Le Forum Catholique

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images/icones/francis1.gif  ( 855704 )Un négationnisme universitaire qui s'affiche… par origenius (2018-10-24 13:33:38) 


CONTRA CATHAROS !

Que dirait-on si une Université française s’avisait de présenter une exposition intitulée "La Shoah, une idée reçue", avec pour seul argument directeur : l’extermination des juifs n’a pas eu lieu puisque l’expression "extermination finale" n’apparaît dans aucun document officiel nazi ? Que dire alors de l’exposition "Les Cathares, une idée reçue", proposée par l’Université Paul-Valéry de Montpellier du 6 au 13 octobre 2018, négation explicite du génocide des cathares perpétré au XIIIe siècle par l’Église de Rome ?

Dans un entretien au journal L’Indépendant, la coordinatrice de cette exposition, Madame Alessia Trivellone, maître de conférence de cette vénérable Université, affirme qu’elle ne peut cautionner une histoire qui verrait des Cathares dans le Midi : "On conserve des milliers de procès-verbaux d’Inquisition, réalisés dans le Midi. Mais aucun ne nomme les Cathares. […] Ces sources présentent un problème : il s’agit de dépositions d’accusés privés des droits fondamentaux de défense, extorqués parfois sous la torture, par des accusateurs à la fois accusateurs et juges. Pouvons-nous croire à ces sources ? On a le devoir d’être sceptiques, d’autant plus que ces mystérieux "hérétiques" ne nous ont laissé aucune source de leur côté." *

* L’Indépendant du 5 octobre 2018.

Ainsi donc, si l’on suit le raisonnement de Madame Trivellone, les déclarations des SS à Nuremberg seraient à récuser puisque, pour sauver leur tête, il n’auraient fait que répéter, comme, par exemple, Rudolf Hoess, l’ancien commandant d’Auschwitz, tout ce que leurs accusateurs leur soufflaient. *

* Rudolf Hoess, Le commandant d'Auschwitz parle, La Découverte [Éd. mise à jour], 2005.

De même, en soulignant l’absence de sources hérétiques, Madame Trivellone reprend de facto la rhétorique faurissonienne consistant à nier l’existence des chambres à gaz en l’absence de tous vestiges réels (on sait que les chambres à gaz actuellement visibles ont dû être reconstituées).

L’hypercritique négationniste tourne autour de ce sophisme : l'absence de preuves vaut preuve de l'absence des faits invoqués. Comme si l’histoire n'avait jamais prouvé que les exterminateurs effacent les traces de leurs crimes !

Quelle position adopter devant ces théories négationnistes qui avancent masquées, sous la couverture de l’Alma mater, s’affublant du titre de "déconstructivistes", exactement comme les négateurs des chambres à gaz osent se prétendre "révisionnistes" ?

On rappellera Pierre Vidal-Naquet dans Les assassins de la mémoire : "À partir du moment où une théorie est lancée dans le public, il faut, aussi folle soit-elle, la prendre au sérieux, non pour établir un dialogue avec ses auteurs, mais pour expliquer au public qui la lit, quel en est l’enjeu." *

* Pierre Vidal-Naquet, Les assassins de la mémoire, La Découverte, 2005.

Alessia Trivellone se revendique d’une lignée d’historiens inaugurée, en 1998, par Inventer l’hérésie ? Ouvrage collectif dirigé par Monique Zerner. *

* Monique Zerner (dir.), Inventer l'hérésie ? Presses Universitaires de Nice, coll. "Centre d’études médiévales de Nice", 1998.

Selon eux, l’hérésie n’aurait aucune existence réelle mais serait une construction du discours ecclésiastique, un mythe propre à conforter le pouvoir centralisateur de l’Église de Rome en justifiant la terreur antihérétique. Il s’agirait pour nos déconstructionnistes de procéder à une démythologisation, leur interprétation se réduisant à un nominalisme exacerbé : puisque le mot fait la chose, pas de mot, pas de chose et, par conséquent, il n’y a jamais eu de doctrine cathare et l’extermination des cathares est une invention romantique émise par quelques historiens du XIXe siècle.

L’historien Michel Roquebert, dans un article essentiel, a procédé à une critique magistrale des différents postulats de l’hypothèse déconstructiviste. * Il relève de graves déficits documentaires en ce qui concerne le nom de l’Église cathare, sa hiérarchie et sa doctrine. On se reportera à ce travail qui démontre les omissions et les contradictions de cette théorie.

* Michel Roquebert, "Le déconstructionnisme et les études cathares" in Martin Aurell (dir.), Les cathares devant l’Histoire, Mélanges offerts à Jean Duvernoy, L’Hydre, 2005.

Les papes francs du XIe siècle, et surtout Grégoire VII, arrachèrent par lambeaux ce qui était propre à la tradition de la romanité antérieure. Un nouveau monachisme, tourné vers l’action politique et sociale, organisé en "ordres", se constitua qui, par la suite, devint un immense atelier de propagande franque.

Les Francs connaissaient la force religieuse du monachisme. Lorsqu’ils conquirent la Gallo-Romanie, au Ve siècle, le monachisme orthodoxe d’un Cassien avait alors atteint son apogée. Aussi cessèrent-ils de choisir les évêques parmi les moines, et transformèrent-ils les évêques en administrateurs responsables du peuple asservi.

Le totalitarisme d’État se construisit dans le royaume de France à partir de la théologie politique franco-latine. Les Francs carolingiens chassèrent les évêques gallo-romains et s’instituèrent eux-mêmes évêques et abbés, cooptèrent leurs concitoyens francs dans les charges les plus prestigieuses, devinrent des policiers oppresseurs du peuple qu’ils maintinrent dans une obéissance servile par l’institution d’une religion de la terreur et de la crainte. Le monachisme carolingien inquisitorial culminera dans l’ordre cistercien de Bernard de Clairvaux, un des principaux instigateurs du génocide des cathares albigeois.

Comme l’a très bien vu Simone Weil, l’extermination de la civilisation occitanienne marque la disparition de la conscience grecque et romaïque en Occident.

L’Europe n’a plus jamais retrouvé au même degré d’intensité la liberté spirituelle perdue dans cette tragédie qu’il faut bien appeler le génocide cathare et c’est ce manque qu’elle paie aujourd’hui car l’Europe ne pouvait pas se construire avec une telle carence.

La papauté n’est rien d’autre que la forme religieuse de la féodalité.

Dans le Sud de la France, en Provence et en Languedoc se propagea un refus du modèle de la féodalité franque imposée par Rome.

Parallèlement à l’hérésie cathare, on assiste à une renaissance du régime municipal magistralement étudiée par Augustin Thierry – un de ces historiens romantiques, à l’instar du grand Jules Michelet, que la doxa déconstructiviste voue aux gémonies et se complaît à ridiculiser car ils ont tenté de rectifier la vision unilatérale de l’histoire de France et osé rétablir la mémoire du génocide cathare.

La culture franco-latine a fondé la société européenne sur le principe des leudes et l'a soumise au régime de l'aristocratie. L'esprit belliciste des Francs a empoisonné la structure de la commune primitive des peuples gallo-romains et l'a scindée en conquérants et conquis, oppresseurs et opprimés.

Il est très significatif que l'expression "Jacques Bonhomme" désigne l'ensemble des révoltés des grandes jacqueries. Or ce nom renvoie à l’appellation Bonshommes par laquelle le peuple désignait les cathares. La chronique du XIVe siècle de Jean de Venettes précise que ce sobriquet de "Jacques Bonhomme" fut attribué par les nobles aux paysans, pour les tourner en ridicule.

L’hégémonie franco-latine a imposé cette structure féodale duelle qui s’est perpétuée au cours de l’histoire de la France : Jacques Bonhomme, c’est aujourd’hui la "France périphérique".

Prétendre vouloir déconstruire un discours construit sur le mensonge est une mystification identique à toutes les falsifications de documents auxquelles l’Église de Rome s’est livrée pour aboutir à ses fins.

La déconstruction du discours du maître est un leurre qui équivaut à l’assermentation du discours qu’elle prétend déconstruire. Il faut donc comprendre que la méthode déconstructiviste de Madame Alessia Trivellone est une arme entre les mains du même pouvoir politico-religieux séculaire et négateur de la vérité historique.

Sans doute est-il impossible de dialoguer avec de prétendus chercheurs dont les présupposés méthodologiques sont avant tout idéologiques et procèdent par l’hypercritique mais il s’agit de dénoncer ces stupidités au nom du devoir sacré de mémoire, surtout quand elles sont cautionnées par une institution universitaire qui se déshonore en les colportant – n’oublions pas le déshonneur qui rejaillit sur l’Université de Nantes, lorsqu’elle accrédita, en 1985, la thèse d’État du négationniste Henri Roques.


On fera remarquer que la thèse de doctorat de Mme Trivellone * fut éditée par les éditions belges Brepols, elles-mêmes très liées à l’Université catholique de Louvain. Le rôle politico-médiatique de l’Église romaine n’est pas négligeable en milieu universitaire et suscite de nombreux mandarins zélés…

* Alessia Trivellone, L’hérétique imaginé, Brepols, coll. "Centre d’études médiévales de Nice", 2010.

Dans son coruscant Cathares en chemin, José Dupré a dénoncé avec une certaine ironie ce courant universitaire crypto-catholique du Sud-est de la France que l’exposition de l’Université de Montpellier cherche à cautionner auprès de l’opinion publique, nous le laisserons conclure :

"Au-delà du besoin carriériste de trouver du nouveau à dire, d’essayer de sembler plus fort que les autres, le but véritable de cette tentative est de donner à croire que, s’il y eut débat un peu vif au sein de la chrétienté – mais quelle preuve de vitalité, n’est-ce pas ?… – il n’a jamais existé un véritable mouvement hérétique, constituant une contre-Église, qui rejetait peu à peu au néant l’Église de Rome. C’est cette humiliation que ce délire voudrait en effet conjurer, mais qui restera inscrite dans le bronze de l’Histoire." *

* José Dupré, Cathares en chemin…, La Claverie, 2006.

Alain Santacreu

Cordialement à tous.

Origenius





















images/icones/info2.gif  ( 855705 )est-ce un post en langue "cathare" ? par Luc Perrin (2018-10-24 14:50:10) 
[en réponse à 855704]

Il me paraît très amphigourique pour ne pas dire quasiment incompréhensible.

Je relève déjà deux mots anachroniques et complètement hors de propos :

- totalitarisme d'État au Moyen Age ? What ? C'est tellement décalé par rapport à ce qu'on sait du pouvoir civil entre le Xe et le XIVe siècle.
- extermination ???

Voici le compte-rendu du maître-ouvrage de Jean-Louis Biget sur cette question de l'hérésie réelle et dont il donne les tenants et aboutissants en déconstruisant les représentations mythologisées/politisée/religieusement instrumentalisées mais aucunement la réalité, aucun "négationisme" par conséquent.

"On l’a dit, la grande force de Jean-Louis Biget est de resituer la naissance et le développement de l’hérésie dans son contexte politique et social. Il montre ainsi que l’inachèvement de l’État toulousain constitue pour le Midi une faiblesse qui attire les convoitises de ses voisins – rois de France, ducs d’Aquitaine auxquels succèdent les rois d’Angleterre, comtes de Barcelone devenus rois d’Aragon – et que l’hérésie fut ainsi instrumentalisée à des fins politiques. Elle l’est tout autant à des fins religieuses puisque la dénonciation du catharisme permet à la papauté d’épurer un haut clergé méridional, jugé trop tiède dans sa lutte contre les hérétiques alors qu’il est surtout trop indépendant, et d’imposer l’action des légats pontificaux. Cette instrumentalisation est d’autant plus nette que le catharisme, loin d’être majoritaire dans le Midi, demeure une religion d’élite qui touche peut-être 5 à 7 % de la population. Elle recrute ses adhérents dans la petite noblesse des castra en voie de déclassement social et dans une bourgeoisie conquérante de manieurs d’argent et de techniciens de l’écrit dont le mal-être spirituel ne peut qu’être aggravé par la rigidité de la position de l’Église quant au prêt à intérêt. Sur ce point, les analyses de la composition sociale des dissidents à Albi et Carcassonne à la fin du XIIIe siècle sont tout à fait éclairantes. Cette faiblesse numérique de la dissidence ainsi que sa structuration en groupes familiaux – et Jean-Louis Biget rappelle opportunément que la dissidence est bien plus un choix familial qu’individuel – expliquent largement les succès de l’Inquisition mise en place en Languedoc à partir de 1234 mais qui doit plus à l’affrontement entre Grégoire IX et l’empereur Frédéric II qu’aux hérétiques eux-mêmes. Tant par la procédure utilisée que par les méthodes employées – prison préventive, recours à la torture, interrogatoires poussés, utilisation d’anciens « parfaits » retournés – et les châtiments infligés – peines infamantes telles que le port de croix, confiscation des biens, crémations, y compris posthumes – l’Inquisition se révèle d’une redoutable efficacité parce qu’elle prive « les différents groupes sociaux et les communautés rurales ou urbaines de leurs chefs traditionnels » (p. 200) et fait disparaître ou contraint à l’exil une large part du clergé cathare. Elle est en outre largement soutenue par l’action du pouvoir royal, maître de la majeure partie du Languedoc à partir de 1229 et qui sort renforcé de l’épreuve des révoltes méridionales de 1240 et 1242. Toutefois, l’Inquisition à elle seule, même secondée par l’action royale, n’aurait pu venir à bout de la dissidence religieuse sans un revirement de la part des élites impliquées dans l’hérésie. L’aggiornamento de l’Église opéré sous l’action des ordres mendiants dissipe largement le mal-être spirituel des élites urbaines tout en offrant, au sein du clergé, des places de choix aux fils des marchands et des brasseurs d’argent. Sur ce point, l’élection de sépulture privilégiée dans les couvents mendiants et l’entrée chez les Prêcheurs de fils d’hérétiques sont des indices très nets de ce retournement. En outre, ces élites urbaines, dont les aspirations politiques sont désormais limitées au sein de leurs propres villes par l’implantation du pouvoir royal, trouvent de nouveaux débouchés dans le service du roi, ce qui implique une rupture définitive avec le « catharisme »."
images/icones/fleche2.gif  ( 855708 )Il est intéressant de constater par Jean-Paul PARFU (2018-10-24 15:29:20) 
[en réponse à 855705]

que ce sont un peu des causes socio-économiques analogues qui sont à l'origine du Protestantisme :

- villes prospères, notamment du Nord de l'Europe,
- bourgeoisie naissante,
- bourgeoisie fortunée qui s'affirme face à la féodalité,
- bourgeoisie lettrée qui s'affirme face à des clercs souvent illettrés,
- bourgeoisie qui développe des sentiments nationaux anti-romains.

Dans ce cas, la réintégration dans les "cadres" ne se fera pas et l'hérésie prospérera !
images/icones/bravo.gif  ( 855715 )Entièrement d'accord avec vous par Peregrinus (2018-10-24 20:25:31) 
[en réponse à 855705]

Ces anachronismes flagrants, ce style enflé et prétentieux déconsidèrent totalement cet article dont on ne voit pas vraiment ce qu'il cherche (à part promouvoir une hérésie défunte devenue un objet touristique passablement ridicule : je me souviens d'avoir vu un "menu cathare", carné de surcroît, dans un restaurant de Carcassonne).

Un seul point me semble mériter un peu plus d'attention : l'article a probablement raison de mettre en cause une certaine tendance chez les universitaires à ce qu'il appelle un nominalisme : combien d'historiens de la Révolution, par exemple, nient aujourd'hui la réalité de la Terreur, la placent entre guillemets ou la désignent comme un mythe réactionnaire (un "terme de propagande post-thermidorien" qu'il ne faudrait plus utiliser, comme ne craint pas de l'écrire un maître de conférence parisien, récemment conseiller historique d'un film en costumes).

Pour le reste, je suis entièrement d'accord avec vous et avec le texte que vous citez.

Peregrinus
images/icones/1w.gif  ( 855706 )Sur le catharisme par Jean-Paul PARFU (2018-10-24 14:51:20) 
[en réponse à 855704]

Le catharisme a bien existé et a bien été éliminé par l'Eglise et les barons du Nord de la France.

Le catharisme était originaire du Proche et Moyen Orient et était arrivé en Europe occidentale via les Balkans et notamment la Bulgarie et la Bosnie aux alentours de l'an Mil.

Il s'agissait d'un Néo-manichéisme et d'un néo-Marcionisme qui condamnait le corps, la sexualité et le mariage. Les cathares étaient également végétariens.

L'Eglise s'est bien entendu inquiétée et a envoyé dans le Sud-Ouest (Toulouse, Albi, Carcassonne, Agen) des prédicateurs, puis des Inquisiteurs.

C'est parce qu'ils craignaient une alliance entre l'islam d'Espagne et les comtes de Toulouse (des féodaux ayant participé aux Croisades en Orient comme leurs homologues du Nord) mais désormais plus ou moins acquis au catharisme ou sympathisant avec lui, que les barons du Nord sont finalement intervenus (pensant également conquérir des terres).

Il est certain que le Protestantisme et l'anticléricalisme républicain qui ont marqué le Sud-Ouest trouvent leur origine, à la fois dans des relents cathares et dans le refus du Sud-Ouest d'être gouverné par le Nord !

Le catharisme a été relancé dans les années soixante à des fins touristiques, mais aussi pour consolider une nouvelle Gauche anticléricale, mais aussi régionaliste que l'on rencontrera au Larzac un peu plus tard.
images/icones/neutre.gif  ( 855711 )L'éternel retour des hérésies par Candidus (2018-10-24 17:19:52) 
[en réponse à 855706]

On ne peut pas s'empêcher de voir des similitudes entre la crise que nous vivons actuellement et le catharisme, notamment sur deux points que vous mentionnez : la condamnation du corps et le végétarisme.

On perçoit un écho de la condamnation gnostique et manichéenne du corps dans l'idéologie du genre qui refuse la dimension normative du sexe biologique ; l'identité masculine, féminine - ou autre -, devient une réalité purement psychologique, un choix de l'esprit qui manifeste ainsi son émancipation à l'égard de l'ordre naturel.

C'est une forme de refus et de mépris du corps, même si nous vivons en même temps dans une ambiance de culte du corps. Le paradoxe n'est qu'apparent.

Quant au végétarisme, il n'échappe à personne qu'il est en recrudescence, notamment dans sa forme la plus idéologique et délirante : l'antispécisme.

On pourrait aussi citer la mentalité contraceptive qui rappelle le refus cathare de la procréation et qui est aussi une forme de mépris du corps dont on refuse le tropisme reproducteur et les rythmes naturels de la fécondité.
images/icones/ancre2.gif  ( 855713 )Quel salmigondis ! par Paterculus (2018-10-24 18:39:58) 
[en réponse à 855704]

Tout ce texte est truffé d'approximations.
Mais il y en a une qui est énorme : c'est la mention d'un génocide.
Il y a eu aucune volonté de détruire le peuple des régions touchées par le catharisme et les victimes sont quelques milliers ; rien à voir donc avec les millions dont on parle pour la Shoa, ni même avec les centaines de milliers du populicide vendéen.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 855722 )pour aller plus loin par baudelairec2000 (2018-10-24 22:36:51) 
[en réponse à 855704]

un post de départ fourre-tout...

Cela va de l'Indépendant, le canard local, à José Dupré, qui, pour l'avoir rencontré, ne m'avait pas paru spécialement équilibré, en passant par Vidal-Naquet, dont on se demande ce qu'il vient faire là, et Michel Roquebert, le défenseur de la cause cathare. Ne manque que la féministe cathare Anne Brenon. Je ne pourrai pas manifester mon enthousiasme, comme le fait M. Perrin, pour Jean-Louis Biget.

Je ne connais pas les écrit d'A. Trivellone, il y aurait là des choses bien intéressantes à approfondir, notamment sur ce concept d'hérésie...

Comme l'aimait à le répéter Jean Blanc, archiviste à Carcassonne et auteur de plusieurs monographies remarquables consacrées à des abbayes romanes de l'Aude, on ne connaît les Cathares (les Purs) ou les Albigeois qu'à travers les procès-verbaux de l'Inquisition. Ils n'ont rien écrit, ils n'ont rien produit; les châteaux cathares ne sont pas plus cathares que le pain cathare (il me souvient d'être passé à Fanjeaux, à plusieurs reprises, devant un restaurant cathare, d'avoir également aperçu dans je ne sais plus quelle localité un garage cathare). Le catharisme est aussi bien un produit commercial pour attirer les touristes en "pays cathare" qu'un argument politique forgé par la gauche locale et ses alliés les porte-paroles de l'Occitanie - un militant occitan n'hésitait pas il y a quelques années, lors d'un Salon du Livre à Montolieu, à lancer à un libraire originaire du nord de la Loire: "Vous autres les Français". C'est dire si les barons du Nord ont traumatisé ces méridionaux innocents.

La question est à mon avis politique. On oublie trop souvent de mentionner l'ouvrage de Pierre Belperron, La Croisade contre les Albigeois et l'union du Languedoc à la France (1209-1249), ouvrage paru chez Plon en 1942, qui, comme son titre l'indique insiste sur la dimension essentiellement politique de la croisade. Un ouvrage à redécouvrir.


baudelairec2000, un amoureux de l'Aude et de ses paysages et qui n'a jamais rencontré de cathare lors de ses multiples pérégrinations.
images/icones/ancre2.gif  ( 855724 )Belperron par Paterculus (2018-10-24 23:31:07) 
[en réponse à 855722]

C'est l'ouvrage à consulter !
Voyez ce fil.
VdP
images/icones/pelerouin1.gif  ( 855728 )Simple question par Montes Gelboe (2018-10-25 07:11:44) 
[en réponse à 855704]

A l'auteur du premier message ouvrant cette discussion :
Avez vous vu, vous-même, l'exposition dont vous parlez du 6 au 13 octobre 2018 (un peu bref pour une période d'exposition, il est vrai).
Votre témoignage est-il direct et fondé sur l'examen et la lecture attentive des panneaux, des textes, des documents, ou simplement sur les échos donnés par la presse ou par d'autres témoignages, et donc indirect ?
Merci.