Finalement, Mai 1968 s’est achevé de façon quelque peu dérisoire avec l’été et les départs en vacances, mais il faut tout de même dire un mot ici, du point de vue de l’Église, de l’encyclique Humanae Vitae. Sur le bateau qui nous ramenait de Terre Sainte au cours de l’été, Mgr Charles a dit :
« Si Paul VI donne le feu vert [à l’utilisation de la pilule contraceptive], je n’ai même plus besoin de quitter l’Église parce qu’il n’y a plus d’Église » !
On mesure à travers cette anecdote à quel point la contestation a pu affecter l’Église et menacer de la remettre en cause. Mgr Charles qui, lui, avait le sens de l’Église, nous expliquait qu’il ne pouvait y avoir d’amour sans ouverture à la vie et que les relations personnelles, humaines ou divines, devaient être porteuses d’un tiers.
Extrait de Entre Nanterre et Montmartre - Entretien avec le P. Jacques Benoist sur les années soixante et mai 1968
in Revue Résurrection, n° 173 [Janvier-Février 2018], pages 99-100
La vie cachée de l'abbé Charles de Michel Emmanuel
Les années de formation sacerdotale d’un séminariste de l’entre-deux-guerres
Cet ouvrage est issu d’une thèse d’histoire intitulée "Devenir prêtre dans l’entre-deux-guerres. Les années de formation de Mgr Maxime Charles", dirigée par le professeur Philippe Levillain et soutenue en décembre 2011 à l’Ecole doctorale de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. Cette étude sur la formation sacerdotale d’une grande figure du clergé parisien et français de l’après-guerre, Mgr Maxime Charles (1908-1993), entre 1922 – date de son entrée au petit séminaire de Paris, à Conflans, sur la commune de Charenton – et 1935 – date de son ordination après sept années passées au séminaire universitaire des Carmes, à l’Institut catholique de Paris – constitue une contribution à l’histoire du XXe siècle en France sous différents aspects. Elle relève en particulier de l’histoire religieuse mais aussi de l’histoire sociale et culturelle, la dimension politique n’en étant pas, en outre, complètement absente.