Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=855053
images/icones/iphone.jpg  ( 855053 )Le cardinal Wuerl a démissionné par Athanase (2018-10-12 12:19:56) 

La nouvelle vient de tomber: le cardinal Wuerl a démissionné. Il aurait présenté sa démission au pape François, lequel l’aurait acceptée.
images/icones/carnet.gif  ( 855055 )Uniquement de sa charge d'évêque. Reste cardinal avec le soutien écrit de François par Gaspard (2018-10-12 12:39:13) 
[en réponse à 855053]

Le cardinal Wuerl va avoir 78 ans.


When the pope's decision was announced Oct. 12, the Archdiocese of Washington released a letter from Pope Francis to the cardinal, making clear his support for Cardinal Wuerl's ministry and leadership, but also praising the cardinal for putting the good of the church first.

"You have sufficient elements to 'justify' your actions and distinguish between what it means to cover up crimes or not to deal with problems, and to commit some mistakes," the pope wrote. "However, your nobility has led you not to choose this way of defense. Of this, I am proud and thank you."

Source CNS
images/icones/1i.gif  ( 855059 )12 octobre 2018. François au cardinal Wuerl: « Je suis fier de vous » par Gaspard (2018-10-12 13:22:13) 
[en réponse à 855053]


You have sufficient elements to "justify" your actions and distinguish between what it means to cover up crimes or not to deal with problems, and to commit some mistakes. Howewer, your nobility has led you not to choose this way of defense. Of this, I'm proud and thank you.


Lettre du pape François au cardinal Wuerl mise en ligne par l'archidiocèse de Washington

images/icones/neutre.gif  ( 855081 )François se moque des victimes par Eti Lène (2018-10-12 18:52:09) 
[en réponse à 855059]

Et il se moque de la justice américaine par cette lettre. Il est aveuglé à un point qu'il semble difficile de concevoir. Il y a les manants et la caste des puissants cela suinte clairement dans cette lettre. Pourra-t-il finir son pontificat ?
images/icones/1p.gif  ( 855060 )François nomme le cardinal Wuerl administrateur apostolique de son ex-diocèse ! par Gaspard (2018-10-12 13:28:26) 
[en réponse à 855053]

Source : la même lettre du pape François.
images/icones/nul.gif  ( 855065 )trompe-l'oeil : Wuerl reste administrateur apostolique avec les "honneurs" par Luc Perrin (2018-10-12 15:44:52) 
[en réponse à 855060]

et le pape François le félicite !!! en des termes aussi dithyrambiques qu'hallucinants pour qui a lu les passages accablants incriminant Wuerl, le pire évêque selon le procureur de tous ceux qu'il devait examiner dans son enquête.

Je traduis le satisfecit louangeur pour le disciple de McCarrick :

"You have sufficient elements to 'justify' your actions and distinguish between what it means to cover up crimes or not to deal with problems, and to commit some mistakes," the pope wrote. "However, your nobility has led you not to choose this way of defense. Of this, I am proud and thank you."

[vous avez suffisamment d'éléments pour "justifier" vos actions et distinguer entre ce qu'est couvrir des crimes/délits, ou ne pas affronter les problèmes, et faire quelques erreurs.
Néanmoins votre noblesse (grandeur d'âme) vous a conduit à ne pas opter pour ce moyen de défense. De cela JE SUIS FIER et je VOUS REMERCIE"]

En bref Wuerl et ses pareils (Cupich, Tobin etc.) ont seulement commis "quelques erreurs" pendant 18 ans pour Wuerl à Pittsburgh.
C'est exactement la même défense que celle du Padre Grassi, celle d'Inzoli, celle de l'évêque Juan Barros au Chili, la mansuétude envers l'archevêque McCarrick ...

Saint Michel Archange s'il-vous-plaît envoyez encore quelques centaines ou plutôt des milliers de lances car ils ont des yeux et ils ne voient pas, ils ont des oreilles et ils n'entendent pas.


images/icones/fleche2.gif  ( 855133 )Peu surprenant par Peregrinus (2018-10-13 16:58:35) 
[en réponse à 855065]

Au vu de la situation où se trouve aujourd'hui le pape, il aurait été surprenant qu'il lâchât spectaculairement le cardinal Wuerl.

Mgr McCarrick lui-même, dont les crimes sont plus immédiats et désormais plus évidents aux yeux de tous, n'a pas fait, à proprement parler, l'objet de véritables sanctions canoniques si l'on excepte l'invitation à mener désormais une vie de pénitence : il s'est lui-même démis de son cardinalat. Je ne crois pas qu'il ait été jugé comme il devrait l'être.

Si François punissait le cardinal Wuerl, il s'exposerait à la nécessité - et pour cause - de devoir prendre dans la suite les mêmes mesures à l'encontre de personnages de son propre entourage, surtout si, par exemple, l'information sortie dernièrement à propos du cardinal Coccopalmerio est vraie. Faire volte-face dans l'affaire chilienne et provoquer la chute de sa propre garde rapprochée ne comporte pas les mêmes risques.

Le cardinal Wuerl ne restera pas éternellement administrateur de son ancienne métropole ; cependant, il est à craindre qu'il ne soit remplacé par un prélat équivalent, voire pire, si l'on songe à des ecclésiastiques comme le cardinal Cupich.

Peregrinus
images/icones/4b.gif  ( 855067 )Indigne de rester archévêque, mais digne de rester cardinal ? par Gaspard (2018-10-12 16:14:58) 
[en réponse à 855053]

Impossible de rester archévêque en raison du rapport du procureur de Pennsylvanie et de l'affaire McCarrick, mais digne de rester cardinal ? Moi pas comprendre.
images/icones/coeurbrise.gif  ( 855068 )"digne" selon le pape de rester l'un et l'autre par Luc Perrin (2018-10-12 16:31:28) 
[en réponse à 855067]

Vous avez donné la citation et je l'ai traduite : François FÉLICITE Donald Wuerl qui a donné sa démission il y a 3 ans déjà.

Il reste donc :
a) archevêque émérite et couvert de 169 mérites (ses citations dans le Rapport)
b) cardinal
c) administrateur apostolique jusqu'à X temps : il peut continuer à jouir de son penthouse luxueux et passer les documents compromettants qui restent à la broyeuse, tenter de faire pression sur les témoins et s'assurer que la maison McCarrick (Washington et la Papal Foundation) restent entre de "bonnes" mains.
On peut deviner que le successeur sera membre du club McCarrick ou allié à ce club.

Mais à cette situation qui nous ramène vraiment à Alexandre VI et à la Pornocratie du X-XIe siècle, l'Archange Saint Michel, avec l'aide des laïcs - le sensus fidei qui se réveillera peut-être à mesure que les dons financiers se raréfieront pour les corrompus corrupteurs -, les prêtres, les religieux, les religieuses, les consacré-es et peut-être parmi les milliers d'évêques des hommes de foi et de bien, de courage, vont-ils se lever en plus grand nombre que ceux qui ont eu cette vaillance isolée jusqu'ici ?

Il est hélas clair que le bras séculier sera utilisé pour le divin courroux car l'Église peine à se purifier elle-même comme elle avait pitoyablement échoué en 1512-1517.
Les lances de l'Archange continueront à s'abattre malgré l'obstination romaine à couvrir le cover-up et même comme dans cette lettre à s'en faire gloire.
images/icones/1g.gif  ( 855070 )Couper les vivres aux évêques corrompus par Sabaoth (2018-10-12 16:52:10) 
[en réponse à 855068]

Les laïcs américains de Church Militant proposent un schéma de lettre à envoyer à l'évêque du lieu. Il y est question, entre autres, de cesser les dons d'argent aux oeuvres épiscopales et à l'Eglise si un certain nombre de critères moraux et pastoraux ne sont pas remplis.


https://www.churchmilitant.com/news/article/send-your-letter-to-your-bishop
images/icones/bravo.gif  ( 855087 )cela s'impose comme aux organisations "néo-catholiques" par Luc Perrin (2018-10-12 19:36:53) 
[en réponse à 855070]

qui les soutiennent : pensez à la Papal Foundation.

Il faudrait un label "McCarrick-Wuerl" à décerner pour les organismes qui sont des couvertures et des supports financiers pour les corrupteurs mitrés et en calotte rouge.

Les "néo-catholiques" sont souvent pingres ou indifférents à la vie de l'Église au plan matériel là où les catholiques ordinaires et traditionnels sont généreux.

L'opération McCarrick-Wuerl-Bransfield etc. consiste à accueillir les dons et legs des croyants pour les donner, en mettant aussi quelques causes justes pour brouiller les pistes façon "tueurs à gages", essentiellement aux corrompus corrupteurs néo-catholiques.

Il est important en effet de casser cette pompe à finances qui elle-même nourrit la confusion parmi les fidèles désorientés.
images/icones/info2.gif  ( 855089 )Réaction des victimes: l'éloge du Cardinal Wuerl par François est une insulte par Gaspard (2018-10-12 20:00:41) 
[en réponse à 855053]


for Pope Francis to praise Cardinal Wuerl and to call him a ”shepherd” is insulting to all victims of clergy abuse and especially to those who may have been harmed under his watch. What shepherd places the most vulnerable of his flock in harm’s way? The Pope calls these actions “some mistakes”, this is another knife in the heart of those who have already suffered at the hands of the Catholic church.



Réaction du SNAP (principale association de victimes aux USA), en anglais
images/icones/fleche2.gif  ( 855097 )[réponse] par jejomau (2018-10-12 22:19:33) 
[en réponse à 855089]

le pape a dit :


Vous avez suffisamment d'éléments pour "justifier" vos actions et faire la distinction entre ce que signifie "dissimuler des crimes" ou "ne pas avoir su régler des problèmes et commis des erreurs". Cependant, votre noblesse vous a amené à ne pas choisir ce moyen de défense. De cela, je suis fier et merci

.

l'association de victimes a dit:


que le pape François loue le cardinal Wuerl et le traite de "berger" est une insulte à toutes les victimes de violences commises par le clergé et en particulier à celles qui pourraient avoir été blessées sous sa surveillance. Quel berger met les plus vulnérables de son troupeau en danger? Le pape appelle ces actions «des erreurs», c’est un couteau supplémentaire dans le cœur de ceux qui ont déjà souffert de l’église catholique.

images/icones/union-jack.png  ( 855099 )"the heart of the shepherd" (pape François) par Luc Perrin (2018-10-12 22:45:15) 
[en réponse à 855097]

jejomau le SNAP a raison : l'expression, plus insultante encore pour les victimes, "le coeur d'un berger" est employée par le Pape au § 2 où il use deux fois du mot berger pour Wuerl.

Le Pape parle bien de "quelques erreurs". Vous ne placez pas la virgule au bon endroit en associant 2 termes que le Pape oppose.

"and distinguish between what it means to cover up crimes or not to deal with problems, and to commit some mistakes"

Regardez bien où se trouve la virgule.
Pour le Pape, l'évêque (de Pittsburgh) puis cardinal-archevêque n'a commis que "quelques erreurs" dont celle de prétendre ne rien savoir de McCarrick son mentor, ce qui a fait rire (jaune) toute l'Église américaine.
Le SNAP a raison ici factuellement et tous les analystes en conviennent.


Oh les bons bergers que voilà ...
images/icones/fleur.gif  ( 855116 )mouais... par jejomau (2018-10-13 10:49:27) 
[en réponse à 855099]

Bien entendu..

Grosso modo, le pape dit simplement qu'il soutient Mgr Wuerl qui prétend ne pas avoir couvert ni dissimulé des faits criminels mais qui prétend qu'il a fait des erreurs dans la gouvernance de son diocèse en tant que évêque.

Essayons d'être clair.

Il est évident pour tous (pour tous cher Luc!) que François mais surtout de très haut responsables ecclésiastiques ont commis pour certains, des fautes de gestion des crises alors que d'autres ont collaboré, participé ou même fait pire. Ce qui est terrible.

C'est terrible parce que ca va vous retomber dessus cher Luc.

Sur vous. Parce que vous êtes catholique.

Alors, de temps à autre il n'est pas mauvais non plus de souligner que ces associations cherchent d'une part la Vérité… Mais aussi un peu plus que la Vérité en recherchant le maximum de bénéfices qu'elles pourraient en tirer en faisant le plus de mal à votre Eglise qui ne lui fait ni chaud ni froid. Ey c'est normal : c'est le jeu judiciaire qui se profile en fin de compte..

images/icones/neutre.gif  ( 855126 )désaccord de fond par Luc Perrin (2018-10-13 14:31:54) 
[en réponse à 855116]

Qu'importe si ça me "retombe dessus"*, je précise que je n'ai abusé de personne et que je n'ai pas couvert les crimes d'évêque, cardinal, prêtre-religieux ou religieuse à la différence du "noble" (! pape François) cardinal Wuerl.

C'est logique au demeurant puisque l'opprobre tombe forcément sur une Église dont le chef qualifie de noble" l'auteur de pareils comportements, tous ceux qui le suivent dans cette spirale vers le fond du gouffre où vous semblez prêt à sombrer.

Petite information : il y a eu deux suicides connus de victimes consécutifs aux cover-ups du "noble" Donald Wuerl quand il était à Pittsburgh.

Vous vous trompez lourdement en pensant que la fureur contenue des catholiques américains n'est qu'un produit artificiel de certains media et du SNAP. Si la purification n'est pas faite par le Pape - il cautionne et soutient ouvertement, c'est clair et écrit par lui maintenant avec cette lettre de louange d'un corrompu corrupteur - ni par les cardinaux ni par les évêques (sauf quelques uns comme Mgr Vigano, un brochette aux USA...), et bien Saint Michel usera du SNAP, de media non catholiques, de laïcs pas moutonniers pour faire cette oeuvre indispensable.

C'est le corps charnel de l'Église qui est purulent et atteint de gangrène : le temps de la tisane et du cachet d'aspirine, cher ami, est passé. J'ai assez vanté les "acquis", incomplets certes, de la restauration wojtylienne aux USA pour ne pas mesurer l'étendue de la tromperie et de mon erreur d'évaluation aujourd'hui.

Je n'avais pas prêté toute mon attention au livre de Michael Rose de 2002 qui donnait les mécanismes de la corruption dans les séminaires et les évêchés alors maintenant on ne me remettra pas des écailles "pieuses" et peccamineuses devant les yeux. Non possumus jejomau, non possumus.

Ne restez pas assis à regarder la formidable bataille spirituelle, plus décisive que celle des années 1965-1975, qui se joue devant nous : Roosevelt s'est allié avec Staline contre Hitler et les Japonais. Avec l'accord du Vénérable Pie XII au passage. Sous la mitraille, il n'est plus temps de faire la fine bouche.

* c'est déjà le cas : vous croyez que quand on est enseignant dans une institution comme la mienne, on n'a pas écho du malaise ? Je préfère en parler et prendre les devants, je note un soulagement et une gravité dans l'assistance quand j'aborde le drame. Je crois aussi que ce qui se passe et ne se passe pas à Rome et le "rabbit-hole" américain avec les horreurs nouvelles qu'on découvre chaque semaine ou chaque jour peut ébranler la foi SURTOUT si on fait chut-chut. Se taire, c'est être complice du diable.
images/icones/fleche2.gif  ( 855131 )Entièrement d'accord avec vous... par Signo (2018-10-13 16:03:34) 
[en réponse à 855126]

... d'autant plus que tout ce qui est révélé en ce moment n'est probablement que la partie émergée de l'iceberg de la corruption dans l'Eglise.

Si un cardinal comme Coccopalmerio a pu participer à une orgie mêlant sexe et drogue, on ne voit pas pourquoi il y aurait pas d'autres cardinaux qui mèneraient en ce moment même un style de vie similaire (pour ce qui est des prélats moins élevés dans la hiérarchie, je n'en parle même pas). Le fait qu'il soit toujours cardinal et qu'il ne soit même pas inquiété montre qu'il y a un gros, gros problème au sommet de l'Eglise.

Si en Pennsylvanie, plus de 300 prêtres ont pu commettre des abus sur des enfants en un demi-siècle, on ne voit pas pourquoi il n'y aurait pas dans les autres états américains des proportions similaires, étant donné que les causes qui ont créé les conditions de ces abus ont existé de la même manière dans tous les autres diocèses des USA.

Pour moi, il n'y a que deux explications à l'attitude du Pape:
- soit il est complètement fou ou inconscient;
- soit il a lui même des choses à se reprocher dans son propre passé à Buenos Aires ou ailleurs, un secret inavouable qui le pousse à la politique du chut-chut et de la subversion de la doctrine, et qui l'empêche de châtier les fautifs, de peur qu'ils ne révèlent tel ou tel point sombre de son histoire personnelle...

Quoiqu'il en soit, nous autres fidèles n'avons que deux choses à faire:
- intensifier notre vie de prière en posant sur les événements actuels un regard surnaturel;
- Cesser de verser le denier de Saint Pierre et tout versement financier aux diocèses pour reporter ces dons aux communautés sacerdotales et monastiques irréprochables, et qui ne se moquent pas des fidèles!
images/icones/hein.gif  ( 855141 )De fait par Rémi (2018-10-13 20:04:12) 
[en réponse à 855131]

la question qui me taraude c'est quel est fondamentalement l'intérêt du Pape François ?? A priori son attitude est irrationnelle, non ?


(Et séquence advocatus diaboli : on ne limoge tout de même pas un cardinal, je pense à SER le cal. Coccopalmerio, sur le témoignage, du moins la presse en fait état, d'un prélat anonyme étayé par celui de trois prêtres qui ne le sont guère moins. Ca c'est à peu près du néant dans l'ordre du droit et de la justice. Il faut au moins ordonner enquête, et procès le cas échéant, quand bien même à titre personnel il me parait invraisemblable que le cardinal ait ignoré les agissements de son subordonné, et pas impossible qu'il y ait participé. )
images/icones/bravo.gif  ( 855146 )Exactement par Peregrinus (2018-10-13 21:43:17) 
[en réponse à 855141]


On ne limoge tout de même pas un cardinal, je pense à SER le cal. Coccopalmerio, sur le témoignage, du moins la presse en fait état, d'un prélat anonyme étayé par celui de trois prêtres qui ne le sont guère moins. Ca c'est à peu près du néant dans l'ordre du droit et de la justice. Il faut au moins ordonner enquête, et procès le cas échéant.



Le problème est bien qu'il n'y a visiblement pas d'enquête et encore moins de procès, mais que les seuls compétents pour instruire une telle cause n'y sont guère disposés.

D'ici là, il est normal, d'une certaine manière, qu'il n'arrive rien au cardinal Coccopalmerio (même si les accusations portées contre lui n'ont malheureusement rien d'invraisemblable).

Il est bien difficile de dire quel est l'intérêt fondamental de François. D'après des sites argentins qui lui sont peu favorables (c'est le moins qu'on puisse dire ; peut-être prendrai-je un jour la peine d'en traduire un ou deux articles), ce serait l'envie de dominer qui constituerait son mobile profond, et qui l'aurait conduit à s'appuyer sur les coteries cardinalices dont les turpitudes tendent aujourd'hui à apparaître au grand jour.

Peregrinus
images/icones/neutre.gif  ( 855149 )distinguer le programme et les tactiques par Luc Perrin (2018-10-13 22:35:22) 
[en réponse à 855146]

pour le mettre en oeuvre.

Le Père Bergoglio sj a en gros adhéré au tournant imprimé par Kolvenbach à la néo Société de Jésus en gardant une version épurée de la période arrupiste.

Vu comme "conservateur" quand les théologies de la Libération marxisantes avaient cours (arrupisme), il s'est coulé en revanche pleinement dans l'axe interreligieux libéral de Kolvenbach et suivants. La théologie de la libération a bougé en répudiant ses sources marxistes et en accueillant beaucoup du libéralisme bourgeois en termes d'éthique : le cas de Mgr Gaillot est représentatif. Elle garde une saveur anticapitaliste, traditionnelle, mais déconnectée de l'anti-libéralisme global qui est le support cohérent de la Doctrine sociale de l'Église.

Le programme Martini sj est suivi de façon méthodique par le présent Pape : c'est l'aspect le plus faible du livre d'Henry Sire de tout ramener à Peron et de ne pas assez regarder dans le vivier jésuite.

Outre Martini, on trouve dans l'histoire de la S.J. "canal historique" des bases à l'individualisme martinien : la casuistique du XVIIe.

Faire un compromis poussé avec l'idéologie libérale sur les questions de moeurs et de genre, ce sont les 2 premiers points du programme de feu le cardinal Martini : pour faire passer le "divorce catholique", les unions libres et de toute configuration, quoi de plus naturel de s'appuyer sur des éléments corrompus de type McCarrick, Wuerl, Coccopalmerio, Mahony, Cupich, Tobin avec son nighty-night tweet, McElroy et ceux qui leur sont redevables/associés, les Boeselager dans l'Ordre de Malte, les James Martin et Thomas Rosica ... ?

C'est en fait très cohérent.

La seule surprise est que le parti néo-catholique se pense maintenant assez puissant, tenir l'Église à la gorge, qu'il ne se cache plus. Jamais vous ne trouverez d'équivalent sous Paul VI avec lesquels certains sont si sévères : Paul VI n'a pas écrit Amoris Laetitia mais Humanae vitae entre autres.

Le Père Rosica a carrément fait l'éloge :
a) du modernisme le plus extrême en reniant la Bible, les Pères, le Magistère
b) du LGBTQ.

La lettre de louange au cardinal Wuerl est là : il suffit de la lire. Elle montre que la Lettre au peuple de Dieu du 20 août n'était qu'une "ruse" et le Pape l'a immédiatement ignorée en faisant le contraire de ce qu'il y prône et ajoutant du "cléricalisme" au "cléricalisme".

Il assume et il hisse haut son pavillon en ornant un possible inculpé devant la justice civile du titre de "berger" et de "noble".
Oui McCarrick, Wuerl, Coccopalmerio, Mahony, Cistone, feu Pican, O'Brien, Cupich et on peut allonger la liste et prévoir des pages et des pages pour ceux qui vont suivre, sont les "modèles" du néo-catholicisme conformes au programme Martini d'un catholicisme simple MASGU, mouvement d'animation spirituelle du gouvernement universel, qui s'arrangera avec les autres religions chacun ayant sa "part de marché" et ses dividendes.

Aucun jésuite n'a été élu pape avant 2013 : on ne transgresse pas un tabou impunément.
L'Archange Saint Michel agit : les lances tombent et continueront à le faire soit par des clercs-évêques-cardinaux héroïques, peu mais il y en a, soit par des laïcs et il y en a de plus en plus qui se réveillent "le peuple de Dieu" (Vatican II), soit par le "bras séculier" ce qui est fort traditionnel dans l'histoire de l'Église. C'est un empereur romain germanique qui a mis fin au Grand Schisme d'Occident.
images/icones/hein.gif  ( 855176 )Ruse par Peregrinus (2018-10-14 11:41:31) 
[en réponse à 855149]

Je suis d'accord avec vous pour dire que la culture de la Compagnie de Jésus depuis, au moins, le généralat du R.P. Arrupe influence certainement beaucoup la conduite du pape actuel.

Je suis d'accord également pour dire que cela va, hélas, dans le sens de l'exécution du programme clairement néo-moderniste élaboré par les cardinaux Kasper, Martini, et quelques autres.

Mais il me semble que l'on peut légitimement se demander si un tel programme est appliqué par conviction profonde ou par suite d'un calcul d'ambition.

Le blogue argentin Caminante Wanderer, dont les auteurs ont subi pendant longtemps l'épiscopat du cardinal Bergoglio à Buenos Aires, penche plutôt pour la seconde option : François, jugé théologiquement analphabète, n'aurait au fond aucune conviction théologique ou doctrinale, sa rupture avec les conservateurs dans les années 1990 étant essentiellement motivée par l'envie de dominer, le progressisme étant jugé politiquement plus porteur.

Cela ne me paraît pas improbable, ce qui ne veut pas dire que cela est nécessairement vrai : le programme pourrait colorer une tactique conçue comme sa propre fin.

Mais il est vrai que cela ne change rien au fond, qui est évidemment désastreux, ce en quoi nous sommes entièrement d'accord.

Peregrinus
images/icones/neutre.gif  ( 855181 )impossible à trancher faute d'un journal par Luc Perrin (2018-10-14 15:05:27) 
[en réponse à 855176]

intime ou d'une correspondance privée accessible. On est au stade du for interne et de ce qui se passe dans la conscience du cardinal Bergoglio puis pape François.
Merci pour la référence même si j'ai plus de difficulté à lire l'espagnol.


Toutefois un clerc ou un laïc peut évoluer avec le temps dans ses convictions sans que ce soit par pur opportunisme. Il accède à l'épiscopat comme Auxiliaire en 1992 dans une période où il est perçu comme un Wojtylien de centre-droit plutôt mais il adopte comme devise :
Miserando atque eligendo. La notion de miséricorde y est déjà, il est vrai qu'on peut en faire un usage orthodoxe ou hétérodoxe.

Reconnaissons une constance depuis son accession comme archevêque en 1998. Est-ce opportuniste de prendre Kasper comme emblème en 2013 dans un de ses premiers discours ? Sachant que le conflit doctrinal Kasper/Martini contre Ratzinger est ouvert depuis au moins 2001-2002.
Tout était dit dès le début par cette seule référence.

Il y a eu des prélats corrompus et corrupteurs du côté "traditionnel" au sens large : des biographes pointent que Spellman aurait été un McCarrick avant Vatican II et pendant, ayant un Capozzi-Coccopalmerio appartement à New York.
Mais il faut admettre que le "club McCarrick" est bien plus étoffé en nombre parmi les néo-modernistes et néo-libéraux de toutes tendances. Peut-être simplement est-ce pour cela que François a recours à eux : le groupe de Saint-Gall comprenait Murphy O'Connor, soupçonné personnellement, Danneels accusé d'avoir su et couvert au minimum Vangelhuwe. L'appel à un disciple de McCarrick comme Kevin Farrell et le poids donné tant à McCarrick qu'à Wuerl - la lettre du 12/10/2018 - en est une confirmation étonnante - montrent que le Pape pioche d'abord dans les Martiniens corrompus ou soupçonnés ou pas.

Il a gardé il est vrai le cardinal Pell, wojtylien-ratzinguérien ouvert à la Messe traditionnelle, qui avait été fragilisé par des accusations écartées par la justice australienne autrefois avant l'inculpation récente qui tient beaucoup à un climat. Toutefois Henry Sire signale que le préfet du nouveau dicastère à l'économie créé par François avait vu ses pouvoirs réels fortement réduits au profit de l'APSA et du cardinal Parolin.

Par ailleurs le programme Martini sj tend à éliminer toute notion de "morale" et admettre n'importe quel comportement sexuel ou presque tant pour les laïcs que les clercs : il y tend tout au moins. Le silence du cardinal Ouellet sur la rupture de la promesse de chasteté et la sanction sur McCarrick qui porte uniquement sur un abus supposé et crédible sur un mineur, ces silences romains sur la chasteté signalent bien une sympathie implicite à l'égard d'un épiscopat qui ne serait plus chaste.
On n'imagine pas les réformateurs tridentins et par la suite ne parler que de la sexualité avec des mineurs (au sens du temps). Le soutien fort du cardinal Bergoglio au Padre Grassi et à don Inzoli est encore plus troublant.

Les vrais modernistes ceux du début du XXe étaient eux des ascètes en général : Loisy en étant un exemple gardant la chasteté et une vie de type clérical même après avoir été excommunié et déclaré vitandus.
images/icones/fleche2.gif  ( 855186 )Difficile effectivement par Peregrinus (2018-10-14 17:00:50) 
[en réponse à 855181]

Il est effectivement difficile de trancher.

Les appels du pied au camp néo-moderniste et à ses principales figures dès les premières heures du pontificat pourraient aussi relever, plutôt que de la conviction profonde, du retour d'ascenseur à une faction dont l'appui a été essentiel pour parvenir au siège de Pierre.

L'interprétation peut paraître excessive peut-être, mais le choix par François d'ecclésiastiques gravement compromis ne peut-il pas se comprendre également comme un moyen de garantir son propre pouvoir dans la mesure où les affidés ne peuvent jouir en sûreté de leurs places qu'aussi longtemps qu'ils bénéficient de la faveur du pape, sans lequel ils risquent les ennuis les plus considérables ?

Peregrinus
images/icones/neutre.gif  ( 855188 )oui et non par Luc Perrin (2018-10-14 17:24:32) 
[en réponse à 855186]

Oui le raisonnement se tient : c'est celui qu'adoptent Henry Sire et quelques autres ; le Pape comme un président européen qu'on connaît préfèrerait des obligés.

Mais je ne suis pas entièrement convaincu parce que ce Pape n'a pas eu les lenteurs, ménagements, compromissions dont les papes depuis Jean XXIII ont usé. Il n'a pas attendu des années pour changer le préfet de la Congrégation du clergé : dès le 21 septembre 2013, il a remplacé le cardinal Piacenza. Quand il a voulu se débarrasser du cardinal Burke, il l'a fait ; quand il a voulu casser l'Ordre de Malte et assurer le pouvoir de Boeselager, il y est allé au bulldozer.

Pourquoi se donnerait-il le mal de chercher spécialement des prélats avec des boulets financiers et sexuels ? Pourquoi aller rechercher un McCarrick spécialement en 2013, un Mahony au printemps 2018 pour être un légat pontifical ce qui a entraîné une réaction populaire et Mahony a dû renoncer ?

C'est ce qui m'amène à penser que le Pape cherche des partisans convaincus de son programme Martini et qu'il sait qu'ils sont "sûrs" dans le club McCarrick : un peu comme au XVI-XVIIe le "népotisme" des papes plaçant leurs neveux et leurs familles pour asseoir leur autorité sur la Curie et l'État pontifical. Les casseroles mafieuses et sexuelles seraient une sorte de garantie de type népotisme aujourd'hui car le Pape n'a pas placé des membres clercs de sa famille.
images/icones/hein.gif  ( 855189 )Est-ce incompatible ? par Peregrinus (2018-10-14 17:51:51) 
[en réponse à 855188]

Les honneurs rendus par François aux chefs de file de la faction néo-moderniste, et les désastres qui en ont été la suite logique, notamment la relatio media du premier synode et Amoris Laetitia, ont inévitablement entraîné la résistance de prélats comme le cardinal Burke que le pape a brisée avec des méthodes autoritaires qui s'accordent fort bien avec la théorie d'un homme passionné par l'exercice d'un pouvoir absolu.

Quant aux prélats compromis, ils savent qu'à la moindre incartade, le pape peut se débarrasser d'eux en prenant prétexte de leurs turpitudes. Ils sont donc plus encore que les autres contraints à la servilité la plus totale. Cela cadre bien avec l'esprit de domination qui semble la marque distinctive de l'actuel pontife.

Dans cette perspective, les affaires récentes auraient cependant changé la donne : on ne se trouve plus en face d'un système de vassalisation par obligation, mais d'une solidarité entre individus désormais unis par la nécessité et par le crime, qui savent qu'ils ont besoin les uns des autres pour ne pas risquer la plus complète déchéance. Ce sont des hommes aux abois, des hommes qui ont peur, donc des hommes prêts à tout, et la violence de certaines proclamations de Sainte-Marthe ou d'ailleurs en semble l'écho.

La persévérance dans le néo-modernisme peut également prendre place dans ce système explicatif dans la mesure où elle représente une forme de fuite en avant. Gravement mis en cause, le pape cherche son salut auprès des médias, en faisant la promotion échevelée de toutes les mesures libérales qu'il juge propres à faire oublier à des journalistes complaisants certaines de ses compromissions.

Peregrinus
images/icones/bravo.gif  ( 855194 )oui cela ressemble à la fuite en avant par Luc Perrin (2018-10-14 19:26:18) 
[en réponse à 855189]

Le Pape est peut-être contraint d'accélérer le tempo par rapport aux débuts plus lents. Amoris Laetitia fait figure de texte timoré par rapport à la normalisation recherchée de Wuerl, Coccopalmerio et Rosica-Martins.

La Curie bergoglienne et ses alliés dans la hiérarchie a bien conscience que le train judiciaire américain, chilien, allemand, australien maintenant etc. s'est mis en route et qu'ils sont au milieu de la voie.

Quand même le New York Times doit se fendre d'un éditorial de la rédaction pour dire, en termes encore très polis et très doux, que le Pape manque de tact et n'est plus en prise avec le réel avec la monstrueuse lettre de louange du 12 octobre destinée à Wuerl, c'est que le vent du boulet est perceptible du côté de Sainte-Marthe.

Cupich avait bien averti, avec sa maladresse devenue proverbiale, qu'il s'agit d'un rabbit-hole : des galeries nombreuses et connectées si bien qu'à fouiller McCarrick, les media indépendants et la justice allaient reconstituer le réseau à peine souterrain des corrompus corrupteurs en violet et en rouge. A Buenos Aires, il a creusé des galeries, il savait pour McCarrick au minimum depuis 2013 - on en la certitude grâce à Mgr Vigano et au cardinal Ouellet - et peut-être avant puisqu'ils étaient amis personnels comme avec Wuerl.

Le Document final bien verrouillé pourrait être explosif et ratifier les voeux de Coccopalmerio-Rosica-Martins et plus encore.
images/icones/bravo.gif  ( 855196 )Nous sommes d'accord par Peregrinus (2018-10-14 19:45:34) 
[en réponse à 855194]

Je suis sincèrement très heureux, après les quelques incompréhensions de ces derniers temps, que nous soyons d'accord sur l'essentiel et ayons pu avoir cet échange de vues constructif, même si l'occasion en est hélas très malheureuse quant à elle.

Je dois vous avouer que l'interprétation que j'ai proposée doit beaucoup non seulement au blogue argentin déjà donné en référence (j'en traduirai peut-être quelques passages quand j'en aurai le temps) mais aussi à des lectures sur la Révolution française que les circonstances (d'enseignement notamment) m'ont imposées, notamment celle du génial Mallet du Pan ; ce qui me conduit à quelques rapprochements et parallèles peut-être excessifs.

En vous souhaitant un saint dimanche,

Peregrinus
images/icones/union-jack.png  ( 855127 )même l'éditorial du New York Times voit la monstruosité par Luc Perrin (2018-10-13 14:53:29) 
[en réponse à 855116]

de la lettre du Pape louant la "noblesse" du cardinal Wuerl : c'est dire !

Et pourtant comme libéraux hostiles au catholicisme et au christianisme, à la culture de la vie, le NYT aime ce pape, ils aimaient bien le "centriste" Wuerl comme ils aimaient bien McCarrick. Le NYT a attaqué Mgr Vigano et vomit les "conservateurs".

Mais là la nausée du sens commun l'emporte même dans l'estomac pourtant blindé de la rédaction du New York Times.
images/icones/union-jack.png  ( 855132 )New York Times: « François n'a pas compris » par Gaspard (2018-10-13 16:05:14) 
[en réponse à 855127]


In his letter on Friday accepting the resignation of Cardinal Donald Wuerl, the Catholic archbishop of Washington, Pope Francis praised the departing prelate for his “nobility” in not trying to defend “mistakes” in his handling of sexual-abuse allegations.

The pope misses the point.

The archbishop may not be as culpable as other bishops (...)

But a devastatingly detailed grand jury report on widespread child sex abuse in Pennsylvania churches showed that Cardinal Wuerl, as bishop of Pittsburgh, was immersed in a clerical culture that hid pedophilic crimes behind euphemisms, conducted unprofessional investigations and evaluations of accused priests, kept acknowledged cases of sex abuse secret from parish communities and avoided reporting the abuse to police.



Yet by indicating that he regards Cardinal Wuerl’s past actions simply as “mistakes,” and by allowing him to remain a member of the powerful Congregation for Bishops, the pope reinforces the sense that he does not understand the extraordinary damage done by clerics who cruelly and shamelessly abused their power over trusting children and adults. What the Pennsylvania grand jury report and other reports chronicle is not “inappropriate contact,” as diocesan records so often claimed, but the brutal and repeated rape of innocents who have been marked by this for life.

images/icones/neutre.gif  ( 855140 )deux Länder allemands : Bavière et Basse Saxe par Luc Perrin (2018-10-13 18:59:00) 
[en réponse à 855132]

lancent une enquête de police dans les archives de leurs diocèses.
A Munich se trouve le cardinal Marx ; Joseph Ratzinger en a été l'archevêque quelques années.

Pour la Basse Saxe, Lifesitenews indique :

"Bishop Heiner Wilmer of Hildesheim went even a step farther and himself offered to open the Church's files to the State. “I am in favor of an open approach. We have nothing to hide,” says Wilmer. He even wants to open the files to external people. “Otherwise, we will not regain credibility and trust.”

As part of the gravity, for example, one former bishop of Hildesheim who is now deceased – Heinrich Maria Janssen – is convincingly said to have abused a boy for five years back in the 1950s and 1960s. "

Il semblerait que l'accusation de 2015, post mortem, n'ait pas été jugée sufisamment crédible à cette date. Mgr Janssen fut évêque de 1957 à 1982.