Le Forum Catholique
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( 857242 )
Nature trinitaire ? par Adso (2018-11-21 13:26:32)
un ami me faisait remarquer ce matin, lors d'une discussion dans un train, parmi d'autres choses, le passage suivant d'une encyclique dite du pape François
Laudato si
239.
Pour les chrétiens, croire en un Dieu qui est un et communion trinitaire, incite à penser que toute la réalité contient en son sein une marque proprement trinitaire. Saint Bonaventure en est arrivé à affirmer que, avant le péché, l’être humain pouvait découvrir comment chaque créature « atteste que Dieu est trine ». Le reflet de la Trinité pouvait se reconnaître dans la nature « quand ce livre n’était pas obscur pour l’homme et que le regard de l’homme n’avait pas été troublé ». Le saint franciscain nous enseigne que toute créature porte en soi une structure proprement trinitaire, si réelle qu’elle pourrait être spontanément contemplée si le regard de l’être humain n’était pas limité, obscur et fragile. Il nous indique ainsi le défi d’essayer de lire la réalité avec une clé trinitaire.
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quelqu'un peut il m'expliquer ? J'ai le sentiment que j'ai raté quelque chose, ou François n'a pas compris Saint Bonaventure, parce que ce n'est pas ce que j'ai compris des écrits du Saint, ce qui est rapporté par François...

( 857244 )
Voir notamment Breviloquium 2 par BK (2018-11-21 14:08:34)
[en réponse à 857242]
La créature reçoit l’unité, le mode et la mesure exemplaire, par laquelle se trouve dans la créature, la vérité, la beauté et le nombre; finale, par laquelle se trouve dans la créature, la bonté, l’ordre et la pesanteur.
Et tout cela se retrouve dans toutes les créatures comme vestiges du Créateur, soit dans les choses corporelles, soit dans les choses spirituelles, soit dans les choses à la fois corporelles et spirituelles.
...
La créature ne peut avoir Dieu pour principe sans lui être configurée selon l’unité, la vérité et la bonté.
...
Dans l’état d’innocence, lorsque l’image n’était pas viciée, mais rendue déiforme par la grâce, le livre de la créature suffisait, dans lequel l’homme pouvait s’exercer lui-même à saisir la lumière de la sagesse divine. De sorte qu’il était si sage qu’il voyait toutes choses en lui-même, qu’il les voyait en elles-mêmes et qu’il les voyait dans l’art éternel, par le fait que les choses ont un triple être, l’être dans la matière, c’est-à-dire dans leur nature propre, l’être dans l’intelligence créée et l’être dans l’art éternel, ainsi que le dit l’Ecriture Sainte, Dieu dit: « Que soit, il fit et ce fut fait ».
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Il y aurait également des éléments dans l'Itinéraire de l'âme vers Dieu.
Il semblerait que cette doctrine se trouve à Saint Augustin.

( 857245 )
Et encore par BK (2018-11-21 14:32:18)
[en réponse à 857242]
De Scientia Christi, question 4, trad. Weber, p. 104-105.
Thème : exemplarisme V/I/R / état primitif, état déchu / déiformité
"Par rapport à Dieu en effet, la créature est comme un vestige, une image, et une ressemblance. En tant que vestige, elle se rapporte à Dieu comme à son principe, en tant qu'image, elle se réfère à lui comme à l'objet de son activité (intellective et caritative). Mais en tant que ressemblance elle s'ordonne à D comme au don infus qu'Il fait de lui-même (= la grâce). Donc toute créature issue de D en est le vestige ; toute créature qui connaît D en est l'image, mais seule la créature en qui Dieu habite est sa ressemblance. Ces trois degrés du rapport à D déterminent trois degrés de coopération avec lui.
Dans l'œuvre que la créature accomplit en tant que vestige, elle coopère avec Dieu en tant qu'il est Principe créateur. Dans celle qu'elle accomplit selon le mode de sa ressemblance – comme l'œuvre méritoire qui plaît à Dieu -, elle coopère avec lui au titre de don infus. Mais dans l'œuvre qu'elle accomplit en tant qu'image, elle coopère avec lui au titre de raison motrice. Et telle est exactement l'œuvre accomplie dans la connaissance certaine, qui n'est celle de la raison inférieure que si la raison supérieure s'y joint.
Donc puisqu'elle est exercée par l'esprit rationnel en tant qu'il est image de D, la connaissance certaine atteint les Raisons éternelles. Mais du fait qu'en notre état pérégrin notre esprit n'est pas encore pleinement déiforme, il n'atteint pas ces Raisons sous un mode clair, plein et distinct. Le degré de sa déiformité définit l'accès qui lui est possible. Il y atteint plus ou moins mais tous d'un contact effectif, car jamais la raison d'image ne peut l'abandonner. Aussi l'état (primitif) d'innocence, l'image étant exempte de la difformité du péché (sans toutefois égaler encore la perfection de la déiformité de gloire), l'esprit (humain) atteignait ces Raisons sous un mode partiel mais non pas énigmatique. Tandis qu'à l'état de nature déchue, manquant de déiformité et plein de difformité, notre esprit atteint ces Raisons sur un mode partiel et énigmatique. Mais à l'état glorieux, délivré de toute difformité et devenu pleinement déiforme, il y atteint de façon plénière et parfaitement distincte."

( 857251 )
Juste pour la chronologie par Zara (2018-11-21 15:52:14)
[en réponse à 857242]
St François n'a pas connu St Bonaventure qui est entré dans l'ordre après sa mort.
Les écrits de St François sont donc antérieurs à ceux de St Bonaventure.

( 857258 )
Vous vous trompez de Saint François ! par Paterculus (2018-11-21 19:43:20)
[en réponse à 857251]
Adso ne parle pas du même François que vous !
Votre dévoué Paterculus

( 857263 )
Toutes mes excuses par Zara (2018-11-21 20:24:56)
[en réponse à 857258]
pour mon erreur ! Je laisse donc la place aux spécialistes de la question.