Le Forum Catholique

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images/icones/barbu2.gif  ( 855538 )Un évêque encensé par Libé. Bon signe ou pas bon signe ? par Bernard Joustrate (2018-10-20 21:53:36) 

Jacques Blaquart, un évêque déterminé à briser la loi du silence
Par Bernadette Sauvaget — Libération - 17 octobre 2018



A la tête du diocèse d’Orléans, Jacques Blaquart a transmis à la justice la lettre d’une victime d’abus sexuels commis par un prêtre et couverts par son prédécesseur.

Il est sans doute celui qui sauve l’honneur. Jacques Blaquart, le discret évêque d’Orléans, est un pionnier. Au moins dans l’épiscopat français. A temps et à contretemps, il est de ceux qui clament qu’en matière de lutte contre la pédophilie, on ne peut pas faire sans les victimes. «S’il y a un message à faire passer, c’est celui-là», insiste-t-il. Celles (nombreuses) que Blaquart a rencontrées depuis la fin 2011 l’ont bouleversé. Par discrétion, il évite d’en donner le nombre. «Ça commence à faire, dit-il seulement. Chaque fois, cela me touche surtout de voir combien ce mal est profond.» L’évêque à l’allure très peu cléricale regrette que, collectivement, on n’en ait pas encore pris l’entière mesure. «Dans son ensemble, la société française revient de loin, pointe-t-il. Dans les années 70, certains pouvaient même faire l’apologie de la pédophilie.»

«Gravité insoupçonnée»
C’est courant décembre 2011 qu’il reçoit un courrier signé d’Olivier Savignac, dénonçant des attouchements sexuels subis en juillet 1993, lors d’un camp de jeunes, de la part d’un prêtre, Pierre de Coye de Castelet (qui a reconnu les faits au cours de l’enquête judiciaire). Cela fait alors un peu plus d’un an que Blaquart est à la tête du diocèse d’Orléans. Le prêtre mis en cause, spécialiste de droit canonique (le droit interne à l’Eglise), a pour sa part fait une intervention le 22 mai 2011 au cours d’une journée consacrée à la pédophilie, à la grande stupeur de ses anciennes victimes.

Dans les jours qui suivent la réception du courrier, Jacques Blaquart reçoit Olivier Savignac : «C’était la première fois que j’avais face à moi une personne majeure qui avait été abusée sexuellement dans l’enfance. Cette rencontre a été un moment déterminant.» Bouleversante, sûrement même. «En rencontrant les victimes, assure l’évêque, j’ai découvert une gravité insoupçonnée qui s’inscrit au-delà de l’acte lui-même. Les abus subis marquent les victimes pour la vie, brisant tous leurs repères, les réduisant en miettes.»

Dès le 13 décembre 2011, l’évêque écrit au procureur de la République d’Orléans et transmet la copie de la lettre de la victime du père Pierre de Coye de Castelet. Il rompt ainsi le silence. Ses deux prédécesseurs à la tête du diocèse d’Orléans, Gérard Daucourt et André Fort, avaient été l’un et l’autre prévenus des agissements du prêtre mais n’en avaient pas référé à la justice. Quant au prêtre aux pulsions pédophiles, il continuait, malgré les signalements, à rester en contact avec des jeunes, participant à des rencontres des scouts d’Europe.

Après le signalement de l’évêque, une enquête judiciaire est ouverte. Le 30 octobre, Pierre de Coye de Castelet sera jugé devant le tribunal correctionnel d’Orléans pour des atteintes sexuelles sur mineurs. Sur le banc des accusés, il y aura aussi André Fort, l’ancien évêque, poursuivi, lui, pour avoir omis d’informer les autorités judiciaires.

Après décembre 2011, Jacques Blaquart est sollicité par d’autres victimes. «L’une des premières, raconte-t-il, a été une personne âgée maintenant de 83 ans. C’est terrible de vivre avec ce traumatisme qui remonte à plus de soixante-dix ans et qui n’a jamais été entendu.»

Avec Véronique Garnier, abusée pendant deux ans par un prêtre à Nancy et auteure d’un livre qu’il a préfacé (le Troisième Jour, de l’abîme à la lumière), les conversations seront longues et intenses. «Elle emploie souvent cette expression : "Nous sommes abîmés." C’est-à-dire que ces enfants abusés sont descendus dans l’abîme. Le prêtre qui a abusé d’elle venait souvent dans la maison familiale. Elle a confié à ses parents ce qui s’est passé, ils ne l’ont pas crue et ont continué à recevoir le prêtre. D’autres victimes se sont adressées à des membres de l’Eglise, mais rien ne s’est passé. Il y a chez elles le sentiment terrible d’un abandon.»

Regard extérieur
Débordé par les demandes qui lui sont adressées (même si elles ne concernent pas son église, ni même son diocèse), l’évêque a mis en place en 2014 une cellule d’écoute, l’une des premières en France, dans l’Eglise. Le dispositif a été généralisé en 2016 par la Conférence des évêques de France. Pour y voir clair, Blaquart a exhumé les dossiers mettant en cause des prêtres pédophiles, une dizaine dans son diocèse depuis cinquante ans. Il sait que tout doit être remis à plat. Et appuie à 100 % l’idée d’une commission d’enquête. Parce que son Eglise, pense-t-il, a besoin de ce regard extérieur. «Ce qui me guide, c’est que la vérité et la justice soient rendues aux personnes qui ont été abusées.»

Bernadette Sauvaget
images/icones/neutre.gif  ( 855541 )affaire ancienne 2011 et toujours que les mineurs par Luc Perrin (2018-10-20 22:23:24) 
[en réponse à 855538]

des procédures existent, ce qui est rappelé, et l'évêque les a suivies.

Le problème soulevé aux USA et au Chili, re-re-re-re-re-disons le, tient d'abord à des majeurs (y compris majorité sexuelle qui est plus basse en France par ex. et dans de nombreux pays);

Il tient aussi à des prêtres en position d'autorité plus élevée tels que des supérieurs de séminaire. Mais aussi à des évêques et des cardinaux soit directement prédateurs (McCarrick, Nienstedt un ancien secrétaire de Dearden etc.), soit coupables de couvrir les prédateurs.

Il semble que la mise en examen et la condamnation symbolique de feu Mgr Pican ait eu un effet positif pour la prise de conscience collective des évêques en France quant à la nécessité de s'en tenir à un code de conduite clair pour les abus sur mineurs.
Souhaitons que le scandale McCarrick qui met à jour une hiérarchie gangrénée dans le 4ème pays catholique du monde par le nombre et sûrement l'Église la plus riche avec celle d'Allemagne ne soit pas annonciateur de tempêtes en France.
Il n'y a pas d'indice fort en ce sens mais nul n'est prophète.
images/icones/tao.gif  ( 855542 )son volontarisme ne fait pas l'unanimité par Cristo (2018-10-20 22:26:52) 
[en réponse à 855538]

Certes il est au diapason de l'air (notamment mediatique) du temps mais il donne le sentiment d'aller trop loin dans l'autre sens. Attention a ne pas en revenir a l'ère de la loi des suspects ...
images/icones/mitre4.png  ( 855549 )pédophilie évêque d'Orléans par Garmon (2018-10-21 09:00:59) 
[en réponse à 855538]


Cet évêque a raison ; il faut porter le fer dans la plaie
images/icones/1v.gif  ( 855552 )vraiment excellent ! par jejomau (2018-10-21 09:30:07) 
[en réponse à 855538]

Cette phrase de Mgr Blaquart dans Libé :

Dans les années 70, certains pouvaient même faire l’apologie de la pédophilie.


Comme justement LIBE, non ?

Combien ont été amenés quasi-naturellement à la pédophilie par les journalistes de Libé ? (entre autres)
images/icones/croix.gif  ( 855564 )Orléans : le Père Pierre-Yves Fumery se serait donné la mort par Bernard Joustrate (2018-10-21 14:14:09) 
[en réponse à 855538]

DÉCÈS DRAMATIQUE DU PÈRE PIERRE-YVES FUMERY

Samedi 20 octobre, le corps sans vie du Père Pierre-Yves Fumery a été découvert dans les locaux du presbytère de Gien. Visiblement, il s’est donné la mort. Agé de 38 ans, il était le prêtre responsable des paroisses du giennois.

Nous sommes sous le choc même si nous savions qu’il connaissait un moment difficile.

Nous pensons immédiatement à ses parents, sa famille. Nous pensons aussi à ses proches, aux paroissiens du Giennois, à ses frères prêtres, à tous ceux auprès desquels il exerçait son ministère et à tous les catholiques du Loiret.

« Quand un membre du corps souffre, tous les membres souffrent avec lui. » (1 Co 12, 26). En ces moments difficiles pour notre Eglise diocésaine, portons le père Pierre-Yves dans notre prière. Prions aussi les uns pour les autres dans la confiance que le Christ est notre seule espérance.


+ Jacques Blaquart
Evêque d’Orléans pour le Loiret

Source
images/icones/neutre.gif  ( 855573 )Etrange par Mingdi (2018-10-21 17:38:30) 
[en réponse à 855564]

Après le suicide par pendaison d'un prêtre de 38 ans AUSSI à Rouen il y a quelques semaines...
images/icones/fleur.gif  ( 855575 )Une belle homélie par Yves Daoudal (2018-10-21 19:14:16) 
[en réponse à 855564]

de ce prêtre, le... vendredi saint de cette année, ici.

Mystère insondable...
images/icones/tao.gif  ( 855607 )mon post d'hier était prémonitoire par Cristo (2018-10-21 22:07:35) 
[en réponse à 855564]

Je vais developper un peu: certains prêtres qui n'ont rien a se reprocher vivent très mal l'activisme de leur évêque en la matière car il a pour effet de faire peser une lourde méfiance sur eux.

Il faut bien reconnaître que déplacer des prêtres abuseurs n'était sûrement pas la bonne solution mais que c'était celle la plus courante il y a encore peu de temps, et ce, que ce soit dans l'église ou dans la société civile.

Lâcher mediatiquement prédécesseurs qui ont gérés comme tout le monde et prêtres fautifs peut donner l'impression que le pere évêque s'achète a bon compte une armure de chevalier blanc ...

Pour rappel, dans quelques jours s'ouvrira le procès en correctionnel de son prédécesseur Mgr Fort poursuivi pour gestion a l'ancienne d'un cas de prêtre soupçonné de pedomanie.
images/icones/iphone.jpg  ( 855611 )A l’heure où vous avez publié votre message par XA (2018-10-21 22:36:06) 
[en réponse à 855607]

j’étais informé de ce décès.

Je trouve le communiqué épiscopal d’une froideur glaciale. Il faudra sans doute s’habituer à cette prose digne de Ponce Pilate.

Ce ne sera pas la moindre des actions de nos évêques que celle d’accompagner les prêtres objets d’accusations à des degrés de gravité divers. La tentation pourrait être grande de paraître plus blanc que blanc en méprisant ces hommes dont certains seront peut-être d’authentiques innocents. D’autres n’auront peut-être pas abusé de la faiblesse mais auront tout simplement chuté face à certaines tentations dont ils auront été victimes.

Nos évêques auraient tort en se précipitant dans le premier commissariat venu sans entendre au préalable les concernés. Ils seraient même coupables s’ils omettaient de les présumer innocents. Mon petit doigt me dit qu’en Orléanais, on sent peu cette charité paternelle.

XA
images/icones/4a.gif  ( 855638 )dans la moyenne nationale par Adso (2018-10-22 11:23:01) 
[en réponse à 855611]

"Mon petit doigt me dit qu’en Orléanais, on sent peu cette charité paternelle."

L'evêque de l'église d'Orléans est dans la triste moyenne de ses confrères , se souvient parfois qu'il ne doit pas être à la remorque du monde… Quand on ne va pas dans le sens du monde, dans ce diocèse (et même s'il n'y a pas les excès d'autres diocèses) , il est tout à fait judicieux que l'evêque ignore ou oublie votre existence …

Mais il n'est pas méchant, et plutôt sympathique quand on va le voire (on a l'impression que ça entre par une oreille et sort par l'autre, mais au moins il écoute…)

Perso, je le sens dépassé, un peu comme s'il ne savait quel rôle jouer…

prions pour lui...
images/icones/coeurbrise.gif  ( 855659 )[AFP] Loiret: suicide d'un prêtre visé par une enquête pour "suspicion d'agression sexuelle" par PEB (2018-10-22 17:39:42) 
[en réponse à 855611]

La dépêche AFP est accablante. Le sacerdoce a été brisé dans la rupture du vœux de pureté de mœurs de l'ordination diaconale. Et pourtant, en surface, rien de grave.

Il y a un vertige spirituel immense et, pourtant, un dossier vide jusqu'au désespoir. Nul jugement, donc nulle miséricorde, donc nulle consolation. L'attrition sans la contrition.


22-10-2018 16:36:18
Pays : FRA
FRFR

FRS1053 0705 /AFP-LV62



ORLÉANS, 22 oct 2018 (AFP) - Un mois après le suicide du père Sèbe à Rouen, un prêtre du Loiret, visé par une enquête pour "suspicion d'agression sexuelle" sur mineur de moins de 15 ans, a été trouvé mort samedi dans son presbytère,"un moment d'épreuve tragique", selon l'évêque d'Orléans Mgr Blaquart.

Le Père Pierre-Yves Fumery, 38 ans, a été découvert samedi pendu dans son presbytère à Gien (Loiret). L'Orléanais, qui avait été ordonné prêtre en juin 2014, avait d'abord exercé comme animateur pastoral, avant d'être nommé dans le Giennois fin 2017.

Lundi, l'évêque d'Orléans a évoqué devant la presse "un moment d'épreuve tragique et de souffrance" pour les catholiques. Il a expliqué que des paroissiens avaient alerté la cellule "d'écoute des blessures" du diocèse le 7 septembre. Ils auraient, selon lui, été témoins de "comportements inappropriés envers des adolescents de 13, 14 ans". Mgr Blaquart a évoqué notamment une "proximité physique", un "comportement pas ajusté avec une jeune fille qu'il a prise dans ses bras et raccompagnée plusieurs fois en voiture".

Selon l'évêque, "aucun des gestes mentionnés n'obligeait à saisir la justice". Il a précisé avoir demandé au Père Fumery de "prendre du recul et de se faire accompagner, de quitter Gien quelque temps".

Une recommandation suivie par l'intéressé, qui est revenu le 8 octobre à Gien avec l'accord de Mgr Blaquart, "avec interdiction d'entrer en contact avec les personnes concernées", a précisé ce dernier.

Parallèlement, les témoignages des paroissiens ont été transmis aux services sociaux qui ont mené une enquête auprès des familles.

Contacté par un correspondant de l'AFP, le procureur de Montargis Loïc Abrial a confirmé qu'une enquête préliminaire pour "suspicion d'agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans" avait été ouverte le 21 septembre à la suite d'"informations préoccupantes".



- commission d'enquête refusée -

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"Plusieurs auditions ont eu lieu (...) et le prêtre a été entendu le 15 octobre en qualité de témoin", en l'absence d'infraction pénale matérialisée, a précisé le parquet. Le père Fumery avait rapporté le jour-même au diocèse que les faits ayant motivé l'enquête n'entraînaient, selon les gendarmes, aucune poursuite judiciaire.

Selon le procureur, le prêtre a laissé des écrits dans lesquels il "demande pardon". "Mais aucun élément du dossier ne permet de dire que son geste est lié à l'enquête", selon M. Abrial.

"Des informations préoccupantes auraient pu laisser penser que des adolescentes auraient pu subir des comportements inappropriés, mais qui ne relèvent pas d'infractions pénales, d'agressions, de violences, il fallait s'en assurer", a-t-il renchéri. "C'est un questionnement sur une relation amicale en tant qu'adulte responsable de l'encadrement d'adolescents", ajoute encore le procureur.

Une autopsie doit être pratiquée en début de semaine.

Ce suicide intervient dans un contexte délicat pour l'Église catholique, soupçonnée de vouloir minimiser, voire taire des comportements d'abus sexuels.

Il y a un mois, le père Jean-Baptiste Sèbe, également âgé de 38 ans, s'était pendu dans les combles de son église à Rouen. Il avait été dénoncé par une femme qui l'accusait de comportements indécents et d'agression sexuelle sur sa fille majeure. Rien n'avait été porté à la connaissance de la police avant le suicide. Une enquête préliminaire du chef d'agression sexuelle a été ouverte. La jeune femme de 21 ans qui avait dénoncé le comportement du prêtre n'a elle pas déposé plainte.

La semaine prochaine doit par ailleurs s'ouvrir à Orléans le procès de l'ancien évêque d'Orléans, Mgr André Fort, ainsi que du père Pierre de Castelet.

Il est reproché à Mgr Fort, mis en examen en 2017, de n'avoir pas dénoncé l'abbé de Castelet, 69 ans, soupçonné d'attouchements sur des mineurs, après pourtant en avoir été informé.

Face aux témoignages d'agressions et aux révélations dans de nombreux pays, des personnalités et des victimes avaient demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire indépendante. Mais cette proposition a été rejetée mercredi par le Sénat.

L'assemblée de la conférence des évêques de France, qui se réunit début novembre à Lourdes, a prévu des groupes de travail réunissant victimes et évêques.

cor-hdu/db/or







AFP 221635 OCT 18

images/icones/mitre4.png  ( 855683 )Suicide du Père Fumery : Monseigneur Blaquart s'exprime par PEB (2018-10-24 00:35:56) 
[en réponse à 855659]

Voici la conférence de presse, diffusée sur KTO.
images/icones/hein.gif  ( 855637 )Comment se fait-il par Regnum Galliae (2018-10-22 10:53:06) 
[en réponse à 855538]

Comment se fait-il que l'autre évêque cité ne soit pas inquiété ? A-t-il des protections liées à son dernier siège, politiquement plus important ?