour les 150 ans des apparitions, y ayant fait un premier pèlerinage en 1958 pour les 100 ans des apparitions.


Lourdes à Noël est déserte et sibérienne. Le gave de Pau charrie des glaçons ... Pas un marchand du temple et très peu d'hôtels ouverts. J'étais descendu dans un hôtel près de la gare et juste en dessous de trouvait une boutique qui avait, chose tout à fait exceptionnelle à Lourdes, de très plaisants objets.

Le patron, extrêmement sympathique me dit qu'il tenait la Librairie Catholique internationale dans le vieux Lourdes.
Dès que possible j'y suis allé et j'ai trouvé une véritable caverne d'Ali Baba avec une profusion d'ouvrages.
La Procure de Lourdes elle-même recommande aux chercheurs de raretés cette adresse.
Près de la caisse, je vois un ouvrage récent à l’époque (mars 2008) sur mère Maravillas de Jésus, sainte carmélite espagnole contemporaine.
Convaincu par le patron, j'achète le livre et je ne l'ai pas regretté ... une sainte carmélite admirable avec beaucoup d'humour et des anecdotes très vivantes, chaleureuses et édifiantes.

Je le lisais donc devant un jurançon (en l’honneur du Verre Galant), assis sur un tabouret au bar confortable de l'hôtel (je suis un pilier de bar), lequel était désert.

Tout d'un coup, je sens très nettement autour de moi un parfum féminin de haut de gamme, absolument délicieux. J'aime beaucoup les parfums féminins et celui-ci était vraiment exceptionnel. Le phénomène ne provenait pas du livre qui sentait l'ouvrage imprimé avec photos, sans plus

Personne au bar et la serveuse était partie dans l’arrière salle depuis un petit moment préparer des canapés pour l'apéritif plus tard ...

Franchement étrange ... et là me vient l'idée de filer à la librairie (à Lourdes les distances diminuent de moitié quand on n'a pas à se frayer un chemin dans la foule).


A l'entrée, le patron et sa longue barbe avec trois jeunes qui étaient assez excités car il leur était arrivé le même phénomène qu'à moi avec cet ouvrage !

Personne ne décrivait la même composition de fragrances mais ce qui est certain est que mère Maravillas est morte en odeur de sainteté et que son corps exhalait des senteurs exquises.


Plus tard j’ai prêté cet ouvrage à un ami qui a très peu d’odorat et lui aussi a ressenti un parfum. Il est évident qu’il faut vraiment se plonger dans la lecture de cet ouvrage pour que le phénomène se produise.

Je sais, à moi aussi si on me racontait cette anecdote je la trouverais difficilement crédible, et pourtant j'en témoigne.


Pierre.