Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=854619
images/icones/neutre.gif  ( 854619 )Mgr. de Moulins-Beaufort et la crise des abus sexuels par fouduroy (2018-10-05 11:46:27) 

Une analyse claire et nette à lire et à diffuser: "Que nous est-il arrivé? de la sidération à l'action devant les abus sexuels dans l'église".
http://www.nrt.be/docs/articles/2018/140-1/2264-Que+nous+est-il+arrivé
images/icones/neutre.gif  ( 854632 )Très intéressant par Meneau (2018-10-05 14:25:11) 
[en réponse à 854619]

A lire.

Cordialement
Meneau
images/icones/bravo.gif  ( 854637 )en effet un nouvel évêque français qui va au coeur par Luc Perrin (2018-10-05 15:07:48) 
[en réponse à 854619]

des choses : bien loin, au passage, de la confusion qui règne à Rome actuellement avec une fausse conception de la "miséricorde", en ce domaine comme en d'autres.

"Le deuxième facteur est une conception elle aussi confuse de la miséricorde. L’autorité ecclésiastique et, parfois, l’autorité judiciaire, ont eu tendance à considérer qu’il s’agissait de l’égarement d’un moment qu’une remontrance et la honte que ce fait soit connu de l’autorité suffiraient à empêcher de se reproduire. L’autorité n’a pas su – et sans doute pas voulu ‒ examiner davantage les causes profondes de ces actes dont, sou-
vent, pour la raison dite plus haut, elle n’a pas su voir l’ampleur. Les évêques ou les supérieurs religieux ont donc estimé que la miséricorde les obligeait à faire confiance en la bonne volonté du prêtre coupable, à l’aider à avancer sans l’enfermer dans sa faute, souvent en tâchant de changer ses conditions de vie soit pour l’éloigner au moins un peu de la
tentation (mais jamais assez nettement) soit pour remédier à telle ou telle cause de déprime ou de perte de dynamisme spirituel.
Un élément important du traitement du pardon a été négligé, et cette négligence révèle quelque chose de l’état spirituel du temps où nous sommes : la réparation, c’est-à-dire ce qui, en tout état de cause, est dû à la personne victime. Pour éviter toute confusion, précisons que « réparation » ne désigne pas ici principalement la compensation des préjudices matériels, psychologiques ou moraux subis par un paiement financier imposé au coupable, mais le processus plus fondamental qui fait que le coupable prend sur lui au moins une part du poids du mal qu’il a causé.
Parce qu’on ne réalisait pas (mais, nous venons de le dire, on n’y avait guère réfléchi) les dégâts produits chez le ou les enfants, on a pu penser qu’un éloignement géographique des lieux de la « chute » ou une mise à l’écart d’un ministère éducatif (mais en négligeant souvent que les prêtres rencontrent des enfants ou des jeunes de mille manières dans
l’exercice ordinaire du ministère) pouvaient suffire à remettre le prêtre coupable sur le bon chemin et lui permettraient de se rattraper dans un service nouveau. C’était malgré tout oublier que le pardon suppose que le coupable reconnaisse le mal qu’il a commis et en assume la gravité. " (Mgr de Moulins-Beaufort, p. 11)

Il souligne avant combien l'étiquette "pédophilie" recouvre des cas très différents et contribue à obscurcir la question qui est bien plus large que les seuls enfants.

Hélas Wuerl a toujours toute la confiance du pape François et ce sont les Rosica, Cupich, Baldisseri et Schönborn qui mènent la danse infernale pour ce Synode de la jeunesse.
Les évêques qui ont un enseignement clair ne sont, pour la plupart, pas dans la faveur du Pape et donc leur voix est étouffée dans la mécanique du néo-synode destiné à faire advenir un néo-catholicisme dans une néo-Église détachée des Écritures, de la Tradition et de la plus élémentaire et naturelle décence.
images/icones/ancre2.gif  ( 854643 )Quelques remarques par Paterculus (2018-10-05 17:40:28) 
[en réponse à 854619]

Au passage, bien que ce soit mineur dans l'argumentation, je ne suis pas d'accord avec l'auteur au sujet de la persécution que subit l'Eglise en France : selon lui elle serait quasiment nulle. Or la révolution à tous les niveaux (politique, sociale, culturelle, morale...) rend nécessaire un certain retrait de la communauté catholique par rapport au reste de la société ; cela a été ressenti très fort tout au long du XIXème siècle, même si depuis le "Ralliement", on a tendance à minimiser le phénomène. Cette nécessité est pourtant plus grave aujourd'hui.

J'ai apprécié les affirmations concernant la miséricorde : on a trop tendance à croire qu'elle peut se passer de la justice et faire fi de la réparation. Ces réflexions doivent être transposées dans d'autres débats du présent pontificat.

La question de l'homosexualité aurait mérité une mention spéciale.

Les travaux d'un Daniel-Ange (par exemple) sur l'importance de la première expérience sexuelle ne sont pas exploités, peut-être sont-ils ignorés de l'auteur ; or c'est une des clés pour comprendre pourquoi on ne peut sous-estimer la gravité des actes pédophiles. Et si ces actes sont homosexuels, ils contribuent à répandre l'homosexualité.

J'ai des doutes et même des réserves sur l'exploitation par les formateurs en séminaire des données d'un entretien avec un psychologue. L'intimité de la personne doit être respectée, autrement on peut perturber gravement les gens. Cela risque aussi d'affecter la sincérité des séminaristes vis à vis de leurs formateurs.
Il y a eu une discussion à Rome à ce sujet il y a quelques années, et l'Abbé Claude Barthe en avait dévoilé les détails dans une brochure qui parlait des oppositions romaines à Benoît XVI.

Mais c'est un bon article au total, qui pose de bonnes questions, et apporte des débuts de réponses intéressantes.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 854647 )la grande fraude des "psy" aux Etats-Unis par Luc Perrin (2018-10-05 19:13:55) 
[en réponse à 854643]

Très juste sur ce point précis : les entretiens avec des psychologues soigneusement choisis pour être de mèche avec les évêques et recteurs de séminaire corrupteurs ont été un grand instrument du club McCarrick.

Le livre de Michael Rose dévoilait cela il y a plus de 15 ans.

Ce filtre peut devenir très dangereux entre les mains des corrupteurs.

Autrement la réflexion de Mgr de Moulins-Beaufort sur la miséricorde est au coeur théologique des questions, sur la même ligne droite empruntée par Mgr Ravel dans sa Lettre pastorale.

Tout le système Martini-Kasper repose sur le dévoiement de la miséricorde : c'est ancien car Giuseppe Alberigo (Bologne), sous Jean Paul II, avait vu dans l'usage libéral de la miséricorde le levier pour faire exploser la doctrine catholique traditionnelle et l'avait souligné à l'envi "dal bastone alla misericordia".
images/icones/1g.gif  ( 854648 )Le Vom responsable des abus ? par Jean-Paul PARFU (2018-10-05 19:22:35) 
[en réponse à 854619]

Selon Mgr de Beaufort, "la liturgie aujourd’hui fait moins courir le risque de voir dans le prêtre le détenteur d’un savoir ésotérique, inaccessible au commun des mortels.

Elle purifie beaucoup de l’aura du sacré et des ambiguïtés redoutables
qui y sont attachées au profit du service de la sanctification du peuple de Dieu selon le jeu de l’alliance voulue par le Dieu saint qui ne laissera aucune faute impunie".

De qui se moque-t-on ? N'est-ce pas au contraire la perte d'identité du prêtre, transformé en animateur spirituel ou en travailleur social, qui explique une partie actuelle des abus ?

Et surtout, assimiler le mystère surnaturel qui a été la vie de l'Eglise pendant près de 2000 ans à de l'ésotérisme et considérer que l'Eglise est libérée puisqu'elle n'a plus aucune influence dans la société comme il l'affirme un peu plus loin, n'est-ce pas un scandale ou faire un énorme contresens ?
images/icones/1n.gif  ( 854650 )Effectivement par Peregrinus (2018-10-05 19:51:45) 
[en réponse à 854648]

Vous avez raison de relever ce passage assez malheureux, que j'avais également remarqué en lisant l'article.

Il y a des éléments intéressants dans l'article. Mgr de Moulins-Beaufort distingue de grands types de cas et indique qu'ils appellent des traitements différenciés, à graduer et peser avec soin.

Il montre également que les abus appellent une réponse à la fois canonique et spirituelle, loin du Qui suis-je pour juger qui en est la négation. Cela suppose de réhabiliter la discipline dans l'Eglise, et d'en finir au passage avec les critiques éculées du juridisme latin, en réalité la meilleure défense contre la domination arbitraire et les abus de pouvoir, mais je ne suis pas sûr que l'auteur irait jusque-là.

En revanche, au-delà de quelques formulations peu adroites ("depuis que l'homme est homme" ; il me semble avoir appris dès le lycée que ce genre d'expressions est à proscrire), l'hypothèse rapportée par Mgr de Moulins-Beaufort, certes avec beaucoup de précautions (elle reste "à établir"), selon laquelle l'ordination sacerdotale des prêtres affligés d'une psychologie structurellement pédophile est douteuse, voire nulle, me paraît plus propre à inquiéter qu'à rassurer. Il est en effet capital que malgré les péchés de ses ministres, l'Eglise ne cesse jamais de donner aux âmes par les sacrements les trésors de la vie divine.

Peregrinus
images/icones/fleche2.gif  ( 854653 )La distinction entre abus et dépravation militante par Jean-Paul PARFU (2018-10-05 20:13:42) 
[en réponse à 854650]

n'est pas clairement analysée dans l'article de Mgr de Beaufort.

C'est d'ailleurs aussi l'un des malentendus entre Luc Perrin et certains "liseurs".

Luc, à raison, nous parle de cette culture militante de la dépravation homosexuelle d'un certain clergé, y compris et peut-être surtout, d'un certain clergé "intellectuel" ou d'un haut-clergé, style McCarrick.

Mgr de Beaufort, lui, nous parle des abus pédophiles ou sexuels de manière générale, qui peuvent exister au sein du clergé mondial, dans certains pays spécialement.

Il y a bien sûr un lien entre les deux, mais ce n'est pas tout à fait la même chose, on le comprend.

Si la distinction n'est pas nette dans l'article du prélat, c'est qu'il ne veut pas mettre en cause, au moins directement, le pape actuel, ce haut clergé et surtout l'homosexualité comme cause principale de la dépravation revendiquée et militante.

Il existe des abus sexuels commis par certains membres du clergé d'une part et il existe la dépravation revendiquée et militante d'autre part, le lien étant l'affaissement moral général de la société, y compris de certains membres de l'Eglise, et l'homosexualité.
images/icones/bravo.gif  ( 854704 )là je vous rejoins par Luc Perrin (2018-10-06 14:22:47) 
[en réponse à 854650]

gare au donatisme puisque récuser la validité de l'ordination au regard des fautes du prêtre a posteriori revient à sombrer dans les errements sans fin du donatisme.

Avec les fautes avérées qu'il a accumulées dans la protection des prêtres et évêques (Barros, McCarrick) prédateurs depuis son épiscopat à Buenos Aires, le pape François se retrouverait dépouillé du sacerdoce si on suivait cette théorie. Je doute que Monseigneur ait en tête cette conclusion extrême.
images/icones/1g.gif  ( 854713 )Vous rendez-vous encore compte ... par Ion (2018-10-06 16:08:30) 
[en réponse à 854704]

... de ce que vous écrivez ? Vos affirmations péremptoires, vos phrases à l'emporte-pièce semblent vous rendre aveugle.

Peregrinus évoque la question éventuelle de la validité d'ordinations sacerdotales de prêtres affligés d'une psychologie structurellement pédophile et vous ne trouvez rien de mieux que d'appliquer cela à ... François, sous-entendant ainsi que le Pape pourrait avoir une telle affliction.

Reprenez-vous !! Relisez-vous avant de publier.

Ion
images/icones/1b.gif  ( 854784 )Qui êtes vous pour juger ? par Aigle (2018-10-07 17:01:31) 
[en réponse à 854713]

Cher Ion

Vous jugez beaucoup et de façon fort péremptoire vos frères quand le Pape lui même s'écrie

"Qui suis je pour juger ?"

Franchement qui êtes vous pour juger ?
images/icones/1h.gif  ( 854785 )Qui ... par Ion (2018-10-07 17:27:50) 
[en réponse à 854784]

... ai-je jugé ?

Je répète que les affirmations péremptoires (je ne juge pas ici Luc Perrin) semblent le rendre aveugle. Je donne au contraire des circonstances atténuantes (l'aveuglement) à l'énormité (là, je qualifie une parole, je ne juge pas une personne) que sa remarque sous-entend.

Enfin, quand donc cessera-t-on de reproduire la phrase du pape de manière déformée. François n'a pasa dit a dit "... chi sono io per giudicare ?", mais "... chi sono io per giudicarla ?" Qui suis-je pour la juger (la personne gay). Je vois deux raisons pour tenter cette déformation :
- La première, laisser croire que tout est possible
- La deuxième, nuire au pape
Il y en a sans doute une troisième : le manque de rigueur dans ce qu'on entend et qu'on répète sans essayer d'aller aux sources.

Ion
images/icones/1a.gif  ( 854787 )Je ne vois pas… par Luc de Montalte (2018-10-07 17:43:12) 
[en réponse à 854785]

… ce que ce « la » change. C’est exactement le même sens vicié.
images/icones/5b.gif  ( 854803 )Amusante nuance du texte original par BK (2018-10-07 20:04:16) 
[en réponse à 854785]

sans doute pas anodine, quand on a des yeux pour voir, ce qui suppose de ne pas se boucher volontairement les yeux pour ne pas voir.
images/icones/bravo.gif  ( 854681 )Oui maître par Aigle (2018-10-06 09:41:48) 
[en réponse à 854648]

Vous parlez d'or

On me dit par ailleurs que ce Moulins Beaufort aurait été très ambigu lors d'une interview sur Radio Notre Dame...
images/icones/neutre.gif  ( 854693 )Une nouvelle fois : bravo Maître par Mingdi (2018-10-06 12:29:59) 
[en réponse à 854648]

Rien n'échappe à votre oeil laser. Que peut-on attendre de ce porteur de la casaque Vingt-Trois? "Vers qui irions-nous Seigneur, vous avez les paroles de la vie éternelle". Mais pas pour lui. Cela c'est de l'ésotérisme. Il se raccroche à une vague justice humaine. Pas d'homos dans les séminaires? Mais il n'y a pas de séminaires!